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LÈPRE DES GRECS

Fig. 118.

Fig. 119.

et qui concernaient des individus nés en Amérique ou qui y avaient séjourné, il a constaté cette atrophie avec tous ses caractères, c'est-à-dire avec l'émaciation des parties molles de la main et la courbure des doigts en griffe, comme on le

voit figures 148 et 119, relatives à l'un de ces malades, courbure due à l'atrophie des muscles inter-osseux (Voy. Atrophie musculaire, p. 113, et Main, p. 612).

Quand la maladie a atteint ce degré de développement, elle ne peut plus être méconnue. A plus forte raison son diagnostic sera-t-il certain quand l'ulcération, conséquence fatale de son progrès, se sera développée. Ces ulcères rappellent assez bien l'aspect des ulcères variqueux ou scrofuleux; ils font des progrès incessants, interrompus par une cicatrisation incomplète et trompeuse. Danielssen et Boeck ont signalé dans des ulcères, recouverts par des croûtes épaisses, des acares produisant des démangeaisons insupportables. L'ulcération étend ses ravages destructeurs soit au niveau des articulations (surtout des mains et des pieds), d'où résultent l'élimination des phalanges, et même de plus grandes parties des membres, soit au niveau des muqueuses nasale, buccale, pharyngienne, laryngienne même , avec destruction profonde des parties , douleurs affreuses et écoulement infect. Les fonctions de nutrition, on le comprend sans peine, éprouvent un ébranlement profond. Il ne faut pas oublier que cette grave période d'ulcération peut succéder immédiatement à la période pemphygoïde ou echthymateuse, sans qu'il y ait de tubercule.

La marche essentiellement chronique de la lèpre des Grecs est caractéristique; elle se fait par poussées plus ou moins rapides, et sa durée, très-variable, dure rarement moins de deux ans. — Quoique les éléments étiologiques soient très-obscurs, il est important de se rappeler que la maladie se rencontre dans les climats extrêmes : les régions polaires et équatoriales. C'est surtout au Brésil, en Norwége et en Islande qu'on la rencontre, favorisée par un régime et une hygiène déplorables. La contagion, admise dans l'antiquité, n'a pu . être démontrée de nos jours; l'hérédité, au contraire, doit être adoptée dans une certaine mesure.

Il est facile de comprendre que c'est surtout au début de la maladie qu'on peut la confondre avec des affections cutanées toutes différentes. — Quand les macules seules existent, on pourrait croire d'abord à une syphilide, si les taches ne présentaient pas ces altérations de la sensibilité qui manquent dans les manifestations cutanées de la vérole. — Le même caractère dislinctif empêchera ces macules d'être confondues avec les ephelides, erreur qui paraît être assez commune (Schilling). — Les tubercules ne seront pas pris pour des tubercules syphilitiques, si l'on tient compte des autres particularités de la maladie, lèpre ou syphilis. La confusion serait ici regrettable en raison du traitement, les mercuriaux pouvant produire une aggravation dans l'état général de la lèpre. — De même que les taches peuvent induire en erreur, de même l'éruption pustuleuse ou huileuse si prompte peut être prise pour une affection cutanée simple, ou même, dans le cas de bulle, pour une simple brûlure au deuxième

LEUCÉMIE, LEUCOCYTHÉMIE. 601

degré, si le malade a intérêt à cacher son mal. — Enfin, quand la maladie est avancée, les ulcères lépreux désorganisent les orteils, et, examinés séparément, peuvent faire croire au mal perforant du pied; mais ce mal est local, et la lèpre générale par excellence.

Après ce qui précède, nous n'avons pas à revenir sur le siège occupé par les lésions, ni sur ces légions elles-mêmes, qui affectent plus particulièrement le derme, dont on retrouve, sous le microscope, les éléments plus ou moins altérés au niveau des tubercules. Je n'insiste pas non plus sur les formes de la lèpre, qui peut ou non être tuberculeuse.

Parmi les complications, outre celles qui résultent des progrès même de la maladie, comme la perte de certaines parties des membres, la destruction des cartilages du nez, celle de l'œil, le rétrécissement du larynx entraînant parfois l'asphyxie, etc., on compte Y > lèphantiasis des Arabes ou des Barbades, qui peut lui-même se compliquer de la lèpre des Grecs, ce qui a fait sans raison assimiler les deux maladies.

3° Pronostic. — La terminaison par la mort peut survenir par les seuls progrès de la maladie et des désordres organiques qu'elle entraîne, et fréquemment par des phlegmasies accidentelles des organes respiratoires. En attendant, le malheureux lépreux subit des mutilations qui lui donnent un aspect repoussant et rendent son existence malheureuse et précaire. La maladie présente quelquefois des temps d'arrêt fort longs, selon l'âge, le régime et la position de fortune. Ces temps d'arrêt peuvent être pris pour des demi-guérisons, et peutêtre doit-on confondre avec eux les guérisons radicales qu'on a cru constater.

LÉTHARGIE. — On a considéré la léthargie tantôt comme une sorte de coma somnolentum, dont les réveils momentanés s'accompagnent d'incohérence dans les idées, et tantôt comme la mort apparente. La léthargie, sous ces deux formes, se rencontre principalement comme manifestation de I'hystérie.

LEUCÉMIE , LEUCOCYTHÉMIE. — L'exagération du nombre des globules blancs du sang, reconnaissable au microscope (Voy. Leucocytes), constitue-t-elle, comme on l'a dit, la lésion fondamentale d'une affection particulière qui doit occuper sa place dans le cadre nosologique ? ou bien n'est-elle qu'un épiphénomène pathologique se rencontrant dans un certain nombre de maladies ? Il est indispensable d'être fixé sur l'un ou l'autre de ces points, afin de diriger son diagnostic vers un but bien défini lorsque l'on constate l'exagération des globules blancs du sang. Voyons donc rapidement ce que les faits, et non les théories, doivent faire admettre au praticien ; car la question me parait avoir la même opportunité qu'à l'époque où parut la première édition de ce livre.

Suivant J. H. Bennelt et Yirchow, et, après eux, suivant Lcudet, Charcot {Bull, de la Soc. de biol., 1853), Vigla (Bull, de la Soc. des hôpit., 1856), E. Vidal qui, dans une intéressante monographie, a analysé et commenté trente-deux observations, en ne s' occupant toutefois que d'une forme particulière de l'affection (Gaz. hebdomad.y 4850), et enfin, suivant Trousseau (Leçons cliniques, Gaz. des hôpit., 1858), la leucocythémie serait une entité morbide caractérisée par une cachexie particulière qui aurait pour caractères fondamentaux l'augmentation notable des globules blancs du sang et 1 hypertrophie, soit de la rate (forme splènique), soit des ganglions lymphatiques (forme lymphatique).

Malgré la valeur et l'appui de ces autorités, tous les observateurs sont loin de partager cette manière de voir, qui a la fragilité de celles que l'on fonde sur un nombre restreint de faits, observés à l'exclusion de ceux qui peuvent contredire la théorie hâtive que les premiers ont suscitée.

Telle est, en effet, la théorie de la leucocythémie dite maladie.

LEUCÉMIE, LEUCOCYTHÉMIE.

Bennett et Virchow ayant rencontré des faits de cachexie dans lesquels, avec l'exagération du volume de la rate ou des ganglions lymphatiques, il y avait exagération notahle du nombre des globules blancs dans le saug, sans fièvre intermittente antérieure, en ont conclu qu'ils avaient affaire à une cachexie spéciale ayant pour origine cette altération particulière du sang, celle-ci étant cause, et la maladie effet. Pour qu'il en soit ainsi, il faut rigoureusement (car il s'agit ici d'une proposition qui ne peut admettre d'exception) qu'il y ait des symptômes particuliers dépendant de la lésion du sang elle-même, et ne pouvant se rencontrer indépendamment de l'exagération du nombre des globules hlancs du sang. Or, voyons ce que nous apprennent à cet égard les faits considérés dans leur ensemble, et non une série de faits pris à part.

D'abord il est hors de toute contestation que l'on a observé la lésion leucémique non-seulement dans des cas analogues à ceux qui ont été signalés par Virchow, mais encore dans des cachexies véritablement paludéennes, el dans des faits de cachexie cancéreuse.

En second lieu, il n'est pas moins avéré que la lésion leucémique peut absolument faire défaut dans des faits caractérisés par des symptômes exactement semblables à ceux que l'on a attribués à celte lésion du sang Lasègue, faisant connaître à la Société des hôpitaux (dans la discussion qui eut lieu en 1855- 1850) les travaux entrepris en Allemagne sur le sujet qui m'occupe, signalait quelques notes critiques dans lesquelles un déclarait avoir observé des cas nombreux d'anémie avec tumeur de la rate, sans leucocythémie. Ces observations étaient-elles autre chose que des cachexies semblables à celles de Virchow sans la lésion considérée comme fondamentale? Il n'est pas permis d'en douter. Moimême, quelques mois plus tard, je rencontrais à l'hôpital Necker un exemple de cachexie observée avec le plus grand soin, présentant tous les caractères de la leucocythémie décrite comme maladie, et un développement considérable de la rate sans fièvre intermittente antérieure (leucémie splénique de Virchow); mais le sang, examiné pendant la vie et après la mort, ne présenta pas d'augmentation du nombre des globules blancs (Union méd., 1850).

Cette seule observation dans laquelle l'hypertrophie de la rate ne dépendait nullement d'une oblitération de la veine splénique, comme le démontra l'autopsie, en dit plus que tous les raisonnements, pour démontrer que la leucocythémie n'est pas une lésion fondamentale à laquelle on devra rattacher les symptômes de la maladie. Mais il y a plus : la même conclusion est applicable à la forme lymphatique de la maladie de Virchow. Pendant que se discutait la question de la leucémie à la Société des hôpitaux, Bonfils communiquait à la Société médicale d'observation un fait remarquable de cachexie chronique avec hypertrophie énorme de tous les ganglions lymphatiques, développement de la rate, asphyxie mortelle par hypertrophie des ganglions bronchiques, et absence d'augmentation des globules blancs du sang plusieurs fois constatée par Ch. Robin (Recueil de la Soc. méd. d'observ., t. I). Ici la leucocythémie lymphatique de Virchow avait été diagnostiquée avant l'examen du sang, mais il devint impossible de l'admettre après.

Il est donc de toute évidence qu'il faut interpréter autrement que ne l'a fait Virchow les cas de leucocythémie splénique ou lymphatique, et les envisager comme je l'ai fait sous la dénomination de cachexie splénique ou lymphatique.

Une autre conclusion non moins logique à tirer de ce qui précède, c'est que la lésion leucémique du sang n'est qu'un épiphènomène de diverses cachexies. 11 reste à J. H. Bennett et Virchow le mérite déjà très-grand d'avoir signalé

LEUCOCYTES.

cet élément nouveau des maladies cachectiques, d'avoir fait connaître sa fréquence dans les cachexies avec hypertrophie de la rate ou des ganglions lymphatiques, et enfin d'avoir décrit une cachexie analogue par ses symptômes à celle que produit l'intoxication paludéenne, mais sans fièvre antérieure de cette espèce, et à laquelle se joint très- souvent, mais non toujours, une exagération notable des leucocytes du sang.

En définitive, la leucémie ou leucocythémie est un simple épiphénomène, dont l'influence sur les fonctions en général est encore inconnue, les signes d'anémie, les suffisions séreuses, les hémorrhagies et le dépérissement cachectiques qui lui ont été attribués étant absolument les mêmes dans beaucoup de circonstances où l'exagération des globules blancs n'a pas lieu. Cependant il résulte des recherches récentes d'Aug. Ollivier, que l'accumulation des leucocytes dans le poumon produit, dans la leucocythémie, une dyspnée extrême caractéristique, et que les globules blancs, jouant le rôle d'infarctus dans les vaisseaux du cerveau et des reins, y déterminent des épanchements hémorrhagiques, d'où Y hémorrhagie cérébrale dans le premier cas, et Yalbuminurie dans le second. Ollivier a constaté avec Ranvier des amas de globules blancs provenant d*hémorrhagies capillaires dans divers organes, notamment dans le foie et les reins (Arch. de physiol., 1869). Parmi les hémorrhagies variées qui ont coïncidé avec la leucémie, on a signalé l'hémophilie (Laveran, Gaz. hebdom., 1857).

On soupçonnera l'existence de la leucémie ainsi comprise à la coloration brunâtre particulière du sang, et on la constatera directement par l'examen du sang au microscope, ainsi que je l'ai indiqué ci-après au mot Leucocytes ( Voy. aussi Cachexie splénique ou lymphatique).

LEUCOCYTES (globules blancs du sang). — On sait que ces éléments anatomiques du sang, vus au microscope, ont un volume supérieur à celui des globules rouges, et qu'il varie entre 0mm,010 et 0mn\0U. Ils ne sont, chez l'adulte, que dans la proportion de 1 pour 100 ou 200 globules rouges, ou, plus exactement, suivant Moleschott et Welker, de 1 globule blanc pour 357 colorés. Quoi qu'il en soit de cette évaluation, l'importance est de savoir que leur nombre peut atteindre 25 ou 30 et même 50 pour 100, ce qui caractérise Y état leucocythémiqne du sang ou la leucocythémie. C'est à ce point de vue que les leucocytes nous intéressent, et qu'il me parait nécessaire d'indiquer comment on constate cette exagération de leur nombre et les précautions que l'on doit prendre pour éviter les causes d'erreur.

Tantôt on a à sa disposition une certaine quantité de sang obtenue par suite d'une hémorrhagie ou par l'application d'une ventouse scarifiée (Becquerel), tantôt seulement une gouttelette de sang obtenue par une piqûre.

Dans le premier cas, le simple aspect du sang qui contient une exagération de globules blancs a des caractères qui sont parfois assez tranchés pour attirer l'attention pendant la vie. Au lieu d'être d'un rouge plus ou moins franc ou noirâtre, il est généralement trouble, d'un rouge jaunâtre à sa sortie des vaisseaux; par le repos, il peut former une sorte de bouillie d'un brun acajou ou chocolat, contenant une quantité variable de coagulations blanchâtres. Introduit dans un tube dans lequel on le laisse reposer, le sang leucocythémique donne lieu à la formation d'un caillot qui se divise en deux parties, selon Vogel : une couclie inférieure d'un rouge brun, et une couche supérieure blanchâtre et granuleuse, plus ou moins épaisse. Cette couche blanchâtre n'est autre chose qu'un amas de leucocytes qui, examinés au microscope, sont reconnaissables à leur couleur blanche, à leur forme sphérique, à leur volume à peu près uniforme, à leur contenu finement granuleux ou constituaut de deux à quatre ou cinq noyaux

LEUCORRHÉE

ronds ou ovales, que l'acide acétique rend plus évidents et teint en jaune rougeàlre. On voit parfois ces cellules se déformer spontanément, en donnant lieu à des expansions sarcodiques, puis reprendre la forme sphérique.

Par le second mode d'exploration, qui est celui auquel on a recours de préférence, on examine simplement au microscope une très-minime quantité de sang, recueillie par suite d'un petit écoulement hémorrhagique spontané, ou obtenue à l'aide d'une piqûre de lancette.'ou plutôt d'aiguille opérée sur un doigt du malade ou sur ses gencives. Dans ce cas, il peut arriver deux choses : ou bien le sang est liquide au moment de l'examen microscopique, ou bien il a été conservé quelque temps et il est en partie coagulé. La première condition est la plus favorable, et le champ du microscope montre immédiatement la proportion qui existe entre les globules blancs et rouges, ceux-ci en forme de disques empilés par groupes, et ceux-là globuleux, plus gros et parfaitement distincts, plus ou moins nombreux suivant le nombre total des globules des deux espèces. Si le sang est en partie coagulé, leur comparaison est loin d'être aussi facile. J'ai fait remarquer (Soc. des hôpitaux, 1856) que, s'il se trouve un petit caillot pressé entre les deux lames de verre du porte-objet, presque tous les globules blancs se groupent au pourtour, où leur proportion paraît énorme, tandis que, vers le centre, on en trouve à peine. Il faut donc, en pareil cas, enlever avec soin toute concrétion sanguine de la préparation si l'on veut se faire une juste idée de la proportion des globules, examiner la préparation dans toute son étendue, et surtout s'assurer toujours que les leucocytes ne se sont pas accumulés, à la périphérie.

Pour établir la proportion des leucocytes dans le sang que l'on examine, on n'a pas d'autres moyens que l'appréciation visuelle, soit dans le champ du microscope, soit dans le tube dont il a été parlé d'abord, et où la hauteur de la couche blanchâtre et grumeleuse, comparée à celle de la couche inférieure d'un brun rougeâtre, indique la proportion relative des globules blancs et rouges. Dans les cas les plus ordinaires, l'examen au microscope ne permet d'arriver qu'à une évaluation approximative, les globules rouges empilés ne pouvant être facilement comptés. On admet qu'il y a exagération pathologique du nombre des leucocytes lorsqu'ils représentent le quart, le tiers ou la moitié des globules rouges, comme je l'ai dit en commençant.

Donders et Moleschott ont démontré (1817) que le nombre des leucocytes normaux augmente momentanément après les repas, ce qui a été confirmé par de Pury et Hirt. Il serait intéressant de rechercher s'il en est de même lorsqu'il y a leucocythémie.

On a considéré d'abord ces globules blancs du sang comme des globules de pus. La vérité est qu'aujourd'hui on regarde comme impossible de distinguer à l'examen microscopique les leucocytes des globules de pus. Traités par l'ammoniaque liquide, les leucocytes forment même une masse filante comme le pus additionné du même réactif (Regnauld et Emile Vidal, Soc. des hôpit. de Paris, août 1850).

LEUCORRHÉE. — Je comprends sous le nom de leucorrhée les écoule ments blancs, chroniques, quelquefois habituels, qui se font hors des organes génitaux de la femme, avec ou sans altération de ces organes, et assez abondants pour être incommodes.

1° Caractères. — La matière de l'écoulement est blanchâtre, d'où les noms de fleurs, flueurs, ou pertes blanches; mais elle varie suivant qu'elle provient du col de l'utérus ou du vagin. S'il est fourni par le col, le liquide est habituellement aqueux ou fdant, transparent, semblable à du blanc d'œuf; s'il pro-

LEUCORRHÉE.

Fig. 120. - Epithélium du vagin (Lionel Beale).

Fig. 121. — Epithélium du vagin (Lionel BeaJe).

vient du vagin, il est opaque, d'un blanc crémeux ou caséeux. On peut établir d'une manière générale que, dans les cas de lésions de la muqueuse, le liquide excrété prend un aspect purulent, circonstance importante qui ressort des recherches consciencieuses de d'Espine (Arch. de mèd., 1836, t. X). Le liquide leucorrhéique forme sur le linge des taches grisâtres, consistantes comme celles de l'empois. On peut souvent le voir sourdre, soit de l'orifice utérin, soit du vagin , à l'aide du spéculum. Examiné au microscope, on peut y trouver, outre des globules de pus, des cellules épithéliales du vagin, fig.

120 et 121. Le docteur Faire (Arch.

of. med., 1. 1) a figuré des moules cylindriques membraniformes provenant de la desquamation des muqueuses utérines et vaginales, moules décrits aussi par Tilt, qui considère celui de la figure 12:2 comme provenant de l'intérieur de l'utérus. Selon Da vaine {Traité des Entozoaires, 1860), le mucus vaginal renferme quelquefois des bulles d'air qui lui donnent l'aspect écumeux, ce qui coïnciderait constamment avec la présence d'un parasite microscopique : la trichomonade vaginale, fig. 51 (p. 366).

Comme conséquences de la leucorrhée abondante et prolongée, je dois signaler l'alanguissement et la faiblesse, la flaccidité des chairs, la pâleur, Yandmie en un mot, et surtout la gastralgie, Yenteralgie. Un fait moins bien démontré, c'est que la leucorrhée pourrait par elle-même produire des végtations, qu'il faudrait se garder dès lors de considérer comme syphilitiques, et qui seraient analogues à celles observées dans le cours de la grossesse (Voy. p. 470).

Suivant H. Beigel, la sécrétion du col utérin est toujours alcaline, et celle du vagin acide {Arch. de mèd., 1856, t. VIII). Ces caractères ne peuvent guère servir au diagnostic anatomique, qui nécessite l'exploration au spéculum.

2° Conditions pathologiques et signification. — L'examen direct des voies génitales est indispensable pour déterminer l'origine de l'écoulement. Tantôt on trouve des lésions locales qui l'expliquent, et tantôt la muqueuse parait saine. Lorsqu'il existe des lésions, elles peuvent occuper seulement la vulve {Voy.

Fig. 1Î2. — Moule composé d epilhélium de l'ulénu (Lionel Beale).

LEUCORRHÉE.

Volvite), l'utérus ou le vagin. — La congestion utérine explique la leucorrhée qui précède et qui suit les règles chez certaines femmes. Les granulations du col, la mètrite, une ulcération, une déviation utérine, un polype, un cancer, peuvent expliquer immédiatement la production de l'écoulement. Il en est de même lorsque, dans le vagin, on constate des rougeurs dépendant d'une inflammation simple ou blennorrhagique, des érosions ou des ulcérations, ou des granulations, comme celles qui surviennent avec de la leucorrhée, dans le cours de la grossesse (vaginite granuleuse).

Lorsque le spéculum ne fait constater aucune lésion apparente dans le vagin ou au niveau de l'utérus, il peut cependant se faire, si l'écoulement a lieu par le col utérin, qu'il y ait une lésion dans une partie cachée de l'organe. On admettra cette probabilité si le liquide est purulent, strié de sang, séro-sanguinolent. Quant à la lésion elle-même, elle me paraît impossible à déterminer d'après la nature du liquide.

Il y a tout lieu de croire qu'il a une leucorrhée proprement dite, c'est-à-dire catarrhale ouidiopathique, si le liquide utérin est transparent ou opalin, al bu milieux ou aqueux, produisant sur le linge des taches comme gommées et légèrement grisâtres, tandis que, si le liquide est sécrété par la muqueuse vaginale, il est plus fluide, mais opaque, crémeux, montrant au miscroscope une grande quantité de cellules épithéliales, et formant en se desséchant sur le linge des taches d'un gris sale ou brunâtre, larges, mal circonscrites (Reclam).

La détermination de la source vaginale ou utérine de la leucorrhée a été considérée comme importante à un grand nombre de praticiens, à Flelwood Churchill entre autres, qui regarde la leucorrhée utérine comme la plus fréquente, et comme expliquant les troubles généraux graves qui coïncident quelquefois avec la leucorrhée (Traité prat. des malad. des femmes, trad. par Wieland et Dubrisay, 186G). Graves, à priori il est vrai, pense que l'organisation du vagin, avec sa sensibilité exquise et ses sympathies nombreuses, suffit pour rendre compte de ces troubles généraux (Clin, méd., 57« leçon).

Les données étiologiques de la leucorrhée seront également utiles au diagnostic. Celle du vagin, qui s'observe assez souvent chez les petites filles, est rapportée principalement à la malpropreté ou à la masturbation. Mais on a cru devoir aussi la rapporter au froid, à Y affaiblissement, à une mauvaise consti tution, à l'application de substances irritantes (F. Churchill), et surtout à une influence catarrhale, que l'on a vue agir épidémiquement dans les hôpitaux d'enfants malades (Boivin et Dugès; Kinder-Wood). Le vulgaire croit quelquefois à un attentat criminel, là où il existe une affection bénigne spontanée. — Chez la femme, le coït répété, un avortement, un étal chloro-anèmique, des déviations utérines, dans lesquelles la leucorrhée serait constante, selon Valleix, et enfin une névralgie lombo-abdominale (ou utéro-lombaire), ont été aussi considérés comme des causes habituelles de leucorrhée. — Enfin Mattews Du n eau (Edinb. med. journal, i860) a signalé, chez les femmes âgées, une leucorrhée exempte de toute lésion, et qui pourrait faire croire quelquefois a une affection cancéreuse qui n'existe pas. L'écoulement est alors muco-purulent, plus ou moins épais, parfois mélangé de sang, et d'une odeur putride qu'il acquiert lorsque la matière séjourne seulement quelques heures dans l'utérus. De plus, le rétrécissement du col de l'organe causé par l'atrophie, une fluxion, la position déclive de l'utérus, donneraient lieu à la rétention de celte matière; et alors surviendrait dans les reins et dans le ventre une douleur analogue à celle de l'accouchement. L'emploi de la sonde utérine et du spéculum peut empêcher une erreur de diagnostic; mais la sonde utérine, si on la croit utile ici,

LIENTÉRIE.

doit être employée avec beaucoup de douceur, car les parois utérines n'ont pas en pareil cas leur épaisseur habituelle, et l'on pourrait les perforer.

LICHEN. — Les caractères du lichen se trouvent résumés dans la définition qu'en donne Hardy (Leçons sur les maladies de la peau, 4858), qui le considère comme une c maladie caractérisée, à son début, par l'éruption de petites papules, ordinairement un peu serrées les unes à coté des autres, présentant une rougeur qui ne tarde pas à s'effacer, et plus tard, par une altération plus profonde de la peau qui devient épaisse, rude, et dont les plis augmentent de profondeur, i

Il résulte de là quatre aspects différents de la maladie, qui a une prédilection particulière pour la partie postérieure et latérale du cou, le visage, les mains, les avant-bras, mais qui peut apparaître d'ailleurs dans toutes les régions. 1° La première forme, la simple agglomération de petites papules rouges ou décolorées, se remarque surtout au début. 2° Plus tard, ce ne sont plus de simples petites papules agglomérées qui peuvent faire porter le diagnostic du lichen ; elles se sont plus ou moins affaissées, surtout lorsque l'affection tend à la guérison, et de petites squames les recouvrent. 3° Ou bien, excoriées par le grattage que provoquent des démangeaisons parfois atroces, elles sont surmontées de très-petites croûtes grisâtres ou noirâtres dues au dessèchement de la sérosité du sang. 4° Enfin, les papules disparues, il a persisté un épaississement et une sécheresse de la peau qui est rude et sèche au toucher, et qui présente des rides que Hardy compare avec justesse aux hachures parallèles de certains dessins, et qui peuvent aller jusqu'à constituer des crevasses.

Ces différents aspects sont plus ou moins caractéristiques des diverses variétés de lichen établies par les dermatologistes. Il est dit simple, circonscrit ou par plaques, par bandes (gyralus), livide ou violacé, invétéré (rides et sécheresse rugueuse); enfin il a été dénommé suivant son siège, soit au niveau des follicules pileux (pilaris), où il prend l'aspect de la chair de poule, soit au périnée (lichen podicis), où il revêt la forme des hachures de dessin, et s'accompagne de démangeaisons extrêmes.

La marche du lichen est ordinairement très-longue, sujette à des recrudescences ou à des récidives, et s'observe principalement à l'automne et au printemps, chez les individus secs et nerveux, ou exposés au contact de substances irritantes. 11 ne paraît pas contagieux ; cependant Devergie admet cette contagion.

Le diagnostic, en l'absence des papules, est assez difficile à établir, et les meilleurs signes, suivant Hardy, sont alors la sécheresse et l'épaississement de la peau, ainsi que l'exagération des plis. Ce qui augmente quelquefois les difficultés, c'est le mélange des vésicules de l'eczéma aux papules du lichen, d'où l'on a fait Y eczéma lichênoïde ou lichen eczémateux, appelé aussi UcJien agrius, dont la marche est rapide, aiguë, et qui se complique de sécrétion et de croûtes semblables à celles de l'eczéma. Il y a, en un mot, combinaison des caractères des deux maladies.

Je renvoie pour le diagnostic différentiel aux caractères que j'ai donnés de Y eczéma, du prurigo, du psoriasis, de Yherpès circinè, de la gale.

Le lichen, qui se complique assez souvent de gastralgie, n'offre aucun danger, mais il est extrêmement pénible par les démangeaisons atroces qu'il produit et par sa ténacité lorsqu'il est invétéré.

LIENTÉRIE. — Elle n'est autre chose qu'une diarrhée qui est caractérisée par l'expulsion de matières contenant des fragments d'aliments non digérés. Elle est symptomatique d'un état dyspeptique de l'estomac (Voy. Dyspepsie).

LIGAMENTS LARGES. — Voy. Utérin (Appareil).

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