ÊCLÀMPSIE. — ÉCLAMPSIE DES FEMMES ENCEINTES OU EN COUCHES
propres à l'éclampsie : la fréquence, extrême du pouls et les trouble* de la respiration qui, pendant les convulsions, serait pénible, fréquente, avec plainte brève et saccadée dans l'expiration, tandis que, pendant le coma qui succède souvent aux attaques d'épilepsie, la respiration serait au contraire rare, profonde, plaintive et suspirieuse? Non malheureusement. Quand on a observé beaucoup d'épileptiques, on reconnaît très-bien, à la description d'Ozanam, avoir fréquemment rencontré sur eux les signes qu'il attribue à l'éclampsie. Aussi est-on peu surpris de voir cet auteur conclure que les différences entre les deux maladies sont plus tranchées dans les livres que dans la nature. Mais on ne saurait admettre avec lui que le coup d'œil médical puisse, dans les cas difficiles, trancher la difficulté, si ce n'est au hasard.
Quant aux causes, elles me paraissent avoir une importance réelle, sauf cependant dans le cas rare où une vive frayeur a été suivie de convulsions. Cette cause d'éclampsie est, en effet, tellement commune dans l'épilepsie que, lorsqu'on la constate, on doit toujours faire ses réserves avant de décider s'il s'agit d'une simple éclampsie, affection tout accidentelle et transitoire, ou d'une épilepsie, maladie presque toujours fatalement incurable si elle est abandonnée à elle-même. Si les accidents apparaissent à l'époque de la première dentition, ou bien par le fait d'une violente douleur, de l'action d'irritants cutanés (sinapismes, vésicatoires), d'un chatouillement prolongé, de l'impression d'une chaleur élevée ou du froid, de l'ingestion de substances indigestes, de l'existence des vers intestinaux, et surtout au début d'une maladie aiguë fébrile bientôt évidente, toutes les probabilités seront pour l'éclampsie.
La marche de l'éclampsie, lorsqu'on a pu la suivre pendant un certain temps , ou la reconnaître par les anamnestiques, vient surtout éclairer le praticien; car les attaques ne se renouvellent pas comme celles de l'épilepsie. Elles constituent le plus souvent un ensemble de phénomènes transitoires, et parfois même il ne se produit qu'un seul accès; c'est ce qui explique que Vogel et Sauvages aient considéré l'éclampsie comme la forme aiguë de l'épilepsie. Malheureusement ce caractère différentiel n'est d'aucune utilité au début de l'éclampsie. Il en est de même des conséquences de l'une et de l'autre affection, qui viennent tardivement éclairer le diagnostic. Ce sont : à la suite des accès d'épilepsie, des accès de manie ou la démence; à la suite de l'éclampsie, les contractures et les atrophies musculaires, qui sont souvent l'origine du torticolis, du pied-bot et des déviations du rachis, suivant Jules Guérin.
3° Pronostic. — Le diagnostic de l'éclampsie est d'autant plus nécessaire à bien établir, lorsque la maladie se prolonge, ce qui arrive quelquefois, que son pronostic est favorable, tandis que celui de l'épilepsie est toujours grave. La fréquence prolongée du pouls, après les accès d'éclampsie, doit en faire craindre d'autres. On n'oubliera pas toutefois que l'éclampsie aiguë des enfants peut présenter de grands dangers, et que l'on doit toujours redouter soit le spasme glottique et quelquefois Y asphyxie, soit des paralysies résultant de complications cérébrales (hémorrhagie méningée).