MORVE ET FARCIN
3« Pronostic. — La mort est presque constamment la terminaison de la morve aiguë, car on n'a jusqu'à présent cité que deux faits de guérison : l'un dû à M.Mackensie, l'autre à M. Garnevale-Arella (Joiirn. des Se. méd. de Turin).
II Morve chronique. .
La morve chronique, qui a été décrite par M. Tardieu dans sa thèse maugurale, diffère particulièrement de l'aiguë par sa marche lente et contmue, qui peut se prolonger plusieurs mois et même plusieurs années, jusqu'à cmq ou six ans.
1« Éléments du diagnostic. — Dans la morve et le farcin chroniques, il y a d'abord des symptômes locaux différents.
Que la morve chronique succède au farcin ou se montre d'emblée, elle est exempte d'éruption vers la peau, de tuméfaction ou de rougeur des articulations. C'est vers les voies respiratoires et vers la bouche que se montrent les accidents locaux caractéristiques. Ordinairement, après un mal de gorge et de la toux, apparaissent : une douleur vers la trachée, ime sorte d'étranglement, Taltération de la voix, et même une aphonie complète et plus ou moins persistante; le malade se plaint dun enchitrènement qii il est facile de reconnaître à ses reniflements continuels; les mrme^ semblent bouchées et donnent difficilement passage à Tair. Parfois il y a une douleur sourde au niveau du nez et jusque dans les sinus; au bout d'un temps plus ou moins long, le malade se mouche plus fréquemment que de coutume, et le mucus expulsé contient du sang en caillots, quelquefois des croûtes^ ou du pus. Le mucus puriforme est rarement assez abondant pour constituer un véritable jetage. L'examen des fosses nasales peut y faire découvrir des ulcérations, et, à l'aide d'un stylet, des inégalités ou même la perforation de la cloison qui en résultent. Du côté de la bouche, si la maladie dure déjà depuis un certain temps, on peut constater des cicatrices, et le plus souvent, soit dans la bouche, soit dans le pharynx, des ulcérations analogues à celles des fosses nasales, ulcérations que l'on peut seulement soupçonner dans le larynx et la trachée.
Dans le farcin chronique, ce ne sont plus les symptômes vers les voies respiratoires qui dominent; ce sont principalement les abcès sous-cutanés, caractérises par des tumeurs rapidement fluctuantes dans la plupart des cas, pouvant disparaître brusquement ou se cicatriser après l'écoulement du pus, pour se montrer dans d autres points, ou donnant lieu à des fistules et à des plaies de mauvais aspect, pouvant persister un temps fort long, sans tendance envahissante. Il est à noter que 1 on a trouvé après la mort des ulcérations de la pituitaire dans les cas de symptômes farcineux simples en apparence, ce qui prouve bien la nature identique des deux affeetions.
A ce cortège d'accidents spéciaux s'ajoutent des symptômes généraux communs a la morve et au farcin chroniques : des douleurs articulaires et musculaires la. diarrhée, des nausées, la fièvre avec ses frissons et ses retours irréguhers, les sueurs alternant avec la sécheresse de la peau, Vœdème des extrémité^ inférieures, le teint jaune et terreux, Y amaigrissement, \ épuisement, l'insomme et tous les i signes d'une cachexie profonde.
I 2° Inductions diagnostiques. — La maladie a quelquefois des prodromes tres- ' peu caractéristiques par eux-mêmes, comme du malaise, de l'affaiblissement des douleurs très-vives dans les membres et les articulations, et parfois une pleurodynie extrêmement pénible. Lorsque les symptômes de la maladie confirmée se déclarent,