TEIGNES
sidérées à tort par Willan comme le point de départ de l'affection favique. Ces pus- Iules ne doivent être confondues ni avec des pustules dlnipétigo, ni avec l'apparition des concrétions faviques, qui forment des points jaunes qui pourraient être pris pour le pus de ces pustules.
Les cupules peuvent être déformées et non reconnaissables au niveau des croûtes anciennes et sèches qui résultent de leur agglomération. Or, dans cet état, les croûtes ressemblent à celles de l'impétigo du cuir clievelu, et n'en diffèrent que par l'altération des cheveux et leur destruction dans le favus ancien, tandis que cette allération ou leur destruction manquent dans l'impétigo. De plus, l'odeur caractéristique des croûtes de favus manque dans l'érupiion impétigineuse. La difficulté du diagnostic est plus grande si le favus et l'impétigo existent en même temps.
Une particularité importante est celle du siège de la teigne faveuse. Localisée d'abord au cuir chevelu, elle est inoculée par suite du grattage des doigts dans d'autres parties du corps, à la face, au tronc, aux membres, où souvent l'apparition de mx/g^ herpétiques d'un très-petit diamètre précède l'éruption des croûtes fiviques, suivant M. Bazin. Cependant l'affection peut se développer de prime abord sur toutes les régions, notamment aux bras, aux jambes, aux parties sexuelles et même au niveau des ongles, comme Mahon l'avait signalé, en le constatant sur lui-même. — L'ongle prend alors plus d'épaisseur, une teinte bleuâtre, bientôt il jaunit et se flétrit dans une partie de son étendue, et, après un temps assez long, sa perforation a lieu. — Dans les autres parties du corps, les godets faviques caractéristiques se montrent ordinairement au centre des anneaux érythémateux d'un très-petit diamètre. Il n'est pas rare de voir autour des godets, et dans une étendue variable, une furfuration jaunâtre qui offre avec les croûtes de l'eczéma une certaine analogie, et que M. Bazin dit être du favus èpidermique. Presque jamais les éruptions pustuleuses, si fréquentes au cuir chevelu, n'accompagnent le favus dans les autres parties du corps.
Les formes diverses de la maladie n'ont qu'une importance secondaire. Elle a été dite disséminée (ou urcéolaire) et en groupes (ou scutiforme); la forme squarreuse de M. Bazin rentre dans cette dernière. — Les complications que l'on rencontre au niveau des productions faviques en masquent les caractères assez souvent pour mettre le médecin dans l'embarras; aussi ne doivent-elles pas être perdues de vue. Ce sont des éruptions diverses accidentelles ou d'origine interne, scrofuleuse, dartreuse ou syphilitique, pour la distinction desquelles il faut tenir compte de l'ensemble des signes que l'on a sous les yeux, et de ceux fournis par l'évolution des accidents cutanés.
Le pronostic de la teigne faveuse est moins grave qu'autrefois, grâce aux moyens de traitement actuellement mis en usage; mais sa guérison est rendue plus ou moins difficile par l'étendue et la durée antérieure de l'affection.