II. Spasme du diaphragme
Le spasme du diaphragme, auquel on a donné aussi le nom de contracture, est caractérisé par une dyspnée subite avec anxiété extrême, immobilisation de la base de la poitrine et des parois abdominales, soulèvement continu de Vépigastre et des hypochondres ; mouvements respiratoires i apides et brefs, limités à la contraction des muscles respirateurs supérieurs, souffle bronchique à l'auscultation, aphonie, et, si le spasme se prolonge, phénomènes d'asphyxie et mort.
Ces symptômes caractéristiques ont été signalés par M. Duchenne, d'après ses expériences électro-physiologiques chez les animaux, et d'après un fait observé par M. Valette sur un homme qui était affecté déjà de contractures aiguës dans d'autres parties du corps. Tout récemment j'ai vu moi-même en province, avec M. le docteur Pain, une jeune personne atteinte d'hémophilie depuis phisieurs années, et qui, depuis peu de jours, offrait trois accès de spasme du diaphragme par vingt-quatre heures, accès revenant régulièrement aux mêmes heures de la journée. Les accidents effrayants semblaient soulagés par une forte compression de la saillie épigastrique ; le pouls était calme et la physionomie naturelle dans les intervalles.
Il est probable que le spasme du diaphragme constitue la terminaison fatale par asphyxie qui survient si rapidement dans certaines affections convulsives, comme dans le tétanos et dans la chorée grave.
Le rhumatisme du diaphragme (diaphragmodyriie) observé par M. Roche et M. Ghenevrier (Abeille médic, 1858), était caractérisé surtout par une douleur en demi-ceinture antérieure, à la base du thorax, ou bien par un accès subit d'étouffement, avec sensation de constriction aux attaches du diaphragme, anxiété, immobilité de la base de la poitrine, respiration courte, gênée, et costale supérieure. Ces accidents constituaient des accès de deux à huit heures de durée. Il est permis de se demander s'il n'existait pas en pareil cas, non une simple douleur rhumatismale de diaphragme, mais un spasme de moyenne intensité. Quoique ce spasme, en effet, soit un accident extrêmement grave et considéré comme habituellement mortel, le fait que j^ai récemment été appelé à observer démontre que tous les accès sont lom d'être mortels.