‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 244 sur 245 · VÉSICULES. — VESSIE · texte numérisé non relu

VÉSICULES. — VESSIE

remarquer M. Trousseau, dans sa Clinique médicale de V Hôtel-Dieu, et alors il se présente comme un symptôme ou comme une maladie (névrose).

Comme symptôme, le vertige se rencontre dans une foule de conditions en apparence contradictoires, c'est-à-dire avec la congestion (active ou par stase sanguine) du cerveau, et avec son anémie. Le vertige n'est donc pas, comme on le croit souvent encore, un signe presque exclusif de congestion cérébrale et un signe avantcoureur û'hémorrhagie du cerveau. On le rencontre aussi non-seulement dans les affections cérébrales et méningiennes en général, et surtout dans la paralysie générale des aliénés (oij il affecte la torme épileptique),, mais de plus dans des maladies d'organes éloignés (vertige sympathique), surtout lorsque ce phénomène est prédominant ou en apparence isolé.

La détermination de l'origine du vertige symptomatique est un point capital du diagnostic, surtout lorsque ce phénomène est prédominant ou en apparence isolé. Il laut songer, en effet, qu'en dehors des affections cérébrales et des affections fébriles graves (fièvres typhoïdes), ce phénomène peut résulter des affections des organes centraux de la circulation avec stase sanguine vers la tête, des maladies des organes respiratoires avec dyspnée extrême, dans lesquelles le vertige semble indiquer une asphyxie commençante, des affections des organes digestifs^ et surtout de ia dyspepsie stomacale, d'une indigestion, d'un embarras gastrique (vertige stomacal). Les entowaires des voies digestives donnent également heu à des vertiges et à d'autres accidents nerveux (F. p. 554). Le vertige est encore produit par la constipation, par des empoisonnements (narcotiques, septiques), par certaines intoxications, par la goutte, par la maladie de Bright, par tous les genres d'anémie. Enfin il est, avec la syncope, un des premiers signes de la rage.

Le vertige nerveux considéré comme névrose doit être admis lorsqu'il se produit spontanément ou par des causes accidentelles, en dehors de celles que je viens de rappeler.

VÉSICULES. — VÉSIGULEUSES (Affections). — Les soulèvements peu étendus de Tépiderme par une sérosité ordinairement transparente, auxquels on ^ donné le nom de vésicules, se rencontrent comme signes d'un assez grand nombre d'affections cutanées. Ce sont : les différentes variétés d'nERPÈs, I'eczéma, la miliaire, la gale, Véruption scarlatineuse, exceptionnellement celle de la rougeole, la varicelle, certaines varioloïdes, la variole (au niveau du pharynx), et les syphi- LiDEs dites vésiculeuses.

En outre de ces affections, dans plusieurs desquelles les vésicules confïuen tes peuvent se convertir en bulles, je dois rappeler encore : les sudamina, qui sont un symptôme important de quelques affections, et notamment de la fièvre typhoïde; les vésicules sublinguales que l'on a cru constater dans la coqueluche et dans la rage, et -enfin l'éruption vésiculeuse qui peut accompagner beaucoup de piqûres d'aninjaux parasites ou venimeux. Comme complément de cet article, voyez le mot Bulles.

VESSIE. — La vessie est entièrement cachée derrière le pubis et dans la profondeur du bassin dans l'état sain, et ce n'est que lorsqu'elle est plus ou moins fortement distendue par l'urine qu'elle s'élève vers l'abdomen dans la région hypogastrique et même jusqu'au delà de l'ombilic, où elle constitue une sorte de globe qui est comme inséré par sa base dans la concavité pelvienne.

1° Maladies. — La vessie est atteinte d'HÉMORRHAciEs (F. p. 457, D), de cystite, .de CALCULS, de paralysie, de distension (F. Rétentions d'urine), de rupture. Mais

926 \IBRAT10.NS. — YISCÉRALGIES.

la vessie peut paraître affectée lorsque ce sont les reins et les voies urinaires qui eiî partent (calices, bassinets, uretères) qui sont réellement atteints et qui lui envoient du sang, du pus, des calculs.

2^ Symptômes. — Outre la douleur spontanée qui peut exister au niveau de la vessie, c'est surtout celle que provoque la miction, et les troubles qui caractérisent cette dernière, qui ont une valeur clinique (F. Miction). La sortie involontaire de l'urine par le vagin indique chez la femme une solution de continuilé ou fistule vésico- vaginale. Les qualités de I'urine sont une source importante de doiinées diagnostiques , et notamment lorsqu'elles contiennent des matières filantes (mucus) qui s'accumulent dans le fond du vase et qui indiciuent l'existence d'une cystite. L'émission goutte à goutte de l'urine est un signe de paralysie de la vessie.

U exploration de la vessie se fait à l'aide de différents moyens. — L'inspection constate quelquefois la saillie de la région inférieure et moyenne du ventre par le globe urinaire ayant acquis un grand volume. Mais cette saillie globuleuse ne peul être jugée à la simple vue comme appartenant nécessairement à la vessie ( V. Tir- MEURS). — La palpation sent que cette tuméfaction est uniforme, plus ou moins dure, plus on moins fluctuante; mais l'application de la main à l'hypogastre peut constater la saillie de la vessie distendue bien avant qu'elle ne forme un relief apparente — Le toucher ^div le rectum chezlliomme, et par le vagin chez la femme, donnent plus de probabilité au diagnostic en faisant sentir sous le doigt et antérieurement la saillie globuleuse et élastique de la vessie. — La percussion produit une matité à convexité supérieure et occupant exactement l'axe vertical de l'abdomen, ce qui, lorsque la tumeur est fluctuante, la distingue aisément de l'ascite, dont la matité a au contraire des limites à concavité supérieure. — Mais le moyen par excellence de constater si une tumeur hypogastrique est due à la distension de la vessie, c'est le cathétérisme vésical, qui, en donnant issue à l'urine, fait disparaître la tumeur, et qui, à la manière dont l'urine s'échappe de la sonde, permet de juger de la contractiUté de la vessie. Cette contractilité est intacte si le jet de l'urine est lancé en avant avec plus ou moins de force et d'une manière continue; elle est diminuée ou abolie, et par suite il y a paralysie complète ou incomplète, si le jet sort en bavant après le jet primitif, ou seulement par la pression exercée sur la région hypogastrique.

VIBRATIONS THORACIQUES. — F. Voix thoracique.

VIEILLESSE. — V. Ages.

VIPÈRE. — F. Venins.

VIRGIHITÉ. — F. Hymen.

VISGÉRALGÏES. — Les névralgies des viscères sont un des points les plus obscurs de la pathologie. Si, en se fondant sur des considérations anatomiques, on a démontré, comme l'a fait M. Jolly (Dict. de méd. et de chir. prat., article névralgie) que des douleurs nerveuses indépendantes de toute lésion pouvaient occuper les différents organes internes, une difficulté insurmontable n'en existe pas moins dans l'état actuel de la science; c'est celle de pouvoir distinguer, au lit du malade, les viscéralgies des autres affections douloureuses des organes.

Si l'on excepte la gastralgie et I'entêralgie, tout est obscurité dans le diagnostic des autres viscéralgies, et ce n'est que par des subtilités de raisonnement que l'on peut chercher à l'élablir. Si l'on y arrive par voie d'exclusion, il reste toujours du doute sur la légitimité du diagnostic porté, et des doutes d'autant plus sérieux que, dans la même région, les organes sont plus nombreux.

YiïlLIGO. — VOIX. 927

Ces réflexions s'appliquent à Yhépatalgie, à la néphralgie, à la cystalgie, à Vliystéralgie. Lorsque ces viscéralgies existent réellement, on ne peut que les soupçonner par voie d'exclusion, surtout lorsque les douleurs alternent avec d'autres névroses douloureuses bien caractérisées. Quant à affirmer que la viscéralgie est incontestable, cela me paraît impossible. Je n'insiste donc pas davantage sur ce sujet.

VITILIGO. — Le vitiligo, décoloration partielle de la peau dans des points ordinairement bien délimités où elle manque de pigment, peut être congénital ou accidentel. Les taches sont d'un blanc laiteux, irrégulières, en stries ou en plaques; elles ne sont accompagnées ni de chaleur ni de démangeaisons, elles siègent principalement au scrotum chez l'homme, mais aussi dans d'autres régions.

Dans la maladie d'Addison, il n'est pas rare de constater des îlots de vitiligo au milieu des surfaces bronzées, où le pigment semble s'être réfugié. Chez les nègres atteints de cette décoloration, elle contraste vivement avec la couleur noire de leur peau.

M. Bazin considère comme dû au parasite cryptogamique de la teigne pelade le vitiligo qui a son siège de prédilection au cuir chevelu, et qui est caractérisé par des surfaces décolorées de forme ovalaire ou circulaire, par l'altération des caractères physiques des cheveux, et surtout par une coloration beaucoup plus loncéo de la peau au pourtour des parties blanches, par suite d'hypersécrétion pigmentaire.

Quoi qu'il en soit, on ne devra pas confondre le vitihgo avec les surfaces blanches qui résultent de cicatrices avec destruction du derme. L'irrégularité du tissu cicatriciel, lorsqu'elle existe, suffit pour étabhr la distinction; mais il n'en est pas de même quand ces inégalités manquent. C'est ce qui explique comment J. Franck a décrit comme vitiligo des hydropiques ou des femmes grosses les cicatrices en lignes blanches qui résultent de la distension exagérée des parois abdominales.

VOIX, VOIX THORACIQIJE. — Les modifications de la voix sont fréquentes dans les maladies. Outre la diminution d'intensité ou l'abolition de la voix qui constituent I'aphonie, il en est qui, sans avoir la même importance, sont utiles à rappeler. Tels sont les changements de timbre et de tonalité que subit la voix dans les affections suivantes. Elle est altérée dans la pharyngite tonsillaire, comme si le malade avait dans la gorge un corps volumineux, et parfois elle est en même temps nasonnée; elle est modifiée dans son timbre, sa tonalité et sa puissance, suivant M. N. Guéneau de Mussy, dans la pharyngite granuleuse; elle est grave dans le coryza; aiguë et parfois même un peu chevrotante dans la pleurésie avec épanchement ; elle est nasonnée dans la paralysie du voile du palais, et avec les calculs de cet organe; entrecoupée et expirée avec peine dans la paralijsie du diaphragme. Ces particularités montrent l'intérêt qu'il y aurait à étudier plus complètement qu'on ne l'a fait jusqu'ici les modifications du timbre et de la tonalité de la voix articulée dans les maladies.

Ldi voix thoracique est celle qui résonne dans les cavités aériennes sous-glottiques, dont les vibrations y produisent des phénomènes pathologiques utiles au diagnostic et qui sont perçus par l'auscultation et la palpation. Les premiers de ces phénomènes sont la bronchophonie, la pectoriloquie, Yégophonie, et le bourdonnement amphorique de la voix. Les phénomènes constatés par la palpation sont les modifications que subissent les vibrations des parois thoraciques pendant l'exercice de la parole.

La bronchophonie, qui résulte de la condensation du tissu pulmonaire par infiltration, compression ou induration, est presque toujours un signe complémentaire

928 VOLVULUS. — VOMISSEMENT.

de la respiration bronchique ou soufflante. Tantôt il semble que la voix du malade, devenue bourdonnante et diffuse, se passe dans le voisinage de l'oreille de l'explorateur, comme dans la congestion pulmonaire, la compression des poumons par dés tumeurs, etc.; tantôt elle a uu timbre moins moelleux, comme métallique (pneumonie), et il n'est pas rare, dans ce dernier cas, de voir coïncider avec la bronchophonie un souffle articulé, à chaque mot prononcé, et semblable au souffle de la respiration. Ce phénomène de la voix, qui est bronchique et soufflante à la Ibis, n'a pas suffisamment fixé l'attention des observateurs : je l'ai plusieurs fois constaté dans la pneumonie et dans la pleurésie avec épanchement.

La pectoriloqiiie, signalée par Laennec comme signe de cavernes pulmonaires, semble se passer, en effet, dans des cavités plus vastes que la bronchophonie, et c'est à tort que M. Skoda n'a pas tenu compte de celte distinction sous le prétexte que la bronchophonie et la pectoriloquie sont réunies par des nuances intermédiaires insaisissables (V. p. 174). La pectoriloquie n'est pas constante dans les cas de cavernes.

Végopho7îie,i^^v son caractère chevrotant est caractéristique, et, quoi qu'on en ait dit, un très-bon signe à' épanchement pleurétique. Ses caractères, joints à ceux de la bronchophonie, sont dénommés broncho-égophonie.

Quant au bourdonnement amphorique de la voix, qui se constate quelquefois dans le pneumo-thorax et dans les vastes cavernes tuberculeuses, il a des caractères qui sont toujours faciles à reconnaître, comme se passant dans une vaste cavité.

Non-seulement la voix du malade produit ces phénomènes d'auscultation, mais encore celle de l'observateur lui-même lorsqu'il ausculte et parle en même temps : c'est Vautophonie, décrite comme un nouveau mode d'auscultation par Hourniann {Revue médicale, 1839), et dont le principe avait été signalé auparavant par M. Bricheteau et M. Taupin. Mais l'expérience a démontré que ce mode d'auscultation avait une utilité très-restreinte.

Quant à la constatation des vibrations thoraciques par la palpation,ou plutôt par l'application de la main, pendant que le malade parle, elle a été bien étudiée par M. Monneret {Revue méd.-chirurg . ,iS^i:S). Ces vibrations sont augmentées dans la pneumonie, dans la congestion et l'œdème pulmonaires, dans les tubercules crus (réunis ou disséminés), et dans les pleurésies avec adhérences et sans épanchement. Elles sont diminuées au contraire dans V épanchement pleural, \e pneumo-thorax, V emphysème, et les excavations pulmonaires. (?)

VOLVULUSi — F. Occlusions intestiisales.

VOMISSEMENT. — L'expulsion par la bouche des matières diverses cotitenues dansFœsophage ou dans l'estomac constitue le vomissement ou les vomituritions.

1^ Caractères. — Le vomissement est précédé souvent de nausées, de dégoût, de gêne à l'épigastre, de malaise indéfinissable, puis surviennent les contractions musculaires plus ou moins violentes de l'abdomen qui expulsent le contenu de l'estomac. D'autres fois l'expulsion a lieu sans efforts, avec ou sans prodromes, et peut constituer de simples vomituritions. — Le vomissement peut être facile ou difficile, et dans ce dernier cas, les efforts étant multipliés et le résultat se faisant attendre, il en résulte une anxiété très-pénible, parfois des syncopes, et même des convulsions. — Le retour des vomissements est plus ou moins répété, et sa fréquence très- variable. Ils se montrent accidentellement ou bien d'une manière suivie, tantôt assez régulièrement tous les matins, tantôt immédiatement après les repas ou plusieurs heures après l'ingestion des aliments.

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