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ENTÉRITE. — ENTÉRITE AIGUË

avec les matières alvines. La plupart se rapportent à la dysenterie, au muguet, à des hydatides, etc. Mais il en reste un certain nombre qui se sont produites dans le tube digestif à la suite d'affections diverses , inflammatoires et non diphthériques, qu'il est difficile de préciser (loc. cit., p. 99, note). En dehors des pseudo- membranes qui sont expulsées dans le cours de la dysenterie chronique, ou comme complication opiniâtre consécutive à la dysenterie aiguë, ainsi que j'en ai observé un exemple chez une femme hystérique, il y aurait, suivant Wannebroucq, une véritable entérite pseudo-membraneuse, dont il a pu réunir un assez grand nombre d'observations (Bulletin méd. du Nord, 18GÎ); la maladie même, avec un état aigu d'abord, aurait toujours une durée d'au moins plusieurs mois. Fièvre au début, nausées, parfois épistaxis; douleurs localisées dans un point de l'abdomen, généralement à la fosse iliaque droite, avec tuméfaction sur le trajet du gros intestin; constipation opiniâtre, et, après quelques jours, expulsion de fausses membranes, d'abord courtes et même avec du mucus, puis plus épaisses et plus longues, assez résistantes, blanchâtres ou teintées par les matières fécales, parfois feutrées, enfin ténesme rectal si le rectum est envahi, et absence de sang et de pus dans les garderobes : tels seraient les signes de la maladie.

Doit-on distinguer de cette entérite avec exsudais pseudo-membraneux l'affection intestinale d'où résulte l'expulsion par l'anus de matières muqueuses plus ou moins concrètes, gélatiniformes, membraniformes, dont beaucoup d'auteurs ont parlé? Il est probable que les deux affections se confondent, ou plutôt que ces concrétions gélatiniformes se rencontrent dans la plupart des conditions dans lesquelles se produisent les pseudo-membranes. Fernel , Van Swieten , Morgagni parmi les anciens, Cruveilhier (Anat. génér., t. IV), Barrier (Malad. de l'enfance), Graves (Clin, mèdxc, t. II), Laboulbène et beaucoup d'autres parmi les modernes, ont étudié cette intéressante question. — Ces concrétions gélatiniformes, suivant Laboulbène, renferment, au milieu d'une grande quantité de matière amorphe et transparente, des granulations moléculaires, des cellules d'épithélium cylindrique, et des globules purulents et pyoïdes. Il n'a pu y reconnaître nettement la présence de la fibrine (ouv. cité, p. 146).

Ventèrite des nouveau-nés se manifeste par des symptômes qui sont souvent beaucoup plus graves que chez l'adulte, même sans qu'il existe de maladie antérieure. La fièvre peut être intense, le ventre ballonné ; parfois il y a de Yérythème aux fesses, des ulcérations aux malléoles, il survient du muguet; cette forme n'est pas rare dans les hôpitaux. Suivant Barthez etRilliet, il y a ensuite chez les jeunes enfants une forme bénigne, apyrélique, franchement catarrhale, et qui n'est autre chose que la diarrhée des enfants, et une autre forme plus grave, succédant quelquefois à la précédente et observée chez les enfants plus âgés. Ici le début peut être brusque et caractérisé d'emblée par des symptômes locaux et généraux : céphalalgie, fièvre, vomissements, diarrhée; ensuite la figure est assez colorée, les traits tirés en bas, le sillon nasolabial très-marqué, l'abdomen est assez gros, quelquefois tendu, sonore; les selles sont parfois très -nombreuses et très-abondantes, liquides, brunes, ou muqueuses et bilieuses, peu souvent vertes ; très-rarement il y a du délire et de l'agitation, de la sécheresse de la langue, jamais il n'y a de râle sibilant ou ronflant ; en même temps les symptômes fébriles sont assez intenses. On pourrait donc, dans certains cas, confondre cette entérite avec une fièvre typhoïde; mais plusieurs des signes caractéristiques de cette dernière affection font défaut dans l'entérite. Tels sont les taches rosées lenticulaires, les râles, etc.

Cependant les mêmes auteurs décrivent une troisième forme d'entérite excep-

ENTOZOAIRES.

tionnelle, qu'ils nomment entérite typhoïde, et qui, pendant la vie, présenterait tous les signes de la fièvre typhoïde grave, sans en présenter les lésions. Ils admettent aussi une entérite ataxique, qui pourrait être confondue avec la méningite et l'éclampsie par ses symptômes, si, d'une part, dans la forme méningée de l'entérite, la gravité des symptômes nerveux n'était bien moindre que dans la méningite, et si, d'autre part, dans la forme éclamptique, l'existence de la diarrhée et le peu de durée de l'état cérébral (vingt-quatre heures au plus) ne levaient bientôt tous les doutes.

3° Pronostic. — L'entérite aiguë se termine toujours favorablement rhez les adultes auparavant bien portants. Elle n'a de gravité que lorsqu'elle est symptoinatique et lorsqu'elle survient chez les enfants, principalement chez les nouveau-nés.

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