‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 144 sur 245 · MORVE ET FARCIN · texte numérisé non relu

MORVE ET FARCIN

Il faut avouer que, dans ces différentes circonstances, Terreur est facile, lien est de même lorsque, avec la fièvre, on découvre extérieurement une lymphangite ou une phlébite, résultant d'une inoculation ignorée du malade. On peut croire alors à une inoculation putride ou à une pustule maligne.

Lorsqu'on voit le malade à la période dite rhumatismale, et qu'il n'existe que les phénomènes fébriles et les douleurs, on croit aisément à un rhumatisme articulaire grave : l'erreur, en effet, a été maintes fois commise. Pour l'éviter, il faut que les progrès de la maladie fassent surgir d'autres symptômes, comme l'érysipèle de la face, le coryza spécial, les pustules, ou les abcès au niveau des articulations ou dans d'autres parties éloignées, pour que l'on attribue les douleurs à leur véritable cause. Cependant il ne faut pas oublier que, dans certains cas, on a vu de ces symptômes se montrer dès le début, avant ou en même temps que les douleurs rhumatoïdes, ce qui rend le diagnostic suffisamment clair.

L'ensemble des symptômes qui caractérisent la maladie confirmée ne peut laisser la moindre équivoque sur l'existence de la morve aiguë, et, en l'absence des phénomènes du coryza spécifique, sur l'existence du farcin ; car il n'est aucune autre affection aiguë qui se caractérise à la fois par une fièvre intense, par des accidents nerveux graves, par l'érysipèle, par des pustules plus ou moins nombreuses, par des abcès multiples, la gangrène, des hémorrhagies.

Le diagnostic offre d'autant plus d'incertitude au début, que la marche de la maladie est alors plus lente. Cependant l'embarras peut aussi être très-grand si cette marche est tellement rapide que l'affection se termine en trois jours, comme on Ta observé. Habituellement l'évolution des phénomènes se prolonge davantage, sans qu'on l'ait vue dépasser vingt-neuf jours, sauf dans les cas où la morve aiguë passe à 1 état chronique. L'enchaînement des trois périodes que j'ai signalées, lorsqu'il existe (car il n'est pas constant), est une particularité utile au diagnostic. Malgré la rapidité de l'évolution de la maladie, on peut mettre à profit l'inoculation du pus des pustules de l'homme au cheval, pour confirmer le diagnostic. Mais aucune de ces données n'est aussi importante que celle des antécédents qui se rapportent à la contagion subie dans le principe par le malade.

Cette contagion primitive une fois établie, en effet, soit par la déclaration du malade lui-même, soit par Tinterrogatoire, le diagnostic s'élucide immédiatement. La contagion a lieu du cheval à l'homme ou de l'homme à l'homme, sans que l'on puisse toujours s'assurer si cette contagion a eu lieu par infection ou par inoculation. La profession du malade peut suggérer l'idée de la maladie, ce qui est important; car ici, comme dans une foule de circonstances analogues, c'est tenir le diagnostic que de penser à l'affection cherchée. On devra se méfier quelquefois des assertions des malades qui, par intérêt personnel vis-à-vis des règlements d'hygiène publique, dont la sévérité est connue, refusent d'avouer qu ils ont des chevaux morveux.

L'inoculation du virus morveux est quelquefois difficile à découvrir, lorsque la maladie se déclare chez des individus occupés à manier des débris provenant des abattoirs, des crins, par exemple, ainsi que M. Duclos l'a signalé [Journ. de méd., 1846). Quelquefois même la cause est impossible à trouver, comme dans un fait rapporté par M. Teissier (de Lyon), dans lequel on a été disposé à voir un cas de morve spontanée.

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