TEIGNES
sycosis, qui n'aurait pas comme origine le parasite particulier de M. Gruby (7ni~ crosporon mentagrophyte) , et il considère l'herpès circiné, le pityriasis et la mentagre (ou sycosis) comme trois périodes de la teigne tonsurante. Mais cette manière de M. Bazin d'envisager la teigne tonsurante n'est pas généralement admise, et il en est résulté im débat scientifique contradictoire, qui met dans le plus grand embarras pour conclure au point de vue pratique, même en faisant abstraction de la question d'origine,
La teigne tonsurante pourrait se soupçonner, au début, au prurit plus on moins intense qui coïncide avec des plaques rouges de forme circulaire, vésiculeuses ou énjthémateuses, et le changement de couleur des cheveux qui deviennent' rougeâtres, fuives, gris-cendrés, et friables, ce qui les fut rompre spontanément à quelque distance de la surfice tégumentaire : d'où il résulle peu à peu une sorte de towswrtJ artificielle qui devient caractéristique. Pour M. Bazin, l'affection vésicuieuse est bien moins fréquente que l'érytbème, qui comprend ici Verythema circinatumeiïerythema marginatum des auteurs, et qui offre la forme discoïde ou annulaire, sans saillie ou avec saillie de Fanneau ou de la circonférence de la plaque. Au lieu del'érythème, il pourrait y avoir, suivant cet observateur, un herpès circiné, des cercles de V herpès iris ou des disques lichénoïdes, comme érnption initiale de la teigne tonsurante. On conçoit dès lors que l'affection existe non-seulement au cuir chevelu et au niveau de la barbe, mais encore à la face et dans d'autres parties du corps, où la présence de cercles herpéticjiies pourrait très-bien s'expliquer par la facilité de la contagion : à la face, au dos de la main (qui est portée souvent à la face à cause des démangeaisons qu'y produit la maladie), et surtout au dos de la main droite, ce que M. Bazin explique par l'usage plus habituel de cette main. Non-seulement Véruption du début peut, pour lui, être erythémateuse, papuleuse, vésicuieuse, mais encore squameuse ou pustuleuse. Ces éruptions peuvent s'étendre d'une manière excentrique.
Les plaques de la teigne tonsurante présentent, dans une seconde période, une furfuration qu'il ne faut pas confondre avec des squames épidermiques, et qui est d'une blancheur caractéristique. Au niveau de la base des poils ou des cheveux, on constate en même temps une gah^e amiantacée, également d'un blanc mat. Ces productians ne seraient autre chose que le végétal parasite (le tricophyton) . — Enfin une troisième période serait caractérisée par une inflammation secondaire profonde provoquée par ce parasite et donnant lieu à des pustules, à des indurations tuberculeuses rendantla peau inégale, mamelonnée (sycosis, au menton) et parfois à quelques furoncles. Le pus sécrété serait, en pareils cas, parasiticide, ce qui expliquerait la guérison qui survient ensuite.
La multiphcité des affections cutanées considérées avant M. Bazin comme des maladies particulières (à tort ou à raison) et qu il englobe sous la dénomination de teigne tonsurante, fait que le diagnostic, de l'aveu même de cet auteur, présente souvent de grandes difticultés. Cependant les plaques circulaires légèrement saillantes, les poils brisés enveloppés de leur gaine blanche et entourés de flocons nacrés et d'écaillés grisâtres d'épiderme, sont bien des caractères pathognomoniques. Mais les érythèmes initiaux peuvent être confondus au cuir chevelu avec le pityriasis , ilierpès simple, V eczéma circonscrit, le psoriasis, la teigne faveuse scutiforme à son début ; et il est douteux que l'examen microscopique puisse facilement tirer d'em-
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barras. A la face, au Iroiic, aux membres, rien ne serait plus facile, selon M. Bazin, que de reconnaître la première période de la teigne tonsurante, et de distinguer ses anneaux de ceux du favus, qui sont bien pliis petits, et des éruptions du psoriasis ou du pityriasis, puisqu'elles nont pas la forme circulaire.
Mais les difficultés sont telles, lorsque les tonsures sont dénaturées et rendues méconnaissables par les croûtes impéligineuses qui les recouvrent, que le diagnostic devient souvent impossible. ({ A la face, dit M. Bazin, on est peut-être trop disposé à rattacher, dans tous les cas, les papulo-pustules à la présence du trichophyton; cette région est souvent aussi le siège de ïherpôs dartreux, de Vimpétigo scrofuleux ou de cause artificielle; c'est également le siège de prédilection des scrofulides malignes, inflammatoires, crustacées; enfin les syipUlides pustuleuses et tuberculeuses n'y sont pas rares. Le diagnostic différentiel devient surtout très-difficile quand les éruptions constitutionnelles et les éruptions parasitaires se compbquent mutuellement. »
Je n'ai rien à ajouter à ce passage de l'ouvrage de M. Bazin qui, en délinitive, signale comme signes d'une forte présomption en faveur du parasite : la présence, sur une partie du visage ou du cou, de débris de cercles en voie de disparition ; l'existence sur les joues de plaques indurées circulaires ; et l'herpès pellagreux ou lichénoïde sur le dos des mains ou des avant-bras.
On voit combien de doutes doivent s'élever dans l'esprit du praticien, en présence d'une affection cutanée semblable à la teigne tonsurante de M. Bazin, surtout sil on admet avec lui que la durée de la première période, pendant laquelle la constatation du parasite est si difficile, puisse se prolonger quinze, dix-huit mois et plus !