MÉNINGITE. — MÉNINGITE CÉRÉBRO-SPINALE
habitué à rencontrer dans les recherches qui ont pour objet les maladies épidémiques.
On n'est pas généralement d'accord sur la nature de cette maladie, que les uns considèrent, non comme une inflammation, mais comme de nature miasmatique, et que d'autres regardent comme un typhus. C'est Boudin qui a le plus complètement défendu celte dernière opinion. Pour lui (Arch. de mèd., 1849), la méningite cérébro-spinale épidémique n'est qu'une espèce de typhus déjà observé par nos devanciers, et dont les caractères étaient les mêmes que ceux de la méningite cérébro-spinale. Si l'on peut se fonder réellement, comme Boudin l'a fait, sur l'absence des lésions caractéristiques de l'inflammation, ce caractère négatif, joint à la nature épidémique de la maladie, ne permet pas d'admettre qu'il s'agisse ici d'une simple inflammation des méninges cérébro-spinales.
1° Eléments du diagnostic. — Cette maladie a des expressions symptomatiques très-variées, comme on le verra plus loin; aussi vais-je simplement exposer d'abord In tableau général de colle aiïection, lel que l'a résumé Tourdes.
« La maladie débute par une céphalalgie cruelle accompagnée de vertiges, de nausées, de vomissements ; la douleur se propage à la nuque et au 7'achis, elle envahit les extrémités ; les idées s'égarent, la connaissance se perd et le malade est en proie à une agitation convulsive; la tôle est renversée en arrière ; la face rouge ou pâle offre l'expression de la douleur; la température de la peau est normale ou diminuée, \c pouls naturel ou ralenti. Cet état dure jusqu'au troisième jour, époque à laquelle se développent une éruption labiale (herpès), les pétéchies, les taches lenticulaires et les êpistaxis; Vitrine devient abondante et sédimenteuse, la constipation est opiniâtre. Bientôt la connaissance reparait, et avec elle le sentiment des douleurs. Une amélioration légère se manifeste; elle fail naître des espérances qui se réalisent rarement; les phénomènes cérébro-rachidiens reprennent leur acuité; la réaction fébrile s'allume; la langue jaunit, rougit et se sèche; la diarrhée succède à la constipation; tantôt les symptômes nerveux conservent leur violence jusqu'au dernier moment, tantôt ils se calment et persistent opiniàtrément avec une intensité moyenne. Leur marche est entrecoupée de rémissions et {Vexacerlmtions. La faiblesse et V amaigrissement fout d'effrayants progrès; la réaction fébrile revêt une forme typhoïde ou hectique, cl le malade expire dans le marasme après une tranquille agonie. Si l'issue doil èlre heureuse, les accidents ne se calment qu'avec lenteur; une longue et périlleuse convalescence précède le rétablissement de la santé. »
Je dois îijouler à cet exposé sommaire des principaux phénomènes, que la marche de cette maladie est continue, mais avec des exacerbations et des rémissions fréquentes; que sa durée est de quinze à vingt-cinq joi:rs en moyenne, mais qu'elle peut se terminer en vingt heures par la mort, ou se prolonger plus de trois mois en cas de guérison, ou même en cas d'issue funeste.
2° Inductions diagnostiques. — Pour montrer combien il esl difficile de se guider dans le diagnostic d'après une description générale des symptômes, il suffit de faire remarquer (pie I on a admis jusqu'à onze formes symptomatiques différentes de la maladie, suivant la prédominance de Ici ou lel phénomène. Bien n'est variable, en effet, non-seulement suivant les épidémies, mais encore suivant les cas d'une même épidémie, comme les allures de cette affection. Il résulte de là que la considération de la forme devient la question dominante du diagnostic, dont le point de départ esl tantôt dans les phénomènes cérébro-spinaux, et tantôt dans les phénomènes cérébraux prédominants. C'est ce qui a fait établir à Tourdes deux groupes de formes essentielles à connaître.