‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 245 sur 245 · VOMISSEMENT · texte numérisé non relu

VOMISSEMENT

C'est principalement par les matières vomies que les vomissements diffèrent. Ce sont de simples mucosités filantes incolores, ou mélangées de bile et de matières saburrales; des aliments plus ou moins digérés, très-acides s'ils ont séjourné quelque temps dans l'eslomac, ou ayant Todeur modifiée des substances ou des liquides ingérés ; des matières fécales; des matières noires ou brunes qui peuvent être des aliments particuliers, du sang altéré et parfois un végétal parasite (sarcine) que le microscope fait facilement reconnaître ; enfin du sang pur, du pus en plus ou moins grande abondance suivant l'étendue du foyer qui le fournit, et parfois des lombrics, ou des hydatides provenant d'une tumeur de ce genre ouverte dans l'estomac.

2" Conditions organiques et signification. — Le voniissement peut se produire dans l'état de santé, à la vue d'un objet qui inspire un profond dégoût; mais c'est surtout comme symptôme de maladie réelle que se montre le vomissement.

Il y a d'abord à distinguer les faits dans lesquels il existe, en outre du vomissement, un ensemble de signes caractéristiques qui font que ce phénomène a une signification bien évidente : tels sont par exemple le cancer de l'œsophage, celui de Vestomac, Vœsophagite, ['indigestion, Vembarras gastrique, la gastrite, la péritonite, les hernies, ï hépatite, la splénite, la néphrite, la cijstite aiguë, une ascite considérable, la coqueluche, la grippe, ou simplement une toux opiniâtre, la fièvre bilieuse, la lièvre jaune, la peste, le choléra, les coliques saturnine, hépatique, néphrétique, l'intoxication par le sulfure de carbone, le mal de mer, certanies névralgies dorso-intercostales, la migraine, la méningite.

Mais les vomissements dont l'interprétation est le plus difficile sont ceux qui se montrent d'emblée sans signes concomitants ou du moins sans signes qui suffisent poiu^ éclairer immédiatement le diagnostic.

Certaines maladies intra-crâniennes se révèlent principalement par des vomissements dont on ne peut que par. voie d'exclusion soupçonner l'origine, comme l;i méningite chez les enfants, ou certaines tumeurs cérébrales. La dentition produit également des vomissements qu'on pourrait sans attention attribuer à toute autre cause. — Au début des maladies aiguës fébriles, principalement des fièvres éruptives dans l'enfance, les vomissements peuvent donner lieu à des méprises regrettables. Les vomituritions de matières glaireuses le matin sont quelquefois un des premiers signes du cancer stomacal. Le vomissement se montre encore comme signe principal au début de la grossesse ; dans la dyspepsie acide ; dans Vulcère simple de l'estomac, où il est caractérisé par la couleur brune, noire, où sanguinolente des matières vomies, de même que dans le cancer. Il révèle Vhématémèse dans les conditions variées où cette hémorrhagie se produit. Presque tous les empoisonnements s'accompagnent de vomissements qui en sont souvent le premier signe. II en est de même pour les occlusions intestinales, dans lesquelles les vomissements stercoraux mettent bientôt sur la voie du diagnostic. Des faits de méprise facile sont ceux de vomissements dus à des entozoaires intestinaux, à la glycosurie, à ['ostéomalacie, à l'emploi trop prolongé, à un moment donné, de Véledrisation localisée vm- suite (ie l'excitation trop grande de la sensibilité.

Le vomissement ou les vomituritions qui accompagnent une dysphagie habituelle dont le siège est plus profond que le pharynx doivent faire soupçonner une affection de l'œsophage. M. Middeldorpff a vu un polype implanté dans ce conduit près du la- ] ynx venir faire saillie dans la bouche à la suite d'un vomissement. Quand il y a obstruction et arrêt des aliments dans l'œsophage, ils sont rendus presque en nature.

VYOILiEZ, I). D.

930 VULVE, VDLVITE.

M. Racle les a vus former une masse comme argileuse qui était expulsée par le vomissement hors d'une poche accidentelle occupant le médiaslin ; cette poche communiquait avec l'œsophage par une perforation suite d'un ancien empoisonnement par l'acide sulfurique {Traité^de diagnostic, 2^ édit., 1859, p. 548).

Indépendamment de ces vomissements symptoniatiques, il en est qui, à eux seuls, constituent toute la maladie, et auxquels je dois une mention particulière.

Ces vomissements appelés nerveux, essentiels, sjjasmodiques^incoërcibleSj etqu'il ne faut pas confondre avec ceux qui accompagnent la dyspepsie acide (F. p. 299), surviennent tantôt d'une manière subite et tantôt après un sentiment de malaise plus ou moins prolongé à l'épigastre. Ils se montrent à jeun ou après les repas, jusqu'à vingt et quarante fois dans la journée. Ils sont généralement aqueux suivant les uns, ou composés d'aliments après les repas suivant d'autres, toujours suivis de soulagement momentané, et parfois d'un sentiment de faim. — Aux vomissements se joignent, parfois dans les intervalles, une douleur épigastrique de nature névralgique (Valleix), et des éructations. Dans les derniers jours, souvent après plusieurs semaines ou plusieurs mois, le pouls s'accélère; il survient de la chaleur, la langue est rouge, et sèche, l'haleine acide, et, au bout de quelques jours, apparaissent du délire et des accidents cérébraux qui sont suivis de mort. — Cette dernière pério'de manque dans les cas très-rares de guérison.

La cause la plus ordinaire de ces vomissements est la grossesse, soit naturelle, soit avec enclavement de V utérus dans la cavité pelvienne (F. p. 4-21). On les a constatés encore dans la convalescence du choléra, et je les ai observés aussi au déclin de la fièvre typhoïde, oii ils ont immédiatement cédé à l'usage du vin de quinquina. On a cru devoir les rapporter dans certains cas à l'influence d'un logement insalubre et d'une nourriture insuffisante.

C'est surtout dans les cas de grossesse que ces vomissements nerveux méritent la qualification d'iiîcoërcibles, car ils résistent ordinairement à tout traitement, à moins que l'on ne fasse cesser l'enclavement de l'utérus lorsqu'il existe, ou bien qu'il ne survienne ou que Von ne provoque Vavortement : question très-grave de pratique qui a été discutée à l'Académie de médecine. {Bîdletin de V Académie, Paris, 1851-1852 t. XYII.)

VOUSSURE. — F. Inspection.

VUE. — F. Amaurose, Hémérai.opie, Œil.

VULVE. — VULVÏTE. — Les maladies de la vulve sont faciles à constater. Ce sont : les différentes espèces de vulvite ; la diphthérie de la vulve ; sa gangrène qui affecte particulièrement les enfants aifaibhs; sa névralgie qui n'est qu'une variété de la névralgie lombo-abdominale ; le prurit considéré comme idiopathique ou symptomatique, ce dernier se montrant par suite de l'envahissement de la vulve par des oxyures (venant de l'anus) chez les petites filles, ou comme conséquences à' éruptions dont les plus ordinaires sont V eczéma et Vherpès. L'herpès donne lieu à des ulcérations pouvant être confondues avec des chancres syphilitiques, qui sont loin d'être rares au niveau de la vulve (F. Herpès).

La vulvite est simple ou folliculeuse.

La vulvite simple i^eui présenter chez la femme des symptômes identiques à ceux de la blennorrhagie, avec laquelle on l'a confondue (Valleix) . Mais c'est surtout chez les enfants qu'elle se présente comme affection distincte. On la reconnaît à une douleur d'intensité variable, augmentant par la miction ou par la marche, à la roU'

VULYE. — VULVITE. 931

geur, à la tuméfaction delà vulve, et à X écoulement d'abord limpide, puis épais et jaunâtre qu'elle fournit. Cette maladie, simplement locale, se développe de préférence chez les enfants affaiblis, lymphatiques, scrofuleux, et sous Finfluence de toutes ks excitations de la vulve. Elle est surtout aiguë et rapide dans les cas de violences; elle est chronique chez des enfants débilités qui l'entretiennent par des excitations continuelles. La distinction de l'origine, spontanée ou par violence, de la vulvite simple constitue un des problèmes diagnostiques les plus graves de la médecine légale. Mais m pareil cas, on ne peut se prononcer qu'en recherchant avec soin les circonstances dans lesquelles ont pu se développer les accidents observés. Les caractères extérieurs ne sauraient toujours fournir seuls de conclusion précise.

La vulvite folliculeuse se rencontre chez la femme adulte, et principalement, suivant M. Huguier, chez les femmes grosses, à cheveux noirs ou rouges, et plutôt en été qu'en hiver. Cette affection peut donner lieu à des erreurs de diagnostic très-fâcheuses, si l'on ne songe pas à elle, et si l'on n'a pas présentes à l'esprit les deux variétés qu'elle présente, suivant que les follicules muqueux ouïes MWmhs pileux £t sébacés sont atteints d'inflammation.

a. — M. Robert a appelé l'attention sur la première variété, qui atteint les follicules muqueux du pourtour de l'urètre et de l'entrée du vagin {Arch. de méd., 1841 , t. XI) . Il l'a vue survenir le plus souvent à la suite de la blennorrhagie, et parfois comme conséquence d'un accouchement laborieux ou d'un catarrhe utérin. Elle est caractérisée par un prurit avec élancements douloureux à la vulve, par la sortie du muco-pus des follicules sous la pression du doigt ou des valves du spéculum introduits dans le vagin, et par la sécrétion habituelle d'un écoulement muqueux ou puriforme peu abondant. Quelquefois on peut voir les orifices des follicules entourés d'une aréole rouge, isolée ou réunie à des aréoles voisines, et un stylet peut pénétrer dans leur intérieur aune profondeur de quelques millimètres. Il peut n'y avoir d'atteints que les deux grands follicules placés sur les côtés du vagin, dont on voit les orifices béants.

Cette folliculite muqueuse, qui a toujours une marche chronique et qui est rebelle au point de nécessiter la destruction des follicules, a été bien souvent confondue avec d'autres affections : avec la blennorrhagie urétrale, et avec une maladie vénérienne ou psorique.

b. — La seconde variété de folliculite, qui siège au niveau des follicules pileux et sébacés, a été décrite par M. Huguier (Mém. de VAcad. de méd., 1850), qui lui distingue trois périodes ou formes successives. — D'abord il y a prurit, m peu de tuméfaction et de rougeur, A\ec petites élevures d'un rouge plus vif, disséminées, nombreuses, rendant rugueuses les surfaces cutanées; il y a en même temps sécrétlon par les follicules sébacés ou les bulbes pilifères d'un fluide d'une odeur forte. — Dans la seconde période, les follicules deviennent pustuleux, suppurent, et, chez les femmes malpropres, la vulve a une odeur des plus fétides et un aspect repoussant, dà au mélange de poils agglutinés, de croûtes, de débris de l'épiderme, de papillesérigées, d'excoriations, et de matière purulente qui peut être assez abondante pour aller jusque sur les cuisses.- Enfin, dans la période de déclin ou de dessiccation, U muqueuse et la peau pâlissent, il n'y a qu'une simple démangeaison, les follicules s'affaissent et il se forme de petites croûtes.

Assez fréquemment cette folliculite coïncide avec la leucorrhée ou la blennorrhagie, et elle se complique souvent d'érythème, d'ec^/iî/ma et plus rarement d'œdeme,

932 ZONA.

d'herpès, d'érysipèle, d'abcès des nympties. On comprend dès lors toutes les difficultés de diagnostic que peut présenter cette affection dans certaines circonstances. Il faut une grande attention pour ne pas la prendre pour une maladie syphilitique. Cette dernière s'en distingue pourtant par l'existence concomitante d'autres lésions syphilitiques au niveau d'autres organes, par des ulcérations de la vulve plus profondes, ou par des tubercules plus étendus. Mais M. Huguier lui-même reconnaît qu'il est des cas où la difficulté du diagnostic est extrême.

Le pronostic de cette variété defoliiculite de la vulve est ordinairement favorable; seulement la seconde période peut se prolonger par défaut de soins ou de propreté,

YEUX. — F. Œil.

ZONA. — On a donné le nom d'herpès zona, herpès %oster, à une variété d'herpès constituée par des groupes d'éruption vésiculeuse séparés par des intervalles de peau saine, et disposés en demi-ceinture au niveau du tronc, principalement vers la base du thorax, au cou, a la face, et rarement aux membres seulement. L'éruption ne dépasse jamais une des moitiés du corps, et elle occupe plus souvent le côté droit que le côté gauche (comme 37 est à 16, suivant M. Rayer).

Cette affection, qui débute ordinairement par quelques phénomènes fébriles, mais qui peut aussi être complètement apyrétique, s'accompagne et le plus souvent e^t suivie de douleuî's névralgiques locales dont l'intensité et parfois la longue persistance ont été depuis longtemps signalées. C'est à tort que M. Vârroi (Union méd.y 1 856) a voulu faire de ces douleurs le point de départ du zona, qui ne serait dès lors qu'un simple épiphénoniène; car il suffit, pour combattre cette manière de voir, de faire remarquer que souvent les douleurs névralgiques font complètement défaut ou n'apparaissent qu'à la fm de l'affection cutanée; que les groupes d'éruption vésiculeuse ne se rapportent pas exactement au trajet des nerfs oii siège la névralgie; et enfin que l'on ne voit guère le zona survenir dans le cours des névralgies anciennes. On a indiqué le froide et même de simples émotions morales, comme des causes accidentelles de la maladie, sans que leur influence sur l'apparition du zona soit bien démontrée. Borsieri a signalé aussi les troubles digestifs (dyspepsie) comme origine de la maladie; mais cette cause n'est pas ordinaire. Elle mérite d'être rappelée.

On voit quelquefois les vésicules avoir un fond gangréneux, et même, suivant M. Auger, des escharres cutanées se former à la partie postérieure du tronc. .

Le zona est d'ailleurs une affection bénigne; mais par la ténacité des douleurs névralgiques consécutives, il est quelquefois extrêmement pénible.

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