HERPÈS
diffèrent par conséquent complètement des ulcérations syphilitiques. Lorsque l'iicrpès en se renouvelant suit une marche chronique, comme l'a signalé Biett, Tinflammation plus profonde rend le prépuce moins souple, plus rude, elle rétrécit beaucoup son ouverture, qui devient quelquefois comme cartilagineuse, et se fendille ou se gerce avec douleur lorsqu'on veut le ramener sur le gland.
c. — Herpès de la vulve. — Cet herpès, qui a été l'objet d'un très-bon mémoire de Legendre (Arch. de méd., 1855), a une plus grande importance que les précédents, parce que l'on peut facilement le confondre avec des lésions syphilitiques, confusion dont les conséquences seraient toujours graves.
Selon Legendre, dont le travail me servira ici de guide, l'herpès de la vulve se présente sous deux aspects différents suivant qu'il est limité à un ou deux groupes de vésicules, ou qu'il consiste en un grand nombre de vésicules disséminées ou groupées.
Dans le premier cas, on observe rarement soit le groupe de vésicules qui marrpie le début de la maladie, soit le soulèvement huileux que peuvent former l'élargissement et la confusion des vésicules ; très-souvent on est consulté lorsque l'érosion de la bulle pourrait donner le change et être prise pour un chancre si l'on n'était averti. — Quand l'herpès est plus étendu et occupe de nombreux points de la face interne et externe des grandes lèvres, et souvent même du périnée et de la marge de l'anus, il y a des cuissons brûlantes et des douleurs vives dans les parties génitales externes, surtout au moment du passage des urines et pendant la marche. On trouve les parties atteintes tuméfiées et rouges, et occupées par de nombreuses ulcérations qui peuvent s'étendre jusqu'aux cuisses et qui sont ordinairement superficielles, à fond grisâtre, nettement découpées et de la largeur d'une petite lentille, à moins qu'elles ne soient réunies et alors plus étendues. 11 en est qui ont des bords gonflés, taillés à pic par suite de ce gonflement, et qui simulent encore mieux des ulcérations syphilitiques. Heureusement que, dans la plupart des cas, on Irouve en même temps des groupes de vésicules à liquide transparent ou lactescent, des vésicules récemment déchirées, des soulèvements huileux de l'épiderme. Ou enfin des croûtes brunâtres du volume d'un grain de chènevis et recouvrant une petite ulcération sous-jacente. Pour rechercher ces signes caractéristiques, il faut tendre la peau et effacer les plis et les rides au milieu desquels ils sont souvent cachés. Dans tous les cas de cette espèce, les ganglions lymphatiques de la partie interne des aines sont tuméfiés et sensibles ; ils acquièrent quelquefois le volume d'un petit œuf de pigeon au toucher.
L'ulcération herpétique peut faire saillie en se cicatrisant, et simuler des 'plaques muqueuses ; cela est très-rare heureusement, car on ne pourrait éviter ici de méconnaître l'herpès si l'on n'avait pas suivi toutes les phases de la maladie.
La marche rapide de l'herpès est caractéristique : elle se termine par la guérison en peu de jours. Les ulcérations perdent leur aspect grisâtre du jour au lendemairiy et leur cicatrisation se fait en général en quatre ou cinq jours, sauf dans quelques cas où elle se fait attendre dix, quinze jours et plus. 11 y a loin de là à la marche si lente des ulcérations syphilitiques. — Il y a aussi des causes de l'herpès dont la connaissance favorise le diagnostic, comme l'époque mensiriielle, la gro3ses-e, les courses longues à pied, la saison chaude pour les femmes obèses, et tous les frottements répétés de la vulve (prurit, excès de coït, tentatives de viol, masturbation).
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d. — Herpès tonsurant (Gazenave). — Il siège au cuir chevelu, comme son nom l'indique. Mais ce n'est pas une affection parfaitement définie, en ce sens qu'elle rentre dans la teigne tonsurante de M. Bazin, et que cette affection n'a pas toujours le caractère vésiculeux, selon ce dernier observateur (V. Teignes).
Herpès circiné. — La même incertitude existe sur la nature vésiculeuse
de l'herpès circiné, qui est caractérisé par des cercles érythémateux et furfuracés sur le cuir chevelu, au niveau de la barbe, du dos des mains (surtout de la droite), de la partie externe de l'avant-bras. Est-il une affection de cause interne toujours identique, ou la simple conséquence de la germination d'un cryptogame microscopique dans les points oii se manifestent les plaques herpétiques? C'est encore une question en litige. V. Parasitaires (affections) et Teignes.
— U herpès iris est composé de cercles concentriques disposés en cocarde autour d'un centre vésiculeux, d'un blanc jaunâtre, et parfois de couleur différente, pouvant varier du rose au rouge brun. M. Bazin considère cet herpès comme une simple variété de l'herpès circiné parasitaire, n'attachant aucune importance à la forme dite élémentaire des éruptions qui accompagnent les plaques arrondies.
On doit admettre comme une variété d'herpès bien tranchée Vherpès
fèhrile aigu, qui débute par des symptômes généraux auxquels succèdent des plaques d'éruption herpétique vésiculeuses bien caractérisées, se montrant simultanément dans diverses parties extérieures du corps, ainsi qu'au pharynx, et se terminant au bout d'un septénaire environ par une exfohation épidermique. J'en ai observé deux cas à l'hôpital Beaujon et à l'hôpital Saint-Louis, ce dernier beaucoup plus généralisé, et coïncidant avec un érythème noueux aux membres inférieurs. Il s'agissait de jeunes femmes, chez lesquelles les plaques herpétiques de l'isthme du gosier, examinées chaque jour, ne présentèrent aucune pseudo-membrane, bien qu'il existât alors des angines couenneuses. Ces faits me semblent être en opposition complète avec la théorie de l'angine couenneuse herpétique de M. Gubler (F.Diphthérie, p. 290.).
50 Pronostic. — Quelles que soient les variétés de Therpès, et quelle que soit sa durée, cette affection doit toujours être considérée comme bénigne.
HÉTÉROMORPHIE. — V. Inspection.
HIPPOCRATIQUE (Faciès). — V. Face.
HIPPURIE. — y. Urines.
HOQUET. — Ce phénomène, qui résulte de la contraction subite et involontaire du diaphragme, est un phénomène habituellement très-secondaire comme élément de diagnostic. 11 se montre chez les sujets nerveux, surtout chez les femmes hystériques, et principalement à la suite d'émotions vives. 11 se rencontre dans la péritonite., dans les cas graves d'occlusion intestinale, de tympanisme abdominal, de cystite aiguë, dans certaines coliques saturnines, dans la pleurésie diafhragmatique, dans les fièvres graves.
On a vu le hoquet idiopathique se prolonger pendant des mois et des années, et devenir ainsi insupportable par sa persistance, qui a entraîné quelquefois un dépérissement marqué.
H¥D ARTHROSE. — F. Bhumatismè (articulaire).
HYDATIDES. — Les recherches helminlhologiques modernes paraissent avoir établi que les larves des téniadés constituent des vers vésiculaires ou cystiques, ies liyiatides en un mot. Cependant on n'a pas encore saisi la filiation qui pourrait
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exister enlre \ embryon, Vhydatide, Véchinocoque, et le ver adulte ou parfait, qui •représenterai en t la filiation du développement complet de l'animal. Je n'ai pas à discuter cette théorie; je la rappelle seulement parce qu'elle a simplifié la classification des acéphalocystes ou hydatides, qui constituaient pour Laënnec au moins trois genres différents : les acéphalocystes, les cysticerques et les échinocoques.
M. Davaine est l'auteur qui a le plus complètement étudié les hydatides au point ■de vue pratique, dans un excellent livre (Traité des Entozoaires et des malad. vermin. , 1 860) auquel je vais avoir recours pour la rédaction de cet article, où j'examinerai d'abord les hydatides en général, et ensuite leur locahsation dans les tlifiérents organes.