MÉNINGITE. — MÉNINGITE CÉRÉBRO-SPINALE
Dans le premier groupe (prédominance des symptômes cérébro-spinaux) se trouvent : 1° la forme foudroyante, qui enlève rapidement les malades au milieu de la santé la plus parfaite, ordinairement avec des symptômes portés au plus haut degré de violence; — 2° la forme comateuse convuUive, qui a toujours été rapidement mortelle et sans réaction fébrile, comme la précédente, sans doute en raison de la rapidité de leur marebe fatale, la fièvre n'apparaissant ordinairement, dans celle maladie, que peu de jours après le début; — 3" la forme inflammatoire, dans laquelle un mouvement fébrile intense se développe, et dont la marebe est pourtant moins rapide; — 4° la forme typhoïde, que l'on ne saurait conserver, car il s'agit dans ce cas simplement de fièvres typhoïdes épidémiques avec prédominance de symptômes cérébro-spinaux; en effet, Tourdes a compris dans celle forme de véritables affections typboïdes avec lésions intestinales caractéristiques, compliquées d'inflammation de la pic-mère, et dont il rapproebe des cas exceptionnels, bien douteux à mon avis, dans lesquels la fièvre, le délire, l'apparition dos symptômes gastriques, les épislaxis, bîs taches rosées, les péléchies, cl même les parotides, auraient existé en l'absence de lésions intestinales; — 5° la forme douloureuse ou nerveuse, une des moins graves, dans laquelle le coma, les convulsions et le délire ne sont plus l'expression principale de la lésion des centres nerveux, et où la souffrance est le phénomène prédominant; les douleurs ont pour siège la tôle et le racbis ou toute la surface du corps, cl entraînent une agitation extraordinaire, des mouvements désespérés pour échapper aux atteintes du mal, et une exaltation passagère des facilités intellectuelles ; — 6° la forme paralytique (paralysie partielle), qui serait fort rare; — 7° la forme hectique, qui entraîne presque toujours la mort, et qui est caractérisée par la longueur de la maladie et la persistance des symptômes : après l'invasion subite, prompte diminution des accidents conservant une intensité moyenne ; par intervalles, douleurs légères ou nulles, délire calme avec hallucinations, prostration des forces extrême, amaigrissement rapide, diarrhée fréquente; progrès effrayants du marasme sous l'influence de la lésion profonde de l'innervation.
Les formes dites cérébrales sont : 8° la forme comateuse, qui est fréquemment suivie de mort, tandis que les suivantes se terminent le plus souvent parla guérison; — 0" la forme délirante, dans laquelle le délire est fréquent, rarement tenace, mais parfois remarquable par son acuité et sa persistance; — 10° la forme céphalalyique et délirante, dans laquelle les guérisons sont rapides, quoique les symptômes semblent annoncer au début le plus grand danger; — 11° enfin la forme céphalalgique sans phénomènes rachidiens, tantôt suivie d'une prompte guérison et tantôt d'une longue convalescence.
Il me paraît probable que ces trois dernières formes correspondent à une simple congestion céphalique, développée sous l'influence épidémique. Elles montrent que si l'on conserve à la maladie la dénomination d inflammation des méninges cérébro-spinales, c'est parce qu'elle est connue sous ce titre, qu'il est impossible de remplacer par un autre, par défaut de connaissances suffisantes sur sa véritable nalurc.
Ces différents symptômes empruntent surtout leur valeur au caractère épidémique de la maladie, à son développement presque exclusif chez les militaires, principalement chez les nouvelles recrues, plus rarement dans les prisons ou dans la population civile, où l'on a rencontré l'affection dans les deux sexes chez l'adulte, chez les jeunes gens, et même chez les enfants (en Irlande). Les données étiologiques du diagnostic sont d'ailleurs très -obscures ; et la contagion
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elle-même, qui a clé donnée comme preuve de la nalure typhiquû de la maladie par Pulégnat (de Lunéville), n'est pas généralement admise.
Ce n'est d'ailleurs qu'au début d'une épidémie, et à propos du premier fait observé, que l'on pourrait hésiter à formuler le diagnostic, car dès qu'il en existera un pelit nombre de cas, l'invasion subite des symptômes encéphalo-rachidiens survenant dans les conditions que je viens de rappeler, l'évolution rapide des symptômes et la succession habituelle des phénomènes nerveux intenses vers le début, de la réaction fébrile ensuite, et enfin de l'affaiblissement, de la prostration, et du marasme «î la dernière période, sont des données qui, réunies, permettront au praticien de se prononcer. Siredey, dans la note citée à propos de la méningite spinale, donne l'observation d'une méningite cérébro-spinale sporadique, dans laquelle le tracé sphygmographique dupouls a offert des caractères de la ligne de descenteanaloguesà ceux qui ont été rap pelés (p. 627, fig.
135) , comme on peut le reconnaître
dans la ligure 1 t?ig, tjt>. — Pouls unu* une méningite cérébro-spinale 3iK>rathqu 1 [Siredey],
ci-contre. Il est probable que l'étude du pouls, faite à l'occasion sur une large échelle, 'ainsi que celle de la température, jetteront quelque jour sur la maladie qui m'occupe.
Il y a quelques autres symptômes auxquels on a attaché une valeur particulière, mais dont plusieurs varient nécessairement suivant les épidémies. Tels sont : la céphalalgie et la rachialgie cervicale, parfois atroces, sans être exagérées par la pression; des douleurs de même nature occupant les membres (les inférieurs surtout); une hyperesthésie cutanée excessive et rarement l anesthésie; les troubles convulsifs violents (cloniques ou toniques) de la myolilité, parfois un tremblement nerveux analogue à celui du delirium tremens (Forget); des éruptions cutanées de taches d'un brun foncé ou d'un pourpre vif, persistantes malgré la pression, parfois des taches noires mal circonscrites, ou des éruptions scarlaliniformes de miliaire rouge, d'impétigo (Lcfèvre), d'herpès labialis étendu parfois jusqu'aux narines, aux paupières, et même au cuir chevelu, à la poitrine, et que Tourdes regarde comme ayant une haute valeur séméiologique, parce qu'il l'a rencontrée dans les deux tiers des cas de l'épidémie qu'il a décrite.
On pourrait confondre la maladie avec la méningite aiguë simple, la fièvre intermittente pernicieuse, le tétanos, et surtout avec la fièvre typhoïde.
Elle se distingue d'abord de la méningite simple non-seulement par la plus grande intensité de ses symptômes, mais encore par son caractère épidémique. — La fièvre pernicieuse cérébrale, apoplectique ou délirante, ressemble bien d'abord, par la rapidité de l'invasion et par les symptômes eux-mêmes, à la méningite cérébro-spinale ; mais l'intermittence ordinairement bien marquée qui existe dans cette fièvre, une fois le premier accès passé, et qui manque dans la méningite, suffit à un praticien attentif pour lui faire éviter l'erreur. — Dans le tétanos, la marche graduelle des accidents convulsifs, surtout l'absence ou le peu d'intensité des symptômes cérébraux, et souvent la connaissance de la cause particulière de l'affection, telle qu'une piqûre ou une blessure, empêchent de la confondre avec la maladie cérébro-spinale. — Quant a la fièvre typhoïde, elle n'a pas un début rapide comme la méningite cérébro-spinale, l'intensité de la céphalalgie, dans le premier cas, n'est pas aussi atroce ; elle