REINS
On explore le rectum par le toucher avec le doigt indicateur enduit d'un corps gras. Cette exploration sert à constaler l'état anatomique du rectum ou celui des organes voisins (utérus, prostate), les tumeurs intra-rectales, et entre autres les hémorrhoïdes internes, les invaginations, les polypes, les concrétions intestinales stercorales ou autres, les corps étrangers, et les rétrécissements. Un spécvium spécial est employé aussi pour l'exploration du rectum dans des cas excei tionnels. V. Anus.
REFROIDISSEMENT. — F. Calorificâtion.
RÈGLES. — V. Menstruation.
REINS. — Profondément situés dans l'abdomen dans les régions lombaires, les reins sont très-difficilement accessibles à l'exploration dans l'état normal. Mais ils peuvent devenir mobiles par suite du relâchement de leurs moyens d'attache et se déplacer, ou bien acquérir un volume plus ou moins considérable qui leur fait envahir parfois une grande partie de l'abdomen. C'est dans ces deux circonstances que l'on peut explorer ces organes. Les anomalies que les reins présentent dans leur situation suffisent pour faire commettre des erreurs graves de diagnostic (F. Tumeurs de l'abdomen).
l'' Maladies. — Lorsqu'il y a lieu de soupçonner que le rein est affecté, il faut se rappeler qu il peut être atteint de congestion (p. 217), de néphrite aiguë ou chronique, avec ou sans ahcès, de maladie de bright, de cancer, de kystes simples, de hjstes hydatiques, de vers rénaux, ou àQàm^\Q mobilité. Il est quelquefois difficile de distinguer ces affections d'autres maladies siégeant, soit dans le tissu cellulaire qui entoure le rein (périnéphriteJ, soit au niveau du bassinet ou delà partie supérieure de l'uretère (calculs, coliques néphrétiques, pyélite, hydroné- "phrose) .
2° Symptômes.— LdL douleur s étendant le long de l'uretère jusqu'au testicule correspondant chez l'homme, ou à la grande lèvre chez la femme, les tumeurs dues aux affections rénales, les troubles îoncûouueh dehsécrétiori urinaire, et les caractères de Vurine, sont les principales données séméiologiques qui servent au diagnostic des affections des reins. Malgré ses caractères en apparence spéciaux, la douleur s'irradiant vers les testicules n'est pas palhognomonique, car elle se rencontre dans certaines coliques hépatiques, el les tumeurs de la région rénale ont souvent leur siège dans un autre organe que le rein (F. Tumeurs). Enfin il faut quelquefois rapporter aux affections du rein des symptômes qui se manifestent seulement vers la vessie, comme l'ont indiqué M. Rayer et M. Brodie (Leçons); des douleurs à Thypogastre ou vers l'anus pendant ou après la miction, et quelquefois un peu de difficulté dans la miction sont alors observés.
3" Exploitation. — L'exploration des reins complète cet ensemble de données séméiologiques; mais les moyens qu'elle utilise sont limités. En dehors de Vinspection, qui rarement constate l'intumescence produite par des tumeurs de la rate, on ne peut avoir recours qu'à' la palpation et à la percussion.
Exercée au niveau de la région lombaire, h palpation ou pression provoque quelquefois de la douleur lorsqu'il existe une affection rénale ; mais il est toujours difficile en pareil cas de décider si cette douleur n'est pas simplement un foyer de névralgie lombo-abdominale. Pratiquée vers l'abdomen, la palpation a plus d'avantages. Elle permet de juger de la situation, de la sensibilité morbide, de
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l'étendue, de la direction et de iu consistance des lumeurs rénales, de la mobilité de l'organe lorsqu'il est simplement flottant. M. Rayer dit avoir ainsi reconnu la position anomale des reins dans la fosse iliaque ou sur la colonne vertébrale. Un bon moyen qu'il indique pour explorer profondément la région rénale de chaque côté, consiste à appliquer en arrière la main sur la région lombaire et à presser à plat avec l'autre main la région correspondante de l'abdomen, en diri^reant l'extrémité des doigts vers la ligne médiane du tronc.
La percussion rend également de grands services au diagnostic des affections rénales en venant en aide à la palpation; mais on ne doit pas, ainsi qu'on l'a fait, en exagérer l'importance, et se persuader qu'il est possible de limiter les reins dans l'état sain vers la lésion lombaire. Ce n'est que lorsque l'organe est augmenté de volume, ou déplacé, que la percussion, vers l'abdomen, a quelque utilité ( V. Lombes).
REINS MOBILES. — La mobilité des reins, que M. Rayer a fait connaître (Maladies des reins, t. III, p. 783) est due au relâchement de leurs moyens naturels de contention. Désignée aussi sous les dénominations dereins flottants, luxation des reins, cette affection mérite d'autant plus de fixer l'attention qu'elle a été une source fréquente d'erreurs de diagnostic. M. Fritz (Arch. de méd., i859, t. XIV) a résumé dans un bon travail tous les faits connus.
1° Éléments du diagnostic. — Le principal est l'existence d'une tumeur abdominale sous les hypochondres, occupant ordinairement le côté droit, quelquefois les deux côtés; la mobilité est son principal caractère. Tantôt le rein n'est pas entièreaîient déplacé, et alors les deux mains disposées en avant et en arrière comme pour l'exploration du rein sentent facilement l'extrémité inférieure de l'organe, surtout à la fin d'une grande inspiration, et^pendant l'expiration on peut refouler la tumeur sous les côtes (Fritz). Tantôt le déplacement est complet, et il est facile d'explorer à travers les parois abdominales, par la palpation et la percussion, la tumeur tout entière formée par le rein, dont on peut apprécier le volume, la rénitence, la surface lisse et la forme ovalaire; son grand axe est dirigé obliquement de haut en bas et de dehors en dedans, et il offre en dedans et en haut une dépression sensible (hile du rein). Enfin on peut constater par la pression la vacuité de la région lombaire correspondant au rein déplacé. — En même temps, à une douleur ordinairement peu vive de la région lombaire et se propageant parfois dans la direction des nerfs lombaires et cruraux, se joignent un sentiment de faiblesse et de malaise dans le bas-ventre et des troubles digestifs.
2° Inductions diagnostiques. — Elles découlent naturellement de ce seul exposé des éléments du diagnostic. Mais faute de songer à la mobilité du rein, on commet souvent de graves erreurs; la tumeur surtout donne lieu à des méprises étranges, qui font soumettre le malade à des médications douloureuses et inutiles. Il en est de même des douleurs et des troubles digestifs.
L'augmentation concomitante du volume du foie, qui est fréquente, n'est pas faite pour faciliter le diagnostic. Le diagnostic peut être confirmé au contraire par l'existence de certaines causes, comme des grossesses multipliées, des efforts violents et habituels, la chloro -anémie. L'origine de l'affection est d'autres lois inconnue.
Vhypochondrie et la péritonite viennent quelquefois compliquer la mobilité des reins, à laquelle on a attribué aussi certaines obstructions intestinales, ethcompression de la.veine cave inférieure, d'où Y œdème de la moitié inférieure du corps.