AVANT-PROPOS
Il y a en médecine deux divisions fondamentales qui, pour avoir entre elles des connexions innombrables, n'en doivent pas moins être distitiguées : c'est la science et la pratique.
La science, comprenant l'ensemble théorique des principes, des règles générales, ou des lois, déduites de l'observation;
La pratique, qui est simplement l'application, au malade lui-même, des connaissances théoriques acquises dans les hvres, les cours, les amphithéâtres, et auxquelles s'ajoutent plus tard celles que fournit l'expérience clinique.
L'élève qui aborde les malades pour la première fois doit donc posséder une somme de connaissances scientifiques ou théoriques suffisantes, s'il veut tirer un parti fructueux de ses nouvelles études cliniques. Agir autrement, en effet, c'est vouloir semer sur un terrain inculte. C'est se faire de prime abord, des choses que l'on a sous les yeux, des idées souvent fausses, et que le jugement, sans être assez éclairé, est incapable de rectifier.
Muni d'un bagage scientifique suffisant, le jeune médecin a de plus besoin
vin AVAJST-PROPOS.
auprès des malades, à défaut d'expérience acquise^ de la direction du professeur de clinique ou du chef de service auprès desquels il fait ses premières études.
Mais dès qu'il est livré à lui-même et qu'il se trouve privé de cet appui, soit à l'hôpital, soit surtout à ses débuts dans la chentèle, il éprouve une hésitation, une perplexité, qui lui font douter de son savoir, et qui diminuent en lui la confiance que devraient lui donner des études scholastiques bien faites.
Ce découragement, cette espèce de déception, qui résultent des difficultés de la pratique, et que tous, tant que nous sommes, nous avons éprouvés au début de notre carrière, vient de ce que, la direction du maître faisant défaut, on trouve très-difficilement dans les livres la solution des problèmes cUniques que l'on a sous les yeux.
Cette insuffisance des livres classiques tient à deux causes : d'abord le diagnostic se borne, dans les traités de pathologie, au diagnostic différentiel, le reste de la pathologie descriptive étant considéré à part; ensuite, la forme scholastique des descriptions pathologiques, excellente en ellemême pour faire connaître une maladie, et qui sera toujours, utile et profitable à ce point de vue, devient un embarras pour la solution des problèmes cliniques ; car il faut soupçonner ou avoir déjà le mot de l'émgme pour profiter des ressources de la bibUothèque, et c'est précisément ce mot qu'il s'agit de trouver avant tout.
La médecine pratique, telle qu'elle s'offre chez les malades, échappe k toutes les distinctions, à toutes les divisions méthodiques.
Aux éléments du diagnostic (base essentielle de la thérapeutique) se rattachent, en effet, toutes les notions relatives à la maladie. Ces éléments comprennent d'abord les symptômes ou signes actuels; les antécédents se rapportant à l'évolution des symptômes, aux données étiologiques, et quelquefois au résultat du traitement déjà suivi. C'est, chemin faisant, avec ces notions successivement acquises auprès du malade, que l'on établit le