‹ Dictionnaire de diagnostic médicalChapitre 122 sur 355 · I. Entérite aiguë · texte numérisé non relu

I. Entérite aiguë

1° Éléments du diagnostic. — Ce sont des douleurs plus ou moins vives, intermittentes, de courte durée, siégeant vers la région ombilicale et s'irradiant dans le reste du ventre, douleurs augmentant par la pression ; peu après, selles diarrhèiques souvent très-abondantes, précédées de borborygmes qui, de l'ombilic, gagnent le gros intestin, où ils sont suivis immédiatement du besoin d'aller à la garderobe; les matières, rendues cinq, vingt et même plus de trente fois dans les vingt-quatre heures, sont d'abord fécales, de moins en moins consistâmes, puis liquides, et souvent cuisantes à leur passage à l'anus. Il y a rare-

ENTÉRITE. — ENTÉRITE AÎGTÎE.

ment de la fièvre, de la céphalalgie, des nausées, et la langue est blanchâtre ou naturelle.

2° Inductions diagnostiques. — Les coliques, avec sensibilité du venlre à la pression, et la diarrhée surtout, sont les principaux symptômes de l'entérite ; t nais on le conçoit, ils ne peuvent suffire au diagnostic dans tous les cas. Lorsqu'il y a doute, les commémoratifs ne doivent pas être négligés, car ils permettent de constater certaines causes qui expliquent l'entérite et qui viennent par conséquent prêter leur appui au diagnostic. Ces causes sont la détérioration antérieure de la constitution, les convalescences, l'abus de certains purgatifs , tous les autres irritants du tube digestif et V impression du froid dans quelques cas. — La rapidité de la marche de l'affection, qui ne dure que trois, quatre à sept jours au plus, et l'atténuation des symptômes par les adoucissants, sont également des particularités utiles, si l'on observe la maladie plusieurs jours après le début.

L'entérite aiguë a des signes communs avec plusieurs autres maladies : la dysenterie à son début, l'entéralgie, l'embarras gastrique, la fièvre typhoïde. Mais il me suffira de faircremarquer que, dans la dysenterie , les selles bientôt devenues caractéristiques (mucoso-sanguinolentes) ne laissent pas longtemps dans l'incertitude; que Yentéralgie n'a de commun avec l'entérite que la douleur, et ne s'accompagne que de selles très-passagères; que, dans l'embarras gastrique, il y a des selles rares, et que l'affection est rapidement améliorée par un vomitif; qu'enfin la fièvre typhoïde à son début présente un ensemble de phénomènes généraux d'une intensité qui n'est nullement en rapport avec la bénignité apparente des troubles intestinaux que l'on serait tenté d'attribuer à une entérite.

L'entérite une fois admise, il serait nécessaire de pouvoir la localiser dans telle ou telle autre partie de l'intestin; mais une telle précision diagnostique n'est guère possible au lit du malade, au moins dans la plupart des cas. Ce qui précède s'applique principalement à l'inflammation de l'intestin grêle, dont il serait difficile aujourd'hui de distraire la duodénite. Les inflammations du ccecum (typhlite), du côlon ou du rectum, offrent seules des particularités distinctives différentes de l'entérite de l'intestin grêle. Ce sont : pour la typhlite , qui a été décrite en Allemagne, les symptômes du phlegmon de la fosse iliaque et des affections de l'appendice iléo-cœcal; pour la colite simple (qui n'est pas la dysenterie), la seule direction de la douleur suivant le trajet du côlon; et enfin pour l'inflammation du rectum ou redite, le siège profond de la douleur dans le bassin avec sentiment de pesanteur et de ténesme.

On a distingué bien des formes d'entérite, dont la plupart n'ont pas de valeur réelle, leur distinction n'étant basée que sur des particularités secondaires. Telles sont les entérites dites séreuse , muqueuse, stercorale, bilieuse, circonscrite, diffuse, phlegmoneuse , érythémateuse, catarrhale. Les formes dites rhumatique, arthritique, hémorrhoidale, auraient une tout autre importance comme fondées sur la nature de la maladie, si cette nature n'était ellemême problématique dans la plupart des faits. En définitive, les formes les plus utiles à rappeler sont l'entérite pseudo-membraneuse, et I1 entérite des enfants, qui a des caractères spéciaux.

L'entérite pseudo-membraneuse (colite pseudo-membraneuse de Serres , Thèse, 1830) est une affection très-complexe et encore mal connue dans ses variétés. On trouve dans beaucoup d'ouvrages et dans les recueils périodiques, dit Laboulbène,à qui l'on doit le travail le plus complet sur les affections pseudomembraneuses, l'indication d'un grand nombre de fausses membranes rendues

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