I. Entérite aiguë
1^ Éléments du diagnostic. — • Ce sont des doideiL7's plus ou moins vives, intermittentes, de courte durée, siégeant vers la région ombilicale et s'irradiant dans le reste du ventre, douleur augmentant par la pression ; peu après, selles diarï'héiqiies souvent très-abondantes, précédées de borborygmes qui, de l'ombilic, gagnent le gros intestin, oi^i ils sont suivis immédiatement du besoin d'aller à la garde-robe ; les matières, rendues cinq, vingt, et même plus de trente fois dans les vingt-quatre heures, sont d'abord fécales, de moins en moins consistantes, puis liquides, et souvent cuisantes à leur passage à l'anus. Il y a rarement de la fièvre, de la céphalalgie, des nausées, et h langue est blanchâtre ou naturelle.
Inductions diagnostiques . — Les coliques, avec sensibilité du ventre à la pression, et la diarrhée surtout, sont les principaux symptômes de l'entérite; mais on le conçoit, ils ne peuvent suffire au diagnostic dans tous les cas. Lorsqu'il y a doute, les commémoratifs ne doivent pas être négligés, car ils permettent de constater certaines causes qui expliquent l'entérite et qui viennent par conséquent prêter leur appui au diagnoslic. Ces causes sont la détérioration antérieure de la constitution!, les convalescences, l'abus de certains purgatifs, tous les aulres irritants du tube àï^esiii et V impression du froid dans quelques cas. — - La rapidité de la marche de l'affection, qui ne dure que trois, quatre à sept jours au plus, et l'atténuation des symptômes par les adoucissants, sont également des particularités utiles, si l'on observe la maladie plusieurs jours après le début.
L'entérite aiguë a des signes communs avec plusieurs autres maladies : la dyssenterie à son début, l'entéralgie, l'embarras gastrique, la fièvre typhoïde. Mais il me suffira de faire remarquer que, dans la dyssenterie, les selles bientôt devenues caractéristiques (mucoso-sanguinolentes) ne laissent pas longtemps dans l'incertitude; que Ventéralgie n'a de commun avec l'entérite que la douleur, et ne s'accompagne que de selles très-passagères; que, d^ns V embarras gastrique^ il y a desselles rares, et que l'affection est rapidement améliorée par un vomitif; qu'enfin la fièvre typhoïde à son début présente un ensemble de phénomènes généraux d'une intensité qui n'est nullement en rapport avec la bénignité apparente des troubles intestinaux que l'on serait tenté d'attribuer à une entérite.
L'entérite une fois admise, il serait nécessaire de pouvoir la localiser dans telle ou telle autre partie de l'intestin ; mais une telle précision diagnostique n'est guère possible au lit du malade, au moins dans la plupart des cas. Ce qui précède s'applique principalement à l'inflammation de l'intestin grêle, dont il serait difticile aujourd'hui de distraire la duodénite. Les inflammations du cœcum (typhhte) , du côlon ou du rectum, offrent seules des particularités distinclives différentes de l'entérite de l'intestin grêle. Ce sont : pour la typhlite, qui a été décrite en Allemagne, les sym-
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ptômes du plilG;:;moii de la fosse iliaque et des affections de l'appendice iléo-cœcal ; pour la colite simple (qui n'est pas la dyssenterie), la seule direction de la douleur suivant le trajet du côlon ; et enfin pour l'inflaminalion du rectum ou redite^ le siège profond de la douleur dans le bassin avec sentiment de pesanteur et de ténesme.
On a distingué bien des formes d'entérite, dont la plupart n'ont pas de valeur réelle, leur distinction n'étant basée que sur des particularités secondaires. Telles sont les entérites dites séreuse^ muqueuse, stercorale, bilieuse, circonscrite, diffuse, phlegmoneuse, érythémateuse, catarrhale. Les formes dites rhumatique, arthritique, hémorrhoïdale, auraient une tout autre importance comme fondées sur la nature delà maladie, si cetie nature n'était elle-même problématique dans la plupart des faits. En défmitive, les formes les plus utiles à rappeler sont l'entérite pseudo-membraneuse, observée dans la dyssenterie, et V entérite des enfants, qui a des caractères spéciaux que je dois rappeler.
Ventérite des nouveau-nés se manifeste par des symptômes qui sont souvent beaucoup plus graves que chez l'adulte, même sans qu'il existe de maladie antérieure. La fièvre peut être intense, le ventre ballonné ; parfois il y a de Yénjthème aux fesses, des ulcérations aux malléoles, il survient du muguet; cette forme n'est pas rare dans les hôpitaux. Suivant MM. Barlliez et Rilliet, il y a ensuite chez les jeunes enfants une forme bénigne, apyrétique, franchement catarrhale, et qui n'est autre chose que la diarrhée des enfants, et une l utre forme plus grave, succédant quelquefois à la précédente et observée chez les enfants plus âgés. Ici le début peut être brusque et caractérisé d'emblée par des symptômes locaux et généraux : céphalalgie, fièvre, vomissements, diarrhée; ensuite la figure est assez colorée, les traits tirés en bas, le sillon naso-labial très-marqué, Fabdomen est assez gros, quelquefois tendu, sonore, les selles sont parfois très-nombreuses et très-abondantes, liquides, brunes, ou muqueuses et bilieuses, rarement vertes; très-rarement il y a du délire et de l'agitation, de la sécheresse de la langue, jamais il n'y a de ràle sibilant ou ronflant; en môme temps les symptômes fébriles sont assez intenses. On pourrait donc, dans certains cas, confondre cette entérite avec une fièvre typhoïde; mais plusieurs des signes caractéristiques de cette dernière affection font défaut dans l'entérite. Tels sont les taches rosées lenticulaires, les râles, etc.
Cependant les mêmes auteurs décrivent une troisième forme d'entérite exceptionnelle, qu'ils nomment entérite typhoïde, et qui, pendant la vie, présenterait tous les signes de la fièvre typhoïde grave, sans en présenter les lésions. Ils admettent aussi une entérite ataxique, qui pourrait être confondue avec la méningite et l'éclampsic par ses symplômes, si, d'une part, dans la forme méningée de l'entérite, la gravité des symptômes nerveux n'était bien moindre que dans la méningite, et si, d'autre part, dans la forme éclamptique, l'existence de la diarrhée et le peu de durée de l'état cérébral (vingt-quatre heures au plus) ne levaient bientôt tous (es doutes.
5" Pronostic. — L'entérite aiguë se termine toujours favorablement chez les adultes auparavant bien portants. Elle n'a de gravité que lorsqu'elle est symptomatique et lorsqu'elle survient chez les enfants, principalement chez les nouveau-nés.