‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 142 sur 245 · MIGRAINE · texte numérisé non relu

MIGRAINE

naire, soit de l'arrêt de l'urine par obstacle dans les nretères, soit enfin d'nne simple émotion pendant l'opération de fistules vésico-vaginales, comme l'a observé M. Jobert, de Lamballe (Chir. plastique). Le défaut de sécrétion urinaire se rencontre dans le choléra, dans la fièvre jaune, dans la néphrite des deux reins. Lorsqu'il y a obstacle dans les uretères par la présence d'un calcul^ l'anurie, qui accompagne alors les coliques néphrétiques, ne prouve pas toujours que l'obstacle soit double, car on l'a observée avec la présence d'un calcul dans un seul des uretères.

Les envies fréquentes d'uriner avec miction facile, mais douloureuse dans certains cas, sont un signe fréquemment observé dans les affections de Viitériis, et notamment dans les déviations de cet organe (surtout dans Tantéversion). Les envies sont incessantes toutes les fois que du pus arrive dans la vessie (pyélo-néphrite, calculs) .

MIGRAINE. — 1'' Éléments du diagnostic. — Cette névrose, caractérisée pri'-cipalement par une douleur de tête particulière, survient par accès intermittF .splus ou moins éloignés.

Le principal symptôme de ces accès est la douleur, qui débute ordinairement vers i'arcade surciliaire ou bien dans tout autre point d'un des côtés de la tête, pour envahir tout ce côté (d'oià le nom d'hémicrânie donné à la migraine). Quelquefois la douleur gagne le côté opposé, le cou et même des parties plus éloignées; mais c'est ordinairement le front, la tempe, l'œil, la narine qui en sont plus particulièrement le siège. Cette douleur est tensive, ordinairement aiguë, accompagnée de battements douloureux qui correspondent aux battements artériels, de frémissements dans le cuir chevelu et d'autres sensations variables ; elle est augmentée notablement par les mouvements, la mastication, la lumière, le bruit, et par la pression, qui dénote en général une augmentation de la sensibilité de toute la tête ou d'un côté seulement, et qui constate parfois les mêmes points douloureux que dans la névralgie trifaciale et cervico-occipitale (Valleix). Très-fréquemment à cette douleur se joignent des nausées et des vomissements pénibles, d'abord alimentaires, puis bilieux s'ils continuent, car il arrive maintes fois que les premiers vomissements soulagent rapidement. Le pouls et la chaleur de la peau sont naturels ; cependant la tête est souvent brûlante, et parfois il y survient des sueurs vers la fin de l'accès, qui est marquée aussi par du brisement des membres et de la lourdeur de tête dans un grand nombre de cas. Le plus souvent, le malade est forcé de garder le lit, loin du bruit et de la lumière; mais parfois, l'accès étant léger, il peut continuer à vaquer à ses occupations.

S*" Inductions diagnostiques. — Il suffit d'exposer ces symptômes pour montrer que le diagnostic de la migraine n'offre aucune difficulté au point de vue de la constatation de la maladie. Ce diagnostic est confirmé par la durée éphémère des accidents, qui ne dépasse guère douze à vingt-quatre heures, sauf dans des cas exceptionnels, et par le retour plus ou moins éloigné des accès, dans les intervalles desquels la santé est parfaite, à moins que ces accès ne soient symptomatiques.

Une fois la migraine reconnue, l'essentiel est de déterminer si elle est idiopathique ou symptomatique. — La forme idiopathique se rencontre principalement chez la femme, sous l'influence d'un tempérament nerveux, de l'hérédité, des divers troubles de la digestion stomacale, de la faim trop prolongée, de l'ingestion de

MILIATRE.

certains aliments, sous l'inflaence de certaines odeurs (suivant les mdividus), de l'étude trop suivie, des émotions morales, des temps orageux, du froid : conditions nui expliquent l'apparition des accès. - Lorsqu'elle est symptomatique on sympa, thique la migraine s'observe comme conséquence de certaines lésions de 1 utérus de V estomac, ou d'an autre organe; comme accompagnant les troubles de la menstruation, ou se montrant, chez certaines femmes, à cliaque retour des règles.

La mi-raine se distingue aisément, par ses accès passagers, descephalalgies dues au coriik aux anectiom fébriles à leur début, à celles du cerveau, qui toutes <ont plus ou moins longtemps continues. La névralgie trifaciale mente seule une mention particulière comme pouvant, par ses accès, faire croire à une migrame. On a dit que la concentration de la douleur sur le trajet des nerfs était un signe propre à faire reconnaître que l'on a affaire à une névralgie plutôt qu à la migraine ; mais Valleix lui-même a fait remarquer, d'une part, qu'il n'est pas toujours possible de circonscrire les douleurs de la névralgie et, d'autre part, qu'il y a des migraines avec douleur contusive, points douloureux à la pression, et môme élancements dans le trajet des nerfs. 11 faut donc reconnaître avec lui qu'U y a une migraine nevratqique ou dermalgique, ou plutôt confusion des deux affections entre elles. On ne peiit pas considérer, en effet, comme des diflerences applicables a tous les faits, attendu que ces caractères ne sont pas constants, que la névralgie revient ordinairement tous les jours ou tous les deux jours, tandis que la migrame se montre a des intervalles plus grands, et que, dans la névralgie, l'œil affecté est injecte et larmoyant, tandis qu'il ne Test pas dans la migraine. • i •

En dehors de ses formes idiopathique, symptomatique ou sympathique, la migraine se montre sous une autre forme très-rare, signalée mais trop généralisée par M. Piorry ; c'est Virisalqie, dans laquelle l'iris est affecté, et où s'observent principalement des troubles de la vision (arcs lumineux, obscurcissement de la vue, pupille dilatée). Cette espèce de migraine se développerait de préférence sous l'influence de la lecture, de l'étude ou des préoccupations après les repas.

5° Pronostic. — Jamais le pronostic de la migraine n a de gravité; elle est seulement pénible dans certains cas, par la ténacité du retour des accès et par leur intensité.

MILIAIRE. — Dans l'état actuel de la science, il est impossible de ne pas isoler l'éruption miliaire qui survient comme épiphénomène dans un certain nombre de maladies, de l'affection, le plus souvent épidémique, qui a été désignée sous le nom de suette miliaire. Mais comme il a été question au mot suette des caractères de l'éruption miliaire vésiculeuse ou vésiculo-pustuleuse, il me suffit de rappeler les conditions dans lesquelles elle se montre comme épiphénomène.

La miliaire, ainsi envisagée, se rencontre assez fréquemment : dans le cours du rhumatisme articulaire aigu ; moins fréquemment dans la scarlatine, où elle n'est qu'une exagération du caractère de l'éruption finement vésiculeuse de cet exanthème; dans Victère grave; dans la méningite cérébro-spinale épidémique, et dans plusieurs autres affections aiguës d'une certaine gravité. La miliaire, avec des taches livides, peut aussi se rencontrer dans certains cas d'empoisonnement par l'arsenic (p. 523). Enfin les boues de Saint-Amand contiennent, selon M. Edmond Robiquet {Thèse pour l'agrégation, 1855), un limon composé de détritus végétaux décomposés sous l'eau qui fait développer sur la peau une éruption mdiaire accidentelle.

566 MOELLE ÉPJNIÊRE.

MOBILITÉ^ NERVEUSE. — V. Nerveux (État). MOELLE ÉPINIÈRE. — Enfermée dans un conduit à parois résistantes^ la moelle épinière, de même que le cerveau, est le siège d'affections dont le diagnostic est basé uniquement sur des symptômes fonctionnels.

J« Maladies. — Outre la congestion, Vhémorrhagie et Vinflammation ou ramollissement de la moelle {myélite aiguë ou chronique), ce centre nerveux est le siège de dégénérescences tuberculeuses, cancéreuses ou autres, qui agissent surtout en comprimant la moelle. Il en est de même de toute autre tumeur qui a son point de départ dans les parties voisines, soit au niveau des vertèbres, soit au dehors, comme on l'observe pour des anévrysmes qui usent les corps de ces os avant d'arriver à la moelle.

2° Symptômes. — Les maladies caractérisées anatomiquement par une lésion de la moelle épinière, ou qui en produisent la compression, ont pour symptômes principaux : une douleur locale qui est d'ailleurs loin d'être constante; des fourmillements dans les membres ; Vanesthésie et rarement V hyper esthésie cutanée; la paralysie des muscles auxquels se distribuent les nerfs qui émanent de la moelle, au niveau et au-dessous de la partie lésée; h paralysie de la vessie, du rectum; parfois de la contracture, et même des attaques épileptif ormes.

Ces symptômes ont pour caractère habituel de siéger symétriquement des deux côtés du corps, d'occuper à peu près constamment les membres inférieurs, et d'envahir de bas en haut une étendue d'autant plus grande du tronc que la lésion se rapproche davantage de la partie supérieure de la moelle. Je dois faire remarquer cependant que les effets de la lésion considérés en eux-mêmes sont plus complets dans la moitié inférieure du corps que dans sa moitié supérieure, attendu que, supérieurement, une fonction essentielle à la vie, la respiration, se trouvant atteinte par la paralysie ou la contracture des muscles respirateurs, le danger est imminent avant que cette paralysie soit complète, tandis qu'aux membres inférieurs et au bas du tronc, la paralysie la plus absolue peut longtemps être compatible avec la vie.

Cette étendue plus ou moins grande des symptômes produits par les lésions de la moelle est donc une donnée diagnostique de grande valeur. Mais peut-on admettre que toutes les parties anatomiquement inférieures à la lésion de la moelle soient toujours atteintes? Un certain nombre de faits connus contredisent cette manière de voir. M. Landry en a fait connaître à la Société d'observation de Paris, qui semblent l'avoir autorisé à conclure que chaque partie de la moelle épinière peut être considérée comme indépendante.

Quoi qu'il en soit de cette explication, qui permettrait de comprendre les faits en apparence exceptionnels à la règle générale que j'ai exposée plus haut, il ne faut pas oubHer que les principaux signes, et en apparence les plus concluants, d'une lésion de la moelle, la paraplégie, par exemple, peuvent se manifester sans lésion matérielle de cet organe (F. Paralysies localisées). Ces signes ne sont donc pas pathognomoniques d'une lésion matérielle.

M. Stich a cherché à utiliser l'étude des mouvements réflexes de la moelle épinière pour le diagnostic de ses maladies (Ardi. de méd., d857, t. X, p. 221); mais ses recherches ont besoin de confirmation. Il en est de même des données anatomiques que M. Budge a récemment formulées sur la moelle considérée comme

MOLLUSCUM. — MORT.

centre génito-spiual du grand sympathique. On sait qu'il admet en outre du eentre S ratoire ou nœud vital : le centre clio-spinal (entre la s,x,eme vertèbre cerviea e etla quatrième dorsale), source des mouvements dilatateurs de la pupille et des artères de la tête ; et le centre génito-spinal (au niveau de la quatrième vertèbre lombaire), source du mouvement de la partie inférieure du canal intestmal, delà vessie etdes conduits déférents (/Icad. d«« Se, 18d9).

MOLLUSCUM. — C'est une affection rare, encore mal connue, reconnaissable aux hmeurs qui recouvrent la peau des différentes parties du corps et qui se remarquent principalement à la face et au cou. Ce sont des espèces de tubercules très-nombreux, d'un volume variable, de celui d'un pois à celui d un œuf de pigeon, à large base, quelquefois pourtant pédicules, ayant la couleur de peau et plus rarement une teinte brunâtre. Leur développement est tres-lent. On admet que le moUuscum est quelquefois contagieux; il ne serait fâcheux que dans cette c.rcon- ^nce. Dans les autJes cas, il est ordinairement rebelle à tout traitement, et persiste toute la vie, mais sans conséquences fâcheuses.

MONADES. — V. Parasites.

MONOMANIE. — Y. Folie. ,• „

MORT. — La question diagnostique de la mort apparente et la question pronostique de la mort prochaine, rapide ou subite, dans le cours des maladies, demanderaient de grands développements. . j , - La première de ces questions, celle de la mort apparente, est du ressort de la médecine légale. Elle peut d'ailleurs se résumer en peu de mots : c'est que, maigre de nombreux travaux modernes, la putréfaction reste le signe le plus mfaillible de la mort réelle. On sait que la plupart des névroses (notamment 1 hystérie) certaines affections cérébrales, l'ivresse, les asphyxies, peuvent s'accompagner de léthargie ou de mort apparente. .. ,, La question pronostique de la mort dans les maladies est aussi importante que délicate Mais il serait aussi difficile de résumer cette question dans quelques propositions générales qu'il serait puéril d'en rappeler toutes les particularités.^

La mort imminente est annoncée par les signes de l'AGomE, de même que la constatation d'une foule de maladies fait redouter nécessairement, au médecin sultisamment instruit, une mort rapide ou subite, dont il doit signaler leventnalite comme possible. Les progrès de l'anatomie pathologique, depuis la publication de l'intéressant mémoire de M. Louis sur les morts subites (1826), ont démontre que cette prévision pouvait se formuler dans un nombre d'affections beaucoup pl"s considérablequ'on ne le supposait. C'est ce qui ressort d'un travail de M. Arau {Ihese d'agrégation, 1853), qui rappelle que les morts subites sont dues le plus fréquemment à la congestion p.dmonaire ou cérébrale, ou aux deux réunies (Devergie).

Il résulte de ce travail que la mort subite a lieu : par ruptures du cœur ou des gros vaisseaux, mais plus fréquemment par suite des lésions chronique^ de ces organes, celles des valvules du cœur surtout ; par tuberculisation des ganglions bronctuques ou oblitération de V artère pulmonaire; par hémorrhagie de la rnoelle la wotubérance ou du cervelet, ou par congestion cérébrale violente; par rupiw es de certains organes abdominaux; par lésions encore mal détermmees des organes sécréteurs de la bile ou de l'urine. D'autres causes de mort subite sont : es convMmns chez l'enfant; les congestions sanguines pulmonaires et cérébrales chez le

MORYE ET FARCIN.

vieillard, ainsi que la suffocation par arrêt dans le pharynx du bol alimentaire incomplétemenl broyé parla mastication; chez la femme, V état puerpéral, ou plutôt la convalescence qui suit les couches ; Y aliénation mentale dans sa forme aiguë, paralytique et épileptique; et enfin l'altération matérielle ou fonctionnelle d'un des organes vitaux de l'économie . Des recherches modernes ont attribué encore la mort subite à la transformation graisseuse du cœur, et à l'oblitération de l'artère pulmonaire par des embolies veineuses.

De ces conditions diverses de mort subite ou rapide : les unes sont imprévues, parce que la cause ou la maladie originelle sont latentes, et le pronostic n'a rien alors à formuler; les autres peuvent, au contraire, être prévues par le fait de la constatation de la maladie que l'on sait pouvoir entraîner une terminaison rapidement funeste.

MORVE et FARGINi — Je réunis ici ces deux affections, attendu qu'il est admis aujourd'hui que le farcin ne diffère de la morve, appelée aussi jetage, glandage, éqiiinia, que par l'absence des lésions des fosses nasales qui s'observent dans la morve. Cette affection, essentiellement contagieuse du cheval à l'homme, n'était connue que par des observations éparses, dont la première remonte à 1810 (Waldinger), lorsque le docteur EUiotson, en Angleterre, publia son mémoire (1853). En France, MM. Rayer (1857), Vigla (Thèse, 1859), Tardieu (1843), Monneret, Landouzy, Gubler, ont publié des travaux importants dans lesquels on trouve les éléments du diagnostic que je vais rappeler, en traitant à part de la morve aiguë et de la morve chronique, et en y comprenant le farcin aigu ou chronique, dont je signalerai, chemin faisant, les particularités.

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