‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 153 sur 245 · NERVEUX ÉTAT · texte numérisé non relu

NERVEUX ÉTAT

3ens, soit jusque dans les muscles. La faradisaLion, localisée sur ces derniers organes, permet de juger non-seulement de leur sensibilité, mais encore et surtout de la contractilité, comme on Ta vu au mot électrisation. L'électricité médicale appliquée sur le trajet des troncs nerveux est généralement peu employée.

Les symptômes des maladies de l'appareil nerveux, pris isolément, ont les mêmes caractères, qu'ils se rattachent aune maladie avec lésion matérielle ou liien à une des maladies nerveuses dites dynamiques. Ce n'est qu'en se groupant que ces symptômes acquièrent leur valeur. Dans certains cas, la signification des phénomènes est facile à trouver; dans d'autres, qui ne sont pas rares, le médecin est facilement induit en erreur : il arrive alors, ou bien qu'il se prononce pour une affection des centres nerveux avec lésion matérielle alors que cette lésion n'existe pas, ou bien qu'il méconnaît et rejette l'exislence d'une lésion existant réellement. 11 y a des conditions où les éléments du problème sont tellement msuffisants, dans certains cas de paralysie, par exemple, que rintelligence la plus sagace doit rester en suspens, et que le succès du prétendu tact médical n'est que du hasard.

NERVEUX (État). — On a donné cette dénomination a un ensemble de phénomènes nerveux très-variables, se rencontrant dans une foule de maladies ou isolément, et qui ont été décrits sous les noms de cachexie nerveuse^ vapeurs, fièvre nerveuse, marasme nerveux, mobilité nerveuse, névropathie générale ou protéiforme^ nervosisme.

Il n'y a nul doute que les phénomènes si variés qui constituent l'état nerveux n'aient été fréquemment confondus avec des névroses mal définies, comme l'hystérie et l'hypochondrie. Aussi doit-on savoir gré à M. Bouchut {De Vétat nerveux aigu ou chronique^ \ 860) d'avoir attiré de nouveau l'attention sur ces faits anciennement signalés, et peut-être trop oubliés aujourd'hui, comme pouvant constituer quelquefois un état pathologique primitif et indépendant de toute autre maladie. Cependant il ne faut pas, comme M. Bouchut, tomber dans l'excès contraire, et rayer d'un trait de plume les névroses auxquelles les observateurs modernes ont à bon droit faii. prendre place dans le cadre nosologique, comme la dyspepsie (Chomel), la gastralgie, l'anémie, l'hystérie. Ces névroses, pas plus que la névralgie générale de Valleix et tant d'autres affections du même genre, ne sauraient être englobées sous un nouveau titre pour constituer une nouvelle maladie, à phénomènes par trop disparates. L'état nerveux n'est autre chose qu'un état pathologique analogue à l'anémie, et, comme elle, il est tantôt idiopathique et tantôt symptomatique.

Cette manière d'envisager l'état nerveux me paraît le rétablir à sa véritable place, comme épiphénomène complexe et varié des maladies dans la plupart des cas, et exceptionnellement comme constituant un ensemble protéiforme de troubles nerveux jusqu'à présent incomplètement étudiés et décrits.

C'est évidemment d'après un groupe exceptionnel de faits trop écourtes et par suite insuffisants que M. Bouchut a décrit Xétat nerveux. 11 lui attribue comme caractères :

A Xétat nerveux aigu une dyspepsie, suite d'impressions morales vives ou d un affaiblissement profond, puis de la fièvre, quelquefois avec ptyalisme, nausées, vomissements aqueux, constipation, abattement, hyperesthésies diverses, illusions sensoriules, dépérissement croissant; ensuite surviendraient des accidents névralgiques

INÉVR ALGIES.

et cérébraux très-graves (délire, liallucinations, coma, convulsions), et enfin la mort après un ou deux mois de souffrances, si un traitement convenable ne venait pas enrayer les accidents.

A Vétat nerveux chronique, bien autrement fréquent que le précédent, se rapportent, différemmment groupés et parfois isolés, tous les symptômes des névroses de l'intelligence, de la sensibilité, de la myotilité, et des viscères eux-mêmes. 11 me suffit de les rappeler.

HÉVRALGÎESi — Je traiterai au mot viscÉRALGiEsdes douleurs nerveuses que l'on observe au niveau des organes contenus dans les cavités splanchniques. Je ne m'occuperai ici que des névralgies des nerfs de la vie de relation, en empruntant surtout à Valleix (Traité des névralgies, 1841; et Guide du médecin praticien^ 4^" édition, t. î.) la plupart des matériaux de cet article. M. Notta, en 1854, M. Neucourt (Des Maladies chronique's, 1861) et M. Marrotte (i860)| ont chacun publié des travaux intéressants sur le même sujet.

Gomme les névralgies sont distinctes par leur siège, et que le siège de la douleur est le premier fait que recueille le médecin auprès du malade, il est indispensable, au point de vue du diagnostic, d'examiner séparément chaque espèce de névralgie. Mais auparavant, et pour éviter les redites, je dois rappeler les particularités générales applicables à toutes les espèces.

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