‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 228 sur 245 · SUFFOCATION. SURDITE · texte numérisé non relu

SUFFOCATION. SURDITE

d une affection hystérique, rhumatismale, etc. M. de Graefe a recueilH quatre cas de sueur bornée aux paupières, et dans lesquels la fente palpébrale, baignée par le liquide, présentait l'apparence d'ime conjonctivite avec excoriations (Arch. de méd., 1859, t. XIV).

On a attribué à l'excrétion sudorale, abondante et continue, des éruptions parmi lesquelles la miliaire occupe le premier rang. Mais c'est une erreur manifeste de considérer les sudamina ( V. ce mot) comme la conséquence habituelle des sueurs. Et quant à la miliaire rouge, il n'est nullement démontré non plus qu'elle soit l'effet delà sécrétion sudorale elle-même.

SUFFOCATION. — La perte subite de la respiration, qui caractérise la suffocation diffère du sentiment de strangulation. C'est un phénomène extrême de dyspnée ou une véritable asphyxie subite, ayant son origine dans toutes les affections qui obstruent, rétrécissent ou compriment plus ou moins rapidement les voies respiratoires, surtout vers leur origine. On rencontre encore la suffocation dans certaines affections des parois thoraciques ou des organes voisins de ceux de la respiration, et enfin dans certaines maladies générales graves.

Sans énumérer toutes ces maladies, sans rappeler toutes celles dans lesquelles la suffocation survient comme progrès extrême de la dyspnée, comme pour certains épanchements pleurétiques, pour des bronchites capillaires généralisées, pour les affections graves du cœur, je dois une mention spéciale aux accès de suffocation subite (et parfois mortelles par asphyxie) que Ton voit survenir dans le croup chez les enfants, dans le spasme de la glotte et celui du diaphragme, dans la paralysie de ce dernier muscle (p. 657), dans les cas de compression ou d'oblitération de Vartère pulmonaire, dans la paralysie de l'œsophage (par arrêt du bol alimentaire), dans l'osTÉOMALACiE ayant envahi le squelette thoracique, dans des cas de goitre même d'un petit volume, et enfin comme épiphénomène grave de la suette miliaire.

SUPPURATION. — F. Abcès, Pus.

SURDITÉ. — Je n'ai pas à m'occuper ici du diagnostic anatomique des surdités congénitales ou accidentelles qui résultent d'une lésion matérielle des diverses parties qui constituent l'appareil auditif, ni de la surdité accidentelle due à des causes traumatiques qui agissent en paralysant le nerf acoustique. Je veux seulement rappeler la surdité qui survient dans le cours de certaines maladies, en dehors de l'otite aiguë ou chronique, surdité qui pourrait ne pas être rapportée à sa véritable origine.

La dureté de l'ouïe ou son abolition est un des phénomènes nerveux de la fièvre typhoïde, se montrant vers le milieu ou à la fin de la maladie (Louis). On la rencontre encore dans le typhus; dans la méningite cérébro-spinale épidémique ; avec des pharyngites d'où résulte l'obstruction des trompes d'Eustache, ou l'inflammation spécifique de la membrane muqueuse du tympan s'il existe des plaques ulcéreuses syphilitiques dans le pharynx. Dans le cas de pharyngite simple, la surdité est temporaire comme sa cause, mais elle n'en effraye pas moins le malade dans certaines circonstances. Le sulfate de quinine ou la belladone produisent également une surdité passagère, dont il est bon de prévenir les malades auxquels on administre ces médicaments. Enfin la surdité se rencontre accidentellement aussi dans quelques maladies chroniques sans doute par suite d'une paralysie dynamique du nerf acoustique, dans V anémie, par exemple, avec la présence à'entowaires dans les voies

840 SYCOSE. — SYNOQUE (fiÈVRe).

digestives, et par suite de l'action de toutes les causes générales des paralysies. La surdité est exceptionnelle dans Vintoxication saturnine.

SYCOSE. — La sycose {sycosis, mentagre) décrite par les dermatographes comme une affection occupant exclusivement le menton, et caractérisée par des pustules ayant pour support des tubérosités ou tubercules cutanés^ a été considérée par M. Bazin comme une variété de teignes de la face (V. Teignes).

SYNCOPE. — La suspension subite et momentanée des battements du cœur, d'oii résulte l'interruption de la respiration, des sensations et des mouvements volontaires, caractérise la syncope, ainsi que la défaillance et la lipothymie, qui n'en sont que des degrés moindres.

Il y a d'abord des lipothymies ou des syncopes dont la signification est révélée immédiatement par des symptômes antérieurs ou concomitants caractéristiques. Telles sont celles qui se rattachent à des affections du cœur manifestes; à des hémorrhagies externes abondantes; à des anémies anciennes, à des cachexies profondes; à une indigestion j principalement chez le vieillard (syncope sénïle), à une dyspepsie intestinale douloureuse, à Ventéralgie, à la dyssenterie ; à. des accès de coqueluche chez l'adulte ; à la rage ; à toute affection très-douloureuse, comme la colique hépatique ou la colique néphrétique.

Dans d'autres circonstances, la signification de la syncope doit être plus cherchée, les phénomènes symptomatiques concomitants n'ayant pas immédiatement la même évidence. C'est ce qui arrive pour l'îir^icazVe avant l'apparition de l'éruption, pour la grippe dite syncopale, pour les syncopes de V hystérie quand elles en sont la première manifestation connue, pour celle qui accompagne le spasme de V œsophage au moment de la déglutition, pour les entozoaires intestinaux, pour les empoisonnements narcotiques ou septiques, pour certaines gouttes viscérales, pour Voblitération de U artère pulmonaire, pour les concrétions sanguines du cœur, et enfin dans les faits si variés à' hémorrhagies internes. Les syncopes pourront être prévues jusqu'à un certain point dans celles de ces affections qui auront été d'abord diagnostiquées.

M. Marrotte a signalé comme affection particulière la syncope qui peut affecter les enfants à la mamelle pendant leur sommeil, et qui s'accompagne de troubles intestinaux (borhorygmes, émissions gazeuses, garde-robes). Il rappelle que Zwinguer, au dernier siècle, a déjà fait connaître ces particularités {Arch. de méd. , 1 853, t. II).

SYNOf^UE (Fièvre). — Cette affection, appelée aussi fièvre simple continue, doit être placée entre la fièvre éphémère et la fièvre typhoïde dans le cadre nosologique. Cette distinction est de notre époque, car les anciens confondaient sous le nom de synoque plusieurs maladies fébriles, et notamment les faits que nous considérons aujourd'hui comme des affections typhoïdes légères.

1° Éléments du diagnostic. — Les auteurs modernes qui ont décrit la fièvre synoque, l'ont fait d'après des observations qui ont présenté les symptômes suivants : une fièvre allant croissant les trois premiers jours, avec une prostration beaucoup moins grande que dans l'affection typhoïde, un teint quelquefois jaunâtre ou bilieux, \ amertume de la bouche, un enduit jaunâtre sur la langue, parfois des vomissements, un ventre toujours naturel, sauf parfois avec un peu de gargouillement à la pression de l'une des fosses iliaques, mais sans douleur, de la constipation, rarement des selles liquides, de légères douleurs épigas-

SYNOQUE (fièvre). 841

triques, un peu de météorisme, des taches bleuâtres^ ardoisées, peu foncées, sans saillie, d'un centimètre de diamètre en moyenne, ne s'effaçant pas sous le doigt et occupant surtout le ventre et la partie supérieure des cuisses. L'ensemble de ces symptômes a au plus huit jours de durée, quelquefois quatre seulement, et la terminaison est toujours heureuse. La guérison est rapide, et se fait du jour au lendemain, après une nuit de bon sommeil ou après des phénomènes considérés comme critiques: une sueur plus ou moins abondante, des vomissements, des évacuations alvines, un flux utérin, une épislaxis, un herpès labial, etc.

2** Inductions diagnostiques. — Je me hâte de faire remarquer que, dans cet ensemble de symptômes, il n'y a que les taches ardoisées qui puissent différencier la maladie d'un embarras gastrique avec fièvre {fièvre gastrique) ou d'une affection typhoïde légère. Or, ces taches attribuées à la fièvre synoque se rencontrent aussi dans des cas assez nombreux de fièvre typhoïde, comme M . Forget l'avait positivement signalé avant 1841, et comme on l'a vérifié depuis. Le diagnostic différentiel de la fièvre synoque ne peut donc se fonder que sur l'existence des symptômes fébriles simples et sur leur durée de quatre à sept ou huit jours. Il est d'ailleurs diftîcile de se prononcer au début, car on peut croire à l'invasion d'une phlegmasie, et surtout d'une fièvre éruptive ou de la fièvre typhoïde ; mais l'erreur ne serait pas possible si les signes d'une inflammation locale, si les prodromes caractéristiques des éruptions ou si la diarrhée et d'autres symptômes abdominaux se manifestaient en même temps que les symptômes fébriles. En tout cas, l'hésitation ne saurait être de longue durée, de huit jours au plus, puisque la fièvre simple continue ne persiste jamais plus longtemps.

La persistance des phénomènes fébriles au delà de ce terme, en l'absence de signes d'autres maladies, sera une présomption de l'existence d'une fièvre typhoïde que des phénomènes ultérieurs caractéristiques viendront le plus souvent confirmer ; mais, si ces phénomènes sont insuffisants et peu nombreux, le diagnostic sera plus obscur, et, dans ce cas, la longueur de la convalescence fera seule admettre qu'il s'agit d une fièvre typhoïde à symptômes légers et non d'une fièvre synoque. Ce n'est donc qu'avec une extrême réserve que, dans les huit premiers jours d'une fièvre douteuse, même lorsque les phénomènes fébriles ont été peu sensibles, que l'on devra se prononcer pour la fièvre qui m'occupe, car c'est une affection trèsrare par rapport à l'affection typhoïde.

L'embarras gastrique fébrile en imposera aussi d'autant mieux pour une fièvre synoque que celle-ci peut se caractériser par un enduit épais de la langue, un teint jaunâtre, etc., et simuler la forme bilieuse de l'embarras gastrique; mais celui-ci n'a pas de durée fixe, et il cède presque immédiatement à l'emploi d'un éméto-cathartique, ce qui suffit pour différencier les deux affections.

L'existence d'une phlegmasie locale, la pneumonie, suivant M. Marrotte, pourrait jouer le rôle de simple épiphénomène dans le cours de la fièvre synoque {Arch. deméd., 1855, t. VI). Cette interprétation, qui n'est pas faite pour élucider le diagnostic déjà si difficile de cette fièvre, ne saurait être acceptée comme une vérité démontrée ; car on peut tout aussi bien considérer les faits de ce genre comme des pneumonies de légère intensité, dans lesquelles les phénomènes généraux précèdent les signes locaux, sans qu'on soit obligé de considérer la fièvre comme une fièvre synoque.

842 ^ SYPHILIDES.

5** Pronostic. — J'ai rappelé plus haut qu'il devait être considéré toujours comme favorable.

SYNOVIALES. — F. Séreuses.

SYPHILIDES. — Les accidents syphilitiques secondaires compris sous cette dénomination constituent des affections cutanées extrêmement fréquentes, et qui ont été bien étudiées d'abord par Bielt, puis par MM. Cazenave, Ricord, Bassereau^ Diday, etc.

1" Éléments du diagnostic. — Les syphilides, considérées comme un des signes les plus hâtifs et les plus certains de Tinfection syphilitique générale, ont des caractères communs qui servent à les distinguer des affections cutanées vulgaires, dont elles offrent d'ailleurs toutes les lésions dites élémentaires : exanthèmes, macules, papules, vésicules, bulles, pustules, tubercules. Ces caractères généraux sont : une teinte cuivrée, le plus souvent une forme arrondie, circulaire, et V absence de prurit. — Pour un certain nombre de syphilides, il faut y joindre la tendance à la destruction des tissus par suite d'ulcérations syphilitiques secondaires, des croûtes particulières {V. p. 252) qui recouvrent les ulcérations ou leur succèdent, des cicatrices consécutives d'abord de couleur bronzée, puis plus tard blanches, inégales, déprimées et comme gaufrées. Enfin on a signalé comme caractères secondaires importants, le siège de l'éruption, plus fréquent au visage et au cuir chevelu qu'ailleurs, et la tendance des syphilides précoces à se développer simultanément sur le même individu, ce qui arrive rarement dans les maladies non spécifiques de la peau. Les syphilides présentent en outre des particularités distinctives, suivant les espèces, dont il sera question plus loin.

2** Jndîictions diagnostiques. — Il ne faut pas croire qu'il soit toujours facile de diagnostiquer la nature syphilitique des affections cutanées comprises sous le nom commun de syphilides, et de les distinguer des affections vulgaires.

Leurs caractères généraux d"abord ne sont pas constants, et de plus ils peuvent se rencontrer dans des affections cutanées non spécifiques. M. Cazenave, il est vrai, considère la teinte cuivrée particulière de la peau comme constante et pouvant suffire au diagnostic ; mais cette proposition est trop absolue, et M. Ricord a fait remarquer avec raison que plus on est près du début de l'éruption et moins la teinte cuivrée est foncée et caractéristique. La configuration en cercles et l'absence de prurit sont également inconstantes et se rencontrent en dehors des syphilides, en sorte que, malgré la fréquence beaucoup plus grande des trois caractères généraux que je viens de rappeler dans les syphilides comparativement aux affections cutanées vulgaires, ces caractères deviennent souvent insuffisants au lit du malade, à moins qu'ils ne soient réunis et franchement accusés. Dans le cas contraire, on basera ses inductions sur la connaissance positive d'antécédents pouvant se rapporter à des accidents primitifs de vérole, sur la constatation actuelle de traces cicatricielles de ces accidents antérieurs ; on s'appuiera surtout sur l'existence simultanée, soit de manifestations syphilitiques secondaires autres que l'éruption cutanée (principalement des engorgements ganglionnaires cervicaux), soit d'accidents tertiaires, qui ne se rencontrent, il est vrai, que dans les cas de syphilides profondes et anciennes. L'absence d'adénopathies dans la zone de la syphilide est regardée comme un signe distinctif important par M. Ricord.

L'évolution des syphilides présente ceci de particulier qu'elles peuvent s'enchaî-

SYPHILIDES. 845

ner les unes les antres, les plus superficielles se montrant d'abord, et leur apparition étant d'autant plus lente qu'elles occupent plus profondément la peau. On les voit apparaître tantôt pendant l'évolution des accidents primitifs de la vérole, tantôt à une'époque plus éloignée : de la quatrième à la sixième semaine, six mois au plus après le début (Ricord), et leur marche est le plus souvent chronique et lente.

Mais une particularité capitale pour le diagnostic, c'est la forme ou l'espèce de syphilide observée. Les formes les phis fréquentes sont, d'après les relevés de MM. Martins et Mac-Garthy, les syphilides papuleuses, exan thématiques et tuberculeuses; on rencontre moins fréquemment les pustuleuses, et plus rarement celles à formes squameuse, vésiculeuse ou huileuse. Sous la dénomination de syphilide pig~ mentaire ou maculeuse, M. Hardy a décrit une syphilide tardive qui a le cou et les épaules pour siège de prédilection (F. p. 557).

Peu de temps après les accidents primitifs, la forme la plus commune est Vexanthématique, qui comprend la roséole et Férythème papuleux. — La roséole syphilitique est surtout fréquente. Très-souvent elle est précédée de courbature, de fièvre et d'angine avec dysphagie, sécheresse et rougeur violacée de la muqueuse pharyngienne. Les taches qui paraissent d'abord sur le tronc pour s'étendre rapidement à toute la surface cutanée, sont d'un rose assez vif disparaissant lentement sous la pression du doigt, puis elles deviennent brunâtres. Leur durée n'est que de quelques septénaires, à moins qu'elles ne soient chroniques. Lorsque le début est fébrile, on pourrait croire à une rougeole ou à une scarlatine anomales. Chez l'enfant nouveau-né, M. Diday a vu des piqûres de puces, malgré l'ecchymose centrale qui les caractérise, être prises pour des taches roséoliques [Traité de la syphilis des nouveau-nés, p. 94). — Uéry thème papuleux est essentiellement éphémère et accompagne presque toujours le symptôme primitif ou lui succède immédiatement (Cazenave, Ricord). L'éruption se montre par plaques du diamètre d'une pièce d'un franc au plus, légèrement saillantes, qu'il ne faut pas confondre avec les érythèmes analogues dus à Viodure de potassium ou au copahu.

La syphilide papuleuse comprend le lichen syphilitique. 11 est tantôt aigu, précédé d'un léger mouvement fébrile et caractérisé par des papules très-petites, trèsnombreuses, occupant le visage et le cou ; tantôt apyrétique et bien plus durable (plusieurs septénaires) à papules discrètes, arrondies, plus larges (un à deux millimètres), légèrement squameuses, et occupant principalement les membres dans le sens de l'extension, le dos, les épaules, la nuque, le front. Cette dernière variété peut s'étaler en plaques squameuses ou se transformer en tubercules. La forme papuleuse est très-rare chez le nouveau-né, au point que M. Egan, cité par M. Diday, prétend n'en avoir jamais rencontré. Tout récemment, au Bureau des nourrices, j'ai cependant constaté un lichen de la face des mieux caractérisés chez un enfant chétif offrant en même temps un érythème de couleur cuivrée au voisinage de l'anus.

La syphilide tuberculeuse est constituée à son début par des saillies plus ou moins dures, de volume variable, comme celui d'une tête d'épingle à celui d'un pois, ou beaucoup plus développées ; tantôt isolées (syphilide tuberculeuse disséminée) et tantôt groupées (dites alors en groupe), tantôt sèches et squameuses, et tantôt s' ulcérant. Les ulcérations s'effectuent en profondeur (syphilide tuberculeuse perforante) ou en surface \. forme serpigineuse) , et elles se réparent par des cicatrices caractéristiques.

844 SYPHILIDES.

La syphilide pustuleuse comprend l'acné, l'impétigo, etl'ectliyma syphilitiques. — Vacné, formé de pustules discrètes, de la grosseur d'un grain de chenevis ou d'une lentille, d'un rouge cuivré, occupe de préférence le visage, le cuir chevelu, et les membres inférieurs où, suivant M. Gibert, sa présence est caractéristique, l'acné simple se montrant presque exclusivement sur les régions supérieures du corps. — Vimpétigo est confluent ou non confluent, et constitue, dans le premier cas, la syphilide pustulo-crustacée, ainsi désignée en raison des pustules nombreuses qui donnent rapidement naissance à des croûtes peu saillantes, inégales, verdâtres, molles, bombées et enchâssées dans les bords d'une ulcération peu piofonde, qui se répare par une cicatrice plus ou moins difforme (Gazenave), et qu« l'on observe ordinairement au visage, au cou, à la poitrine. Chez le nouveau-né, l'impétigo syphilitique occupe principalement le. visage, où il est reconnaissable à l'aréole cuivrée qui entoure les croûtes, aux croûtes sèches et plus foncées que celles de l'impétigo simple, et aux ulcérations grisâtres et peu profondes qu'elles recouvrent (Diday).

Quant à Vecthyma syphilitique, comme le fait remarquer M. Gazenave, il diffère s'il est superficiel ou profond : dans le premier cas, on le rencontre ordinairement au cuir chevelu ou disséminé sur toute la surface du corps. — L'ecthyma profond, qui est plus grave, se rencontre sur les membres inférieurs; il se distingue de l'ecthyma cachectique, qui siège aussi aux membres inférieurs, en ce que celni-ci ne s'observe que chez les vieillards.

Les syphilides squameuses comprennent le psoriasis syphilitique et la syphilide squameuse cornée. Le premier ne diffère , du psoriasis non spécifique que par la moindre adhérence des squames et la couleur cuivrée ou noirâtre des surfaces atteintes ; il laisse après lui des taches foncées qui disparaissent lentement. La syphilide squameuse cornée, qui se voit spécialement à la paume des mains ou à la plante des pieds, est constituée par dés squames dures, grisâtres et formant une couche épaisse sur des points un peu saillants, qui sont de couleur cuivrée et souvent arrondis. Ges plaques sont tantôt de la grandeur d'un centime et présentent à leur centre un point dur, corné, qui semble pénétrer dans l'épaisseur de la peau ; et tantôt elles sont réunies de manière à former une plaque épaisse qui semble recouverte de plusieurs couches de squames, et qui ne tarde pas à se fendiller et à deyemr le siège de fissures douloureuses. Il ne faut pas oubher que ces deux variétés de syphilides sont distinctes des syphilides tuberculeuse et papuleuse, qui s'accompagnetit quelquefois de squames peu épaisses, et avec lesquelles il ne faut pas les confondre.

Les syphilides vésiculeuses, Veczéma, Vherpès et la varicelle dits syphilitiques ne se distinguent réellement des éruptions analogues non spécifiques que par la teinte des rougeurs, cuivrée d'abord, grisâtre ensuite, et par leur marche plus lente.

Les syphilides huileuses sont le rupia et hpemphigus syphilitiques. — Le rupia ne diffère du rupia non syphilitique que par son ulcération taillée à pic. — Le pemphigus syphilitique s'observe seulement chez les nouveau-nés atteints de syphilis congénitale principalement à la plante des pieds et à la paume des mains, où les bulles sont aussi le mieux caraclérisées, s'il en existe ailleurs. MM. Paul Dubois et Depaul l'ont vu commencer par une teinte violacée de la peau, où nppa-

raissent ensuite un grand nombre de vésicules qui s'agrandissent pour former des bulles, auxquelles succèdent des croûtes ; au-dessous d'elles, le derme est intact ou ulcéré.

Parmi ces variétés si diverses de syphilides, il en est qui diffèrent peu des affection'î Cl ilanées vulgaires, et d'autres qui ont des caractères spéciaux comme affection de la peau, caractères précieux pour le diagnostic. Telle est la syphilide tuberculeuse compliquée d'ulcérations ; tel est lepempbigus des nouveau-nés pour la plupart des observateurs.

Enfin on pourra tirer quelquefois du siège des sypbilides des inductions utiles. J'ai dit précédemment qu'elles occupaient plus fréquemment le visage et le cuir chevelu que les autres régions du corps ; mais je dois ajouter que l'acné et l'ecthyma occupent principalement les membres inférieurs, et que la paume des mains et la plante des pieds sont le siège de prédilection de la syphilide squameuse cornée de l'adulte, et du pemphigus des enfanls, chez lesquels les affections squameuses de la peau des mains et des pieds ont été signalées par MM. Trousseau et Lasègue comme des indices rarement infidèles d'infection syphilitique (Arch. de méd., 1847, t. XV).

50 Pronostic. — La plupart des syphilides sont des phénomènes transitoires qui annoncent l'invasion de la syphilis constitutionnelle. Elles n'offrent de danger par elles-. I êmes que dans des conditions exceptionnelles; tel serait, par exemple, l'impétigo syphilitique de la face chez le uouveau-né, suivant M. Diday. Elles sont d'autant plus fâcheuses qu'elles détruisent plus profondément les tissus et qu'elles produisent des cicatrices plus considérables, principalement au visage.

SYPHILIS. — Cette maladie virulente est certainement celle qui a donné lieu au plus grand nombre de publications contradictoires parmi les travaux modernes. Il suffit de citer, parmi une foule d'autres, les noms de MM.Baumès, Cazenave, Cullerier, Diday, Ricord, Vidal (de Cassis), Melchior Robert, Rollet, pour réveiller l'idée des luttes scientifiques provoquées par la question de la syphilis.

Pour bien exposer le diagnostic de cette maladie au lit du malade, il faut faire abstraction des théories exclusives, et baser ses inductions sur les faits tels qu'ils se présentent, sans choix comme sans exclusion. Ainsi envisagés, nous ne devons donc pas diviser à priori les accidents en vénériens (sans retentissement dans toute l'économie) et en syphilitiques (avec infection générale) ; car le problème de cette distinction se présente précisément à résoudre à propos de chaque malade.

a, — Symptômes primitifs. — Ces symptômes, dits aussi locaux ou à'invasion par Lagneau, et qui se développent là où l'action de la matière infectante sur l'économie s'est faite d'abord sentir, comprennent :

Le chancre primitif j simple ou induré, ce dernier considéré comme seul symptôme primitif de syphihs par M. Ricord; la blennorrhagie (?); on y a joint aussi la plaque muqueuse, et le bubon, dit bubon d'emblée (?), que l'on considère généralement comme un sijmptôme successif du chancre, ainsi que la lymphangite.

\)^ Symptômes secondaires. — On considère comme tels ceux qui s'observent au niveau de la peau, des muqueuses et des ganglions lymphatiques. Ce sont :

Les engorgements ganglionnaires indolents; les plaques muqueuses; les sy-

philides; les lésions des membranes muqueuses, telles que Vophthalniie, le coryza, l'angine ou pharyngite dits syphilitiques, et les ulcérations secondaires des paupières, des fosses nasales, des oreilles, de la bouche, de la langue, de la gorge, du larynx, des parties génitales, du col de l'utérus et du rectum; les végétations (choux -fleurs, poireaux, crêtes de coq, excroissances, verrues, rhagades, etc.); Viritis ; V alopécie; et enfin les douleurs rhumatoïdes ou névralgiques.

— Symptômes tertiaires. — Ils sont plus nombreux encore que les symptômes secondaires et résultent de lésions des tissus et des organes profonds. Ce sont : — Du côté du tissu cellulaire sous-cutané, sous-muqueux ou intermusculaire, les gommes ou tumeurs gommeuses et les ulcérations tertiaires; — du côté des muscles ou des tissus fibreux ou osseux, les rétractions musculaires; Y induration des corps caverneux, les arthropathies ; les douleurs ostéocopes; hpériostose aiguë ou chronique; les exostoses; les ostéites (nécroses, carie?) ; — du côté des viscères, les tubercules syphilitiques et les hypertrophies ; le sarcocèle syphilitique; — entin du côté de l'appareil nerveux, des névroses variées, et les douleurs ostéocopes.

Cette simple énumération des éléments actuels du diagnostic va se trouver complétée, autant que le permettra l'étendue hmitée de cet article, par ce qui va suivre

2° Inductions diagnostiques. — Parmi ces différents symptômes, la plupart complexiis, et dont un certain nombre constituent de véritables états pathologiques, les uns ont des caractères spéciaux qui les distinguent comme révélant manifestement l'existence de la vérole, tandis que les autres ne diffèrent en rien d'états pathologiques ou de symptômes semblables rangés dans le cadre nosologique comme non syphilitiques. Cette distinction me paraît capitale pour le médecin abordant un malade qui lui offre une ou plusieurs de ces données diagnostiques. Les premières doivent servir de base à son diagnostic.

Parmi les accidents primitifs qui ont des caractères spéciaux, les chancres et les plaques muqueuses sont les plus probants. Que, dans le point contaminé, on constate un chancre simple eu mou, à bords souples, taillés à-pic et parfois décollés, à fond grisâtre et mou, ou bien un chancre à base et à bords gonflés et indurés, ou encore des plaques muqueuses, il est clair que ce sont là des accidents qui révèlent une contamination virulente spéciale. Voilà un premier point de diagnostic établi. Mais faut-il aller immédiatement plus loin, et pratiquer sur d'autres parties du corps des inoculations avec le pus fourni par les chancres afin de s'assurer s'il a ou non des qualités virulentes spécifiques, s'il engendre en un mot une lésion syphilitique, et cela dans le but d'arriver à conclure qu'il y a ou non infection constitutionnelle? Nous croyons que cette dernière induction serait une grosse erreur. Que l'inoculation fournisse ou non des résultats considérés comme probants, de quel droit se prononcer sur l'absence ou la réalité de l'infection générale? Cette infection constitutionnelle, qui ne se révèle à nous que par l'apparition des accidents secondaires ou tertiaires, se montrant le plus souvent dans les différentes parties du corps et d'une manière spontanée (double condition qui en démontre Torigine générale), cette infection de l'économie ne peut-elle avoir lieu presque aussitôt après le contact infectant sur le derme dénudé, comme pour les autres affections virulentes?

SYPHILIS. 847 îl y a là au moins un point de doute que les inoculations ne sauraient résoudre, et qu'on peut opposer à ses résultats négatifs.

Les manifestations vraiment syphilitiques, qui, en dehors des chancres et des plaques muqueuses primitifs, peuvent mettre hors de doute par eux-mêmes l'iniection syphilitique de l'économie, sont nombreuses.

Parmi les accidents secondaires, les engorgements ganglionnaires ont une grande valeur comme données diagnostiques de vériliible syphilis. Joint au chancre induré, îe bubon est précoce, il paraît dès le premier septénaire, et envahit plusieurs ganglions, qui sont indolents, n'acquièrent pas un gros volume et ne suppurent ordinairement pas. Il en est de même des engorgements ganghonnaires que l'on constate dans des régions plus ou moins éloignées, principalement dans les régions postérolatérales du cou, et qui, joints à d'autres signes, sont une preuve de la généralisation de l'infection syphilitique.

D'autres manifestations secondaires caractéristiques qui attirent plus immédiatement l'attention sont les syphilides non douteuses, et surtout les plaques muqueuses, appelées indifféremment syphilide muqueuse, tubercules plats, pustules ou plaques humides. Elles sont fréquemment rencontrées au pourtour des ouvertures naturelles, soit sur les muqueuses, soit sur la peau, ou plus profondément à l'intérieur de la bouche, du pharynx, du vagin, au niveau du coi de l'utérus, à l'anus, et jusqu'aux intervalles des orteils. Elles sont beaucoup plus fréquemment observées aux parties génitales chez la femme que chez l'homme. Facilement reconnaissables à leur forme ordinairement arrondie, à leur saillie papuleuse en masse, à leur surface aplatie ou légèrement convexe, de couleur rosée ou livide, quelquefois ulcérées ou fendillées, recouvertes le plus souvent d'une pelhcule fine, d'apparence muqueuse (que M. Diday a comparée à une couche de collodion à moitié desséché), et d'autres fois d'une fausse membrane grisâtre, elles sont tantôt discrètes et tantôt confluentes. Ces plaques muqueuses se développent d'emblée ou bien succèdent à un chancre en voie de réparation dont les bourgeons charnus font saillie en masse au dehors. Quel que soit leur point de départ, leur développement végétant peut donner lieu à des excroissances et à des végétations qui, au pourtour de l'anus, portent le nom de C07idijlômes. Leur durée est très -variable, courte ou très-persistante, et leur disparition ne laisse de trace cicatricielle que lorsqu'elles ont été ulcérées, et encore ces cicatrices sont-elles petites et superficielles.

Les ulcérations syphilitiques secondaires constituent également des accidents très-importants au point de vue du diagnostic, qu'elles occupent les parties génitales, le col de l'utérus, ou le rectum, la bouche, la langue, la gorge (où elles sont fréquentes), les fosses nasales, les paupières, les oreilles. Ces ulcérations sont ordinairement irrégulières, à bords déchiquetés et souvent taillés à pic ; leur fond est déprimé, grisâtre par places, parfois finement grenu, baigné d'un liquide sanieiix, ou caché par des croûtes épaisses; les tissus de leur base sont fréquemment indurés, leurs bords décollés, quelquefois gangrénés ; leur marche, tantôt lente et tantôt rapide, est envahissante en surface ou en profondeur, ce qui les a fut dénommer ulcères serpigineux, phagédéniques. 11 en résulte des pertes de substances parfois considérables. On ne peut pas constater ces caractères lorsque l'ulcération échappe à la vue, lorsqu'elle occupe, par exemple, une partie du pharynx inaccessible à l'œil ou bien l'intérieur du larynx. Le diagnostic en est alors très-difficile, car

on peut tout au plus reconnaître l'existence d'une ulcération quelconque, sans en pouvoir déterminer la nature.

Une autre donnée diagnostique importante est le retour nocturne des douleurs rhumatoïdes ou péri-articulaires. Cependant leur valeur comme signe de syphilis n'est pas absolue, car des douleurs analogues, quoique beaucoup plus rares au voisinage des articulations, se rencontrent avec l'intoxication saturnine.

Un certain nombre d'accidents tertiaires, que l'on rencontre dans les organes plus ou moins profondément situés, ont également des caractères propres plus ou moins bien accusés. — Les tumeurs gommeuses ou tubercules tertiaires constituent des tumeurs sous- cutanées ou sous-muqueuses isolées, se développant dans toutes les parties du corps, mais plus fréquemment aux membres et surtout aux membres supérieurs, indolentes, sans changement de couleur à la peau, rarement agglomérées ou douloureuses ; elles ont pour caractère principal de se développer avec une lenteur de plusieurs années avant d'acquérir le volume d'une noisette ou d'une noix, puis de se terminer soit par résolution, ce qui est rare, soit, ce qui est le plus ordinaire, par suppuration avec gangrène delà peau, et ulcération persistante jusqu'à la fonte complète du tubercule. — hes ulcérations tertiaii'es qui résultent de la fonte des gommes syphilitiques, de l'ecthyma ou du riipia syphilitiques sont jaunâtres, grisâtres, pultacées, excavées à pic, répandent une odeur infecte, et donnent lieu à des cicatrices analogues à celles des brûlures profondes. — Les r^tractions musculaires syphilitiques, indépendantes de toute affection du système nerveux, s'accompagnent de douleurs sourdes, nocturnes, dans le muscle qui se tuméfie et devient très-sensible au toucher. On les a observées dans le biceps, le brachial antérieur, le jambier postérieur, les muscles de l'œil (Ricord), et dans le masséter (Phil. Boyer). — L'induration de l'un ou des deux corps caverneux de la verge, signalée par M. Uicord, constitue une tumeur dure, indolente, se développant avec lenteur et ayant pour résultat de faire incurver plus ou moins fortement le pénis de son côté au moment de l'érection. Ces caractères ne permettent pas de méconnaître la lésion. — Les arthropathies syphilitiques sont loin de présenter des signes aussi tranchés. Pour M. Ricord même, il n'existe pas de symptôme différentiel caractéristique entre les tumeurs blanches non spécifiques et celles qui sont syphilitiques. Pour M. Ph. Boyer, la distinction serait possible, mais les caractères différentiels qu'il a donnés sont manifestement insuftisants.

Les périostoses et les exostoses localisées ou très-étendues [hyperosthoses] sont fréquemment rencontrées dans la pratique. Ce sont des lésions tertiaires d'une grande valeur et qui sont facilement reconnaissables lorsqu'elles constituent des tumeurs extérieures au niveau des os accessibles à l'exploration, plus ou moins volumineuses, dures, peu ou point douloureuses à la pression. La périostose seule peut quelquefois être aiguë (périostose gommeuse aiguë), et, comme cela peut arriver aussi pour les exostoses non éburnées, elle présente quelquefois de la fluctuation, puis suppure ou se résoud. — ■ Lorsque les exostoses se développent dans des parties inaccessibles à l'exploration, vers la cavité du crâne, celle du rachis, etc., elles donnent lieu à des accidents de compression d'autant plus prononcés qu'elles se développent plus rapidement, à de la paralysie, à des convulsions épileptiformes. On en a vu dans le pharynx produire de la dysphagie, dans l'orbite l'amaurose et l'ophthalmie. Dans les cas de cette espèce, le diagnostic présente de grandes difii-

j SYPHILIS. 849

cultés immédiates, à moins que l'on ne soupçonne la cause des accidents observés.

Uhypertrophie de certains organes, de la langue, par exemple, ainsi que j'en ai •observé récemment un exemple remarquable, peut se montrer aussi comme accident tertiaire. — V altération spécifique du foie, si bien décrite par M. Gubier, dans ces derniers temps, comme conséquence de la sy{)hilis constitutionnelle, peut donner lieu chez l'adulte pendant la vie à im symptôme précieux que j'ai rencontré à i'Hôtel-Dieu, chez un matelot qui présentait d'autres accidents de syphilis invétérée; ce symptôme consistait en tumeurs multiples, marronnées, du volume d'une noisette à celui d'une petite noix, mobiles, facilement conslatées à la palpation à l'épigastre et au-dessous des fausses côtes droites, indolentes, et résul-

I tant d'une sorte de désagrégation du foie en lobules arrondis peu volumineux.

! — M. Depaul a démontré que les nouveau-nés atteints de syphilis héréditaire et succombant avec des accidents du côté des voies respiratoires (symptômes de pneumonie lobulaire) présentaient fréquemment une lésion syphilitique des poumons (noyaux indurés et suppurés). — Quant au sarcocôle syphilitique (appelé aussi testicule vénérien, spermatocèle ou alhuginite syphilitique)^ il est caractérisé par une dureté ordinairement indolente et un développement uniforme très-lent, (jui ne dépasse jamais plus de quatre fois son volume normal (qu'il conserve quelquefois), n'affectant le plus souvent qu'un seul côté, rarement les deux testicules, et te jjeau restant saine ainsi que l'épididyme (Ricord), au moins dans la très-grande majorité des cas. On ne peut confondre cette altération avec l'orchite qui a une marche inflammatoire, ni avec des tumeurs inégales et bosselées, comme une tumeur encéphaloïde, ciui commence par réjndidyme^m-àvec une tumeur gommeuse du scrotum. — Eniin les douleurs ostéocopes ont aussi des caractères qui les signalent. Elles sont d'intensité variable, et peuvent être atroces ; elles sont fixes dans le même point, où la moindre pression les exaspère. Leur siège dans un os est parfaitement senti et indiqué par les malades, ce qui suffit, avec leur retour nocturne, qui dépend uniquement de la chaleur du lit, suivant M. Ricord, pour les différencier des , douleurs névralgiques et des douleurs rhumatoïdes secondaires.

La connaissance de ces manifestations si diverses, isolées ou groupées, est la base du diagnostic. Mais pour en tirer convenablement parti, il faut bien se rappeler l'évolution la plus ordinaire des accidents syphilitiques. La période d'incubation qui s'étend entre la contamination primitive et la manifestation des accidents secondaires peut être de plusieurs mois ou de plusieurs années suivant beaucoup d'observateurs; elle ne peut pas dépasser six mois, suivant M. Ricord, qui a étudié avec soin la succession des symptômes syphilitiques, et ce serait principalement du quatrième au sixième septénaire que Ton verrait cesser cette incubation ; en sorte qu'on peut Alors rencontrer encore, en même temps que les premières manifestations secondaires, des accidents primitifs qu'il faut rechercher d'ailleurs dans tous les cas. M. Ricord signale comme signes les plus précoces de l'infection générale la chloroanémie, des troubles de la vue, des douleurs névralgiques de la tête, des douleurs rhumatoïdes des membres s'exaspérant la nuit, irrégulières dans leur siège et leur intensité, ou une simple courbature précédant l'apparition des accidents secon- (iaires. Les engorgements ganglionnaires indolents ayant pour siège de prédilection les régions cervicale postérieure ou cervico-céphaHque, et Valopécie^ sont aussi

AVOILLEZ, D. D. '54

considérés par lui comme des phénomènes des plus précoces, qu'il ne faut pas par conséquent négliger de rechercher.

Bientôt la peau et les muqueuses sont affectées, d'abord très-superficiellement (éruptions exanthémaleuses, altérations de couleur, états papuleux, plaques muqueuses), puis plus profondément (tubercules cutanés, ulcérations des téguments). Enfin les accidents lerliaires, plus profonds encore, se montrent après un temps plus ou moins long, et assez souvent après bien des années. Mais il ne faut pas oublier que les phénomènes peuvent se combiner de telle sorte que les accidents secondaires apparaissent alors que l'accident [irimitif persiste encore, et les accidents tertiaires pendant le cours des secondaires. Le traitement a d'ailleurs une grande influence sur cette évolution qui, ainsi qu'on le voit, n'a pas toujours la régularité qu'on a voulu lui assigner. Toutefois on ne saurait admettre d'une manière absolue, avec quelques observateurs, M. Cazenave, par exemple, que cette évolution est sans aucune importance.

Jusqu'à présentée n'ai tenu compte que des accidents ayant des caractères spéciaux; mais il en est une foule d'autres qui ne diffèrent en rien, ai-je dit, des mêmes états pathologiques considérés comme non syphilitiques. A ceux-là on n'attribue le caractère syphilitique que par la préexistence ou la coïncidence actuelle d'autres accidents manifestes de cette nature et dont je me suis occupé précédemment.

Parmi les phénomènes séméiologiques primitifs sans cai actère syphilitique évident, on a rangé la blennorrhagie et le bubon d'emblée. On leur a accordé et dénié tour à tour la nature syphilitique. L'un et l'autre ont été manifestement suivis d'accidents secondaires et tertiaires dans des foits bien observés ; mais c'est dans l'explication que se traduisent les dissidences, l'hypothèse d'un chancre caché ou larvé dans tous les cas d'infection générale étant considérée par M. Ricord comme une réalité indirectement démontrée, tandis que cette démonstration reste encore à faire.

Nous trouvons parmi les phénomènes séméiologiques secondaires ou tertiaires sans caractères spécifiques : l'ophthalmie, le coryza, la pharyngite érythémaleuse et papuleuse, l'iritis, les végétations, certaines douleurs névralgiques ou rhumatoides, la phthisie pulmonaire résultant seulement de la fonte de gommes développées dans le poumon (Van der Kolk, Ricord), les syphilides ressemblant aux éruptions cutanées vulgaires, et enfin beaucoup de névroses. On doit cependant reconnaître que quelques-unes de ces manifestations doivent, plus particulièrement que les autres, éveiller l'idée de la syphilis, parce qu'elles en sont plus fréquemment la conséquence ; telles sont la blennorrhagie, l'iritis, les végétations, les syphilides douteuses, et, comme névroses, la paralysie accideiitclle des muscles moteurs delœil.

Vétiologie fournit assez souvent des données de diagnostic complémentaires et trèsimportantes, entre autres l'existence de lésions syphilitiques chez le sujet contaminateur. Mais d'autres fois, l'origine de la contagion reste obscure ou inconnue, et ce sont ces faits incertains qui ont moiivé les assertions les plus diverses, trop souvent tranchantes en l'absence de preuves. Il est acquis aujourd'hui que les chancres mous ou indurés, les plaques muqueuses et des accidents secondaires, peuvent transmettre la syphilis. Mais l'étiologie est surtout complexe s'il s'agit d'un enfant nouveau-né ou à la mamelle, dont la syphilis congénitale ou acquise peut avoir indifféremment sa source chez le père, la mère, la nourrice ou même chez une personne étrangère.

Pour exposer le diagnostic différentiel des accidents syphilitiques, il faudrait entrer dans de grands développements ; car chaque phénomène simple ou complexe de la maladie pourrait donner lieu à disenter longuement son diagnostic différentiel, et des ouvrages entiers ont été consaciés à ce sujet (Yvaren : Métamorphoses de la syphilis, 4 854). Je crois cet exposé inutile, car dès que l'on songe à la syphilis, le diagnostic s'élucide rapidement. Or, la pensée de la syphilis doit surgir à l'esprit en présence de toute affection ou phénomène chronique ayant quelque analogie avec ceux que j'ai énumérés, et sortant du cadre de rohservaliou habituelle. Une syphilis dissimulée ou méconnue précédemment est considérée comme certaine si l'accident ou la maladie observée cède rapidement à l'emploi d'un trailemenl spécifique (mercuriaux et iodure de potassium). On a insisté avec raison sur l'importance de cette ressource diagnostique, qui est qnelquelbis la seule preuve de la nature des phénomènes observés. Elle est surtout utile lorsque l'on se trouve en présence d'un état pathologique on d'un symptôme isolé, même à une période trèsavancée de la maladie (dix, quinze ans et plus après la contagion, s'il s'agit d'accidents tertiaires), sans qu'aucun autre accident manifeste on du moins avoué parle malade puisse mettre sur la voie par la filiation ordinaire des manifestations successives de la maladie, et sans qu'on ait la ressource de constater des stigmates cicatriciels de lésions syphilitiques anciennes.

Le diagnostic de la maladie une fois étabH, il reste à en déterminer les particularités complémentaires : le degré, la forme, les complications.

Relativement au degré d'évolution de la syphihs, on l'a distinguée en bénigne, grave, et en cachectique ou phagédénique. — On a d'abord considéré comme syphilis bénigne celle dont l'évolution ne dépasse pas la période primitive, en vertu de certaines idiosyncrasies, ou par l'effet du traitement employé. Ces faits heureux ne sauraient être niés; mais à quels signes les reconnaître si ce n'est à l'absence ultérieure de tout phénomène secondaire ou tertiaire : or, ce caractère distinclif, excellent pour motiver une distinction scientifique, n'a aucune valeur immédiate, lorsque l'on est en présence d'un malade atteint d'accidents primitifs, rien ne pouvant indiquer que plus tard il ne surviendra pas de symptômes secondaires ou tertiaires.

On a appelé grave au contraire la vérole qui se manifeste par les trois os;dres de phénomènes primitifs, secondaires et tertiaires, dont l'ensemble démontre l'intoxication profonde de l'économie. — La forme cachectique ou phagédénique est un degré encore plus avancé, qui se reconnaît à la teinte terreuse de la peau, à l'amaigrissement, aux taches ecchymotiques, au ramollissement des gencives, au trouble des digestions, à la diarrhée, parfois aux hémorrhagies intestinales, et enfin à la forme des ulcères syphilitiques qui sont rongeants, serpigineux, mous, fongueux, à bords décollés, livides, qnelquelbis gangréneux. Pour plusieurs observateurs distingués, le phagédénisme serait la conséquence unique des irritations intempestives et des cautérisations exercées sur les lésions.

En outre de ces formes de syphilis fondées sur le degré plus ou moins avancé do la maladie, il en est d'autres qui ont, dans leur ensemble, une physionomie utile à rappeler pour la pratique, et qui tiennent à la prédominance de certaines particularités. Telle est la syphilis héréditaire, celle des nouveau-nés, celle des nourrices. — La syphilis héréditaire se manifeste ordinairement quelques semaines après la naissance, rarement après deux mois, d'abord par un exanthème caractéristique, por des

plaques muqueuses, et rapidement ensuite par des ulcérations de la bouche, du pharynx ou des fosses nasales, par la destruction de la voûte palatine, par la faiblesse, Vémaciation, la coloration terne de la peau {bistrée, suivant M. Trousseau) par son aspect parcheminé, ridé, et la décrépitude extérieure qui donne aux enfants un air de petits vieillards. D'autres fois ce sont, autour des parties génitales ou aux membres inférieurs, des pustules à'ecthyma, des bulles depemphigus, des excavations et des ulcères, qui occupent plus particulièrement les malléoles et les talons. Le médecin, dit M. Diday, ne peut jamais répondre qu'il n'y ait pas quelque lésion dans l' arrière-bouche d'un en fant nouveau-né, ce qui montre la réserve avec laquelle on doit se prononcer sur la santé des enfants confiés à des nourrices. Le même auteur signale la rareté des engorgements ganghonnaires et des lésions osseuses, et il insiste sur la fréquence de la roséole syphilitique et des plaques muqueuses, qui sont très-souvent ulcérées chez les enfants. Parmi les accidents qui se transmettent héréditairement, on range aujourd'hui les accidents tertiaires, que Ion ne croyait d'abord susceptibles que de produire la scrofule. La syphilis que le nouveau-né peut contracter en dehors de la mère ne diffère pas de celle que l'on observe chez l'adulte et qui est transmise par un chancre. Beaucoup d'observateurs admettent aujourd'hui que des accidents secondaires peuvent se transmettre de la nourrice à l'enfant et réciproquement. Les enquêtes que motivent de pareilles contaminations, dont les parents et la nourrice se rejettent mutuellement la responsabilité, nécessitent des investigations difficiles et beaucoup de prudence et de réserve, de la part du médecin appelé à se prononcer. — Quant à la syphilis des nourrices, celle qui survient à la suite de la succion du sein par un enfant infecté, est la seule qui mérite une mention particulière. Mais ici il faut bien se garder de confondre les fissures du mamelon, l'eczéma, l'impétigo, ou le simple ecthyma de cette région, avec des accidents syphilitiques, et ne pas oublier que la stomatite non syphilitique chez l'enfant, surtout lorsqu'elle est ulcéreuse, gangréneuse ou accompagnée de muguet, peut produire sur le mamelon de la nourrice une irritation qui peut en imposer pour une affection syphilitique.

Les complications ou plutôt les effets consécutifs de la vérole varient d une manière générale suivant le degré auquel est arrivée la maladie et suivant la nature de certaineslésions. Je n'ai qu'à rappeler l'anémie et le dépérissement qui accompagnent la cachexie syphilitique, la phthisie due au développement de gommes dans les poumons, les paralysies (qui sont rares), \ atrophie musculaire (Y. p. 102), la fragilité où le ramollissement des os (Ostéomalacie), Yavortement (p. 422). Parmi les lésions, les ulcérations méritent une mention particulière comme pouvant produire des destructions de parties ou d'organes plus ou moins importants, des perforations, des hémorrhagiesmovieW^s, comme j'en ai constaté une par suite d'une ulcération syphilitique siégeant dans une bronche principale et qui pénétra jusqu'à un anévrysme de l'aorte. Enfin il en résulte des cicatrisations difformes à l'extérieur, et parfois à l'intérieur des rétrécissements de conduits dont le calibre est indispensable à la vie, tels que les conduits respiratoires (F. Cicatrices).

On a attribué à la syphilis une foule de maladies qu'il serait bien inutile d'énumérer, car aucune preuve ne vient à l'appui de l'opinion souvent erronée des auteurs sur ce point. Je dois cependant faire exception pour les scrofules transmises aux enfants par les parents atteints de vérole. On est d'accord sur la possibilité de cette

TACHES. TEIGISES. 855

transmission, sans l'être sur les conditions dans lesquelles elle a lieu, ni même sur les signes de ces scrofules héréditaires, qui paraissent affecter toutes les fondions, et par suite le développement physique de 1 enfant. Parmi les écrivains les plus modernes qui se sont occupés de cette question, MM. Maisonnenve et Montanier considèrent cette scrofule comme différant de la scrofule ordinaire par l'absence de certains symptômes; tandis que, pour M. Diday, elle est au contraire la scrofule ordinaire, plus certains symptômes. On voit que le sujet réclame de nouvelles recherches.

50 P'f-onostic. — Le pronostic de la syphilis varie suivant une foule de circonstances. Sans entrer dans des détails inutiles, après ce qui précède, sur la bénignité ou sur la gravité plus ou moins grande des symptômes ou des groupes de symptômes considérés isolément, je rappellerai seulement que la syphilis a bien rarement une issue funeste chez Fadulte, ce que démontre la mortalité insignifiante des hôpitaux de vénériens; que, par contre, elle est très-souvent mortelle dans le premier âge, surtout si elle est héréditaire ; et que, lorsque l'enfant en guérit, sa santé générale reste plus ou moins profondément atteinte. Toutes choses égales, un traitement convenable empêche l'affection de devenir grave et même paraît l'arrêter dans son évolution .

TACHES. — Les taches diffèrent des macules, qui sont iixes et durables, par leur apparition accidentelle et transitoire. Tantôt ce sont des ecchymoses (scorbut, hémophilie, érythème noueux), des taches bleuâtres ou ardoisées (fièvre synoqueel, typhoïde), ou des pétéchies, ne disparaissant pas sous la pression du doigt; tantôt des taches rosées lenticulaires, arrondies, d'un à deux millimètres de diamètre, disparaissant au contraire momentanément sous la pression, occupant le plus souvent l'abdomen, et se distinguant des piqûres de puces par l'absence du petit poini ecchymotique central que ces dernières présentent. M. Louis a signalé les taches rosées lenticulaires (bien différentes des pétéchies), comme un des meilleurs signes de ta fièvre typhoïde ; elles sont, en effet, presque constantes dans cette affection, et très-rares dans d'autres pyrexies. Des taches rosées ou rouges se remarquent dans le TYPHUS, et constituent les principaux indices des lièvres éruptives commençantes, ou au contraire des traces d'une éruption récente (herpès, variole, impétigo, etc.). Dans certains empoisoiMnements, des taches caractéristiques peuvent révéler l'espèce de poison ingéré, de même que celles de sulfure de plomb paraissant à la peau après un bain sulfureux, dénotent habituellement une intoxication saturnine. Enfin M. Trousseau a appelé méïiingitiqiies des taches que l'on peut produire, non-seulement dans la méningite, mais encore dans plusieurs autres m.aladies (F. p. 517).

TACT. — F. Seins et Toucher.

TEIGNES. — Pour traiter du diagnostic des affections appelées teignes, il faut avant tout préciser ce que l'on doit entendre par cette dénomination. Les dermatologues ne sont malheureusement pas d'accord à ce sujet. Après avoir été apphquée à toutes les affections du cuir chevelu indistinctement, elle servit plus tard à désigner plus spécialement le favus {porrigo favosa, teigne faveuse) comme vraie teigne, les autres maladies du cuir chevelu étant considérées comme de fausses teignes. En 1850, M. Cazenave proposa de désigner comme teignes toutes les affections contagieuses du cuir chevelu; et enfin M. Bazin admit ce principe de ia coîitagion, mais

854 TElGiNES.

en attribuant toujours cette dernière à un parasite cryplogamique ; en sorte qu'il considère comme teignes un groupe d'affections qu'il regarde comme essentiel ement parasitaires, se développant principalement au niveau des cheveux et des polis, des ongles, et plus rarement sur Vépiderme. Elles constituent trois genres de teignes attribuées à trois végétaux parasites différents, et elles peuvent toutes s'observer nouseulement sur le cuir chevelu, mais encore sur la face, sur les parties sexuelles, sur le tronc ou sur les membres. Cette manière d'envisager la nosograpbie des teignes a soulevé des objections nombreuses, sans parler de celles qu'a suscitées la question générale du parasitisme telle que l'a posée M . Bazin. (F. Parasitaires - affections) . On ne peut nier cependant qu'elle n'ait jeté un jour tout nouveau sur ce sujet. Je vaism'occuper successivement de la teigne faveuse, admise par tous les auteurs, et des teignes tonsurante et pelade, ainsi dénommées par M. Bazm, dont la classification et la description nous offre l'avantage d'envisager la question de diagnostic au point de vue le moins restreint.

l. Teigne faveuse (tinea vera, tinea jicosa, porrigo lupinosa, porngo favosa, porrigo scutîdata, faviis).

Il est difficile de reconnaître le favus à ses premiers signes, qui sont : un prurit incommode, des plaques d'érytJmne se développant cà et là avec rougeur, gontlementetdouleur à la pression, puis une altération physique des poils qm deviennent ternes, grisâtres et faciles à arracher par une traction légère. Le diagnostic devient facile au contraire dès que se montre le signe pathognomomque de la maladie la cupule favique, concrétion jaune de forme caractéristique et dont le centre est traversé par un ou deux poils. Par les progrès de la sécrétion, et le rapprochement des follicules qui sont atteints, la matière favi.pie peut se répandre et former des croûtes jaunes irrégulières, plus ou moins larges ou épaisses, et qm peuvent montrer encore, à moins que la maladie ne soit très-ancienne, des godets faviques caractéristiques, surtout vers leurs bords. Ces croûtes exhalent une odeur spéciale, fade, et a la longue les cheveux tombent et repoussent frêles et lanugineux, si leur bulbe n est pas entièrement détruit. Leur chute est définitive lorsque des éruptions secondaires, ordinairement pustuleuses, et Vulcération du derme ont détruit complètement le foUicule. Les cicatrices qui Bucœàeni, blanches, lisses, tendues et dépourvues de cheveux, constituent ensuite des traces indélébiles de la maladie. ^ ^

Les concrétions faviques, délayées dans l'eau ou l'acide acétique, et examinées au microscope à un grossissement de deux cents ou trois cents diamètres, présenteraient exclusivement, suivant M. Bazin, des éléments végétaux parasitaires (achonon de Schœnlein, p. 667), et les réactifs chimiques démontreraient, comme le microscope, la nature végétale des croûtes faveuses. Les spores de l'achorion pénétrant dans les follicules pileux, produiraient le favus en se développant dans ces follicules, et en détruisant les bulbes pihfères. ,

G est en l'absence des godets faviques que le diagnostic oflre des difficultés sérieuses. Les rougeurs ou les anneaux érythémateux qui précèdent 1 apparition de ces godets, sont en effet semblables, sur le tronc, aux cercles herpétiques qm caractérisent la teigne tonsurante; ils sont seulement plus petits (moindres qu une pièce de cinquante centimes) et d une remarquable uniformité. M. Bazin me que 1 erytheme fasse défaut au cuir chevelu comme on l'a dit. ^

Les pustules qui peuvent survenir au niveau des points érythémateux ont ete con-

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