‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 161 sur 245 · OLFACTION · texte numérisé non relu

OLFACTION

ainsi que l'a observé Barras {Acad. de méd., 18'i5), seraient également de nature à révéler l'œsophagite suppurée.

Dans les cas douteux, les commémoratifs et les conditions étiologiqiies viendront surtout en aide pour le diagnostic. L'œsophagite qui a été observée, en effet, aurait été le plus souvent provoq\iée par l'ingestion de certaines substances : l'abus du mercure, suivant Hildenbrand, Viode (Gohier), Véméiiqiie à très-haute dose, les acides concentrés et les autres substances corrosives, le sublimé en solution, les liquides bridants, peut-être Veau glacée^ et manifestement les corps étrangers volumineux et durs séjournant dans le conduit œsophagien. On n'oubliera pas que l'affection peut aussi être symptomatique ou un accident secondaire de la rage, de la variole^ de la rougeole^ de la fièvre jaune.

Malheureusement cet ensemble de données diagnostiques ne saurait être utilisé dans tous les cas ; et les difficultés seront d'autant plus grandes que l'on pourra confondre les phénomènes existants avec ceux d'autres affections de l'œsophage ou des organes voisins.

Il me suffira d'abord de nommer le cancer, le rétrécissement, la dilatation du conduit œsophagien. — Son spasme se distinguera de l'œsophagite en ce qu'il survient inopinément dans le cours d'une affection nerveuse, Yhystérie ou Y état nerveuXj et qu'il n'est pas précédé des circonstances occasionnelles de l'œsophagite rappelées plus haut. — Quant au rhumatisme de l'œsophage, il se distinguera encore de l'œsophagite par l'absence de toute particularité actuelle caractéristique autre que la coïncidence d'un rhumatisme, et par le fait de la diminution de la douleur pendant la déglutition, après F ingestion des premières portions d'aliments.

Outre les formes simple ou ulcéreuse de l'œsophagite, on a admis des formes gangréneuse ou pseudo -membraneuse, mais ici l'importance de l'affection s'efface en présence d'autres lésions locales plus graves ou de la condition générale de l'économie qui les engendre (F. Gangrènes, Diphthérie).

Les complications de l'œsophagite qui peuvent survenir sont : l'œsophagisme ou spasme de lœsophage, Vhijdrophobie (Mondière), ïœdème de la glotte dans les cas d'abcès, et enfui, la rupture de l'œsophage. Son rétrécissement est quelquefois la conséquence de l'œsophagite passée à l'état chronique.

3° Pronostic. — La terminaison par résolution est la plus fréquente, L'œsophagite est plus ou moins grave lorsqu'elle se termine par suppuration, ulcération ou gangrène, ou par rétrécissement de l'œsophage.

OÏDIUM. — " Y. Parasites végétaux.

OLFACTION. — Comme moyen d'exploration, Folfaction fournit un nombre de résultats bien limité. Elle fait percevoir la fétidité de llialeine produite par l'embarras gastro-intestinal, par certaines stomatites ou pharyngites, par la punaisie, ou bien les odeurs plus ou moins caractéristiques des excrétions : vomissements (ivresse, indigestion), matières f<ïca/es, ga%, urines. Le défaut d'odeur de certaines matières excrétées est quelquefois utile aussi au diagnostic. L'olfaction est surtout jtile pour constater l'odeur particulière de la gangrène, principalement celle de la gangrène pulmonaire. L'odeur spéciale qu'exhalent les ouvriers en caoutchouc met également sur la voie du diagnostic de Y intoxication par le sulfure de carbone.

OL^ANISME. — OPHTHALMOSCOPE.

OMBILIC. — V. Abcès, Abdomen.

OMOPLATE. — V. Épaule.'

ONANISME. — Les signes qui peuvent faire deviner des habitudes d'onanisme ont une grande imporlance, comme révélations d'une cause de maladies d'autant plus nécessaire à connaître qu'elle est presque toujours dissimulée avec soin. C'est surtout par le dépérissement général, par la langueur, l'atonie du regard, l'enfoncement des yeux, qui sont cerclés inférieurement par une trace plombée, que l'on peut soupçonner des habitudes d'onanisme chez les jeunes personnes et principalement chez les jeunes gens. Suivant M. Pétrequin (Traité d'anal, topographique), le transport de la pupille en haut et en dedans serait, chez les enfants, un bon signe à ajouter aux précédents.

ONGLES. — La conformation des ongles a depuis longtemps attiré l'attention des observateurs.

On appelle ongles hippocratiqiies ceux qui sont beaucoup plus recourbés que de coutume sur leur longueur, et qui coïncident ordinairement avec le développement (dit en massue) de l'extrémité des doigts. On a considéré cette conformation anomale comme une conséquence exclusive de la phlhisie pulmonaire. Mais il ressort des recherches de M. Vernois {Arch. de méd., 1859, t. Yl), d'abord que ce signe est bien pUis fréquent qu'on ne pense, du moins dans les hôpitaux ; et en second lieu, qu'il se rencontre non-seulement avec la phthisie tuberculeuse, mais encore avec les scrofides, et bien plus rarement dans d'autres maladies cluwiiques ou aiguës, ou dans d'autres conditions indéterminées. Les premières de ces conditions ne sont donc pas absolues. Les femmes présenteraient des ongles dits hippocratiques trois fois plus fréquemment que les hommes.

A la suite des maladies qui ont affecté la nutrition d'une manière notable, il se forme sur les ongles, suivant M. Beau, des sillons transversaux, dont la distance à partir de l'insertion onguéale serait en rapport avec le temps écoulé depuis la disparition de la maladie. Il calcule ce temps d'après cette double donnée que chaque millimètre représente une semaine pour les ongles des mains, où il faut compter trois millimètres pour l'insertion de l'ongle du pouce, et que, pour l'ongle des gros orteils, chaque millimètre correspondrait à un mois. La largeur du sillon serait en rapport avec la durée de la maladie, et ses bords taillés à pic répondraient à une invasion ou à une disparition brusque de la maladie. Enfin le temps d'évolution des ongles permettrait de concevoir que l'ongle du pouce ne peut fournir d'indice sur une époque antérieure à cinq mois, tandis que, pour le gros orteil, les indices pourraient remonter à deux années.

Les ongles seraient encore le siège à\lcérations syphilitiques à leur base, suivant certains auteurs. Tout le monde sait que, sous le nom d'omjxis, les chirurgiens ont décrit des ulcérations destructives de l'ongle. Mais, d'après les recherches de M. Bazin sur le parasitisme des teignes, il faudrait admettre que, sous le nom d'onyxis, on a compris fréquemment de véritables destructions onguéales dites parasitaires (V. Teignes).

OPHTHALMIE. — V. Œil.

OPHTHALMOSCOPE. — Quoique l'usage de ce merveilleux instrument d'investigalion, imaginé par M. Helndioltz, soit exclusivement utilisé parmi nous par les chirurgiens qui s'occupent d'oculist'que, je ne puis m'empêcher de rappeler

61 8 OPHTHALMOSCOPE .

les services qu'il peut rendre au médecin. Son utilité, à ce dernier point de vue^ ressort des travaux importants de nos contemporains, parmi lesquels je citerai en France M. Siebel [Iconogr. ophthalm., 1859), M. Guérineau (1860), et les auteursde plusieurs thèses importantes, parmi lesquelles la plus récente est due à M. Métaxas (1861). Les Leçons sur l'application de V ophthalmoscope au diagnostic des maladies de Vœil, par M. Follin (1859) ont beaucoup contribué à répandre en France ce mode d'investigation.

1° But. — On sait que l'on se propose, en utilisant l'ophlbalmoscope, de constater de visu l'état des parties profondes de l'œil : de l'humeur aqueuse, de l'iris, du cristallin du corps vitré, et surtout de la choroïde et de la ré(ine.

2^ Moyens d'exploration. — Un miroir concave destiné à réfléchir et projeter au fond de l'œil les rayons lumineux d'une lampe à travers la pupille (préalablement dilatée à l'aide de la belladone ou de l'atropine), miroir dont le centre, privé d'étamage, permet à l'observateur d'exam iner les parties profondes de l'œil : tel est l'ophthalmoscope dans sa simplicité. Mais l'impression que l'on^eçoit ainsi est dépourvue de netteté, ce qui a fait joindre à l'appareil une lentille biconvexe ou biconcave, ou bien les deux espèces de lentilles à la fois. Je n'insiste pas sur la description de l'oplithalmoscope, ni sur son maniement; c'est une question complexe que l'on trouvera très-bien exposée dans la publication de M. FoUin. On doit d'ailleurs être prévenu que l'examen ophthnlmoscopique présente des difficultés qu'on ne peut surmonter qu'à l'aide d'une pratique persévérante.

Z° Signes. — L'énumération rapide des signes fournis par l'ophthalmoscope est la meilleure preuve que l'on puisse donner de son utilité.

Dans Vétat sain, on voit d'abord dans l'espace pupillaire un fond rougeâtre s lequel se dessinent quelques ramifications vasculaires. Si l'on dit au malade de fixer un objet qui lui fasse porter l'œil légèrement en haut et en dedans, on aperçoit une tache blanchâtre à peu près circulaire, paraissant avoir trois ou quatre lignes de diamètre (au lieu d'une) et qui est la papille du nerf optique, vers laquelle convergent les vaisseaux rétiniens, et qui est quelquefois circonscrite par un cercle ou un demicercle noirâtre de matière pigmentaire. La rétine étant translucide comme le verre d'une glace étamée, ne saurait être aperçue dans l'état normal; aussi la coloration rouge du fond de l'œil dépend-elle de la choroïde située en arrière de la rétine, coloration d'autant plus vive que la couche de pigment déposé par traînées noirâtres dans les intervalles des vaisseaux, ou par cercle ou demi-cercle autour de la papille est m.oins abondante. La couche vasculaire, dont on peut admirer la disposition, est formée d'artères qui sont très-ténues, d'un rouge clair, et déveines de couleur plus foncée, cavîninée ou brune. Il faut être prévenu que les veines offrent des pulsations chez les individus qui ont activé leur circulation en marchant, ou chez ceux dont on comprime l'œil légèrement. Enfin il résulte delà transparence delà rétine qu'il existe deux plans vasculaires superposés et distants : l'un, composé des vaisseaux de la rétine qui émergent du centre de la papille ; et au delà, la couche des vaisseaux de a choroïde.

Dans l'ordre pathologique, l'ophthalmoscope' rend les plus grands services pour constater des lésions que la simple vue serait incapable de reconnaître lorsqu'il existe des troubles amaurotiques.

Les signes qui sont incompirableraant les plus fréquents sont avant tout ceux de-

ORCHITE. — OREILLE. 619

la choroïdite, puis de la rétinite, reconnaissables aux lésions que présentent les deuTc couches vasculaires distantes, et qui correspondent, la plus profonde à la choroïde, et la plus superficielle à la rétine. Je ne ferai que rappeler : les formes congestive et exsudative de la choroïdite ou delà rétinite; V anémie ou V atrophie clioroidienne ou rétinienne; les hémorrhagies ou épanchements par rupture des vaisseaux de l'une ou de l'autre couches vasculaires, et d'où résultent des cécités subites; les décollements de la rétine; les cysticerques soulevant la couche vasculaire de la membrane rétinienne ou occupant le corps vitré ; la présence des corpuscules, àes exsudats ou des cristaux de cholestérine flottants dans cette humeur vitrée; enfin des vetites plaques ecchymotiques et des taches jaunâtres (transformation graisseuse) considérées comme caractéristiques de la maladie de Briglit. - Outre la constatation des lésions choroidiennes et rétiniemies et des corps flottants du corps vitre que je viens de rappeler, celle d'autres lésions moins profondes n'est pas moms utile. Tels sont • les corps étrangers dans la chambre antérieure, les exsudais à la surface de l'iris les condylomes du bord pupillaire, les altérations primitives et ténues du cristallin, qui font qu'il n'est plus possible de confondre une cataracte a son début avec une amaurose.

Enfin Fabsence de toute lésion interne, établie par 1 ophthalmoscope, permet seule d'affirmer qu'une amaurose est réellement de cause cérébrale; car, dans la plupart des cas d'amauroses, il y a une lésion oculaire.

OPPRESSION. — y. Dyspnée. ^

ORCHITE. — Je n'ai à signaler l'orchite que comme complication ou epiphenomène remarquable survenant dans certaines maladies. Elle complique quelquefois, la blennorrhagie, la variole, comme l'a démontré M. Béraud (Ardu de med.. 1859, t. Xlin ; elle se montre après la disparition plus ou moins brusque des oreillons, ou comme conséquence de \d.névralgie ilio-scrotale . L'orchite varioleuse de M. Béraud se reconnaîtrait : à une douleur, avec chaleur et parfois rougeur de a peau; à une tuméfaction unilatérale ou bilatérale, tantôt visible, et tantôt sensible au toucher vers la partie déclive du scrotum; à la .fluctuation (qui n'est pas un symptôme du début), et à la sensation du frottement dont j'ai déjà parle (p. ô8 ^ ).

OREILLE. — Il y a à considérer dans l'oreille le pavillon, le conduit auditif externe et l'oreille interne, dont il faut rapprocher, comme annexe, la trompe d'Eustache. .

Le pavillon de l'oreille peut se développer d'une manière aiguë, par suite d un érysipèle de la face ou de la tuméfaction inflammatoire qui accompagne la variole; il peut aussi être atteint d'une hypertrophie chronique chez les aliénés. L'otite est la seule affection particulière au conduit auditif externe et à l'oreille interne qui intéresse le médecin.

Je renvoie, pour les signes fournis par l'oreille, au même mot otite et à 1 article SURDITÉ. — Quant à l'exploration du conduit auditif par la vue, on la facihte en tirant en dehors le pavillon de l'oreille (ce qui donne de la rectitude au conduit) ou en se servant d'un spéculum, d'ailleurs peu usité, ou de Votoscope, instrument analogue à l'ophthalmoscope. Je dois encore rappeler que V auscidtation a ete conseillée comme moyen d'exploration de l'oreille. Suivant M. Gendrm, en effet on pourrait recueillir à l'aide du stéthoscope, ou même par l'oreille appliquée immédia • ment sur celle du malade, les bruits que fait naître dans l'oreille moyenne de la

620 OPxFILLONS.

personne qu'on examine la propagation des vibrations sonores de la respiration, de la toux, de la voix, du sifflement labial, modifiés à dessein de diverses manières. Il déduirait de cet examen des signes qui\ considère comme palhognomoniques pour les diverses lésions des organes auditifs {Acad, des Se, 1856). M. Ménière, qui a constaté l'existence de ces phénomènes, affirme que l'air ne saurait pénétrer du haut du pharynx dans la trompe d'Eustache et dans la caisse que par un mouvement de déglutition ou quand une forte expiration, le nez et la bouche fermés, pousse l'nir dans la caisse {Arcli. de méd., 1857). Mais on ne peut admettre, avec M. Ménière, l'impossibilité de la pénétration du bol aérien du pharynx dans la caisse, en dehors de ces conditions. 11 y a des personnes, et je suis du nombre, qui, lorsque la trompe et la caisse sont vides, peuvent contracter volonlairement les trompes et pousser l'air qu'elles contiennent dans la caisse, oii son arrivée produit un petit cliquetis humide accompagné d'un bruit de souffle sourd, mais bien manifeste. On ne peut malheureusement pas utiliser ce fait pour l'étude de l'auscultation de l'oreille

OREILLETTES. F. Poitrine.

^ OREILLONS. — Le gonflement ordinairement rapide de l'une ou des deux régions parotidiennes auquel on a donné le nom d'oreillons ou d'ourlés, paraît du à une fliixion, de nature encore inconnue, des glandes parotides. C'est une affection ordinairement bénigne, parfois épidémique, qui se remarque plus fréquemment chez les jeunes gens que chez les jeunes fdles, qui est favorisée par le temps froid, par l'humidité, et qui enfin, suivant quelques auteurs, serait contagieuse.

1° Éléments du diagnostic. — Le gonflement parotidien survient simultanément ou successivement des deux côtés ; il est rarement précédé de quelques symptômes fébriles légers, et il s'accompagne d'un sentiment local de tension, ou d'une légère douleur avec gêne des mouvements de la mâchoire et parfois du ptyalisme. Ce gonflement de la région parotidienne et eous-maxillaire est uniforme, sans changement de couleur de la peau, qui est mobile à son niveau; il donne sous le doigt la sensation d'un corps pâteux, mais assez résistant; ses limites peuvent être assez étendues pour donner au visage un aspect effrayant et méconnaissable ; mais le cas est rare, de même que la persistance de la fièvre et les évacuations alvines qui peuvent l'accompagner. Un phénomène singulier qui se remarque chez les jeunes gens, dans un certain nombre de cas, c'est le gonflement inflammatoire des testicules dont l'apparition succède parfois à la disparition rapide de la tuméfaction parotidienne, et qui d'autres fois coïncide avec elle. 11 en est de même du gonflement des grandes lèvres et des mamelles chez la femme.

2° Inductions diagnostiques. — Lorsque les symptômes locaux siègent exclusivement vers le cou, les caractères non inflammatoires de la tuméfaction, et la rapidité de l'invasion et de la marche de la maladie, ne permettent pas de la méconnaître. Son diagnostic est facilité par son développement épidémique. Il nous paraît impossible de confondre les oreillons avec les engorgements scrofuleux du cou, avec ceux dus à des affections plus ou moins graves de la bouche ou du pharynx, ou enfin avec la parotidite.

Mais en dehors de ces cas les plus simples, on est exposé à des erreurs de diagnostic presque inévitables en présence d'une orchite, d'une inflammation des grandes lèvres ou du gonflement douloureux des mamelles, qui ont succédé à la dispar tion^brusque du gonflement parotidien, si Ton ne songe pas à la relation qui

ORGA^'OSCOPE. — OSTÉOMALACIE. 621

existe entre ces accidents et les oreillons. Une autre cause Je méprise, sur laquelle M. Trousseau a attiré l'attention {Arch. deméd., 1854, t. III), se rencontre quelquefois dans les symptômes généraux fébriles, en apparence très-graves, qui se montrent avant l'apparition de l'orcliite, et qui cessent rapidement dès que l'inflammation testiculaire se développe, comme M. Trousseau l'a constaté deux fois.

Quoique l'on ait vu quelquefois les oreillons se compliquer de petits abcès superficiels, siégeant dans le tissu cellulaire sous-cutané et précédés de rougeur inflammatoire, l'ensemble des autres circonstances de la maladie ne permettra pas de la méconnaître et de croire à une véritable parotidite.

3° Pronostic. — Les oreillons sont une affection sans gravité.

ORGANOSGOPE. — M. Fonssagrives a présenté sous ce nom, à l'Académie des sciences (janvier 1860), un instrument ingénieux destiné à éclairer les voies organiques au moyen de l'électricité, en y facilitant ainsi le diagnostic et la pratique des opérations chirurgicales. L'organoscope (tubes vides de Geissler modifiés par MM. de Moncel et Rubmkorff) consiste en un long tube presque capillaire, replié sur lui-même et contourné à la manière des multiplicateurs électro-magnétiques. Il forme une espèce de cylindre lumineux, susceptible d'être introduit dans des cavités assez étroites, sans crainte d'échauffement ni de commotion. Il n'a pas encore été utilisé d'une manière spéciale.

ORTHOPNÉE. — V. Dyspnée.

ORTIÉE (Fièvre). — V. Urticaire.

OSSEUX (Appareil). — F. Squelette.

OSTÉOMALACIE. — Cette affection, que l'on n'observe que chezl'aduUo, est considérée par un certain nombre d'auteurs comme identique au rachitisme des enfants; elle présente, il est vrai, plusieurs caractères de cette dernière maladie, mais elle offre aussi des différences assez grandes pour que Ton soit autorisé à traiter à part de son diagnostic.

On doit à MM. Jules Guérin, Stanski, Trousseau et Lasègue, et surtout à M. Beylard (Thèse, 1852), les principaux travaux qui ont été publiés sur cette maladie, sans parler de ceux dont le rachitisme a été l'objet.

1" Éléments du diagnostic. — Vers le début, il y a des douleurs erratiques, mobiles, dans les différentes parties du corps, ressemblant à des douleurs rhumatismales, augmentant d'intensité avec les progrès de la maladie et pouvant alors se généraliser, devenir continues et s'exaspérer par les mouvements, la pression ou le simple contact. En même temps, il existe une faiblesse prononcée, une aversion pour C exercice et la marche, qui nécessite un aide et qui se fait avec hésitation et avec la crainte d'être renversé au moindre choc. Les digestions sont parfois difficiles, il y a des vomissements, des alternatives de consti'pation et de diarrhée, de Y amaigrissement; les urines fournissent un dépôt abondant de phosphate de chaux, quelquefois même des petits graviers; la salive peut aussi contenir du phosphate de chaux (Wright).

Après cette première période, ou sans elle (car elle peut manquer), il survient quelquefois des fractures spontanées sous rinlluence de mouvements modérés, mais surtout des courbures anomales des os du squelette, et la diminution de la taille due au tassement des vertèbres. Le ramollissement des mâchoires empêche la mastication., les gencives sont molles et saignantes, dents tombent. Quelquefois la mollesse des os permet de contourner les membres en tous sens. H résulte de ces

OSTÉOMALACIE.

déformations, au milieu desquelles le crâne conserve sa forme régulière, des troubles fonctionnels portant surtout sur la respiration, qui devient de plus en plus <^ênée ; il peut même survenir de la suffocation et un œdème plus ou moins généralisé. Le corps est ramassé sur lui-même et élargi en même temps, et les courbures sont encore augmentées par des fractures souvent latentes ou qui sont signalées par une douleur subite très-vive, fractures qui se compliquent de crampes, sur lesquelles MM. Trousseau et Lasègue ont les premiers attiré l'attention (Union méd., 1850).

2° Inductions diagnostiques. — Les faits d'ostéomalacie se présentent au praticien dans deux conditions bien différentes au point de vue du diagnostic : tantôt, en effet, il n'y a que de simples douleurs ou des troubles fonctionnels, et tantôt des fractures spontanées et des déformations.

La maladie est d'autant plus aisément méconnue dans la première condition, qu'elle est extrêmement rare. Quoique l'on ait fait remarquer que les douleurs de rostéomalacie occupent de préférence la continuité des membres et la colonne vertébrale, et que, dans les cas de grossesse, elles débutent toujours, dit-on, par la région pelvienne, on sera peu surpris d'apprendre qu'en présence des douleurs erratiques du début, on ait toujours cru à l'existence du rhumatisme ou de la goutte. La méprise est favorisée par cette circonstance que les douleurs, de part et d'autre, augmentent sous l'influence de Thumidité et des mouvements. Ce n'est donc que lorsque l'on verra survenir soit des fractures sous l'influence d'une cause très-légère, d'un simple mouvement, d'une secousse de toux, etc., soit une déformation résultant d'un ramollissement des os, pendant l'existence des douleurs en apparence rhumatismales, que l'on pourra soupçonner l'ostéomalacie. L'absence de gonflement et de rougeur dans cette dernière affection est insuffisante, en effet, pour faire rejeter l'idée du rhumatisme articulaire chronique.

En définitive, ce sont les fractures spontanées et les déformations du squelette qui peuvent surtout mettre sur la voie du diagnostic. La constatation d'une notable quantité de phosphates dans l'urine, ainsi que la gêne de la respiration, la faiblesse générale et la crainte de tomber, seraient considérées presque comme des signes pathognomoniques par M. Beylard; mais l'idée de rechercher les phosphates ne peut venir à l'esprit que si l'on soupçonne déjà l'existence de l'ostéomalacie.

La marche ou l'évolution des symptômes de l'ostéomalacie, tantôt continue et croissante, et tantôt avec des intermittences, mais toujours d'une durée de plusieurs années, n'est que d'une utilité très-secondaire au diagnostic. — Parmi les autres commémoratifs, il en est au contraire que l'on peut utiliser. Ce sont : Vâge adulte et surtout celui de 30 à 50 ans (qui a été rencontré 27 fois sur 59 cas) ; Yhérédité, qui est loin cependant d'être constante et qui est souvent difficile à constater; les mauvaises influences hygiéniques et surtout Yhumidité, qui a été constatée dans un grand nombre de faits; les grossesses répétées, qui font que la maladie s'aggrave après chaque nouvelle conception .

La faiblesse se manifestant aux reins et aux membres inférieurs, avec hésitation dans la marche et craintes de chutes, ont fait croire quelquefois à une lésion de la moelle épinière, lorsqu'il n'y avait pas encore de phénomènes caractéristiques de l'ostéomalacie. On a théoriquement accumulé les caractères différentiels propres à faire distinguer les faits de cette espèce; mais il en est un certain nombre dans les^

OSTÉOMALACIE. 625

quels ces caractères ne sont point applicables. La paralysie du rectum et de la vessie €t la douleur en ceinture de la myélite sont les seules données importantes qui ne se rencontrent pas dans l'ostéomalacie. — La maladie de Pott, qui donne lieu à la fois à des symptômes du côté des reins et des membres inférieurs, et à une déformation de la colonne vertébrale, ne saurait être confondue avec l'ostéomalacie; car la déformation, plus ou moins généralisée dans ce dernier cas, est localisée au niveau seulement d'une ou de deux vertèbres dans le mal de Pott. Cette dernière affection détermine d'ailleurs un angle saillant caractéristique ou, à défaut delà déformation, des abcès par congestion qui, suivant la remarque de M. Beylard, empêchent de se méprendre. — Les déformations du squelette sont trop avancées lorsque le ramollissement des mâchoires amène la chute des dents et le boursoufflement saignant des gencives dans l'ostéomalacie, pour que l'on puisse voir dans ces deux symptômes des signes de scorbut. Il faut noter toutefois que les deux affections peuvent exister simultanément, et qu'au début, les douleurs générales, la faiblesse et la répugnance pour les mouvements, qui se constatent dans les deux maladies, pourraient faire hésiter le praticien, en Tabsence de toute déformation, entre l'ostéomalacie et le scorbut, si, dans le dernier cas, la fétidité de l'haleine et l'état de la bouche, la mollesse et la fongosité des gencives, l'ébranlement des dents, les hémorrhagies, etc., ne venaient pas ordinairement faire cesser les doutes.

Quant au siège et à Y étendue de l'ostéomalacie, on peut dire que toujours tout le squelette participe plus ou moins à l'affection ; car il ne faut pas croire que tous les os qui ne sont pas déformés soient sains. Il résulte de là que, lorsque l'on aura reconnu dans une partie l'existence de l'ostéomalacie, toute recherche faite au niveau des os non déformés, dans le but de s'assurer s'ils cèdent ou non facilement à la flexion, doit être faite avec une extrême réserve, en raison de la facilité avec laquelle peuvent s'y produire les fractures.

Quant aux lésions osseuses de l'ostéomalacie, elles sont importantes à déterminer, car le défaut de consistance du squelette peut dépendre de causes multiples : du scorbut, du cancer, ou de la syphilis, aussi bien que de l'ostéomalacie. C'est en constatant le défaut absolu des signes du scorbut, du cancer ou de la vérole que l'on admettra l'ostéomalacie idiopathiqne, celle que M. Beylard, avec MM. Trousseau, Lasègue et Gubler, considèrent comme le rachitisme chez l'adulte. Le cancer et la syphilis se distinguent de l'ostéomalacie en ce qu'ils produisent la fragilité des os donnant lieu à des fractures par suite de causes très-légères, mais non à des déformations du squelette. De plus, un cancer localisé dans les viscères, ou des signes extérieurs de syphilis constitutionnelles, viendront donner ordinairement l'éveil sur l'origine de la fragilité osseuse. Cependant on n'oubliera pas qu'il y a eu des faits exceptionnels, comme celui de la femme Rocques-Poulain rapporté par M. Stanski, d'un cancer généralisé des os non manifeste dans d'autres organes ; dans ce cas, la teinte jaune-paille de la peau, jointe à l'état de dépérissement, était un très-bon signe pour soupçonner la cause des fractures successives qui survinrent.

L'ostéomalacie produit des complications qui dépendent de ce que le ramollissement, à une époque avancée de l'affection, envahit la colonne vertébrale. Elles consistent en phénomènes nerveux qui se manifestent par des contractions musculairesj des paralysies partielles, et une exaltation extrême de la sensibilité; on y a joint, comme fait exceptionnel, Valiénation mentale, que l'on doit au moins

624 OTITE, OTORRHÉE.

hésiter à attribuer à l'ostéomalacie. Il faut considérer comme complications indirectes les bronchites, les pneumonies et les affections ultimes qui surviennent ici, comme causes de mort chez les individus profondément débilités.

5° Vronostic. — L'ostéomalacie est aggravée par des grossesses successives. En général elle a une terminaison fatale, surtout lorsqu'elle est entretenue par de mauvaises conditions hygiéniques.

OTITE, OTORRHÉE. — i° Éléments du diagnostic. — L'inflammation primitive du conduit auditif externe, qui n'atteint le plus souvent qu'un côté, plutôt le gauche que le droit, et rarement les deux côtés successivement, est caractérisée à l'état .aigu par une douleur parfois prurigineuse au début, devenant ordinairement, très-intense avec les progrès de Finflammation, et s'accompagnant de bourdonnements., de sifflements, de dureté deV ouïe du côté correspondant, d'un gonflement de la muqueuse qui peut aller jusqu'à oblitérer le conduit, et de rougeur; aprè>. trois ou quatre jours survient l'écoulement d'un pus d'une odeur fétide, fade, toute spéciale, dont l'apparition soulage de la douleur, mais qui quelquefois peut rester emprisonné derrière la muqueuse boursoufflée. La suppuration se prolonge au moins plusieurs jours, et la guérison survient, à moins que l'otite ne passe à l'état chronique, — Lorsque l'inflammation occupe l'oreille interne, la douleur est beaucoup plus vive, elle s'irradie au côté correspondant du crâne; la est prononcée. En même temps, il y a des symptômes fébriles (ils sont rares dans l'otite externe), parfois avec des vertiges, du délire, des convulsions, le tout cessant dès que le pus s'échappe, ce qui a lieu ordinairement, d'une manière brusque, par le conduit auditif et plus rarement par la trompe d'Eustache. Dans certains cas, l'écoulement brusque se fait avec un bruit que les malades comparent à celui d'une arme feu, et qui provient de la rupture de la membrane du tympan. La suppuration, qui est souvent fétide et rapidement suivie de guérison, peut quelquefois durer longtemps, et l'otite devenir chronique.

Dans Yotite chronique externe, appelée aussi otorrhée, l'écoulement d'un pu:> jaunâtre, fétide ou non fétide, des bourdonnements d'oreille et la dureté de l'ouïe, sans douleur, sont les seuls symptômes importants que l'on observe. — Lorsqu'elle est interne, elle a aussi pour symptôme principal l'écoulement purulent et plus ou moins abondant par le conduit auditif, mais avec douleur permanente incommode, surdité, bourdonnements, sifflements dans l'oreille affectée. S'il y a perforation de la membrane du tympan, l'action de se moucher fait sortir, parfois avec bruit, par le conduit de l'oreille, l'air emprisonné dans le pharynx, que l'effort fait passer par la trompe d'Eustache dans la caisse du tympan.

2° Inductions diagnostiques. — Ce simple exposé des symptômes de l'otite aiguë et chronique, comprenant principalement des phénomènes locaux qui ont un siège tout particuher, démontre qu'il est facile de constater l'existence de cette affection, que confirme la constatation des causes qui l'ont produite. L'accumulation de la matière cérumineuse chez les enfants, l'introduction répétée d'un cure-oreille, de corps étrangers, quelquefois des larves d'insectes visibles dans le conduit auditif^et enfin l'action du froid, sont les causes dont l'action est le mieux établie.

Mais en dehors de l'otite primitivement due à des influences diverses, il en'est de secondaires, qu'il n'est pas très-rare de renconti-er, principalement chez les enfants.

OVAIRES. — OVARiTE. ()25

et qu'il ne faut pas perdre de vue. Telles sont les otites survenant dans le cours de V affection typhoïde ou des fièvres éniptives, et celles dues à une lésion locale : à la carie ou à des tubercules développés dans le rocher du temporal. Un écoulement purulent très-fétide, d'une durée de plusieurs mois ou de plusieurs années, précédé parfois d'une tumeur au niveau de l'apophyse masioïde, par oii le pus s'est une fois frayé passage, et enfin une paralysie faciale due à l'altération du nerf facial baigné par le liquide purulent dans l'oreille interne qu'il traverse, sont les signes de l'otite tuberculeuse chez les enfants.

La paralysie faciale est une complication remarquable de l'otite. Elle se développe graduellement ou subitement, à une époque déjà avancée de la maladie, après deux mois au moins ; elle est plus ou moins évidente tantôt à première vue, et tantôt seulement lorsque l'enfant crie ou pleure (Barthez et Rilliet). La surdité peut aussi être une conséquence de l'otite avec rupture du tympan.

5° Pronostic. — On doit considérer la maladie qui m'occupe comme étant suivie le plus ordinairement d'une guérison complète, à moins que l'otite ne soit symptomatique d'une lésion qui en fait alors toute la gravité.

OUÏE. — F. Sens.

OVAIRES. — Ces organes, profondémeiu . '-lés de chaque côté du bassin, sont inaccessibles à l'exploration médiate par le palpei bdominal et le toucher vaginal dansFétat sain.

L'inflammation {ovarite) , les tumeurs, et en particulier les kystes, sont, avec les ruptures, les affections qui peuvent se montrer au niveau de l'ovaire. L'ovarite et surtout les kystes s'annoncent par des tumeurs qui deviennent sensibles à l'exploration, et dont le volume, dans les cas de kystes, peut être assez considérable pour envahir presque entièrement l'abdomen.

Depuis que les fonctions menstruelles sont bien connues, on a cherché à utiliser, en l'apphquant à la pathologie, la théorie de la ponte spontanée menstruelle, particuhèrement à propos de la production des hématocèles (p. 451); mais la science n'est pas encore fixée à cet égard (F. Ovarite, Ruptures, Tumeurs).

OVARITE. — Cette inflammation, rarement isolée de celle des autres annexes de l'utérus quand elle est puerpérale, se rencontre exceptionnellement en dehors de cette circonstance. Elle est d'ailleurs encore mal connue, surtout à l'état chronique, et son diagnostic n'est possible que dans un certain nombre de cas.

i"" Eléments du diagnostic. — On a signalé comme symptômes locaux : une douleur au niveau de l'organe augmenté de volume dans la fosse iliaque correspondante, s'irradiant jusque dans les lombes et même dans les cuisses, parfois pulsative, toujours augmentée ou même insupportable par la palpation ; au même niveau, une tumeur ovoïde, du volume d'un œuf de poule au plus, mobile ou immobile , résistante, pouvant être sentie de côté par le toucher rectal; et mate à h percussion (qui, étant très-douloureuse, doit être pratiquée avec légèreté); dans certains cas enfin, une constipation opiniâtre produite par la compression de la tumeur sur l'intestin. Les symptômes généraux sont très-variables, surtout quant à l'intensité.

2" Inductions diagnostiques. — La douleur locale et la tumeur peuvent faire reconnaître l'ovarite, mais il faut que, du côté de l'abdomen, la tumeur soit arrondie et, qu'à la palpation, elle paraisse séparée de Vos des îles (Yaileix), ou bien, si

626 OZÈNE.

l'ovaire est tombé sur les parties ktéro-inférieures de l'utérus, il faut qu'elle soit sentie, par le toucher vaginal, dans Fun des culs-de-sac latéraux du vagin, celui qui correspond à une fixité anomale de Vuténis. Notre bien regrettable collègue, M. Âran, en indiquant ces particularités, a insisté sur la valeur du toucher rectal qui fait découvrir, en suivant les bords latéraux de l'utérus, une petite tumeur arrondie ou ovalaire, tantôt immédiatement adhérente à cet organe, tantôt seulement à une distance très-rapprochée de lui, mais pouvant s'en écarter sous la pression, lisse à sa surface, un peu tendue et résistante, du voîtime d'une noix ou d'un petit œuf au plus, très-sensible à la pression, tandis que l'utérus est à peu près indolent [Leçons clin, sur les mal. de Vuténis, 1858, p. 592).

La marche ordinairement rapide et aiguë de l'ovarite n'offre aucune particularité qui puisse être utilisée pour le diagnostic. Ses causes les plus manifestes, la hlennorrhagie et Vétat puerpéral, ne peuvent pas donner non plus d'éclaircissements; car, dans le dernier cas, il y a d'autres organes voisins enflammés en même temps, et, s'il survient de la suppuration, ce qui arrive alors fréquemment, les signes sont ceux du phlegmon iliaque.

On a quelquefois attribué à une j-ae imaginaire, selon M. Briquet, la douleur des attaches inférieures du mup droit de l'abdomen qui survient dans l'/it/s^erie. Quant au diagnostic difl-.entiel entre l'ovarite et l'inflammation des autres annexes utérins, tout le monde est d'accord pour le considérer comme fréquemment impossible, notamment celui de l'ovarite avec le phlegmon de la fosse iliaque, dont le signe indiqué par Valleix permettrait seul de la distinguer. Dans les cas de suppuration ou d'abcès (dans la forme puerpérale), il peut survenir une rupture du foyer dans le rectum ou le vagin, ou, comme complication fatale, dans le péritoine.

5" Pronostic. — Si l'on excepte cette terminaison par suppuration, qui est quelquefois mortelle, l'ovarite se termine habituellement par la guérison. OXYURE. — V. Entozoaires, p. 357.

OEÈNE. — On sait que l'on range généralement sous la dénomination d'ozène, ou de punaisie, toute affection caractérisée par un écoulement nasal de matière sanieuse, d'une odeur infecte, repoussante. Il résulte de là que cet écoulement sanieux et fétide n'est pas une maladie, mais simplement un symptôme commun à des affections très-diverses.

La fétidité extrême de l'air expiré et des mucosités nasales est le caractère essentiel de l'ozène, dont il s'agit de déterminer les conditions pathologiques et la signification,

L'ozène peut-il exister sans une lésion grave de la muqueuse nasale ou des parties voisines? Oui, suivant les auteurs qui admettent la punaisie des camards, sorte de coryza chronique sans ulcération de la muqueuse. Mais c'est un point qui n'est pas encore éclairci, et qui doit être réservé; car d'autres observateurs n'admettent que provisoirement l'absence de lésion matérielle dans l'ozène, faisant remarquer que, si elle n'est pas constatée, cela peut tenir à ce qu'elle est inaccessible à l'exploration ou bien à ce que cette exploration est incomplète. Les ulcérations de nature diverse de lapituitaire sont les altérations le plus fréquemment observées, si bien que l'ozène a été décrite sous la dénomination de rhinite ulcéreuse, de coryza ulcéreux. L'existence de cette ulcération est manifeste dans les cas où il y a affais-

PACHYDERMATOCÈLE. — PALPATION. 627

sèment, crépitation des os propres du nez, on expulsion au dehors de portions nécrosées de ces os. Dans les autres cas, elle peut échapper à l'attention si l'exploration n'est pas méthodiquement faite tant par l'inspection directe que par l'emploi du crochet mousse conseillé par M. J. J. Gazenave (F. Nasales — régions).

L'ozène symptomatique s'observe dans quatre conditions pathologiques principales : la scrofule, la syphilis, le cancer ulcéré, et certains cas de calculs des fosses nasales.

C'est principalement à l'affection stnmeuse et à la syphilis qu'il faut songer, m présence d'un ozène constaté. Mais ce n'est pas à l'aide des signes locaux qu'il faut chercher à établir tum ou i 'autre de ces origines. Il n'y a pas de différence sensible, en effet, entre les symptômes locaux de l'ozène syphilitique et de celui qui ne l'est pas. De part et d'autre, il peut y avoir, dans les cas les plus graves, déformation de la racine du nez, nécrose avec expulsion de l'os à travers la peau ou la muqueuse, affaissement consécutif et cicatrisation difforme, ophthalmie et épiphora si le mal envahit le sac lacrymal. C'est donc dans les antécédents et dans l'examen des autres parties du corps qu'il faudra rechercher les éléments différentiels du diagnostic : pour les scrofules, dans l'engorgement des ganglions cervicaux, dans les abcès, l'ophthalmie chronique ; pour la syphilis, dans une infection ancienne ou dans l'existence actuelle de syphilides, de tumeurs gommeuses, d'ulcérations pharyngiennes, etc., et enfin dans les résultats favorables obtenus à l'aide d'un traitement antisyphilitique.

Dans le cancer des fosses nasales peu avancé, la douleur est plus vive, les parties sont très-tuméfiées, d'un rouge livide, et il y a ulcération et destruction de plus en plus profonde des tissus atteints. Arrivée à ce degré, la maladie ne peut plus être considérée comme un ozène. — Quant aux calculs des fosses nasales, M. Demarquay a fait observer (Arch. de méd., 1845, t. VU!) que souvent, avant d'avoir exploré les cavités nasales, l'odeur fétide et repoussante exhalée par les malades, la déformation du nez et la suppuration, ont fait croire à un ozène avec ou sans altération primitive des os du nez, tandis qu'il n'existait qu'une inflammation de la pituitaire déterminée par des calculs, dont l'expulsion ou l'extraction ont été suivies de la disparition des accidents.

Malgré l'ulcération profonde des parties qui survient quelquefois dans l'ozène scrofuleux ou syphilitique, malgré la nécrose et l'élimination des os propres du nez, la maladie guérit habituellement. 11 en est de même des calculs. Il va sans dire que l'ozène cancéreux est incurable.

PACHYDERMATOCÈLE. — Selon M. Valentine Mott, de New-York, qui a signalé cette affection congénitale de la peau et des tissus sous-jacents, on la reconnaîtrait d'abord à une tache brunâtre, s'accroissant avec l'âge, puis se transformant en difformités hideuses dues à des phs superposés brunâtres, mollasses (comme une glande mammaire relâchée et très-maigre) avec diminution constante de la sensibihté à leur niveau {Méd.-chir. transact,, 1855).

PALPATION. — On doit comprendre sous cette dénomination tous les moyens d'exploration immédiats ou médiats qui ont pour but de recueillir les données diagnostiques appréciables par le toucher.

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