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MACULES

les muscles sacro-spinaux sont sains, mais avec action prépondérante courbant le tronc en arrière, par suite de l'inertie des antagonistes (muscles abdominaux).

Partant de ces faits cliniques, Duchenne a plus récemment démontré la nécessité de la contraction des muscles des lombes et de l'abdomen pour maintenir le tronc dans la station debout ou assise, la résistance des ligaments jaunes ne pouvant suffire, comme le pensaient certains anatomistes, pour empêcher le tronc d'être entraîné en avant. L'ensellure physiologique, que l'ingénieux observateur a étudiée en employant une tige articulée analogue à mon cyrtomèlre, qui lui a fourni des tracés sur le papier, est une conformation qui est loin d'être rare et qui donne une grande élégance à certaines races (Andalouses). Mais cette conformation, qui résulte de la faiblesse des parois abdominales, a des inconvénients, surtout lorsqu'elle est exagérée. Après la première ou la seconde grossesse, le ventre est « tellement développé par la dilatation immodérée de la masse intestinale, que la taille et le tronc se déforment; que plus tard la marche et la station ne peuvent se prolonger un peu sans provoquer de la fatigue et quelquefois de la douleur dans la région lombaire; enfin que des douleurs internes obligent à porter une ceinture qui vient en aide à la paroi abdominale impuissante pour soutenir les viscères » (Arch. de mêd., 1866, t. VIII).

C'est aux lombes que siègent une des variétés les plus fréquentes du rhumatisme musculaire (lombago), et les douleurs que Ton observe au début de certaines Oèvres, notamment de la variole. Cette douleur est quelquefois atroce dans la fièvre jaune (coup de barre).

LOMBRICS. — Voy. Entozoaires.

LORDOSE. — Voy. Déviations vertébrales, et Lombes.

LUPUS. — Voy. Scrofulides.

LYMPHANGITE. — Voy. Angioleccite.

LYMPHATIQUE (Appareil). — Les vaisseaux et les ganglions qui constituent l'appareil lymphatique ne sont pas tous également accessibles à l'exploration. Les vaisseaux ne le sont pas chez l'homme sain, et les ganglions sous-cutanés ne sont sentis à la palpation que dans certaines parties, aux aines, par exemple.

Les phénomènes pathologiques que présentent les vaisseaux lymphatiques superficiels sont ceux de I'angioleucite, des varices ampullaires des troncs lymphatiques, ainsi que des varicosités des réseaux lymphatiques soulevant l'épiderme (Fitzer, Demarquay, Cam. Desjardins), et dont l'ouverture laisse ' écouler goutte à goutte un liquide opalin, se coagulant à la manière du sang. Le même liquide est fourni par les plaies et les fistules lymphatiques, si difficiles à guérir (Voy. Thèse de Binet, 1858). Ces varices des vaisseaux lymphatiques sont d'ailleurs assez rares ; mais ce qui l'est encore plus, c'est l'inflammation du canal tkoracique qui, dans un seul cas rapporté par J. Worms (Gaz. hebdom.y 1859), s'accompagna d'un phénomène qui pouvait être attribué à la phlegmasie du canal en question ; ce fut l'oblitération de la veine sousclavière gauche, et par suite le gonflement et la distension des veines du membre supérieur correspondant.

Les ganglions lymphatiques n'intéressent le médecin que lorsqu'ils augmentent de volume. Il en résulte des adénites ou adénopathies qui sont liées à des lésions locales ou à un état général de l'économie.

MACULES. — Les principales maladies de la peau rangées parmi les macules sont dues à l'accumulation du pigment cutané. On les reconnaît à des taches d'un gris fauve, café au lait, ou brunâtre, qui persistent pen- Woille*. — Dict. de Diagn. 2» édit. 39

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liant un temps plus ou moins long, ou indéfiniment, et qui diffèrent par cela même des taches passagères qui se montrent dans le cours de certaines affections.

Il me suffit de rappeler que l'on a rangé dans les macules : 1° le lentigo (ou taches de rousseur), 2° les éphélides (taches hépatiques, masque des femmes enceintes), 3° la nigritie, dans laquelle on ne doit comprendre que la peau bronzée ou maladie d'Addison, et enfin, 4° les nœvi. Hardy a de plus décrit sous le nom de syphilide pigmentaire ou maculeuse, des taches d'un gris café au lait qu'il rapporte à la syphilis, comme leur nom l'indique {Leçons sur les maladies de la peau, 1858 ; et Thèse de Pillon, 1857). Le lentigo et les éphélides ont été rangés par Bazin dans la classe des crasses parasitaires, sans qu'il ait démontré pourtant qu'un parasite végétal soit réellement la cause de l'affection.

On a rangé aussi parmi les macules les décolorations plus ou moins étendues, dues à l'absence du pigment de la peau, tantôt généralisées , d'où Yalbinisme, tantôt localisées, d'où le vitiligo.

De simples macules sont le premier signe d'autres affections de la peau plus compliquées, comme le frambœsia, la lèpre des Grecs, le pavhydermatocele. Gomme complément de cet article, voyez Colorations anomales, Taches.

MAIGREUR. — Voy. Amaigrissement.

MAIN. — La peau des mains, leur conformation, leur sensibilité ou leurs mouvements, présentent des particularités très-utiles au diagnostic comme signes, soit d'affections locales, soit d'affections plus éloignées.

G'est aux mains que l'on rencontre exclusivement l'affection pustuleuse dite mal de bassine, et le siège principal de l'éruption pellagreuse , de I'eczéma chez les individus qui manient des substances irritantes. C'est également à la paume des mains (et à la plante des pieds) que se rencontrent le pemphigns infaiitile syphilitique, et la sypliilide squameuse cornée de l'adulte. Trousseau et Lasègue {Arch. de mêd., 1847, t. XV) ont insisté sur l'importance de ce siège, qu'ils considèrent en pareil cas comme un indice de syphilis rarement infidèle.

Les déformations de la main qui sont en dehors de celles que décrit la chirurgie, résultent tantôt d'une lésion spontanée du squelette de la main et principalement des articulations, comme dans la goutte ou dans le rhumatisme aigu ou chronique, tantôt d'une atrophie de certains muscles, qui agit non-seulement en diminuant leur volume, mais en laissant toute liberté aux contractions des muscles antagonistes, dont l'action produit les déformations les plus bizarres, rappelées à la page 113. D'autres fois, ce n'est plus l'atrophie, mais la paralysie des muscles, qui les laisse dominer par leurs antagonistes. Enfin il peut y avoir une contracture, ordinairement passagère, qui produit directement la contraction anomale. Dans ces différents cas, il s'agit de déterminer parmi ces trois conditions, atrophie, paralysie, contracture, celle à laquelle on a affaire. S'il s'agit d'une contracture temporaire, on devra songer soit à la contracture idiopathique (p. 233) , soit aux contractures par abus fonctionnel décrites sous le nom de spasmes par Duchenne (De Y Electrisation localisée, 3e édit., 1809), et dans lesquelles est comprise la crampe des écrivains (p. 230).

Les déformations de la main par atrophie ou paralysie des muscles qui s'y insèrent ou qui s'y rendent sont extrêmement remarquables, et elles peuvent attirer immédiatement l'attention de l'observateur. Il est donc nécessaire de les bien connaître pour en déterminer l'origine, ce que les recherches de Duchenne

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(Ouv. cité) rendent! facile. Aussi lui ai-je emprunté les figures ci-contre, fig. 125 à 432 , qui montrent, bien mieux que ne le pourrait faire une simple description, la valeur de ces déformations comme signes. J'ai déjà, au mot Lèpre (des Grecs), donné deux figures qu'on peut rapprocher de celles de cet article.

J 'y- I- Fig. 126. Fig. 1Î7.

Fig. 125.— Atrophie du court abducteur et npposaut du pouce, empêchant le pouce d'être porté vers le» autres doigta de la même main (Duchenne}.

Fig. 126. — Atrophie musculaire graisseuse do tous les muscles de l'erainence thénar. I.e premier métacarpien est entraîné eu arrière, sur le même plan que le deuxième métacarpien, par le long exteuscur du pouce, autagoniste des muscles qui concourent & l'opposition du pouce (Duchenne).

Fig. 127. — Main dont presque tous les muscles sont détruits par l'atrophie, ce qui donne aux doigts l'attitude d'une main de cadavre. Quelques fairceaux persistants du louj extenseur du pouce entraînent le premier métacarpien sur le plan du deuxième métacarpien.

Fig. 128.

Fig. 123. — Effets de l'atrophie isolée des faisceaux du fléchisseur sublime envoyés au médius ctàlannulaire. Fia. 129.— Paralvsie et atrophie des interosseux consécutivement à la blessure du nerf radial, ce qui a

parallèlement a la direction des métaet les deux d«ruières au contraire

fait perdra aux duigts le pouvoir d'étendre les trois phalanges paralli carpiens. Les premières phalanges se renversent sur les métacarpiens, ■ infléchissent, ce qui donne à la main la forme d une griflè.

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La main est en outre le siège de douleurs, qui ne présentent pas de particula rités intéressantes à rappeler , si ce n'est que les deux derniers doigts sont engourdis et douloureux dans la névralgie cubitale, et que les mêmes signes

Fig. 130. l'ij III.

Fig. 130 et (31. — Main en grifTe par paralysie alrophique d<?s mu*cles de la main droite consécutive à l'arrachement du nerf cubital. A, cicatrice de la lésion. B,B,D,B, tètes des méticarpiens hypertrophiés. C, D, régions thénar et hypothénar. Les tendons extenseur* et ttéchisieuM forment des reliefs qui soulèvent la peau (Duchenne).

s'observent principalement au niveau du pouce, si la névralgie occupe le nerf radial.

Il arrive quelquefois que la main, sans présenter de déformation, sans être le siège de troubles de la sensibilité, ne peut exécuter certains mouvements : son

Fig. I3i. — Paralysie et atrophie des muscles de la main consécu hcs à une luxation scapulo-huméraW»

(iotra-caracoïdicnne] (Duchenne).

extension, par exemple, lorsque les extenseurs sont paralysés ; la difficulté de saisir de très-petits objets, comme cela arrive dans les paralysies progressives ou incomplètes ; l'impossibilité d'écrire en ligne de gauche à droite, lorsqu'il y

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