‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 220 sur 245 · I. Spasme de la glottei · texte numérisé non relu

I. Spasme de la glottei

Son identité avec Y asthme de Kopp a été signalée par Valleix [Mém. Acad. de méd., t. X), et cette opinion s'est vulgarisée. Elle a élé adoptée par M. Trousseau, qui considère ce spasme comme une forme declampsie (Journ. de méd., 4845), et par M. Hérard, dont l'excellente monographie (Thèse, 1847) a été mise à profit pour la plupart des descriptions publiées depuis. Une autre thèse importante sur le même sujet a été soutenue par M. Bacquias en 1855.

1® Eléments du diagnostic. — Ils consistent essentiellement en des accès de suffocation subits, sans fièvre, et se terminant en quinze secondes à une minute. Ces accès sont caractérisés par un sentiment brusque de stra7igidation, une inspiration bruyante suivie de la cessation de tout bruit, avec immobilité de la poitrine y gonflement du cou, fixité des yeux, couleur violacée des lèvres, qui peut s'étendre à toute la face, mouvements de déglutition (Beau), battements du cœur tumultueux et irréguliers comme le pouls^ qui devient à peine sensible. Puis l'air pénètre de nouveau dans les voies respiratoires, la respiration peut alors être un moment trachéale, et l'expiration chasser quelques mucosités spumeuses, ainsi que je l'ai observé. Entre le retour de ces accès, qui sont parfois très éloignés et peu nombreux, puis déplus en plus rapprochés, il ne reste rien de la maladie. Elle se termine assez souvent par asphyxie au moment d'un accès.

2° Inductions diagnostiques. — Les accès de spasme de la glotte sont tellement caractéristiques qu'une erreur de diagnostic semble impossible. D'ailleurs la marche de l'affection, par accès intermittents irréguliers et séparés par des intervalles de santé en apparence parfaite, a quelque chose de tellement tranché que tout diagnostic différentiel semble inutile à discuter.

Ces accès de suffocation ne sauraient être confondus, en effet, ni avec ceux du CROUP, ni même avec ceux du pseudo-croup ou laryngite spasmodique, non plus qu'avec les accès de coqueluche, d'ŒDÈME de la glotte, ni avec ceux dus à la présence d'un corps étranger dans le larynx ou à la compression de la trachée ou des nerfs pneumo-gastriques par des tumeurs diverses. Dans aucune de ces circonstances, il n'y a absence de signes intermédiaires aux accès.

Le spasme de la glotte est donc facile à reconnaître. Si le praticien a quelque chose à redouter, dit M. Hérard, ce serait de ne pas être témoin des accès, et de méconnaître ainsi une affection qui ne laisse aucune trace, qui souvent même n'a pas attiré l'attention des parents. Cependant l'étude des antécédents devra suffisamment éclairer le diagnostic en pareil cas.

Il peut avoir existé des accès antérieurs caractéristiques, devenus de plus en plus fréquents, revenant depuis plusieurs semaines ou depuis plusieurs mois, accès entre lesquels la santé paraît parfaite. — De plus, comme éléments étiologiques importants de diagnostic, il y a à remarquer, d'abord que le spasme de la glotte s'observe exceptionnellement chez l'adulte, et presque exclusivement dans la première enfance, au-dessous de l'âge de dix-huit mois onde deux ans, chez les enfants des deux sexes, et parfois chez les enfants d'une même famille (Reid). Il ne faut pas oublier non plus que le spasme de la glotte peut se montrer dans Véclampsie, dans la contracture idiopathiqiie, par le fait de la dentition, d'une mauvaise aération, d'un sevrage prématuré, d'un 7r.gimeqni n'est pas en rapport avec l'âge de l'enfant, et enfin de préférence dans les pays du nord ou en hiver. Quant aux causes du retour des accès, le bruit le plus insignifiant et surtout les efforts de déglutition, sur lesquels M. Hérard a insisté avec raison, sont les plus ordinaires; la colère, le rire, les pleurs, toutes les émotions morales, et même le simple abaissement de la langi^e avec une spatule pour l'exploration de la gorge, suffisent pour déterminer des accès.

Parmi les formes de la maladie, indépendamment de la répétition plus ou moins rapprochée des accès ou de leur intensité plus ou moins grande, M. Hérard a admis qu'il y avait : 1'^ spasme isolé du larynx ; 2*" spasme du diaphragme; ou existence simultanée des deux spasmes. Tranchées dans les commencements de l'affection, ces trois formes se confondraient plus tard. — Dans le spasme isolé de la glotte, les accidents sont ceux dont il a été question précédemment. — Dans la seconde forme, le spasme du diaphragme joue le rôle principal. Tout l'accès consiste en une ou plusieurs inspirations convulsives et sonores; car cette fois la glotte est libre, ou tout au plus elle est légèrement resserrée. Les symptômes asphyxiques existent à peine. — Enfin dans la troisième forme, peut-être la plus fréquente, il y a une suffocation violente, interrompue par quelques petites inspirations, et l'asphyxie est portée au plus haut degré.

Il ne faut pas perdre de vue non plus les complications, quoiqu'elles soient simplement des affections intercurrentes. On ne doit considérer comme des complications, ni les convulsions des membres qui accompagnent fréquemment l'accès et en font en quelque sorte partie, ni la somnolence qui suit parfois les attaques, et qui dépend d'une congestion cérébrale passagère. La rougeole, h pneumonie, Ventérocolite, Vophthalmie purulente, survenant dans le temps que dure la maladie spasmodique, l'aggravent au point de la rendre mortelle.

5° Pronostic. — Le spasme de la glotte est une des maladies les plus graves de la première enfance. La fréquence et la violence des accès, l'ancienneté de la maladie et sa marche chronique, le très-jeune âge, une constitution frêle et l'apparition d'une maladie intercurrente ou d'une complication, sont des conditions fâcheuses et qui doivent faire craindre une terminaison funeste. Les conditions opposées peuvent en revanche faire espérer une i^sue favorable de la maladie. Les guérisons sont d'ail-

SPASMES. 829 leurs assez rares, sans que des observations précises sulfisamment nombreuses aient permis d'en établir la proportion.

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