FIÈVRE
antérieurs de l'occlusion intestinale peuvent faire prévoir ce résultat. En pareil cas, ainsi que dans toutes les circonstances analogues, il faut délayer à part dans l'eau la matière suspecte pour l'examiner avec soin.
Le microscope fournit un moyen précieux pour découvrir dans les matières fécales des éléments qui échappent à la simple inspection. C'est ainsi que, lorsqu'il y a doute sur la présence du sang, les globules visibles dans le champ du microscope lèvent tous les doutes. L'examen microscopique peut rendre encore des services en permettant de constater dans le liquide des selles, ou dans celui résultant de leur lavage, des moisissures ou champignons (Heller), ou bien des œufs d'entozoaires (Davaine, Traité des Entowaires).
Enfin la quantité des matières fécales est très-variable, soit pour chaque selle considérée isolément, soit pour plusieurs dans un temps donné. Cette quantité est très-minime pour chaque évacuation dans la dyssenterie aiguë. Elle est considérable au contraire dans certains embarras ou engouements intestinaux occupant l'extrémité du gros intestin. Constatées au niveau de l'abdomen avant leur évacuation, les matières fécales peuvent en distendre les parois autant que dans une grossesse avancée, ainsi que je l'ai vu récemment chez une femme qui a succombé à une occlusion intestinale résultant d une cicatrice de la muqueuse à l'origine du rectum .
FIÈVRE. — La fièvre est un ensemble de phénomènes complexes qui sert bien fréquemment de base ou dépeint de départ au diagnostic, soit qu'elle ne constitue qu'un élément de maladie dont il faut rapprocher les autres éléments diagnostiques, soit qu'elle représente le phénomène fondamental de maladies particulières générales, désignées sous le nom de fièvres ou pyrexies. Quelle que soit la façon dont le praticien doive envisager la fièvre en elle-même, il se trouve en pareil cas en présence d'un élément symptomatique palpable, en quelque sorte, dont il doit, comme pour tous les autres, se rappeler les caractères, les conditions pathologiques et la signification.
i° Caractères. — Les phénomènes caractéristiques de la fièvre sont ceux que l'on rencontre dans un accès complet de fièvre intermittente : frissons plus ou moins prolongés, puis chaleur et sécheresse de la peau, et enfin sw^^îtrs plus ou moins abondantes. Mais la fièvre, considérée en général, a des modalités très-différentes dans le cours des maladies. Qu'il y ait ou non préalablement un frisson ou de simples horripilations, le plus souvent la fièvre est principalement caractérisée par la fréquence du pouls et par une chaleur plus ou moins sèche de la peau.
Ces deux phénomènes, fréquence du pouls et chaleur de la peau, sont nécessaires pour caractériser la fièvre. La fréquence seule du pouls, à moins qu'elle ne soit trèsconsidérable, ne saurait cependant suffire, comme on l'a cru trop longtemps, pour constituer la fièvre ; car des individus affaiblis, des convalescents, présentent assez souvent un pouls qui, chez l'adulte, s'élève jusqu'à 90, 100 et même accidentellement jusqu'à 110 pulsations, avec l'intégrité de toutes les fonctions de nutrition, et sans que la chaleur de la peau cesse d'être modérée : ce n'est pas là évidemment de la fièvre. Il faut d'ailleurs tenir compte de la fréquence du pouls suivant l'âge et les individus (F. Pouls).
Quant à la chaleur exagérée morbide de la peau, elle est considérée comme le signe essentiel de l'état fébrile, que cette exagération soit jugée par la simple application de la main ou à l'aide du thermomètre (F. Galorification).