‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 130 sur 245 · LA .\ GUE · texte numérisé non relu

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50 qu'enfin, dans les cas de syphilis, la deiisilé du lait augmente considérablement (surtout par les sels), tandis que le beurre diminue, et que le traitement parles mercuriaux semble au contraire augmenter les quantités de beurre dans le lait. I Ces notions peuvent être utilisées dans une certaine mesure pour le diagnostic I des changemenls qui surviennent dans la santé des nourrissons, indépendamment de rinfluence des principes nuisibles qui écliappent mallieureusement à toute ana lyse. La matière colorante de la bi'e a cependant pu être constatée dans le lait d'une femme ictérique, à l'aide de l'acide azotique qui le colora en bleu vert, ou en vert franc (Arch. fur phys.,Heilk., 1849).

LANGUE. — Cet organe a des fonctions complexes : il est l'organe spécial du GOUT et de l'articulation des mots, et il concourt aux actes de la mastication et de la déglutition. Lorsqu'elle est médiocrement augmentée de volume, la langue conserve sur ses bords l'empreinte des arcades dentaires ; plus développée, elle remplit la cavité buccale, se développe en avant hors des arcades dentaires et même des lèvres (datis le tétanos, dans l'épilepsie), ou bien vers le pharynx, où elle gêne la respiration, au point parfois de produire l'asphyxie.

Maladies. — La langue est le siège d'une congestion qui augmente plus ou moins son volume dans certaines asphyxies, et dans certains cas d'obstacle à la circulation dans la veine cave supérieure. Elle est atteinte fréquemment d'inflammation (glossite), plus rarement d'ate, de phlegmons gangréneux ou d'ulcérations autres que celles qui résultent des aphthes. On l'a vue aussi être le siège du rhumatisme musculaire, de paralysie (par suite d'hémorrhagie cérébrale ou de méningite tuberculeuse), tV hypertrophie chronique syphilitique, de tumeurs ayant ce dernier caractère, ou constituant des cancroïdes, de véritables cancers, ou enfin dépendant de calculs salivaires visibles à la face inférieure de l'organe. La plupart de ces affections sont des maladies secondaires.

Symptômes. — L'aspect de la langue est très-variable. Rosée ou d'un rose grisâtre dans letat sain, elle est tantôt très-pâle (anémie), tantôt d'un rouge plus ou moins vif, soit sur toute sa surface, soit seulement sur ses bords, le centre étant le siège d'un enduit blanchâtre, jaunâtre ou brunâtre. Dans les maladies graves, on la trouve tantôt souple et humide, tantôt racornie èt sèche, quelquefois fendillée, brune, tremblante, sans que les particularités qu'elle présente soient nécessairement, comme on l'a dit longtemps, en rapport avec des lésions de l'estomac. Si l'on excepte l'enduit limoneux d'un blanc grisâtre ou d'un jaune bilieux qui est un des meilleurs signes de l'embarras gastrique, on doit reconnaître avec M. Louis que l'aspect de la langue peut être naturel avec des lésions graves de Testomac, et très-modifié au contraire en l'absence de toute lésion stomacale. Elle est déviée dans Vhémorrhagie cérébrale, dont celte déviation est un signe important {V. p. 443), tremblante dans les [lèvres graves, dans Valcoolisme chronique, Vivresse, le delirium tremens, la paralysie générale, Vintoxication saturnine et surtout l'intoxication mercurielle.

Les douleurs qui occupent la langue sont le plus souvent provoquées ou augmentées par l'exercice de ses fonctions rappelées plus haut. On a signalé comme complication de pharyngite granuleuse une douleur particuhère très-fatigante de la langue (Spengler).

La gêne de la parole, celle de la mastication ou de la déglutition, par le fait d'une affection de la langue, constituent les symptômes fonctionnels dont elle est le siège.

524 LAIi.MOIEMF:NT. LARYINGITE.

Outre les enduits dont il est question plus haut, la langue est souvent le siège dii MUGUET, et bien rarement celui d'exsudations diphthériques.

On a constaté encore sur la langue la nigritie, due à une couche de cellules épi- Ihéliales entourées de corpuscules pignientaires visibles au microscope (Eulenberg, Vierordfs Arch. f. phijs. Heilkunde, 1855). Cette coloration, compatible avec une santé parfaite, a paru à M. Berirandde Saint-Germain résult-er aussi d'une ecchymose dont la résolution a été marquée par une coloration jaunâtre de ses bords (Acati. des Se, i856). Les vésicules ou lysses, signalées dans le voisinage du frein de h langue comme épiphénomène de la rage, sont loin d'être habituellement constatées dans celte dernière affection. Il en est de même des f^^'sfcîi/es signalées par Gambérini dans la COQUELUCHE.

5® ^exploitation de la langue a lieu principalement par Vinspection, qui révèle les signes rappelés précédemment, et par le toucher, qui permet de juger de l'humidité ou de la sécheresse de la langue, de sa mollesse ou de sa dureté, ainsi que des noyaux d'induration qu'elle peut offrir.

LARMOIEMENT. — L'écoulement des larmes dû à une cause pathologique est surtout du ressort de la chirurgie. Cependant le médecin constate le même phénomène accidentel pendant les diCtes de névralgie de la cinquième paire, et comme symptôme de la rougeole et de la grippe.

LARVÉES (Fièvres). — V. Intermittentes (Fièvres ou affections).

LARVES. — V. Entozoaires et Parasites (Animaux).

LARYNGITE. — Plusieurs auleurs ont groupé sous le nom de laryngites plusieurs affections dont il ne sera pas question dans cet article, consacré uniquement au diagnostic de la laryngite simple, aiguë ou chronique. Celles que l'on a appelées striduleuse, pseudo-membraneuse y ou œdémateuse, constituent des maladies particulières, dont j'ai parlé aux mots croup, pseudo-croup et œdème de la glotte.

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