III. Teigne pelade
Ces expressions, employées au seizième siècle pour désigner une alopécie syphilitique, ont été reprises de nos jours par M. Bazin pour désigner une affection complexe caractérisée principalement par une alopécie spéciale, puisqu'd la considère comme produite par un cryptogame particulier, le microsporon Audouini. M. Robin pense que ce végétal microscopique n est autre que le microsporon furfur, ce qui démontre la difficulté de distinguer les uns des autres les végétaux de ee genre {F. p. 666).
Au début, il y a du prurit; les cheveux ou les poils ont un aspect terne et poudreux; les cheveux paraissent rougeâtres, quand ils ne sont pas décolorés. Plus tard, le prurit persiste, le cuir chevelu présente une hypertrophie remarquable bien décrite par M. Devergie, qui la compare à l'œdème, mais qui ne conserve pas d'empreinte à la pression du doigt. 11 existe en même temps une espèce de poussière grisâtre ou blanchâtre^ comme féculente, que M. Bazin considère comme \e parasite caractéristique de l'affection, et les poils de plus en plus altérés tombent e^t se reproduisent alternativement pour ne constituer qu'une sorte de duvet qui lui-même finit par disparaître, ainsi que la substance d'aspect féculent. La perte des cheveux est alors devenue irrémédiable. Tantôt elle donne lieu a des plaques ovalaires dénuées de cheveux ou à des tonsures en nombre variable, et tantôt elle dépouille des surfaces sinueuses ou Irès-irrégulières.
Quel que soit son siège, la teigne pelade ainsi décrite par M. Bazin aurait toujours les mêmes caractères; mais sa forme présenterait deux variétés : achromateuse et décalvante, — La première correspondrait à l'ancienne teigne achromateuse, au por-
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rigo decalvans de Bateman et au vitiligo du cuir chevelu et de la barbe, de M. Cazenave. C'est seulement dans cette variété que l'on observerait au début les altérations des cheveux rappelées f)lus haut. — La forme dite décalvante (ancienne teigne décalvante) aurait une marche beaucoup plus rapide, et h chute des poils aurait lieu avant toute altération appréciable de leurs caractères physiques, les surfaces dépouillées conservant la couleur normale de la peau.
Les affections qui peuvent être confondues avec la pelade sont, suivant M. Bazin : le vitiligo, les autres espèces de teignes, V alopécie des maladies graves et V alopécie sénile (qui se font néanmoins indifféremment dans toutes les parties du cuir chevelu), et Y alopécie de Y acné sébacée (reconnaissable à la coïncidence de l'enduit huileux de la tête) .
La teigne pelade, même lorsqu'elle est généralisée sur tout le corps, ne présente de gravité que relativement au système pileux. TEMPÉRATURE. — V. Calorification.
TÉNESME. — Le ténesme anal, qui consiste en un sentiment douloureux de constriction ou d'épreinte, de tension de l'anus, et en des envies continuelles d'aller à la selle, se rencontre comme signe important de la dyssenterie, dans le phlegmon iliaque, les hémorrhoïdes, avec les oxyures, les ulcérations du rectum, et dans toutes les irritations de l'anus et du rectum. — Le ténesme vésical résulte également de toutes les irritations de la prostate et de la vessie, surtout de celles qu'y détermine la présence du pus ou des calculs. Il est uni à ladysurie dans la colique néphrétique et quelquefois dans la colique saturnine.
TENIil. — V. Entozoaires.
TESTICULES. — Ces organes sont le siège de phénomènes ou de maladies qui se rattachent à des affections internes. Je les ai rappelés à propos de I'orchite, de la colique néphrétique (rétraction douloureuse du testicule), de la syphilis (sarcocèle syphilitique), de la tuberculisation {testicule tuberculeux), et enfin des empoisonnements par les septiques {atrophie testiculaire) . A l'arrêt des testicules dans leur migration {cryptorchidie) se rattache l'inaptitude à procréer, ainsi que l'a démontré M. Godard.
TÉTANIE. — F. Contractures, p. 222.
TÉTANOS. — l'^ Éléments du diagnostic. — Cette affection convulsive, connue dès la plus haute antiquité, est ciractérisée par des contractions toniques, prolongées, et très-douloureuses, d'un plus ou moins grand nombre de muscles du corps, et ordinairement sans trouble intellectuel concomitant. Le tétanos débute ordinairement d'une manière brusque, par une sensation de roideur dans le cou et au niveau des muscles des mâchoires; souvent il y a constriction épigastrique et tension le long de la colonne vertébrale; la déglutition devient difficile, bientôt la contraction involontaire envahit le tronc, puis les membres. Mais les symptômes présentent des différences assez notables suivant que le tétanos est général ou partiel.
Quand le tétanos est général, tous les mouvements des membres et la plupart de cejx du tronc sont suspendus; l'immobilité est complètfi et la roideur générale permettrait d'enlever le malade tout d'une pièce. Les mâchoires sont fortement rapprochées, les dents et les lèvres serrées, et parfois la langue, projetée hors des arcades dentaires peut être déchirée ou coupée par les dents ; rarement les muscles inspirateurs sont complètement convulsés et immobiles. Les muscles contractés le