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MATITÉ

L'année suivante, Nat. Guillot (Acad. des se), puis de nouveau Gubler (Gaz. méd., 1856), étudièrent plus complètement cette question. La sécrétion lactée est habituelle chez les nouveau-nés, selon Gubler, qui a examiné quatre cent trente-cinq enfants de cette catégorie. Elle apparaît dès le troisième jour, va en augmentant jusqu'au huitième, en même temps que le volume des glandes s'accroît de manière à former un noyau dur et sensible; les accidents persistent à un certain degré jusqu'au vingtième jour, et il est rare que la sécrétion lactée n'ait pas cessé un mois après la naissance. Cette sécrétion, ce gonflement douloureux des glandes mammaires sont d'autant plus intéressants à connaître qu'il y survient des phlegmons dont on pourrait méconnaître la véritable origine.

MALADIE BRONZÉE (ou d'Addison). — Voy. BnoNZÉE (Peau ou maladie).

MALADIE DE BRIGHT. — Voy. Bright (Maladie de). MANIE. — Voy. Folie, MARASME. — Voy. Amaigrissement.

MARCHE. — Voy. Myotilité, Paralysies.

MASTICATION. — Voy. Maxillaires (Régions). MASTOÏDIENNE (Région). — Voy. Tête.

MATITÉ. — 1° Caractères. — La diminution d'intensité du son que produit la percussion thoracique, comparativement au son clair obtenu par le môme moyen, a des caractères connus de tous lorsqu'elle constitue la matité franche, celle ressemblant à la chair frappée, suivant l'expression d'Avembrugger, ou au son rendu par la percussion médiate de la cuisse. Mais la matité, comme expression de la diminution d'intensité du son, présente des degrés ou des nuances qui sont moins bien accentuées et qui ont reçu les noms de submatitê, son sourd, son obscur. Je crois avoir démontré ailleurs (Arch. de méd., 4855, t. V) que les sons mats de percussion varient autant par leur tonalité respective que par l'intensité; mais la science n'est pas encore bien fixée sur les applicacations de ces principes à la pratique. Si je les rappelle, c'est pour signaler l'erreur dans laquelle on tombe quelquefois en attribuant à une matité légère certaines différences de sonorité qui sont dues uniquement à de simples différences de tonalité (Voy. Percussion de la poitrine).

Les caractères de la matité, outre son degré plus ou moins bien accentué, se basent principalement sur son siège, son étendue et la forme de son contour, sur sa fixité ou sa mobilité, et enfin sur son origine. Une prétention inadmissible est celle qui veut assigner des caractères différents à la matité fournie par les divers parenchymes organiques, de même que celle qui veut démontrer que la matité de certains organes peut être délimitée par la percussion au milieu d'une masse de tissus aussi compacts que ces organes, comme la matité des reins normaux recherchée au niveau des lombes.

2° Conditions pathologiques et signification. — Il y a des matités locales dont les limites normales sont connues et se rapportent à des organes pleins. Les affections qui augmentent notablement le volume des organes compacts, ou qui les déplacent, donnent lieu à des matités qui sont ces matités normales agrandies, comme pour le cœur et le foie, ou des matités insolites et accidentelles, comme celle due au déplacement du rein. D'autres fois la matité est due à la compacité accidentelle d'un organe rendant un son habituellement clair, comme le poumon, les intestins; ou bien la matité résulte d'une accumulation, dans l'une des cavités splauchniques, de masses de tissus nouveaux plus ou moins solides (tumeurs), ou de liquides plus ou moins abondants.

MftLANÉMIE, MÉLANOSE.

En présence d'une matité constalée, on aura à opter cuire ces différentes conditions, au sujet desquelles j'aurais à entrer dans de grands détails, si ces questions n'étaient pas traitées déjà dans un grand nombre d'articles.

A la poitrine, la matité a des caractères particuliers. Que l'on soupçonne la matité d'occuper un organe, de révéler une tumeur ou un épanehemcnt. et l'on pourra puiser les motifs d'induction au mot qui représente l'organe lui-même, au mot Tumeurs, et, pour les matilés dues manifestement à des liquides accumulés, aux mots Péricardite, Pleurésie, Ascite, Rétentions. 11 y a d'ailleurs deux caractères pathognomoniques importants qui permettent assez souvent (mais non toujours) d'attribuer la matité à la présence de liquides épanchés; ce sont : la mobilité de la matité^ que l'on juge en percutant le malade dans différentes positions, et une fluctuation manifeste, que l'on peut quelquefois produire au niveau de la matité.

MAXILLAIRES (Régions). — Ces régions, qui correspondent aux os maxillaires supérieur et inférieur, sont le siège de douleurs et de signes fonctionnels qui servent à caractériser plusieurs affections du ressort de la pathologie interne. Tels sont : les douleurs névralgiques des branches maxillaires supérieure et inférieure de la cinquième paire; le phénomène du trismus; les grincements de dents, la difficulté de la mastication (comme dans Yostéomalacie et certaines stomatites) et enfin la difficulté ou l'impossibilité d'écarter ou de mouvoir la mâchoire inférieure.

Cette impossibilité d'écartement peut dépendre d'une lésion rhumatismale ou de l'inflammation de l'articulation temporo-maxillaire, d'une affection des musrles massélers ou des crotaphytes, d'une pharyngite aiguë, ou enfin de brides cicatricielles suites de gangrène de la bouche ou d'une stomatite mercuriélle, comme Nélaton en a rencontré un exemple (Gaz. des hôp.y 1860).

MÉDIASTINS. — Les organes nombreux qui occupent les médiastins peuvent subir un déplacement latéral par suite d'épanchements pleuréliques ou de tumeurs limitrophes. On y rencontre de plus les signes des lésions du péricarde, du cœur, des gros vaisseaux, du tissu cellulaire ou des ganglions, et qu'il serait superflu de rappeler ici. Des abcès (p. 4), et surtout des tumeurs variées, sont les lésions qu'on y rencontre le plus souvent; elles se manifestent principalement par des accidents de compression des vaisseaux, des nerfs ou des conduits qui se trouvent contenus dans les médiastins {Voy. Poitrine et Tumeurs thoraciques).

MÉLANÉMIE, MÉLANOSE. — Depuis que Laennec a considéré la mélanosc comme un tissu accidentel analogue au cancer, on a reconnu qu'il s'agissait dans cette affection d'une infiltration plus pu moins considérable de matière pigmenlnire ou de pigment dans les tissus normaux ou hétéromorphes {Voy. Pigment). La prétendue mélanose des poumons caractérisée par une expectoration noire ou d'un gris cendré, observée chez les mineurs parBrockmann et Archibald Makellar, n'est qu'une phlliisie pulmonaire avec infiltration des tubercules par le charbon à l'état de corpuscules irréguliers. Un auteur allemand a signalé dans les crachats d'un simple catarrhe, vus au microscope, du pigment qui n'était probablement que de la matière également carbonée, volatilisée par les flammes d'écbiirage, et qu'il est si ordinaire de rencontrer dans les crachats du matin. Le charbon se dislingue du vrai pigment en ce qu'il est insoluble au contact de l'acide sulfurique, qui dissout au contraire la matière pigmentaire.

Déposé accidentellement dans l'épaisseur de la peau, sous l'épiderme, le pigment produit la mêlanodermie ou peau bronzée, qui est le principal caractère symptoinatique de la maladie d'Addison, mais qui n'en est pas le caractère

MÉLANKNIE, MÉLANOSE.

pathognomonique, puisqu'elle se rencontre dans un certain nombre d'états pathologiques très- différents (Voy. Bronzée [Peau ou maladie).

Il est reconnu aujourd'hui que la mélanose ou plutôt le pigment peut se développer sous forme de tumeurs multiples, comme le cancer, ainsi que l'a signalé Laennec. C'est en se basant sur cette donnée que Sichel, dans un cas de paralysie de la troisième paire, constatant des taches mélanotiques bleuâtres et superficielles sur la sclérotique de l'œil correspondant, diagnostiqua une tumeur mélanique comprimant le nerf affecté. Ce diagnostic fut justifié par l'autopsie, qui démontra l'existence de nombreuses tumeurs analogues dans le cerveau {Iconog. ophtlialm.y 1857). Les taches apparentes de la sclérotique dont il est question, seront donc quelquefois un très-bon élément diagnostique. De Graîfe a démontré que ces taches très-petites et simplement pigmentaires, comme le lui a montré l'examen microscopique, sont le point de départ de tumeurs mélanotiques de l'œil lui-même, tumeurs récidivant sur place comme le vrai cancer. Demarquay a observé un fait remarquable de ce genre : une petite tumeur mélanotique de la cornée, grosse comme une lentille, était reparue après avoir été excisée par Desmarres, et récidiva de nouveau après que Demarquay l'eut enlevée lui-même une seconde fois. Six mois après, elle se reproduisit dans un ganglion parotidien, puis forma une tumeur ganglionnaire considérable en arrière du cou, et enfin le malade succomba à des accidents cérébraux qui furent attribués au développement d'une tumeur semblable dans le cerveau. Suivant de Graîfe, les récidives se font de ' préférence dans le foie et les centres nerveux. Marjolin les a observées sur toutes les parties du corps (Soc. de chir., 18C8). Le développement de ces mélanoses pigmentaires internes ne peut être diagnostiqué que comme tumeurs, dont la nature pigmentaire est probable, si des tumeurs extérieures semblables existent. J'ai signalé un cas de mort par asphyxie due à une tumeur mélanotique formée au niveau d'un ganglion bronchique (Rapport à la Soc. méd. des hôpit., 1861). Suivant Liselt, puis Bolze (en Allemagne), on pourrait diagnostiquer le cancer mélanotique interne par l'examen des urines; spontanément ou traitées par l'acide azotique, le bichromate de potasse ou l'acide sulfurique, elles prendraient une couleur noire due à la précipitation du pigment (Voy. Pigment).

Ces dernières recherches se rattachent aux travaux allemands sur la mélanèmie, théorie en vertu de laquelle la rate, ayant pour fonction de transformer les globules rouges du sang en pigment (Kolliker), principalement dans le cours des fièvres intermittentes, ce pigment serait entraîne dans le torrent circulatoire et irait produire des infarctus emboliques dans les capillaires du foie et (après avoir traversé le cœur et les poumons) dans les reins et le cerveau (Frerichs, Traité des maladies du foie). Mais d'abord le point de départ de la transformation des globules sanguins en pigment par la rate est une simple hypothèse d'interprétation, sur laquelle les auteurs allemands eux-mêmes sont loin d'être d'accord (Voy. Kolliker, Histol. hum., trad. par Sée, 1869); et quelle que soit d'ailleurs l'origine du pigment, on ne saurait attribuer à son accumulation dans les capillaires les accidents pernicieux apparaissant dans les fièvres intermittentes du côté du cerveau, des poumons, des reins ou de l'appareil hépatique. De l'aveu de Frerichs lui même, en effet, sur vingt-huit faits de fièvre intermittente avec accidents céphaliques, six fois il n'y avait aucune lésion pigmentaire dans le cerveau. Il en est probablement de même pour les autres organes, et si l'on ajoute que, d'un autre côté, l'imprégnation mélanémique des viscères a souvent lieu sans produire d'accidents appréciables, on rangera la mélanémie parmi les hypothèses qui sont autant d'amorces pour des recherches

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