‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 162 sur 245 · PALPITATIONS · texte numérisé non relu

PALPITATIONS

Ces moyens sont directs ou indirects. Les premiers se rapportent à hpalpation proprement dite; à h pression extérieure avec l'une des mains ou les deux, ou avec un seul doigt; au toucher plus profondément exercé dans la bouche, à l'entrée du pharynx jusqu'à la glotte, et enfin dans la profondeur du vagin ou du rectum. Les moyens indirects comprennent les stylets, sondes ou instruments introduits dans l'œsophage, dans le larynx, dans la vessie, le vagin et l'utérus, le rectum, et dans les ouvertures ou canaux accidentels, dont on peut connaître ainsi la direction et l'aboutissant anatomique.

La palpation directe, appliquée aux parties extérieures, constate l'anesthésie ou l'hypéresthésie, et notamment les foyers de douleurs névralgiques, les indurations de la peau ou des muciueuses accessibles, leurs saillies et leurs rugosités, la flaccidité ou la fermeté des chairs, l'œdème, l'emphysème superficiel et les pulsations du pouls.

A la poitrine, l'application de la main perçoit les battements du cœur ou de sa pointe, les frôlements, les frémissements vibratoires de cet organe ou des tumeurs anévrysmales, la sensation de succussion, les frottements pleurétiques ou péricardiques, les vibrations vocales, et, pendant la percussion, la sensation d'élasticité ou de résistance des parties sous-jacentes au doigt percuté.

La palpation sert en outre à l'exploration des viscères de l'abdomen et des tumeurs qui s'y développent; elle révèle souvent leur degré de sensibilité, leur situation, leur étendue et leur forme, leur mobilité ou leur fixité, leur consistance, leur élasticité, leur fluctuation, et le passage, dans une autre cavité, de liquides que la pression refoule. J'ai rappelé soit au mot abdomen (p. 10) soit à propos des divers organes, et au mot tumeurs, les services que peut rendre la palpation immédiate ou médiate; des redites seraient inutiles. Je rappellerai seulement que, pour la palpation abdominale, le malade doit être couché sur le dos, les jambes et les cuisses étant maintenues demi-fléchies, la tête relevée par des coussins, et les muscles dans un complet relâchement, ce qu'il n'est pas toujours facile d'obtenir. La palpation abdominale est rendue plus difficile par la sensibilité exagérée ou par l'épaississement accidentel des parois du ventre (embonpoint, œdème, phlegmons) ou par une ascite; tandis qu'elle est au contraire facilitée par la flaccidité de ces parois par suite de la maigreur, de grossesses antérieures, ou après la paracentèse.

PALPITATIONS. — Les battements exagérés du cœur qui caractérisent les palpitations sont quelquefois visibles au niveau de la région précordiale, dont les parois sont soulevées dans une étendue plus ou moins grande. Le plus souvent, les battements du cœur, dont le malade a conscience, se font sentir sous la main appliquée à la région du cœur, ou bien soulèvent l'oreille ou le stéthoscope de l'observateur.

Parmi les conditions pathologiques des palpitations, il n'en est aucune pour laquelle ce symptôme soit pathognomonique. 11 faut chercher ces conditions dans les affections du cœur ou du péricarde, dans un simple état fébrile, dans certaines maladies des organes respiratoires, ou dans un état nerveux primitif ou secondaire.

Vendocardite, la péricardite, les rétrécissements des orifices du cœur, son hypertrophie simple, habituellement rencontrée comme complication de l'emphy-

PANCRÉAS. PANCRÉÂTITE. 621)

sème pulmonaire, et plus rarement les insuffisances, sont les affections cardiaques dans lesquelles on rencontre les palpitations comme symptôme. Elles ont pour caractère de revenir par accès dans la péricardite aiguë. — Les palpitations surviennent dans la première période de Y asphyxie, par le fait de la fièvre; mais celles qui donnent souvent lieu à des interprétations erronées sont les suivantes.

Les palpitations nerveuses sont extrêmement fréquentes, indépendamment de celles que produisent accidentellement la marche rapide et les émotions vives. Elles sont le plus souvent liées à des anémies de cause diverse, parmi lesquelles la plus singulière est la cachexie dite exophthalmique (V. p. 149). Les palpitations nerveuses secondaires se rencontrent encore dans les dyspepsies (Chomel), avec des entozoaires des voies digestives, et dans des névroses de nature diverse, comme dans Vhystérie et Y état nerveux.

PALUDÉENNES (Maladies). — V. Intermittentes (Affections).

PANCRÉAS. — PANCRÉATiTE. — Cet organe a non-seulement pour fonctions de présider à la digestion des matières azotées laissées intactes par l'estomac, comme l'a si bien démontré M. L. Corvisart, mais encore d'émulsionner, par le suc qu'il sécrète, les matières grasses des aliments qu'il rend aptes à être absorbées par l'intestin. Or, la perturbation de ce dernier fait physiologique et la manière dont se fait la sécrétion du suc pancréatique sont les deux particularités les plus utiles au diagnostic des maladies du pancréas.

L'inflammation aiguë (pancréatite) , le cancer, les calculs, les kystes et les flux de cet organe constituent toute sa pathologie.

Le diagnostic de la pancréatite, étudiée par MM. Bécourt {Jhèse, Strasb., 1850) et Mondière (ire/?., de méd., 1856), est fort difficile, parce que ses symptômes sont rarement isolés. Ils consistent en une douleur épigastrique s'irradiant vers rhypochondre droit, en une diarrhée de matières ressemblant à de la salive, peutêtre avec tension du ventre. Un antécédent important à noter dans les faits observés, c'est que, dans tous, la maladie était due à l'usage du mercure. Mais pour tirer parti de ce fait, il faudrait soupçonner l'existence de la pancréatite; or, la constatation des matières comme salivaires des garde-robes pourrait seule en donner d'abord l'idée, si l'on n'en était pas détourné par les symptômes inflammatoires dont le foie et l'estomac sont aussi le siège. La formation d'un abcès pancréatique s'ouvrant dans l'estomac, comme on l'a observé (Fauconneau-Dufresne, Union méd., 1847), n'est guère faite pour éclairer le diagnostic, qui ne saurait être que soupçonné. — La pancréatite chronique donnerait lieu à une salivation continuelle, selon Mondière.

Cette salivation d'une matière salivaire transparente, comme sirupeuse, rendue par expuition, h présence dans les selles de matières grasses non émulsionnées (par défaut de suc pancréatique), signe indiqué depuis longtemps par Bright, et constaté par MM. Cl. Bernard, Eisenmann (de Prague), Lussana, Geffrey Marston, etc., et enfin V amaigrissement, sont: les signes principaux des autres affections du pancréas. Mais je dois dire que ces signes ne sont pas constants et que l'obscurité du diagnostic est d'autant plus grande que l'organe n'est pas accessible à l'exploration par le palper épigastrique, dans l'état sain, et que, dans le cas où il se forme une tumeur, celle-ci est facilement prise pour une tumeur de l'estomac. V. Cancer du pancréas (p. 167).

630 PAPULES. PARALYSIES.

PAPULES. — POPULEUSES (Maladies). — Les petites saillies pleines et fermes, acuminées ou aplaties, rosées ou sans changement de couleur delà peau, qui constituent les papules cutanées, et que Ton rencontre quelquefois aussi au niveau de certaines muqueuses visibles, doivent être envisagées d'une manière générale au point de vue du diagnostic.

En dermatologie on ne comprend que le strophulus, le lichen et le prurigo dans les affections papuleuses ; mais le clinicien rencontre souvent des papules en dehors de ces trois états morbides. — Les taches rosées de l'abdomen observées dans la fièvre typhoïde sont quelquefois assez proéminentes pour constituer des papules rosées. — Dans certaines fièvres éruplives au début de l'éruption, comme dans la rougeole et la variole, les papules de l'éruption donnent quelquefois lieu à des erreurs de diagnostic. La rougeole dite boutonneuse peut, en effet, être caractérisée par des , papules discrètes plus ou moins rapprochées qui ressemblent à l'éruption d'abord papuleuse de la variole; et j'ai vu prendre pour une varioloïde une éruption généralisée (quoique relativement discrète) de taches rosées dans un cas de fièvre typhoïde; cependant le fait est très-rare.

Il est clair que de pareilles erreurs ne peuvent se commettre que par suite d'un examen incomplet, et sans que l'on tienne un compte suffisant des prodromes et de l'ensemble des phénomènes morbides, à moins que ces phénomènes soient incomplets ou mal accusés, ce qui se voit assez souvent dans les maladies fébriles à leur début» L'hésitation est alors naturelle. Quant à la variole, elle a un caractère précieux qu'il ne faut pas négliger, c'est l'existence de papules à l'isthme du gosier, oii elles se montrent souvent, alors qu'elles ne sont pas encore suffisamment accusées à la face.

En outre du strophulus, du lichen simple ou syphihtique (F. Syphilides), du PRURIGO, de la phthiriase, il existe une affection cutanée que je dois rappeler ici, c'est l'ÉRYTHÈME dit jjapiileiix, quoique les saillies en soient souvent mal circonscrites.

PARACENTÈSE. — F. Ponctions.

PARALYSIES. — On sait que l'on comprend sous ce titre non-seulement h diminution ou l'abolition de la mptilité dans les muscles de la vie animale ou de la vie organique, mais encore la diminution ou l'abolition des fonctions sensoriales> dont il a été question ailleurs (V. Anesthésies).

Il ne sera question ici que des paralysies du mouvement.

Ces paralysies sont tantôt un symptôme, et tantôt une véritable maladie. Elles se montrent dans des conditions si variées que leur diagnostic est souvent une des questions cliniques les plus complexes, quoique très-souvent le fait d'une paralysie généralisée ou localisée puisse se présenter immédiatement au praticien comme une donnée bien définie. Cette complexité m'oblige à traiter d'abord du diagnostic des paralysies considérées en général, avant de les examiner à leur point de vue le plus pralique, celui de leur généralisation ou de leur localisation.

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