‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 129 sur 245 · LAIT · texte numérisé non relu

LAIT

A. — Dans l'état sain, le lait présente des qualités physiques et chimiques que je n'ai pas à rappeler en détail. On a considéré comme le lait le mieux approprié à la nourriture de l'enfant celui qui est de densité convenable, en quantité suffisante, et qui est riche en globules.

La densité du lait se juge approximativement à sa transparence ou à son opacité plus ou moins grandes, et, plus exactement, si l'on en recueille une quantité assez grande, à Taide des lactomètres divers qui ont été préconisés, et qui sont basés sur le principe de l'aréomètre. Il est important de noter que, lorsqu'il y a peu de lait, le poids de l'eau qu'il contient augmente.

La quantité de lait que peut ingérer l'enfant à la mamelle est impossible à constater, si ce n'est en pesant l'enfant avant et après chaque prise de lait, comme l'a conseillé M. N. Guillot ; la différence des deux pesées indique la quantité de lait qui a été ingérée par l'enfant. On évite ainsi de se laisser tromper par le temps que met l'enfant à prendre le sein, et de croire à une grande quantité de lait ingéré lorsqu'il y en a eu peu.

La quantité des globules vus au microscope, ainsi que leur volume, ont été considérés comme proportionnels à la qualité nutritive du lait. M. Devergie, par exemple, a insisté sur ce fait : que tout globule large appartient à un lait riche, et tout globule petit à un lait pauvre (Bull. Acad. de méd., 1841). Mais suivant la remarque de M. Bt cquerel, les globules du lait seraient uniquement composés de matière grasse d'un volume très-variable et indépendant de la bonne ou mauvaise qualité du lait {Soc. des Hôpit., nov. 1850). Quant au nombre des globules, M. Aran a rappelé, dans la même discussion, que M. Miller a constaté que de mauvaises nourrices avaient un lait riche en globules, et M. Trousseau a fait observer de son côté que le nombre des globules est plus considérable au milieu de la traite qu'au début et à la" fin. On voit qu'il n'est pas possible de se fier au moyen d'appréciation dont il vient d'être question pour juger de la qualité du lait des nourrices.

MM, Becquerel et Vernois {Ann. dliygiène, 1853) ont rigoureusement étudié, à l'aide de l'analyse chimique, le lait des nourrices menstruées ou devenues grosses. Il en résulte qu'alors non-seulement il est diminué de quantité, comme l'a établi M. Guillot {Union méd., 1852), mais encore que la diminution porte sur la partie aqueuse et sur le sucre, tandis qu'il y a augmentation en poids des parties solides et de la caséine. En un mot, le lait est plus excitant : seule circonstance dont le praticien doive tenir compte, en rejetant les hypothèses d'accidents graves attribuées à tort à l'état de menstruation ou de gestation de la nourrice, lorsqu'elles ont lieu.

B. — Comment le lait est-il modifié sous l'inOuence des maladies? Cette question complexe a été étudiée aussi par MM. Becquerel et Vernois {loc. cit.). Il résulterait de leurs analyses : V qu'à la suite d'émotions morales vives et dans la fièvi'e typhoïde, tous les éléments solides du lait diminuent, excepté la caséine ; 2° que, dans les maladies aiguës fébriles en général, le poids des parties solides augmente tandis que l'eau diminue (comme pour la menstruation); 5° qu'il en est de même dans les maladies chroniques, sinon que la caséine diminue notablement ; 4° que cependant, avec la tiiherculisation pulmonaire accompagnée de diarrhée, il y a au contraire diminution des parties solides, perte portant tout entière sur le beurre;

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