‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 141 sur 245 · MICROSCOPE · texte numérisé non relu

MICROSCOPE

grande partie. On trouve au spéculum le col utérin gonflé, d'un rouge sombre, et, sur l'une des lèvres, une ulcération irrégulière à surface saignante, et à bords boursoufflés, qui font croire à une profondeur de l'ulcère plus prononcée qu'elle ne Test en réalité. Ces ulcérations peuvent facilement être confondues avec les ulcérations syphilitiques secondaires, d'autant mieux qu'il n'existe vraiment aucune différence dans les caractères extérieurs des unes et des autres, et que ce n'est qu'en constatant l'existence ou l'absence d'antécédents syphilitiques, ou de signes actuels de syphilis dans d'autres parties du corps, ou enfin en obtenant ou non une améhoration sensible par un traitement spécifique, qu'il est possible d'arriver à une solution diagnostique.

5° Pronostic. — Le pronostic de la métrite chronique localisée n'a rien d' inquiétant, et la lésion locale cède plus ou moins facilement à un traitement approprié. Il en est de même de la métrite chronique généralisée, à moins que Ton n'admette qu'elle prédispose au cancer et qu'elle puisse subir la transformation cancéruse ce qui n'est nullement démontré.

MÉTRORRHAGIE. — F. Hémorrhagies (par la vulve).

MICROSCOPE. — Bacon, parlant de la vue comme du sens qui joue le premier rôle dans l'observation, et rappelant les secours que peuvent lui prêter les microscopes, instruments de nouvelle invention et alors très-imparfaits, regrettait que l'on ne pût, à leur aide, distinguer les moindres parties des liqueurs, des urines, du sang, des blessures et d'une infinité d'autres objets. « Ce serait alors véritablement, dit-il, que ces instruments deviendraient d'une grande utihté. » (Novum organum, lib. II, g xxxix). Or, le vœu de Bacon, qui indique le but de la microscopie, est en voie d'accomplissement.

Comme moyen d'investigation scientifique, le microscope a créé l'histologie. Comme moyen d'exploration diagnostique, il a déjà acquis une importance qu'on ne saurait plus contester. Cette importance ressort, non-seulement des résultats de la microscopie appliquée au diagnostic posthume ou cadavérique, dont je n'ai pas à m'occuper, mais encore de ses applications déjà nombreuses au diagnostic qui se formule au lit des malades.

Les microscopes en usage de nos jonrs sont assez perfectionnés pour répondre aux exigences de la pratique, quoiqu'il leur manque de montrer les objets opaques par réflexion comme ils les montrent par transparence. Malgré cette insuffisance, leur usage se généraliserait probablement avec rapidité, au moins dans la jeune génération^médicale, si le prix trop élevé des bons microscopes n'était un obstacle sérieux à leur emploi usuel.

Je renvoie aux traités ou aux manuels de microscopie pour ce qui concerne la théorie et la manipulation de ces instruments. Il me paraît suffire, pour en légitimer et recommander l'usage, de rappeler les principales applications cliniques qui eu ont été faites.

L'exploration microscopique s'utilise pour l'examen des liquides ou des solides. Quoique l'étude du sang ainsi faite n'ait pu donner raison des modifications qu'il subit dans la plupart des maladies générales, la constatation de la leucémie, et surtout celle de la présence des globules sanguins dans des matières ou des liquides évacués, dans lesquels on ne pourrait tout au plus que soupçonner la présence du sang (F. Hémobrhagies), démontre l'importance de cette recherche. L'examen mi-

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croscopique des urines et de ses sédiments^ notamment dans la maladie de Bright et dans la spermatorrhée, n'est pas moins important. La recherche des parasites microscopiques végétaux ou animaux a jeté un jour tout nouveau sur un certain nombre d'affections, en y révélant des particularités inconnues jusque-là. L'étude microscopique des éléments histologiques des liquides, des exsudais ou de certains corps sohdes expulsés accidentellement de l'économie, a rendu de plus grands services encore. Il suffit de signaler les caractères distinctifs si précis que fournit la microscopie du liquide ou des débris solides des hydatides (p. 468), celle des débris organiques (insaisissables par tout autre moyen) qui révèlent par eux-mêmes soit la nature de la lésion (la gangrène ou la diphthérie pharyngienne, par exemple), soit I l'organe duquel émane le pus d'un abcès, celui d'un trajet fistuleux, ou le hquide I provenant d'une rupture interne.

Quant à la question si chaudement débattue de la nature histologique des tumeurs, que je rappelle en tant que lésions directement accessibles à notre exploration, les divergences qui se sont produites ne sauraient autoriser à dédaigner la microscopie. En démontrant seulement qu'une classe nombreuse de tumeurs est due I à des hypertrophies d'éléments normaux, elle a rendu à notre art un éminent service.

Au milieu des tâtonnements inévitables qui résultent d'une étude toute nouvelle, ! qu'importe que cette étude ait suscité des erreurs passagères, pourvu que le progrès j soit réel? Il me paraît impossible que les études histologiques qui ont eu déjà une I utilité incontestable, soient sérieusement continuées sans qu'il en résulte de nou- I velles découvertes, utiles non-seulement en anatomie et en physiologie, mais encore dans leur application à la pratique.

MIGROSPORON. — V. Parasites végétaux.

MICTION. — L'écoulement fonctionnel de l'urine a été généralement confondu, dans les traités de séméiologie, avec l'étude de l'urine elle-même, quoique la question mérite d'être examinée à part.

I La miction est habituellement volontaire, facile, et s'effectue sans douleur dans ! l'état de santé. Elle est plus ou moins troublée dans un grand nombre de maladies : elle se fait involontairement (F. Incontinence), ou devient difficile (dysiirié), ou impossible soit avec vive douleur (ischurie), soit sans douleur (aniirie). Enfin les envies d'uriner sont, dans certains cas, très-fréquentes, mais avec miction facile.

La dysurie ou l'ischurie, qui s'accompagnent fréquemment d'untênesme vésical très-douloureux, reconnaissent différentes causes : un obstacle mécanique dû à un rétrécissement urétral, qui se dénote par le jet bifurqué ou en spirale de l'urine, un gonflement de la prostate, une tumeur comprimant le col de la vessie (cancer de I l'utérus, hydatides du petit bassin), des corps étrangers engagés dans l'urètre, comme cela a Heu le plus souvent pour des caillots sanguins (F. p. 457) ou pour des I graviers. La dysurie ou l'ischurie sont aussi les conséquences habituelles de la blennorrhagie, de la cystite aiguë^ de la colique néphrétique ; on peut aussi renconj trer ces troubles de la miction dans le cours de la péritonite, du rhumatisme, de ! la fièvre puerpérale, de la méningite rachidienne. Il y a enfin dysurie malgré j l'abondance de l'urine dans les empoisonnements par les septiques, et parfois par I suite de l'ingestion de Vopium à dose simplement médicamenteuse.

Quant à Xanurie, elle dépend, soit de la suspension complète de la sécrétion uri-

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