ENDOCARDITE
(F. Paralysies). Eu définitive, il n'existe aucun nnoyen précis particulier qui permette de distinguer si, dans les maladies encéi)haliques (dont je retranche les affections des méninges), il y a ou non lésion matérielle. Cela est d'autant plus regrettable que la gravité de la maladie est tonte différente dans les deux cas. On n'a donc de ressources diagnostiques que dans l'ensemble de? i?ymptômes observés.
3" Quant au diagnostic de la localisation anatomique de la lésion encéphalique, lorsqu'il en existe, on a plusieurs fois tenté, d'après des faits trop peu nombreux, d'établir la correspondance du siège de certains signes dans tel ou tel organe, avec l'altération départies déterminées de l'encéphale. Mais les conclusions ainsi formulées ont été prématurées, et, pour la plupart, démenties par des faits ultérieurs contraires. Les seules lois générales qui paraissent acquises sur ce point sont bien peu nombreuses. L'hémiplégie annonce d'une manière à peu près constante que la lésion siège dans le côté opposé de l'encéphale. Le fait, presque absolu pour les hémisphères cérébraux, est moins constant pour le cervelet. — Mais comment distinguer, par les symptômes, les lésions du cervelet de celles du cerveau? On doit avouer que, dans beaucoup de cas, la chose est impossible, comme l'ont prouvé les recherches de M. Andral. Cependant on a voulu rattacher aux lésions cérébelleuses les troubles ylus profonds de la respiration et de la circulation (Morgagni), Y érection du pénis (Serres), h paralysie isolée du sentiment avec impulsion irrésistible de la marche en avant, le coma, Vamaurose; mais ces signes ne se rattachent qu'à des faits peu nombreux ou même uniques. Dans d'autres faits, le défaut de coordination des mouvements, les troubles fonctionnels du côté du pharynx^ comme j'en ai observé un exemple (Soc. des hôp. et Union méd., 1855), le retour rapide de la connaissance d'abord perdue, les vomissements plus ou moins répétés, la résolution des membres sans paralysie et l'intégrité de la sensibilité, constatés chez des vieillards par M. Hillairet (Soc. des hôp. eiArch. de méd.^ 1858, t. XI), pourraient plutôt faire soupçonner le siège de la lésion dans le cervelet. — Quant au mésocéphale, on a attribué à ses lésions : nue paralysie générale (Serres), une hémiplégie plus complète du mouvement que de la sensibilité, ou' des convulsions violentes (Ollivier), l'hémiplégie avec strabisme, gêne progressive de la mastication, de yarticulatio7î des sons et de la déglutition, saris lésion de la sensibilité (Godelier) . On voit combien la question des lésions de la protubérance cérébrale est compliquée. On a cependant constaté dans ces derniers temps un fait très-important, c'est que l'hémiplégie produite par les lésions de cette partie de l'encéphale était le plus souvent alterne, c'est-à-dire occupait directement la face du côté de la lésion, et les membres de l'autre côté du corps (Millard, Gubler). M. Gubler a fait à ce sujet de nombreuses recherches et groupé un grand nombre d'observations très-concluantes (Gaz. hebdom., 1856, i 858 et 1859). Cependant il ne faut pas oublier que des faits contradictoires d'hémiplégie non croisée ont été observés, ce qui démontre une fois de plus la difficulté de préciser la localisation des lésions encéphaliques pendant la vie. Je reviendrai à l'article tumetibs sur ce sujet des localisations anatomiques.
ENCÉPHALITE. — V. Ramollissement (cérébral).
ENGÉPHALOIDE. — F. Cancer.
ENDOCARDE. — V. Endocardite et Valvules du cœur.
ENDOCARDITE. — J'ai principalement à m'occuper i( i du diagnostic de
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l'endocarrlite aiguë. On a bien attribué à la forme cbroiiique de la maladie des lésions valvulaires du cœur; mais les faits dans lesquels l'inflammation n'a pas eu lieu au début de ces lésions ne diffèrent en rien, sous le rapport du diagnostic, de ceux où il y aurait eu d'abord endocardite. On n'est pas d'accord d'ailleurs sur le véritable rôle que joue l'inflammation dans cette dernière circonstance.
1° Éléments du diagnostic. — Lorsque, dans dos conditions que j'indiquerai plus loin, il se développe une endocardite, les signes locaux sont les suivants, selon M. Bouillaud, à qui Ton doit la première description de la maladie : rarement douleur à la régioîi précordiale; ébranlement visible de celte région, pai- sui'e de la violence de véritables p«//7Z/«izoJZS aiguës^ (pu se font sentir dans une grande étendue, parfois avec un frémissement vibratoire marqué; son mat assez étendu à la percussion ; à l'auscultation, bruit de souffle qui masque les deux bruits normaux du cœur ou l'un des deux seulement, et, quand les battements du cœur sont violents, tintement métallique isochrone au premier temps ; battements irréguliers, inégaux, intermittents.
En même temps î^espiration gênée, fréquente; oppression; lièvre ordinairement violente, pouls plein vers le début; rarement des convulsions, de l'assoupissement, du délire, comme on en voit dans les affections fébriles de quelque intensité.
2° Inductions diagnostiques. — Aucun de ces signes isolé n'est l'indice positif d'ime péricardite. La violence des palpitations, la matité précordiale, que M. Bouillaud attribue à la turgescence du cœur par fluxion inflanimatoire (?), les souffles du cœur, les irrégularités et la Iréquence de ses battements, ainsi que le tintement métallique qui résulte de la violence de ces derniers, n'ont rien de spécial en euxmêmes, pas plus que les autres symptômes fonclionnels. Cependant si l'on trouve réunis un assez grand nombre de ces signes, et que les symptômes locaux indiqués apparaissent rapidement avec la fièvre ou avec une recrudescence fébrile dans le cours d'une maladie aiguë, il y aura de grandes probabilités pour l'existence d'une endocardite aiguë.
Très-rarement Tendocardite fébrile est primitive. C'est principalement dans le cours du rhumatisme articulaire aigu, puis de Va 'pneumonie, que l'on voit apparaître l'endocai'dite ; plus rarement elle se développe dans les fièvres éruptives, dans la phlébite, avec la gangrène, la néphrite, un ahcès de V abdomen, une phthisie tuberculeuse. Ces conditions de l'invasion, les premières principalement, seront utiles au diagnostic; mais il faudra se garder d'attribuer à l'endocardite le souffle anémique constaté souvent à la base du cœur des rhumatisants.
L'endocardile pourrait être confondue avec la péricardite ou avec la formation de concréLions fibriiieuscs dans les cavités cardiarpies, concrétions qui se montrent dans les mêmes conditions (pic l'inflamniation dereiidocarde ou même avec elle. — Ce n'est pas lorsque la péricardite est accompagnée d'un épancliement considéi-able, comme l'a fait remarquer M. Bouillaud, que l'on peut la confondre avec l'endocardite pure et simple, attendu que, dans la péricardite, les battements du cœur sont obscurs, éloignés, difliciles ou impossibles à sentir à la palpalion, ce (jui est ro])posé de ce cpi'on observe dans l'endocardite. Mais lorsque la péricardite ne détermine (pi'une sim[)le exsudation pseudo-membraneuse, il est réellement assez difficile de la distinguer de l'endocardite, d'autant plus qu'elle s'accompagne alors d'un bruit de frottement pé-
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ricardique qui ressemble quelquefois beaucoup au bruit de frottement qui s'observe dans l'endocardite valvulaire (Bouillaud). Je ne sais si l'on a vérifié la distinction que M. Bouillaud a établie, d'après Irois cas, entre ces deux derniers signes, dont l'un, le bruit de frottement endocnrdiqiie, ne cesserait pas d'être perçu dans les positions diverses du malade, et dont l'autre, le frottement péricardique, constaté dans le décnbi(us, serait nulle malade assis, sans doute par suite de Técartement des feuillets (le la séreuse par du liquide déplacé. J'ajouterai que, dans la péricardile, la douleur locale, et, s'il y a épancbement, la mutité pyriforme étendue et à base inférieure, et la voussure précordiale croissant ou clifninuant avec Vépanchement, ne permettront pas de méconnaître la péricardite; mais s'il y a coïncidence des deux maladies, ce qui arrive fréquemment, l'existence de l'endocardite ne pourra être précisée. — Les concrétions fibrineuses volumineuses qui se forment fréquemment dans le cœur avec l'endocarde enflammé, sans être constantes, impriment à l'endocardite une pbysionomie particulière, en faisant apparaître des symptômes que les différents auteurs, Hope excepté, ont eu le tort de ne pas isoler de ceux de l'endocardite aiguë simple. Le pouls est alors petit, misérable, irrégulier et intermittent, en (lispro[)orlion surtout avec la violence et le tumulte des battements du cœur; en même temps on voit survenir la pâleur du visage ; parfois, au contraire, la face est cyanosée, bouffie, il y a de l'œdème aux extrémités, et en même temps il peut survenir une déchirante oppression, une insomnie complète, une anxiété, une jactitation perpétuelles, une sueur froide : en un mot tous les signes d'une gêne considérable du sang aux orifices du cœur, gêne qui dépend plutôt de la coagulation du sang que de l'endocardite elle-même.
Les palpitations nerveuses, survenant chez un sujet atteint d'une maladie fébrile, peuvent, suivant Valleix, en imposer pour une endocardite, et le diagnostic peut présenter de grandes difficultés, quoique l'existence antérieure de palpitations résultant d'une anémie, d'une chlorose, etc., puissent venir en aide au praticien. — Lliypertropliie du cœur, dans les mêmes conditions de maladie fébrile concomitante, pourrait aussi en imposer; mais les antécédents ici encore pourraient lever les doutes.
On a cherché à déterminer le siège de l'endocardite aiguë dans telle cavité ou au niveau de tel orifice du cœur. M. Simonet (Thèse, 1824) a indiqué comme signe particulier de l'endocardite de l'orifice auriculo-aortique la sensation d'un frottement comme si l'artère donnait passage à des globules résistants plutôt qu'à un liquide. Mais la seule donnée précise qu'on ait obtenue, c'est que ce sont presque toujours les cavités gauches qui sont affectées.
3° Pronostic, — L'endocardite aiguë est grave, tant parce que cette affection constitue ordinairement une complication qui peut déterminer une issue fatale de la maladie préexistante, qu'en raison des lésions chroniques valvulaires qu'elle entraîne après elle.
ENFANCE. — V. Ages.
ENGOUEMENT. — Ce mot est appliqué principalement aux poumons et aux intestins. Il exprime, dans le premier cas, un état de congestion inflammatoire encore mal défini, et, au niveau de l'intestin, une obstruction par des matières fécales accumulées pouvant donner lieu à des tumeurs ou bien à une occlusion intes-
TIKALE. •
550 ENGOUUDISSEMENT. EMÉP.ALGIE.
ENGOURDISSEMENT. — Le seiilimeiU, de pesanteur et d'obtusion de la sensibilité qui caractérise l'engourdissement tient à une interruption momentanée ou durable de l'influx nerveux dans un ou plusieius membres, où il y a souvent en même temps des picotements ou des fourmillenïents. Tantôt l'engourdissement résulte simplement de la compression accidentelle d'un tronc nerveux par suite d'une position vicieuse pendant le sommeil ; il est alors passager et de nulle importance, comme lorsqu'il dépend d'un simple état nerveux général. Tantôt il est pins persistant, et alors c'est un signe de névrose, de névralgie, ou le premier indice d'une paralysie graduelle, soit avec lésion organique, soit idiopathique. L'engourdissement est général dans certaines pléthores avancées; il a alors pour caractère particulier de céder rapidement à une évacuation sanguine.
ENROUEMENT. — V. Aphonie.
ENTÉRALGIE. — Toutes les affections dont la douleur est le principal symptôme et qui siègent clans l'abdomen, sont fréquemment d'un diagnostic obscur. Aussi l'entéralgie a-t-elle été bien souvent confondue avec d'autres affections douloureuses et par conséquent décrite avec peu de précision. Elle est le plus souvent liée à la GASTRALGIE ct rccounaît les mêmes causes.
L'entéralgie est caractérisée essentiellement par une douleur siégeant principalement au pourtour de l'ombilic, d'où elle peut s'irradier dans le resie de l'abdomen; cette douleur est d'ime intensité très-variable, parfois violente au point d'arracber des cris au malade et de lui faire prendre des positions bizarres, tantôt calmée, tantôt augmentée parla pression, et exaspérée quelque temps seulement après l'ingestion des alim^ents, lorsque ceux-ci ont pénétré dans Tintestin. Des fiatimités \ntest\m\es pouvant produire une tympanite très-sonoi e à la percussion, la tension du ventre, des borborygmes, souvent une diarrhée passagère après le repas et une constipation habituelle, sont les symptômes qui se joignent à la douleur. L'ensemble de ces symptômes et surtout la douleur peuvent constituer des espèces de crises ou accès pendant lesquels il y a décomposition des traits, anxiété, sueur froide, Ixjpothymie ou syncope^ pouls faible et concentré.
Lorsque l'entéralgie est bien distincte de la gastralgie, et qu'elle survient par accès au moment de la digestion intestinale avec l'ensemble des symplômes que je viens de rappeler, le diagnostic sera sans doute facile. Mais combien de pareils cas nettement tranchés sont rares dans la pratique! Les plus ordinaires sont précisément ceux où l'affection est modérée et dans lesquels la douleur est presque seule toute la maladie. Ce n'est que par voie d'élimination que l'on pourra arriver alors à un diagnostic satisfaisant.
Comme pour toute douleur siégeant au niveau d'une cavité splancbniijue, il fondra s'assurer avant tout qu'il ne s'agit pas d'une douleur des parois abdominales, soit névralgique, soit rhumatismale.
Dans les cas de névralgie lombo-abdominale, la limitation de points douloureux à la pression dans un })etit espace, à droite ou à gauche de la ligne blanche, et en arrière, dans les points également limités et propres à cette névrose, suffiront pour faire admettre l'existence de la névralgie. — On rejettera l'existence d'un rhumatisme des parois abdominales, si les douleurs ne sont pas persistantes et surtout si elles n'augmentent pas par la contraction, d'ailleurs difficile, des muscles de ces parois. - Quant aux douleurs siégeant dans l'intérieur de l'abdomen et àuc^hV entérite ^