ÉLECTRISATION LOCALISER
cher toutefois. On les applique sur la peau dans les points correspondants à la surface des muscles, et successivement dans les différents points des muscles pour en explorer les divers faisceaux. On ne laisse les excitateurs en place que quelques secondes chaque fois, en tenant compte de l'excitabilité variable des muscles, l'intensité du courant pouvant et devant être proportionnée à leur épaisseur et à leur excitabilité particulière
Il ne faut pas oublier, en effet, qu'il y a du danger à appliquer les excitateurs, même avec un très-faible courant, sur la moitié supérieure du muscle stemocleïdo-mastoïdien, ou sur le bord externe de la moitié supérieure du trapèze, de même que sur le sommet du triangle sus-claviculaire, en raison de l'extrême excitabilité du nerf respirateur de Bell ou nerf spinal. On doit éviter également, en faradisant les muscles de la face, qui sont très-excitables, de placer les excitateurs sur les points correspondants aux nerfs sous-orbitaires ou mentonniers, car il résulterait de l'excitation de ces nerfs une douleur trèsaiguë qui retentirait dans les dents incisives, et quelquefois dans le fond de l'orbite et même le cerveau. Il en est de même de l'excitation des nerfs frontaux. On évitera aussi d'agir sur les os superficiels, dont l'électrisation est extrêmement douloureuse. Un résultat de la faradisation cutanée dont il faut aussi être prévenu, c'est la contraction de certains muscles plus ou moins éloignés du lieu d'application, contraction qui dépend d'une action réflexe de la moelle sous l'influence de la faradisation localisée. Enfin je dois rappeler que l'électrisation du sphincter de l'anus y produit un ténesme insupportable, et que celle de l'œil avec les appareils ordinaires est extrêmement dangereuse.
L'électrisation ne doit être mise en pratique que lorsque l'on s'est familiarisé avec les connaissances acquises sur ce point. Dans le cas contraire, on agit en aveugle, et l'on s'expose non-seulement aux accidents qui résultent de l'application des excitateurs dans les points que Ton doit éviter et que je viens de rappeler, mais encore à exciter trop vivement la sensibilité, et à produire des effets généraux, dont les principaux sont des étourdissements, des èblouissements, des nausées et même des vomissements. Je dois ajouter pourtant que ces accidents sont rares, et que le plus ordinairement l'excitation électrophysiologique reste locale et n'a pas pour effet nécessaire, comme le pensent certains praticiens, une surexcitation des centres nerveux. Cette surexcitation, qui produit quelquefois de l'insomnie, se remarque principalement chez les enfants.
Je ne fais qu'indiquer les modes de faradisation localisée que Duchenne nomme indirects et par courants dérivés, comme étant employés exceptionnellement. La faradisation indirecte, qui produit des mouvements d'ensemble, est celle que l'on applique sur les troncs nerveux, dont la position et les rapports anatomiques doivent être présents à la mémoire, et dont les rameaux se distribuent aux muscles qui entrent en contraction.
2° Signes. — On peut dire avec Duchenne que les signes qu'il a déduits de l'état de la contractilité et de la sensibilité musculaires sous l'influence de l'électricité s'appliquent au diagnostic de toutes les paralysies partielles ou générales. Mais quels sont ces signes de contractilité ou de sensibilité musculaires, et quelle est leur valeur?
En faradisant les muscles, on peut constater les effets suivants :
1° La contractilité musculaire est mise en jeu comme dans l'état sain;
2° Elle est complètement abolie ou plus ou moins diminuée;
3° La sensibilité musculaire est normale, nulle, ou seulement diminuée.
Lorsque les muscles d'un membre ou d'une autre partie sont manifestement