HYDROPHOBIE. HYDROPISIES
drocéphalie chronique, est au contraire souvent plus vive. — Lliypertrophie du cerveau a des signes trop incertains pour que l'on puisse les comparer à ceux ordinairement plus précis de l'hydrocéphalie chronique.
11 n'est pas possible de diagnostiquer le siège anatomique extra ou iutra-ventricu^ laire de l'épanchement de sérosité dans le crâne. Cela est fâcheux, car l'épanchement intra-arachnoïdien est évidemment moins sérieux que celui qui distend les ventricules.
Quoique rarement mortelle en peu de temps, et pouvant se prolonger un grand nombre d'années, l'hydrocéphalie chronique est cependant toujours grave. Elle offre beaucoup plus de gravité lorsqu'elle est intra-ventriculaire que lorsqu'elle succède à l'hémorrhagie intra-arachnoïdienne. M. Léonard W. Sedwick a vu guérir un enfant de deux ans par l'issue spontanée du liquide au dehors (The Lancet, 1856).
HYDRQÉMIE ou Pléthore séreuse. — V. Anémie (p. 58).
HYDROMÉTRIE. — F. Rétentions et Tumeurs (abdominales).
HYDRONÉPHROSE. — F. Rétention (d'urine).
HYDROPÉRIGARDE. — F. Péricardite.
HYDROPHOBIE. — On doit toujours considérer l'hydrophobie comme un symptôme complexe, caractérisé par l'horreur de l'eau et des liquides, par la constriction spasmodique du pharynx que détermine la vue de ces hquides, et parfois par une anxiété plus ou moins grande et des convulsions plus ou moins générahsées.
L'hydrophobie constitue un. phénomène très-fréquent, mais non constant, de la- RAGE, qu'on ne saurait dénommer par conséquent hydrophohie rabique. On a rencontré encore l'hydrophobie comme épiphénomène de la grossesse, de Vhystérie, de certaines maladies fébriles graves, à'œsophagite (Mondière), de fièvre pernicieuse dite hydrophobique, et enfin comme symptôme d'empoisonnement par les septiques (V. p. 324).
Mais l'hydrophobie a surtout de Timportance comme névrose indépendante detoute inoculation virulente. Elle a été dite alors hydrophobie rabiforme ou non rabique, ou rage spontanée, et tous les symptômes pourraient être ceux de la véritable rage, même jusqu'à la terminaison fatale. C'est une question que je discuterai au mot Rage.
HYDROPISIES. — Si la physiologie pathologique des hydropisies est une étude complexe, il en est de même de leur diagnostic envisagé d'une manière générale. Comme signes locaux communs des épanchements séreux qui constituent les hydropisies, on a bien la tumeur apparente qu'ils peuvent former, la fluctuation que fournit la palpation, le déplacement du liquide reconnu par la percussion, le bruit de flot ou de succussion que l'auscultation perçoit lorsqu'un gaz est joint au liquide, et enfin \ écoulement de ce liquide par la canule d'un trocart explorateur ; mais ces divers signes ne sont pas constants, et ils se rencontrent aussi dans les épanchements inflammatoires. On ne peut donc déterminer la nature hydropique ou non inflammatoire d'un liquide dans les cavités viscérales (en supposant que la présence du liquide soit démontrée), qu'en tenant compte de l'ensemble des phénomènes antérieurs ou actuels.
On recherchera avant tout s'il n'existe pas, comme origine de l'épanchement, une cause générale d'hydropisies (alors multiples), comme une affection cardiaque, une
HYMEN. — HYPÉRESTHÉSIES, 475
albuminurie, une maladie fébrile (la scarlatine, et bien plus rarement la rougeole), une cachexie (F. Anasarque).
D'autres fois la cause de l'hydropisie est la compression d'un tronc veineux (œdème localisé) , ou bien une maladie locale, comme l'obstruction des conduits de certaines cavités naturelles (vésicule biliaire, bassinets des reins, utérus). Enfin on a admis des hydropisies survenant dans les séreuses comme épi phénomènes de maladies particulières, ou comme conséquences de l'inflammation.
On comprend dans les hydropisies : I'hydrocéphalie, Vhydrorachis, qui ne peut se diagnostiquer que lorsqu'il existe un spina bifida, V hydropéricarde (F. Péricardite), I'ascite, Vhydarthrose, suite de rhumatisme articulaire, I'anasarque, I'œdème. Il y a encore l'hydropisie de la vésicule biliaire, Vhydronéphrose, et Vhydrométrie, dont il est question aux mots rétektiOi^is et tumeurs. ^
HYMEN. — L'étude de l'hymen intéresse plus particulièrement le médecin légiste que le médecin praticien. Cependant, au point de vue clinique, il est quelquefois nécessaire, dans le doute d'une grossesse, de s'assurer s'il y a eu^ oui ou non, rapprochement sexuel, et alors de tenir compte, comme preuve de ce rapprochement, malgré la conservation de l'hymen, du refoulement de ce repli au fond d'une espèce d'infimdibulum opéré par le pénis au niveau du vagin (Tardieu) .
Une autre question de pratique, qui se rattache à la conservation de l'hymen, est celle de l'obstacle qu'il oppose à l'exploration de l'utérus par le toucher ou à l'aide du spéculum. Il est évident que ce n'est qu'avec la plus grande réserve que le médecin doit se décider à inciser préalablement 1 hymen. Il faut qu'il y soit autorisé par l'urgence; que la malade, atteinte d'une affection utérine grave, ne soit plus de la première jeunesse, et enfin qu'il ne voie que ce moyen, non-seulement de rendre l'exploration plus complète et moins douloureuse, mais encore de faciliter un traitement direct présumé efficace.
HYPÉRÉMIE. — F. Congestions.
HYPÉRESTHÉSIES. — Ce mot a été employé par les auteurs non-seulement pour exprimer une sensibilité excessive aux impressions venues du dehors, ce qui est son véritable sens, mais encore les véritables douleurs spontanées constituant les névralgies et les viscéralgies. C'est là une confusion regrettable qui rend difficile l'étude diagnostique des hypéresthésies.
Comme l'anesthésie, l'hypéresthésie cutanée, ou dermalgie, peut être partielle ou plus ou moins généralisée dans les différentes parties du corps. L'exagération de la sensibilité peut d'ailleurs atteindre tous les organes sensibles, les sens (vue, ouïe, odorat, goût), les muscles, les filets nerveux, et même les viscères.
Les conditions pathologiques de l'hypéresthésie sont assez variées pour que sa signification soit souvent difficile à déterminer, d'autant mieux qu'elle a été jusqu'ici très-incomplétement étudiée. Aussi me contenterai-je de les énumérer.
M. Durand-Fardel rappelle (Mal. des vieilL, 1854) que l'exaltation de la sensibilité cutanée est fort justement mise par Récamier au nombre des signes caractéristiques du ramollissemeiît cérébral, mais que ce phénomène appartient presque exclusivement au ramollissement qui débute graduellement, et non à ceux qui sont apoplectiformes. — L'hypérestliésie est un symptôme de la paralysie générale des aliénés, et de Valcoolisme chronique. — On la rencontre dans \diC07îgestion delà moelle (Luys, Recueil, de la Soc.d'observ., t. 1), dans la myélite, Vhématorachis,
476 HYPERTROPHIES.
la méningite racbidienne, la méningite cérébro-spinale épidémique^ où l'exaltation de la sensibilité serait extrême (et l'anesthésie très-rare), quelquefois dans la méningite tuberculeuse , dans laquelle Tanesthésie est au contraire commune. — L'hypéresthésie (jointe à l'aversion pour tout exercice) peut longtemps être le symptôme de Vostéomalacie avant qu'apparaissent les déformalions osseuses (Beylard) . — Il y a exaltation extrême des sens dans la rage. — Les membres et la région spinale sont quelquefois le siège d'une hypéreslhésie qui couicide avec la pa7"alysie diphthérique (Maingault). — Certaines lésions locales produisent des hypéresthésies également localisées : au cuir cbevelu dans certaines teignes., au rectum avec les oxyures., dans les parties atteintes de névralgies (indépendamment des foyers douloureux). — D'autres névroses, comme Isi migraine, le tétanos^ s'accompagnent d' hypéresthésies diverses. Mais il n'est aucune affection dans laquelle les Iiypérestbésies soient aussi généralisées ou aussi variées que dans I'hystérie, dans laquelle les phénomènes d'hypéresthésie les plus irréguliers peuvent se rencontrer et alterner ou coïncider avec des anestliésies partielles. Cette coïncidence de l'exaltation de la sensibilité dans un point, et de son obtusion ou de son abolition dans d'autres, est un fait qui se remarque aussi dans les conditions précédemment rappelées, mais qui n'a pas toujours été recherché avec soin par les auteurs.
HYPERTROPHIES. — On a décrit anatomiquement, comme une classe particulière de maladies, l'augmentation de volume des organes par simple exagération de nutrition. Mais pendant la vie, on ne peut que constater l'augmentation de volume des organes, augmentation qui peut être due à toute autre cause qu'à un excès de tous leurs éléments normaux. Il en résulte que la simple hypertrophie est très-difficile à déterminer au lit du malade, et que, lorsqu'on l'admet, on exprime plutôt son ignorance sur la véritable cause de l'accroissement de volume de l'organe qu'on ne reconnaît une hypertrophie réelle. C'est ce qui arrive, par exemple, pour le foie ou la rate augmentés de volume.
Une double exception doit cependant être faite : d'une part, pour les hypertrophies extérieures; d'autre part, pour les hypertrophies du cœur et du col de l'utérus, les seules des organes internes qui soient caractérisées par des signes suffisants. On a bien essayé de tracer une description symptomatique de l'hypertrophie du cerveau, mais les signes en sont trop incertains pour avoir une valeur particulière.