‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 113 sur 245 · HYDROCÉPHALIE · texte numérisé non relu

HYDROCÉPHALIE

L'hydrocéphalie aiguë est une maladie extrêmement rare, caractérisée plutôt par une manifestation anatomique reconnaissable après la mort, que par un ensemble de symptômes caractéristiques pendant la vie. On a reconnu, en effet, que la plupart des faits ainsi désignés n'étaient autre chose que des méningites tuberculeuses, et l'on a même été jusqu'à penser que l'hydrocéphalie aiguë pourrait bien n'être qu'un simple phénomène d'agonie prolongée. Les auteurs ne sont d'ailleurs pas d'accord sur les symptômes cérébraux que l'on doit attribuer à l'hydropisie intracrânienne, et à plus forte raison sur le siège de l'accumulation de sérosité, qui a le plus souvent lieu dans les ventricules.

L'hydrocéphalie chronique^ mieux connue que l'aiguë, a été bien décrite par MM. Barthez et Riiliet [Traité des maladies des enfants, 1854, t. II). Lorsque cette maladie survient après la naissance, elle peut succéder à une hémorrhagie méningée intra-arachnoïdienne (F. p. 450). Alors la céphalalgie, les convulsions, le coma, etc., symptômes de cette dernière affection, ont ordinairement précédé l'hydrocéphalie chronique, dont le développement est d'abord insensible et latent dans toute autre circonstance.

Le diagnostic n'est facile, en effet, que lorsque la tête a subi une exagération de volume par suite des progrès de l'épanchement séreux. L'augmentation d'étendue des os du crâne, leur amincissement, l'élévation et la proéminence du front par rapport à la face qui paraît relativement rapetissée, l'écartement des sutures où l'on sent quelquefois la fluctuation, constituent un ensemble de signes probants. Il s'y joint d'ailleurs d'autres signes complémentaires importants, comme ceux qui indiquent une compression de l'encéphale : obtusion plus ou moins complète de l'intelligence, difficulté de la station ou abolition des mouvements, sensibilité générale diminuée ou ybohe dans une partie limitée, selon MM. Barthez et Riiliet, vue affaiblie ou perdue ainsi que l'ouïe, parole difficile ou impossible. Avec cet ensemble de symptômes, les fonctions nutritives sont intactes dans la plupart des cas.

Vers la fin de la maladie, qui peut s'arrêter à divers degrés de son évolution, puis rester stationnaire jusqu'à l'âge de trente, quarante et même soixante- dix ans, on peut constater des vertiges et des vomituritions si l'on met le malade sur son séant, des convidsions ou de la contracture, et enfin, si la paralysie atteint les intestins et les muscles respirateurs, des évacuations involontaires, des étouffements, des inspirations incomplètes, ou une suspension momentanée de la respiration.

L'affection dure rarement moins d'une ou de deux années. Qu'il y ait ou non une hémorrhagie intra-arachnoïdienne préalable, elle se développe ordinairement vers l'époque de la première dentition, à moins toutefois qu'ellene soit congénitale.

Lorsque l'hydrocéphalie chronique survient chez l'adulte, c'est ordinairement par suite de l'existence d'une lésion organique, d'une tumeur intra-crânienne, et, suivant Robert Whytt, cité par MM. Barthez et Riiliet, par la gêne ou l'obstacle apporté à la circulation veineuse de l'encéphale. Mais ici la résistance des os du crâne empêche son ampliation, seul signe qui, joint à ceux que j'ai rappelés plus haut, c'està-dire à l'affaiblissement graduel de l'intelligence, de la sensibilité et de la myotihté, permettrait de diagnostiquer la maladie d'une manière satisfaisante.

Le développement de la tête par suite d'un rachitisme des os du crâne a été pris pour l'hydrocéphalie chronique; mais MM. Barthez et Riiliet font très-bien remarquer que, dans le premier cas, l'intelligence, loin d'être affaiblie comme dans l'hy-

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