FACE
ses deux moitiés, à la suite du torticolis prolongé et dans d'autres conditions que j'ai rappelées ailleurs (F. Atrophie, p. 99). D'autres asymétries résultent de l'hémiplégie faciale, de contractures partielles, ou d'une conformation congénitale. On pourrait même dire d'une manière absolue qu'il est exceptionnel de rencontrer un visage parfaitement symétrique parmi les individus sains.
L'expression de la face a donné lieu à des distinctions très-multipliées, mais dont un assez grand nombre sont trop secondaires pour être prises ici en considération. La face est animée et les yeux sont brillants dans les cas de délire agité ; elle exprime au contraire l'abattement et la langueur lorsque les forces sont très-déprimées, et cette expression d'abattement peut aller jusqu'à l'hébétude ou la stupeur, comme dans l'ivresse, dans les fièvres graves, et notamment dans l'affection typhoïde ; les muscles du visage sont alors dans le relâchement, les yeux sont immobiles ou se meuvent avec lenteur, et l'ensemble des traits exprime l'indifférence, à moins qu'on ne réveille quelque douleur pendant l'exploration. Dans ce dernier cas, ou sous Finfluence de douleurs spontanées vives, la face exprime la souffrance. La physionomie est plus ou moins intelligente ou tout à fait stupide chez l'idiot ; elle peut paraître intelhgente mais sans autre expression chez certains déments. Elle est immobile dans le sclérème de la face, de même que dans l'extase où cette immobilité s'accompagne de fixité du regard.
La face grippée n'est autre chose que l'expression d'une souffrance profonde, soutenue et poussée à l'extrême; la figure est alors comme rapetissée par la contraction des muscles qui ramènent les traits vers la partie moyenne et vers le haut du visage ; le nez et les sourcils sont froncés, le teint est livide. Si la respiration est très-gênée, les muscles respirateurs de la face redoublent d'activité et les traits sont alors plutôt dilatés, les narines écartées. Enfin, la face dite hippocratiqiie annonce l'agonie : la pâleur verdâtre ou plombée du visage, sa teinte parfois noire ou livide, les yeux caves, le nez effilé, les tempes aplaties, les oreilles froides et contractées, la pulvérulence des sourcils, des cils et des poils des narines, l'immobilité des paupières entr'ouvertes, l'opacité de la cornée dans sa partie exposée à l'air, et la béance de la bouche par l'abaissement de la mâchoire, constituent les signes caractéristiques de cet état de la face.
Enfin, la face est cadavéreuse dans le frisson violent, avec anxiété extrême et aphonie, qui caractérise un accès de fièvre pernicieuse.
Les muscles de la face se contractent dans les affections convulsives cloniques ou toniques, et il en résulte des mouvements involontaires ou grimaçants qui souvent sont le premier signe de l'invasion des accidents convulsifs ; ces mouvements involontaires provoquent le rire sardonique lorsqu'ils siègent dans les muscles zygomatiques. Ils donnent à la face un aspect effrayant dans le tétanos facial. Lorsqu'ils restent hmités à la face ou plutôt à une partie de la face, ils constituent quelquefois des convulsions particulières dont il a été question ailleurs (F. Convulsions idiopa-
THIQUES DE LA FAGe).
Des signes non moins remarquables, et dont l'interprétation demande une certaine attention, résultent du défaut d'antagonisme ou d'équilibre entre les contractions des muscles des deux côtés de la face, soit parce que les muscles d'un côté sont paralysés, soit parce qu'ils sont contracturés, le côté opposé étant sain. Dans l'un et l'autre cas, une moitié de la face est comme entraînée vers l'autre dans les