‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 152 sur 245 · NÉPHRITE · texte numérisé non relu

NÉPHRITE

OU hépatique. — La congestion rénale n'a de commun avec la néplirite aiguë que ' la douleur lombaire et l'albuminurie. Mais il peut arriver qu'au début des maladies aiguës fébriles la fièvre, des nausées, des vomissements, ou l'extension de la douleur au testicule, ainsi que je l'ai vu à l'invasion d'une variole, viennent donner momentanément le change au praticien, s'il ne songe pas à la possibilité de la simple congestion. — La périnéphrite indépendante d'autres lésions du rein, du foie ou de la rate, ne présente guère de caractères différents de ceux de la néphrite qu'à une période avancée : alors le flanc se bombe, la tuméfaction s'opère surtout en arrière, et l'on sent à la palpation une sorte d'empâtement ou d'œdème, alors même qu'il n'y a I pas de fluctuation évidente. Il est surtout facile de confondre la périnéphrite avec la néphrite suppurée. — Lliépatite se distinguera de la néphrite par la tuméfaction réguhère du foie et l'absence de troubles du côté de la miction. — Le lombago \ aigu, exaspéré par les moindres mouvements, ne sera jamais pris, malgré son siège, | pour la douleur due à la néphrite. — La violence de la douleur et son retour par accès empêchera aussi la confusion de la colique néphrétique avec la néphrite aiguë. — A plus forte raison la colique hépatique accompagnée d'ictère ne permettra-t-elle pas une confusion analogue.

Il est plus difficile de démêler les signes de la cystite et de la néphrite dans un assez grand nombre de cas. On a vu, en effet, des n3phrites et des pyélites calculeuses s'annoncer par des douleurs de la vessie ou de l'urètre plus vives que la douleur rénale, et par l'émission fréquente de très-petites quantités d'urine décolorée et transparente (Rayer); d'un autre côté, il y a souvent coïncidence des maladies de la vessie et des maladies du rein, ce qui peut faciliter l'erreur.

Les (ormes les plus importantes de la néphrite aiguë sont la forme simple et la forme calculeuse. La néphrite goutteuse de M. Rayer rentre dans la forme calculeuse. Quant à la forme rhumatismale, la coïncidence de la néphrite avec le rhumatisme suffit-elle pour l'établir? On peut en douter en voyant la néphrite coïncider également avec une foule d'autres maladies, comme l'a démontré M. Rayer.

Le degré d'intensité de la néphrite aiguë est surtout subordonné à la terminaison par résolution ou par suppuration, et aux lésions concomitantes des organes uri- I naires. — Quant aux complications, il y a surtout à redouter les ruptures, et j principalement celle (heureusement exceptionnelle) que l'on a vue s'effectuer à tra- \ vers le foie dans le poumon, et la rupture plus commune et rapidement mortelle | du foyer purulent dans le péritoine. On a signalé encore, comme complications, des ! inflammations secondaires, et par exemple la péricardite. \

3° Pronostic. — Le pronostic de la néphrite aiguë est extrêmement variable. Il ne peut être apprécié qu'autant que la cause de la maladie est bien connue et que, par une interprétation rigoureuse des symptômes, on peut arriver à reconnaître l'étendue et l'intensité de l'inflammation. La terminaison par résolution est fréquente dans les cas de néphrites trauma tiques, et dans ceux de néphrites simples qui seraient dues à l'action du froid et de l'humidité. Le pronostic est grave au contraire lorsque la suppuration survient, et ne se fraye pas une issue au dehors par les voies urinaires, par le côlon ou par la peau. 11 est grave encore dans les néphrites secondaires, lorsqu'elles dépendent d'une affection de l'urètre, de la prostate ou du rein, ou lorsqu'elles surviennent après l'opération de la taille, de la lithotritie, ou après la simple exploration avec la sonde chez les calculeux.

NÉPHRORRHAGIE.

IL Néphrite chronique,

M. Rayer -a indiqué comme symptômes de la néphrite chronique : des douleurs habituelles sourdes, profondes, dans une des régions rénales ou dans les deux, présentant parfois des exacerbations, augmentant à la pression plus ou moins forte des régions lombaires, ou à la suite d'une course un peu prolongée surtout en voiture, sans qu'il y ait jamais, comme dans la néphrite aiguë, douleur du testicule ou suppression des urines. Celles-ci sont cependant rendues en petite quantité, mais fiéquemment, elles présentent une diminution d: acidité, o\\ \m état neutre, souvent Valcalinité au moment de l'émission, enfin elles fournissent, dans la plupart des cas, un sédiment amorphe composé de phosphates de chaux et ammoniaco -magnésien, d'une petite quantité d'urates, et elles tiennent en suspension des globules muqueux(?). A ces signes se joignent la faiblesse musculaire des membres inférieurs (M. Rayer), des troubles digestifs, et les signes locaux ou généraux des affections concomitantes.

Le plus souvent, en effet, la néphrite chronique, qui s'observe principalement chez les vieillards, est secondaire; elle se rattache ordinairement à l'existence de calculs, dont les accidents prennent un caractère clu'onique après un certain temps^ à des rétrécissements de Vurètre, à des a ffections chroniques de la vessie, de la prostate, de l'utérus, de la moelle épinière avec paraplégie, à des obstructions de l'uretère .

Il ne faut- confondre la néphrite chronique, ni avec la py élite, ni avec le lombago chronique. — Dans la pyélite, dit M. Rayer, il y a constamment sécrétion de pus ou de mucus purulent, et le plus souvent l'urine est trouble et purulente; tandis que, dans la néphrite chronique, le trouble de l'urine dépend le plus ordinairement de la présence des phosphates en suspension. — Le lombago chronique, par l'augmentation de la douleur dans les mouvements du tronc, et par le défaut d'altérations de la sécrétion et de Texcrétion urinaires, se distingue facilement aussi de la néphrite chronique.

Le pronostic est grave en raison des lésions concomitantes ci-dessus rappelées.

NÉPHRORRHAGIE. — A propos des hémorrhagies par l'urètre (p. 437) , j'ai indiqué les particularités diverses qui permettent d'établir l'origine anatomique du sang. J'ai fait remarquer également que, dans l'immense majorité des faits d'hémorrhagie hors des voies urinaires, le sang provenait des reins; et enfin, j'ai énuméré les conditions pathologiques de la néphrorrhagie. Mais il existe, dans des contrées éloignées des nôtres, une hémorrhagie rénale particulière que l'on a admise comme icliopathique, et dont le diagnostic doit être examiné à part : c'est Vhématurie de l'île de France (Maurice) .

Cette hématurie ou néphrorrhagie se présente, suivant M. Rayer, sous trois formes distinctes : 1° Vhématurie simple, dont le caractère principîil, complètement négatif, est l'absence de toute lésion ou maladie qui, dans nos climats prodiut rhématurie ; 2° Vhématurie avec gravelle urique, dans laquelle l'examen microscopique décèle dans l'urine, avec les globules sanguins, des cristaux d'acide urique ou des graviers de très -petite dimension; 3*^ enfin Y hématurie ^avec urines chyleuses ou graisseuses (F. Urines). Cet aspect laiteux des urines succède ordinairement à un écoulement de sang, ou bien il alterne avec les hémorrhagies et finit quelquefois par être persistant pendant de longues années.

584 jnerveux (appaheil).

Lorsqu'au Brésil, à l'île de France, à Bourbon, où cette affection est endémique, ou bien parmi nous, chez un individu provenant de ces contr ées, on constate une hématurie qui présente les caractères dont je viens de parler, on devra songer à la maladie qui m'occupe. La constatation d'urines cliyleuses qu'auraient précédées des urines sanglantes, ne permettra pas d'hésiter dans le diagnostic; car, jusqu'à présent, les urines graisseuses ne paraissent pas avoir été rencontrées dans d'autres conditions. Cependant la question n'a pas encore été parfaitement résolue. Ces urines cliyleuses, que l'éther clarifie immédiatement, ne sauraient d'ailleurs être confondues avec les urines simplement albumineuses. Mais il faut savoir que, dans l'hématurie endémique, l'urine peut à la fois être albumineuse et graisseuse.

Cette hématurie est-elle toujours exempte de lésions rénales, comme on l'a dit? M. Rayer ne le pense pas, attendu qu'il a reconnu que plusieurs faits d'hématurie donnés comme idiopathiques étaient symptomatiques de l'une des lésions connues pour être, parmi nous, autant de causes de néphrorrhagie.

Il résulte de là que le pronostic de l'hématurie des îles de France, qui est considéré comme sans gravité, doit nécessairement varier suivant son caractère vraiment i(iiopatltique ou symptomatique, et, dans cette dernière circonstance, suivant l'affection qui produit l'hémorrhagie.

NERVEUX (Appareil). — L'appareil nerveux, composé de centres très-importants (cérébro-spinal et ganglionaire) et de nerfs ramifiés dans les différentes parties du corps, est atteint de maladies ou de lésions particulières.

Ces maladies, on le conçoit, peuvent être généralisées ou localisées. Elles diffèrent suivant que leur manifestation symptomatique a pour point de départ les centre^ nerveux ou les nerfs. J'ai rappelé les premières à propos de I'encéphale et de la MOELLE ÉpiNiÈRE. Quaiit aux maladies des nerfs, les plus importantes sont, outre les lésions traumatiques,les tumeurs (névrômes), les névralgies et très-rarement la névrite. Les maladies de l'appareil nerveux peuvent se diviser, comme celles des autres appareils organiques, en maladies avec ou sans lésions anatomiques : distinction des plus importantes au point de vue pronostique. Les névroses, en l'absence de toute lésion appréciable, forment une classe considérable d'affections très-importantes (F. Névroses).

Parmi les symptômes qui révèlent une maladie de l'appareil nerveux, la douleur joue un grand rôle. Il est même impossible à la rigueur qu'elle se produise sans que l'innervation soit plus ou moins atteinte; mais la douleur qui est sous la dépendance des afi'ections propres à l'appareil nerveux acquiert une signification particulière, soit par ses caractères de violence, d'élancement, de formication, etc., soit par sou siège au niveau des centres nerveux ou des filets nerveux, soit enfin par sa coïncidence avec des phénomènes atteignant les fonctions de relation. — Les symptômes fonctionnels occupent la plus large place dans la séméiologie de l'appareil nerveux. Ils sont caractérisés par des troubles de Fintelligence, de la myotilité ou de la sensibilité, soit isolés, soit réunis. ■ — Quant kVexploration des organes malades, elle est ici en grande partie empêchée par l'isolement du centre nerveux cérébrospinal dans des cavités à parois osseuses qui les rendent inaccessibles. Les nerfs les plus superficiels seuls peuvent être explorés par la pression dans les affections rappelées plus haut. Les ramifications extrêmes des nerfs sont fréquemment explorées aussi dans leur degré de sensibilité, soit au niveau de la peau ou des organes des

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