I. Entozoaires des voies digestives
Les entozoaires de l'intestin, observés chez l'homme, qui donnent lieu à des phénomènes symplomatiques communs, sont compris dans les nèmatoïdes et les cestoïdes. Les ascarides et les oxyures se rapportent au premier type, et les ténias au second. Mais, outre ces entozoaires, il en est qui paraissent donner lieu à d'autres accidents particuliers soit dans l'intestin, comme Tanchylostome duodénal, soit dans les voies biliaires, comme la douve du foie, soit enfin dans les voies urinaircs. De plus, il y a des entozoaires qui se montrent simplement dans les évacuations intestinales examinées à l'aide du microscope, et qui se rattachent au type des protozoaires.
Lorsque les vers intestinaux donnent lieu à des phénomènes appiéciables, ce qui n'a pas toujours lieu, c'est dans le dérangement des fonctions intestinales ou dans des troubles réflexes des autres organes que ces phénomènes se manifestent.
Du côte des organes digestifs, on a noté : des douleurs abdominales trèsvariées, quelquefois déchirantes, des coligues, des picotements, d'autre fois des sensations de reptation ou de contraction, soit dans l'abdomen, soit dans le pharynx ou dans l'œsophage; une haleine acide ou fade, de la salivetion, la tuméfaction du ventre, de la soif, de Yanorexie ou une faim exagérée, des nausées ou des vomissements , rarement des selles sanglantes, souvent des démangeaisons à l'anus. Du côté des autres organes, on a constaté de nombreux phénomènes : une toux sèche, un pouls irrégulier, des palpitations, des défaillances, la dilatation des pupilles, du strabisme, des troubles de la vue, l'amaurose, la cécité, la surdité ou l'exaltation de l'ouïe, la perversion du goût ou de Yodorat, de vives démangeaisons au nez, des hêm:>rrhagies
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nasales, du prurit el des fourmillements à la peau, des sueurs abondantes, de la céphalalgie, des vertiges, des douleurs vagues, surtout aux articulations, de {'agitation, des grincements de dents, de la somnolence ou du coma, des convulsions.
Ceci n'est pas un tableau de la maladie, qu'il est impossible de généraliser, mais une simple • numération de phénomènes qui, groupés en certain nombre ou isolés, constituent autant de manifestations symplomatiques. Cette multiplicité de phénomènes fait immédiatement prévoir la facilité d'erreurs plus ou moins graves de diagnostic qui doivent se commettre, jusqu'à ce que l'expulsion des helminthes vienne faire cesser les accidents et démontrer ainsi leur origine. En l'absence de celte expulsion au dehors, en effet, on ne peut que soupçonner la nature de la maladie, et on la méconnaît nécessairement si les phénomènes se groupent de manière à caractériser une autre affection. On a vu des lésions intellectuelles (manies diverses), Y hystérie, la catalepsie, le tétanos, les convulsions é pile pti formée, la chorée, les tremblements, môme des paralysies diverses, et jusqu'à Y hydrophobie n«n rabique, être sous la dépendance d'entozoaires intestinaux, ainsi que le démontrait la guérison immédiate de ces états nerveux après le rejet complet des helminthes hors de V organisme .
Une donnée précieuse de diagnostic, puisqu'elle peut faire soupçonner les entozoaires intestinaux en l'absence de leur expulsion, c'est la connaissance du pays habité par le malade. Rien de mieux démontré, en effet, que l'endémicité des affections vermineuses; il est donc essentiel d'en tenir compte non-seulement dans le pays même, mais encore au dehors, lorsqu'un malade provient de contrées où cette endémicité a été notoirement constatée. C'est surtout à Paris, où l'on observe principalement des faits de ce genre, qu'il est nécessaire de les rappeler.
. Voyons maintenant, en dehors de ces généralités, ce qui est particulier aux différents entozoaires des organes digestifs.
A. Lombrics ou ascarides lombricoïdes — Ces vers, dont les figures 35 et 3t> donnent les principaux caractères, se montrent principalement chez les enfants au-dessus d'un an, lorsqu'ils sont faibles, lymphatiques, scrofuleux, soumis à un régime insuffisant. Us sont endémiques dans de centaines contrées, et le plus souvent ils ne produisent pas d'effets sensibles, tandis que parfois ils se manifestent par des accidents remarquables, ainsi que j'ai eu occa sion de le constater en Picardie.
C'est surtout aux enfants affectés de lombrics que sont applicables les signes signalés du côté de la face : pâleur, teint plombé, yeux cernés d'un cercle bleuâtre, parfois brillants ou d'un aspect particulier par suite de la dilatation des pupilles, ainsi que je l'ai observé plusieurs fois. Les lombrics, accumulés souvent en grand nombre dans l'intestin grêle, peuvent d'ailleurs provoquer la plupart des autres manifestations symptomatiques que j'ai rappelées précédemment. Do plus, leur expulsion hors des voies digestives vient souvent éclairer le diagnostic, mais il faut éviter alors d'attribuer les phénomènes observés à la présence des parasites dans les cas où il n'y a que simple coïncidence. L'expulsion des helminthes se fait par l'anus, par la bouche, par le nez et même à travers les parois des intestins et de l'abdomen, où ils forment des abcès particuliers. Davaine rejette avec raison la théorie de Mondière relative à ces dernières pénétrations par écarlement des tibres; mais il ne croit pas non plus que les lombrics agissent comme corps étrangers irritants, se fondant sur ce fait que les abcès vermineuv s'observent à l'ombilic chez les enfants, à l'aine chez les adultes, et sur ce que la
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sortie des lombrics à travers les parois abdominales est ainsi en rapport avec le siège des hernies, plus fréquentes à l'ombilic chez les enfants, dans l'aine chez les adultes (ouv. cité, p. 192). Je ne saurais admettre l'interprétation de mon savant confrère , me fondant sur ce que la formation des abcès viscéraux de l'abdomen a généralement une tendance à s'ouvrir justement au voisinage de l'ombilic de préférence à toute autre région (Voy. Abcès, p. 6). On a encore signalé la pénétration des lombrics dans les canaux biliaires, dans la vésicule et môme dans le foie (Voy. Coliques, p. 210).
Suivant Davaine, dans les cas douteux de lombrics dans l'intestin, la présence (au microscope) de leurs œufs dans les déjections est un signe certain de la présence de ces entozoaires du tube digestif (loct. cit., p. 51); mais il -faut déjà soupçonner l'existence des entozoaires pour faire une pareille recherche. H. Roger en conclut que c'est aux eaux où se trouvent ces œufs, prises en boisson, que le développement des lombrics est dû. Pour lui, ce fait important domine toute la pathologie vermineusc (Journ. de méd. et de chir prat., 1864).
L'expulsion des lombrics et leur migration hors de l'intestin grêle, qu'ils occupent habituellement, donnent lieu,duresle,àdes symptômes ou à des accidents particuliers qu'il faut connaître. — Lorsque le lombric gagne les rotes digestives supérieures, il peut produire dans l'estomac des sensations semblables à celles dont l'intestin est le siège; il survient ■ parfois même des vomissements avec rejet du lombric. Dans l'œsophage, l'ascaride provoque la sensation d'un corps étranger qui remonte par moments vers le pharynx; il donne lieu ^35.-Aacaride. * un ch»tou»llemenl pénible dans la gorge, à des nausées avec ou sans efforts de vomissements, à un sentiment de constriction ou de spasme œsophagien, à une aphonie accidentelle , ou seulement à une toux sèche, incessante J'ai rencontre en province différents cas de cette espèce chez des enfants qui ren Paient ensuite un lombric vivant par la bouche ou par les narines! Dans un cas de toux opiniâtre survenue brusquement chez une femme adulte cette toux ne pouvant nullement s'expliquer avec l'état normal apparent des organes respiratoires, et cette femme ayant, quelques années auparavant, rendu par l anus une grande quantité de lombrics, je prescrivis un anthelminthique qui détermina une évacuation abondante d'ascarides, et la disparition immédiate de la toux. - Arrivés dans le pharynx, ces entozoaires peuvent aussi pénétrer dans les fosses nasales et sortir par le nez, dans la trompe d'Eustache (Wïnslowï et sortir ensuite par le conduit auditif (Bruneau), ou enfin pénétrer dans le larynx et la trachée, d'où résulte une suffocation mortelle, à moins que le ver t«e sou expulse par la toux dans un temps très-court, comme la noté Davaine
Fiy. 36. — Ascaride.
— a, extrémité céphaliqtie avec les trois nodules et la bouche, b, extrémité caudale du mAle avec les deux spicules. c, étranglemenl génital de la femelle avec l'orifice boxuoI. d, œuf.
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dans un des quatorze faits réunis par Aronsshon (Arch. de méd., 1836, t. X) et par lui-même (lot. cit., p. 145). Davaine fait observer que l'œdème de la glotte, le croup, la laryngite spasmodique, les corps étrangers venus du dehors, déterminent des accidents analogues, et que l'apparition inopinée des phénomènes, sans affection préalable des organes respiratoires ni pénétration possible d'un corps étranger, devra faire soupçonner la pénétration d'un ascaride, pénétration qui deviendra certaine si l'exploration du pharynx par la vue et le toucher fait découvrir le ver resté en partie dans le pharynx. C'est arrivé dans presque la moitié des cas. — Enfin, par exception, on a vu la sortie des lombrics s'effectuer par l'urètre, par suite d'une communication anomale de l'intestin avec la vessie.
On doit considérer comme des complications : les abcès vermineux des parois abdominales, la colique hépatique, et même la mort précédée de convulsions (Guersant) qui pourraient être dues à la pénétration des lombrics dans les voies biliaires, V obstruction intestinale, Yhémorrhagie et Yinflammation de l'intestin , la péritonite par suite de la pénétration de l'helminthe dans le péritoine.
J'ai signalé plus haut la fréquence des erreurs de diagnostic qui peuvent être commises à propos des entozoaires ; elles sont souvent motivées par des lombrics, dont la fréquence est connue. Les erreurs ont lieu soit parce que l'on méconnaît leur présence , soit parce que, dans les pays où leur existence est fréquente, on leur attribue à tort des phénomènes qui en sont complètement indépendants. Dans les deux cas, la confusion est surtout commise à propos des symptômes nerveux cérébraux ou convulsifs, et j'avoue pour ma part ne l'avoir pas évitée chez un enfant pris de coma, de convulsions avec grincements de dents et strabisme, et à propos duquel mon erreur a persisté (comme c'est l'ordinaire) jusqu'à l'expulsion de nombreux lombrics par l'anus. Cette expulsion a rapidement tout fait disparaître. C'est principalement dans les faits qualifiés amaurose, catalepsie, convulsions épileptiformes ou choréiques, méningite, etc., que le diagnostic présente de nombreuses incertitudes.
B. Oxyures vermiculàires, fig. 37. — Les mêmes symptômes nerveux peuventils se rattacher à la présence des oxyures dans le rectum et au pourtour de l'anus, leur siège ordinaire? C'est ce qu'il me paraît impossible de décider dans l'état actuel de la science, malgré l'opinion de quelques auteurs.
Comme symptômes particuliers, les oxyures occasionnent le plus souvent des phénomènes locaux. Ce sont d'abord des démangeaisons considé râbles, surtout la nuit, à la région anale, parfois même des douleurs très-vives. Dans certains cas, chez les jeunes filles, l'envahissement par les vers des parties génitales occasionne une leucorrhée abondante, ou provoque des habitudes de ma sturbation. L'excitation sympathique des organes génitaux peut suffire seule pour provoquer la masturbation dans les deux sexes, même chez l'homme adulte (Davaine). Marchand (Gaz. des hôp., 1847) a signalé comme une conséquence des oxyures la contracture du sphincter, et Hervieux a communiqué à la Société des hôpitaux, en mars 1859, un fait très-remarquable, dans lequel
F»g. 37. — Oxyure. — <•» mAle. b, femelle, c , extrémité cépbalique montrant les trois nobles et le gonflement aliforme. d, extrémité caudale du mâle, e, extrémité caudale de la femelle, f. œuf.
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un spasme anal très-douloureux s'accompagnait d'éructations fréquentes, de borborygmes, de flatuosités, de dysurie, et enfin d'évacuations dysentériques présentant cette coïncidence particulière, que chaque vingt-quatre heures il y avait en même temps une selle naturelle de matières comme passées à la filière. On crut successivement, dans ce fait, à une fissure à l'anus, à une dysenterie, et même à une dégénérescence organique, que firent rejeter la constitution, l'âge du malade (35 à 40 ans) et ses antécédents. L'expulsion des oxyures par l'ingestion d'un purgatif (huile de ricin) vint seule éclairer sur la nature de la maladie.
Ici donc, comme pour les lombrics, l'apparition des entozoaires au dehors est le seul signe qui puisse donner la certitude au diagnoslic ; mais heureusement il suffit assez souvent d'écarter les plis rayonnes de l'anus pour y constater la présence des oxyures, que leur couleur blanche, leur aspect filiforme et leurs mouvements décèlent aussitôt. Certains enfants rendent des mvriades de ces
entozoaires dans des garderobes semi-liquides, et parfois sans rien ressentir de particulier que quelques coliques avant l'évacuation.
Davaine a vainement cherché les ovules des oxyures dans les selles des individus affectés de cet entozoaire. L'examen microscopique ne peut donc, en pareil cas, être utile au diagnostic, qui, dans les faits douteux, se base principalement sur les phénomènes insolites vers le rectum, survenant surtout le soir. J. Cruveilhier a observé un enfant chez lequel des douleurs intolérables à la région de l'anus, se montrant chaque nuit, firent croire d'abord à des accidents intermittents ; la découverte des oxyures mit fin à la méprise (Dict. de mèdec. et de chir. pratiq. en 15 vol., art. Entozoaires).
C. Ténias. — On sait qu'il existe trois espèces de ténias, qui occupent la partie supérieure de l'intestin grêle : 1° le ténia solium, comprenant chez l'homme deux variétés : le ténia armé avec sa double couronne de crochets, ftg. 38 et 44, et le ténia inerme (non armé) , fîg. 39 et 42 ; 2° le bothriocéphale,fig. 40 et 43; 3° le ténia nana, observé seulement en Egypte. Or, les données symptomatiques , qui sont les mêmes pour les trois espèces, offrent la plus grande ressemblance avec celles qui sont dues aux lombrics, ainsi que Ta fait observer le docteur Louis. Seulement, lorsque l'existence des helminthes est soupçonnée, on doit plutôt penser qu'il s'agit d'un ténia si Ton a affaire à un adulte, et de lombrics si c'est un enfant. Pour le ténia, comme pour les autres entozoaires, son expulsion (ordinairement par fragments) est seule pathognomonique.
Legendre, qui a étudié, d'après trente-trois observations, les symptômes nerveux que détermine le ténia, insiste sur la nécessité de s'assurer s'il y a eu précédemment expulsion de ses fragments, toutes les fois qu'une personne, un homme surtout, éprouve des phénomènes nerveux insolites et variés, comme ceux que j'ai rappelés plus haut. Il recommande non-seulement de s'en informer auprès du malade et de lui décrire les caractères physiques auxquels on reconnaît les fragments de ténia, mais encore de faire administrer du calomel ou de l'huile de ricin, comme moyen de diagnostic, pour provoquer leur expulsion (Arch. de mèd., 1850, t. XXI II).
On s'expliquerait difficilement la longueur considérable du ver représentée par les fragments nombreux expulsés par certains malades, si Ton ne tenait pas compte du développement du ténia. Les travaux modernes ont établi, en effet, trois individualités distinctes pour 1'embn/on, la tète et les anneaux. Chaque anneau ou article, c'est là le fait principal à rappeler ici, constitue un individu parfait. Chacun de ces anneaux, qui sont prodmits successivement par gemmation par la tète ou scolex, présente les deux sexes et produit les ovules. Ces
ENTOZOAIRES. — entozoaires des voies dioeï>tives. 3G3
Fig. 38. Ffy> 3».
Fig. 38. — Ténia aolium armé (grandeur naturelle). Fragments prit, de distance en distance depuis U tète jusqu'aux derniers anneaux, faisant voir la forme successive de ces anneaux. I/ordre des lettres indique leur disposition d'avant en arrière. Aux fragments e, f, g, les pores génitaux latéraux sont apparenta (Davaine, Entozoaires).
Fig. 39. — Ténia 1011001 de l'homme, inerrne (grandeur naturelle}. Fragments pris de distance en distance. L'ordre des lettres indique leur succession d'avant en arriére. De c en g, les porcs latéraux sont visibles (Davaine).
Fig. 40. — Uolhrincéphale de l'homme grandeur naturelle). Fragments pris de distnnre en dislance. I.'nrdre des lettres indique leur situation relative, de la tète k l'extrémité postérieure. En r, d. e, f, le |Mjre génital mile est visible et central, y, derniers anneaux ratatiné» après la ponte [Davaine j.
Fig. 42. Fig. M.
Fig. ît. — Tète du tenia de l'homme, armé, grossie douze fois et vue sous deux aspects. Fiq. 42. — i, h, tète du ténia de l'bomme, inerrne, vue sous deui aspects, grossie cinq fois [vcyçi ' ^lle du ténia armé, fig. 41). k , ojuf mùr du même ténia, grossi trois cent quarante fois (Davaine, Enta- : <taire s).
Fig. 43. — », À, tète du bothriocéphale de l'homme, grossie nx fais et vue sont deux aspects.
ENTOZOAIRES. — entozoaires des voies digestives.
ovules, circulaires pour le ténia solium, et ovoïdes pour le hothriocéphale, peuvent-ils être constatés au microscope dans les selles ? Gela parait encore douteux si le ver est intact, suivant Davaine. Les ovules ne peuvent donc servir, dans la plupart des cas, comme les fragments du ténia, à reconnaître l'espèce. Les anneaux du ténia solium s'isolent fréquemment et constituent alors des vers particuliers (cucurbitins) ; ils ont leurs organes génitaux sur leurs bords. Les anneaux du bothriocéphale, quadrilatères et bien plus larges, ne sont jamais isolés (à l'état de cucurbitins), et ils ont les ouvertures génitales vers leur centre. Je dois rappeler que le ténia solium est bien plus répandu que le bothriocéphale, qui n'est bien connu qu'en Europe (dans les contrées voisines de la mer, des lacs ou de certains fleuves), tandis que le ténia solium a été observé dans les quatre parties du inonde.
D. Trichocéphale, fig. 44 et 45. — Celte espèce de ver, qui est filiforme et d'une ténuité qui le rend peu visible , quoiqu'il ait 37 à 50 millimètres de
longueur, occupe principalement le cœcum, moins souvent le côlon, quelquefois l'intestin grêle ; il se propage comme l'ascaride. Suivant Davaine, on ignore complètement les phénomènes symplomatiques qu'il détermine. Cependant Félix Pascal (Choparty Mal.
des voies urtn.), cité par Davaine, a
Fig. 4 t. — Trichocéphale de l'homme. — |, mâle (grandeur naturelle} ; J, femelle (grandeur naturel le); 3, extrémité céphalique grossie; 4, extrémité caudale du mile grossie. — a, ami.-» ; bb, spicule; e, gaine du spicule (Davain
Fig. 45. — Œuf du trichoccphale de l'homme. — «, grossi soixnnlo-dix fois, b, trois cent quarante fois (Davaine).
signalé des accidents cérébraux qu'on a cru devoir attribuer à cet helminthe, et Harth a observé un fait dans lequel il y eut des symptômes de méningite suivis de mort, et sans autre lésion qu'un amas considérable de trichocéphales dans l'intestin. Cet entozoaire pourrait donc donner lieu à des désordres nerveux graves comme les lombrics et le ténia. Mais dans les cas d'ailleurs exceptionnels de ce genre, c'est encore l'examen du ver expulsé qui peut trancher la question. Cette expulsion n'a lieu que chez les malades atteints de diarrhée grave ou de dysrnterie. L'examen microscopique des matières fécales rend le diagnostic facile et certain , dit Davaine, les œufs de ces vers se trouvant en grand nombre dans les matières évacuées (Traité des Entozoaires, p. 209). Ces œufs sont ovoïdes, renflés à leurs extrémités et de 0'nra, 653 de longueur, fig. 45.
Fig. 46. — Anchyloatome maie. — 1, grandeur naturelle; ï, fortemnent grossi. — a, spicule rentré; 6, la bourse caudale; c, ouverture de l'organe excréteur située près de l'wsophage; d, organe excréteur avec un noyau de cellule apparent; e, circonvolution du lube génital (d'après Bilharz).
ENTOZOAIRES. — entozoaires dans d'autres organes.
E. Anchytlosome duodênal, fig. 46. — Observé à Milan (Dubini) et en Égypte (Pruner, Bilharz et Griesinger), cet entozoaire n'a que 6 à 9 millimètres de longueur. Il occupe le duodénum et surtout le jéjunum, où il s'attache profondément à la muqueuse : d'où de petites et fréquentes saignées qui, suivant Griesinger, détermineraient l'anémie grave que l'on a dénommée chlorose d' Égypte. Mais une seule autopsie, avec épanchement sanguin et des milliers d'anchylostomes fixés chacun au centre d'une petite ecchymose, sert de base à cette manière de voir (Davaine, loc cit., p. 118).
F. Douve ou distome du foie, fig. 47 et 48. — Les voies biliaires qui
aboutissent au duodénum peuvent être obstruées par la douve du foie (distomum hepaticum), ainsi que le professeur Bienner (de Berne) en a rapporté un exemple très-intéressant, dont il a rapproché les neuf observations déjà connues. Son malade, ancien soldat aux Indes orientales, offrait un ictère intense, sans fièvre, mais avec des douleurs aiguës au niveau de l'hypochondre droit , des vomissements , une toux fréquente, et, dans les derniers temps, un amaigrissement et des accidents scorbutiques suivis de mort. Outre une rate trèsvolumineuse, il constata une douve obturant le canal cholé doque (Arch. de méd.y 1801).
G. Protozoaires. — Des infusoires qui ne se rencontrent pas dans les fèces dans Tétât sain peuvent y être constatés dans les flux de ventre. Des vibrions ont été trouvés dans les selles des cholériques par Pouchet (1849), Rayney et Hassall. Davaine en a rencontré aussi dans les garderobes
— a, ventouse buccale, b, ventouse • ■ . • . , ., . ,. .
abdominale, c, œsophage, dddd, des phthisiques, et, de plus, il a signalé des cerco- «miiication» de l'intestin -, elles monas, fig. 49, dans les selles des individus atteints
ZT*rt*T'^l 5 rl°ut * du choiéra (*853)- Enfin Malmsten a attribué la
cause de leur contraction. •
diarrhée et la hentene , dont deux de ses malades étaient atteints , à de nombreux protozoaires paramèciem qu'il a le premier observés dans cette condition. Ces différents protozoaires, qui périssent [dès
Fig. 49. — Cercomonas de l'homme grossis trois cent cinquante fois. Deux va riétés, t et 2 (Davaine).
que les matières fécales sont refroidies, n'ont jusqu'à présent qu'une valeur diagnostique très-secondaire.