‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 33 sur 245 · BLENNORRHAGIE · texte numérisé non relu

BLENNORRHAGIE

simple et peu grave, comme anlécédent capable d'expliquer ces pliéiiomèiies B. BLENNORRHAGIE AIGUË CHEZ LA FEMME. — Quoiquc la blciinorrhagie chez la femme occupe des parties accessibles à l'exploralion, le plus souvent le vagin, et moins fréquemment la vulve, l'utérus et l'urètre, il est plus difficile chez la femme que chez l'homme, de distinguer, aux signes actuels, qu'il s'agit d'une véritable blennorrhagie.

1^ Éléments du diagnostic. — Les symptômes les plus ordinaires de la blennorrhagie, chez la femme, sont la douleur et surtout l'écoulement. La doideiir, qui est légère, se montre parfois seulement pendant la miction; V écoulement est d'abord clair, puis épais, opalin, opaque, etc., comme chez l'homme, et devient, dans certains cas, très-abondant. On constate par l'exploration, d'abord de larges taches, comme empesées, à la partie postérieure de la chemise de la malade; puis en écartant les lèvres de la vulve, on voit la matière de V écoulement à l'orifice du vagin. La vulve Qsirox^^Q, tumétiée; le toucher et surtout l'application du spéculum sont très-douloureux et parfois même impossibles. L'introduction du spéculum montre, suivant M. Ricord, la muqueuse du vagin et du col de la matrice couverte

papules ou de follicules développés, constituant une vaginite ou utéro-vaginite pa puleuse, une psorélytrie : tantôt sous forme de petites taches de la grosseur d'une tête d'épingle, plus ou moins nombreuses, tantôt sous forme de granulations privées en quelque sorte d'épithélium, et ressemblant à des bourgeons charnus, tantôt enfin pouvant passer à l'état de véritables végétations. Quelquefois les mêmes parties offrent des plaques, de grandeur variable, semblables à des surfaces de vésicatoire en pleine suppuration, d'autres fois une éruption dlierpès phlycténoïde, des ulcérations (Journ. desConn. méd. chir.\ 1835). Des ulcérations non syphilitiques peuvent exister aussi au niveau de la fosse naviculaire de la vulve.

2° Inductions diagyiostiques . — L'écoulement blennorrhagique et les sensations douloureuses qui coïncident avec lui, ne laissent aucun doute sur l'existence de la maladie, lorsque l'examen des parties génitales y fait découvrir les signes inflammatoires qui caractérisent la vaginite, et qui ont été rappelés plus haut. Mais le point essentiel, comme chez l'homme, est de remonter à la cause virulente ou non virulente de la blennorrhagie ; or, chez la femme, la difficulté d'établir ce point de diagnostic est plus grande encore. Toutes les excitations prononcées du vagin peuvent, en effet, produire une vaginite non virulente. C'est ainsi qu'agissent la masturbation, les excès de coït, les premières approches conjugales, le viol, l'introduction dans le vagin d'un pénis trop volumineux ou de corps étrangers, certains pessaires, des dartres des parties génitales, etc. La seconde dentition et les oxyures, chez les petites filles, ont été considérés aussi comme des causes de vaginite. M. Deville a signalé également, comme assez fréquente dans la grossesse, une vaginite granuleuse particulière; et enfin M. Gormach a observé la vaginite simple comme complication fréquente dans le cours d'une épidémie scarlatineuse. Il serait d'autant plus important de bien établir si l'une de ces causes doit être considérée comme l'origine de la maladie, que l'on est forcé d'admettre que la blennorrhagie virulente et non virulente peuvent affecter exactement les mêmes formes chez la femme. La vaginite véritablement virulente ne suit pas ordinairement, comme chez l'homme, une marche Irès-aiguë à son début ; les symptômes en sont au contraire peu intenses dans presque tous les cas : nouveau motif de difficultés pour distinguer l'écoulement

BLENISORRHAGiE.

blennorrhagique des autres écoulements vaginaux. La coïncidence de vérilables chancres contractés par la femme et communiqués par elle à un autre homme, est le seul élément valable de diagnostic, ainsi que la concomitance d'autres accidents vénériens bien manifestes. ^

En dehors de ces conditions, l'on ne peut arriver qu a des probabilités, puisque l'on admet, par exemple, qu'un homme peut contracter une urélrite d'une femme atteinte de simple leucorrhée. C'est surtout lorsque, un écoulement vaginal non vénérien existant déjà, une véritable blennorrhagie est contractée par la femme, que le diagnostic est difficile. On a bien dit que, dans ce cas, il y avait suspension de Fécoulement au début de la blennorrhagie, puis changement d'aspect de la matière qui s'écoule de nouveau, mais ce sont des particularités difficiles à constater; et d'ailleurs il peut n'y avoir, lorsque se développe la blennorrhagie, qu'une légère aggravation des svmptômes déjà existants, fort insuffisante assurément pour éclairer , le praticien. Enfin la question se trouve encore compliquée par le mauvais vouloir de la femme, lorsqu'elle veut dissimuler, non-seulement la nature vénérienne de son affection, mais encore l'écoulement lui-même, soit en niant des antécédents suspects, soit en faisant disparaître la matière de l'écoulement par des injections et des lavages multipliés. Dans les faits de ce genre, si le doigt, introduit dans le vagin, puis retiré en comprimant de bas en haut en même temps, fait sortir du canal de l'urètre une gouttelette de matière puriforme, on peut se prononcer pour l'existence de la blennorrhagie, lorsque l'écoulement a été jusque-là douteux ou dissimule. Cependant il y aura du doute sur l'existence de la blennorrhagie, même dans cette circonstance, pour ceux qui, avec M. Melchior Robert, nient la blennorrhagie uretrale chez la femme, en n'y voyant qu'une simple folliculile (V. Vulvite).

Admettons que, malgré ces difficultés, la blennorrhagie soit reconnue comme cela arrive dans les circonstances les plus favorables, il faut compléter le diagnostic en constatant son siège, sa forme, ses complications. Je dois faire observer que les différentes formes de l'affection résultent précisément du siège occupe par la maladie locale, et qu'elles peuvent toutes exister, soit isolément, soit simultanément.

La forme la plus fréquente est la blennorrhagie vaginale, pour laquelle il importe d'avoir recours au toucher et au spéculum; car quelquefois, ce n est que la partie la plus profonde du vagin qui est affectée. C'est dans cette forme de blennorrhagie que l'abondance de l'écoulement est surtout remarquable, et que la matière, devenue puriforme, peut avoir une odeur forte et nauséabonde. — Lorsque la blennorrhagie affecte la vulve [vulvite), les grandes lèvres sont tuméfiées et fréquemment le siège d'érosions, la douleur est intense, accompagnée de cuissons parfois très-vives au moment du passage de l'urine sur les parties enflammées; la miction elle-même s'accompagnant de douleur intense dans le canal de l'uretre, qm le plus souvent est lui-même enflammé. — Ce n'est que dans des cas rares que 1 uretrite caractérise seule la blennorrhagie chez la femme; la rougeur et la tuméfaction du méat, la douleur vive en urinant et le suintement d'un peu de matière puriforme par la pression dans le vagin, comme je l'ai dit, en sont les signes particuliers. — Enfin la blennorrhagie utérine, qui a dû échapper à l'observation tant qu'on n a pas fait usage du spéculum, se fait remarquer par le peu de douleur qu'elle occasionne, et par le siège au col de l'utérus des signes précédemment indiqués.

Les complications sont en général moins graves et moins fréquentes que chez

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