‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 35 sur 245 · BOUCHE · texte numérisé non relu

BOUCHE

ou non à un état général plus ou moins grave de l'économie. Elles comprennent : la STOMATORRHAGiE, OU liémorrliagie buccale; les différentes espèces de stomatite (simple ou érytliémateuse, mercurielle, pseudo-membraneuse, apbtheuse, ulcéreuse, gangreneuse); la glossite ; le muguet. 11 faut y joindre le travail de la denti- . TiON, lorsqu'il donne lieu à des accidents pathologiques, et le flux salivaire qui constitue la salivation ou sialorrhée.

2« Ces affections diverses, comme lésions locales ou comme manifestations de maladies éloignées ou générales, donnent lieu à des symptômes ou signes variés, dans la recherche desquels il ne faut pas perdre de vue les fonctions de la bouche, que j'ai rappelées plus haut,

La douleur, qui est souvent le premier indice de l'affection buccale que le malade accuse, peut être spontanée; mais aussi elle peut être provoquée ou augmentée par le passage de l'air dans la cavité buccale, ou bien par la mastication ou encore par l'articulation des mots, sans que l'on puisse toujours considérer ces variétés de la douleur provoquée comme des signes répondant à des lésions buccales particulières. L'haleine est fétide avec la plupart des lésions buccales. Les malades sentent des saveurs particulières dans certaines affections et dans les empoisonnements (F. Gout). 11 semblerait d'abord que la respiration ne puisse pas éprouver de trouble prononcé par suite de lésions intra-buccales ; mais il n'en est pas ainsi, car la base de la langue est parfois assez tuméfiée pour produire une suffocation véritable, et même Vasphyxie. La mastication peut être difficile dans un gi and nombre d'affections de la bouche, mais il faut se rappeler que la cause de la difficulté peut résider dans les muscles masticateurs, principalement dans les masséters et les temporaux, ou bien dans l'articulation temporo-maxillaire. Ordinairement il existe alors, au niveau de ces derniers organes, une douleur qui met sur la voie du véritable siège anatomique des accidents. Quant à la difficulté de la phonation que peuvent déterminer les affections localisées dans la bouche, elle a des causes bien diverses, soit au niveau de la langue elle-même, soit dans d'autres parties de la bouche (F. Prononciation). La sécheresse de la bouche a une certaine valeur comme signe de dyspepsie (Ghomel), et surtout de polyurie. La sécrétion plus ou moins abondante d'une salive filante, s'écoulant hors de la bouche, est liée quelquefois à une , lésion buccale, mais elle peut dépendre aussi de diverses paralysies, avec intégrité de l'intérieur de la bouche, qui seulement reste béante. Lorsque l'excrétion salivaire est provoquée par une lésion locale, il est rare qu'elle ne soit pas volontairement retardée, et que le liquide salivaire ne soit pas mélangé ou de stries sanglantes, ou de pus, ou de fausses membranes, ou de détritus organiques divers. Parfois il s'écoule du sang presque pur.

5° Quoi qu'il en soit, Y exploration de la cavité buccale et des excrétions dont je viens de parler constitue la source la plus précieuse du diagnostic des alfections qui y siègent. On peut, en effet, voir toutes les parties de celte cavité, en constater les lésions à la partie interne des lèvres et des joues, au niveau des gencives, du palais, de la langue, et y constater les plus simples changements d'aspect, de couleur, de volume. Mais, par suite de la tuméfaction douloureuse des parties malades, cette nspection n'est pas toujours aussi facile que sur Lhomme sain. Si, en écartant avec précaution les lèvres ou les joues des arcades dentaires à l'aide d'un manche de cuiller, il est aisé de constater l'état de la muqueuse gingivale, et de celle des joues

BOURDONNEMENTS. BOUTON d'aLEP. 127

OU des lèvres, il est parfois impossible de faire suffisamment écarter les arcades dentaires Tune de l'autre pour faire l'inspection des parties centrales. En pareil cas, le moyen qui m'a paru le plus simple et le pins doux, pour augmenter l'écartement des mâchoires, est l'emploi d'un bouchon évidé en coin et que l'on glisse entre les dents. Le manche de cuiller permet ensuite d'abaisser, de relever ou d'écarter la langue dans tous les sens pour une exploration suffisante. On a imaginé plusieurs instruments ou spéculums^ qui ont aussi pour but de maintenir les mâchoires écartées; ceux de Levret, de Caqué (de Reims), et de Perret sont les plus connus; mais il me suffit de les indiquer, leur usage n'ayant pas été admis dans la pratique. L'inspection n'a pas seulement une grande valeur pour le diagnostic des affections locales, mais encore pour certaines maladies générales, en tête desquelles il faut placer les fièvres éniptives, dont l'éruption se manifeste quelquefois à la voûte palatine et sur le voile du palais, avant de paraître à la peau, comme on le constate pour les éruptions varioleuses. — Ldi palpation, c'est-à-dire l'introduction du doigt dans la cavité buccale est, au besoin, un auxiliaire utile de l'inspection. — Enfin les liquides ou les exsudats fournis par la bouche peuvent être examinés au microscope, qui, dans quelques circonstances, tranche seul la question diagnostique, dans les cas douteux de muguet, par exemple.

BOUFFÉES DE GHALEUH. — V. Congestions.

BOULIMIE. — F. Faim.

BOURDONNEMENTS. — On a donné le nom de bourdonnements à des bruits anomaux d'auscultation bien différents, perçus tantôt par le malade lui-même, et tantôt par le médecin.

Dans le cas de bourdonnements perçus par le malade, ils constituent des bruits parfois très-incommodes pour l'individu qui les éprouve, et qui sont dus à une afi'ection localisée dans les organes auditifs, ou bien à une maladie dans laquelle les bourdonnements semblent être l'effet d'une congestion vers la tête. On les constate dans la plupart des affections cérébrales, dans les fièvres graves, et principalement au début de la fièvre typhoïde de nos contrées, dans la pléthore, dans les anémies avec ou sans intoxication, dans les accès non convulsifs d'hystérie, dans la goutte, etc. Les bourdonnements peuvent alterner avec des sifflements ou des tintements d'oreilles.

L'auscultation fait percevoir, chez les individus à voix très-grave, un bourdonnement thoracique pendant l'exercice de la parole. Mais, en outre de ce phénomène physiologique, il existe certains bourdonnements considérés comme des signes morbides plus ou moins importants. Tel est le bruit dénommé bourdonnement amphorique, pour exprimer le bruit confus que produit, au niveau du côté malade, la voix de certains malades atteints de pneumo-thorax ; tel est encore le bourdonnement considéré par M. Collongues comme un des principaux signes de sa dynamoscopiE (F. ce mot; Amphoriques [Phénomènes] et A^oix inonAciQUE).

BOUTON D'ALEP. — Cette affection, qui ne se développe qu'en Syrie, soit chez les indigènes, soit chez les étrangers qui ont résidé quelque temps dans le pays,^ n'atteint qu'une fois le même individu. C'est une lésion chronique de la peau, débutant par une txibérosité cutanée plus ou moins volumineuse, qui se développe pendant plusieurs mois. Dès lors il y a des douleurs très-vives, suppuration, ulcération, croiVes humides et blanchâtres qui se renouvellent plusieurs fois

BRIGHT (maladie DE).

pendant plusieurs mois encore ; enfin la plaie, qui a de quelques millimèlres à 8 centimètres de diamètre, se dessèche, et il se forme une cicatrice mdelebde et parfois difforme Tantôt il n'y a qu'une seule plaie, tantôt plusieurs sont groupées les plus lar-es au centre - Cette maladie est sans gravité et d'un diagnostic facile par le fait^le l'évolution des accidents : d'abord tubérosité cutanée, douleurs très-vives, nuis ulcération qui se cicatrise lentement. Cet ensemble de caractères ne permet ms en effet de confondre le bouton d'Alep avec une autre affection cutanée, s'il est observé en Orient, où il est endémique, ou bien chez des individus provenant

de ces contrées. .

BRIGHT (Maladie de). — On doit considérer, a^ec M. Becquerel, la maladie de Bri-ht comme caractérisée par une lésion passagère ou permanente des reins, capable de déterminer le passage d'une notable quantité de l'albumme du sang dans les urines et de produire consécutivement des hydropisies. Les articles Albumine, Albuminurie, Anasarque, servent en quelque sorte d'introduction à celui-ci, et le complètent. Je ne ferai donc, dans cet exposé du diagnostic, qu'indiquer beaucoup de particularités qui se trouvent plus développées aux articles que je viens de rap-

^^^to Éléments du diagnostic. - La présence de l'albumine dans Furine est le si-ne principal, mais non un signe palhognomonique de la maladie de Bright, a moins qu'il ne s'y joigne l'anasarque ou la présence, dans l'urine, de l élément epithélial microscopique des tubuli des reins, ou des cylindres fibrineux d exsudation dont j'ai déjà parlé à propos de l'albuminurie (p. 30). En dehors de ces trois éléments du diagnostic, albuminurie, anasarque, produits microscopiques expulses des canalicules des reins, les autres signes de la maladie de Bright ue sont plus que des

signes accessoires. i •

Cependant ces signes secondaires ont ausi leur importance, lorsque plusieurs se trouvent réunis aux précédents. Tels sont, dans la forme aiguë, les phénomènes /fcbriles, la douleur rénale ou lombaire, soit spontanée, soit provoquée par la pression ou la percussion, et, en deliors de l'albuminurie, les signes fournis par 1 urme. Elle est rare ou peu abondante dans cette forme aiguë, elle est émise avec ou sans douleur d'abord rougeàtre, d'un brun foncé, ou jaunâtre, puis de cou eur naturelle, louciie trouble, mousseuse à l'insufflation, toujours acide, d'une odeur de bouillon de'boeufau bout de vingt-,,uatre heures, et elle montre au microscope eu re antres éléments, des globules sanguins avec les cylindres ou les gaines rappelés plus

''*Dans la forme chronique de la maladie de Bright, il ï a absence complète de fièvre très-rarement douleur lombaire; les urines sont ordinairement pales, d une densité moindre, anémiques, parfois louches ou troubles, d'une odeur lade, et plus mousseuses à riiisufflaliou que dans la forme aiguë. Pendant un temps plus ou moins long, l'albuminurie est assez souvent l'unique signe de la maladie; e I anasarque, qui est si fréquemment le premier élément du diagnostic qui attire I attention ne se montrerait, selon les observateurs qui regardent la présence de 1 albumine dans l'urine comme un signe pathognoraonique de la maladie de Bright, qu a une époque assez avancée; mais cette inlerprétaliou des faits n'est pas toujours juste, bnfin les troubles amaurotiqtœs de la vision et Yédampsie sont aussi «es signes indirects do la maladie dans cerlains cas.

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