NÉVRALGIES
désignés par le malade lui-même; les plus fréquents sont ceux qui siègent vers l'articulation sacro iliaque, le grand trochanter, le tête du péroné et la malléole.
Notta a appelé particulièrement l'attention sur les lésions des mouvements et de la sensibilité, en analysant les observations publiées et les siennes. Ces lésions fonctionnelles sont loin d'être constantes. Ce sont : les tremblements musculaires que déterminent les accès; les crampes; la faiblesse ou la sermparalysie du membre (Cotugno), et plus rarement la paralysie complète des ex tenseurs du pied, dont Notta cite un fait, et dont j'ai observé aussi un exemple authentique; Y atrophie du membre, due non-seulement à son immobilité, comme le fait remarquer Notta, mais encore à une lésion de nutrition liée à celle des mouvements. Cette atrophie peut être partielle et complète, comme cela existait pour les extenseurs dans le cas de paralysie que j'ai observé. Enfin une lésion constatée au moment des accès, mais qui est le plus ordinairement persistante ou consécutive, c'est Vanèsthésie cutanée, qui n'est pas générale, mais limitée à certaines parties formant des espèces de plaques insensibles.
La marche de la névralgie sciatique présente ceci de particulier, que les retours périodiques et réguliers des accès sont plus rares que dans les autres affections du même genre, quoiqu'elle offre les mêmes exacerbations irrégulières, la même variabilité de durée, et la même fréquence des récidives.
Parmi les éléments étiologiques qui peuvent éclairer le diagnostic, les mieux démontrés sont le décubitus sur la terre humide, les contusions ou les bles~ sures du nerf, les lésions de V utérus, les tumeurs du bassin (surtout dans les cas de névralgie sciatique rebelle), certains kystes de V ovaire, la grossesse, d'énormes tumeurs hémorrhoïdales ou même fécales , ainsi que Sandres en a cité une exemple (Union méd., 1851). On voit que la névralgie sciatique peut être simple ou symptomatique d'affections très-diverses.
Le diagnostic différentiel est d'une grande importance si l'on compare les signes de cette névralgie à ceux de la coxalgie. — La coxalgie, en effet, peut en imposer d'autant mieux pour une névralgie sciatique qu'il existe de part et d'autre des points douloureux à la pression, à la hanche, au genou, derrière la tête du' péroné, et des douleurs spontanées que la toux et la marche peuvent transformer en élancements jusque dans le pied. Mais dans la maladiede l'articulation, la pression du grand trochanter détermine une douleur profonde et violente, aggravée surtout quand on veut imprimer au membre des mouvements de flexion et d'extension de la cuisse (Valleix) ; bientôt d'ailleurs la fièvre hectique et le dépérissement rendent le diagnostic très-facile. — La paralysie incomplète du membre, qui s'observe dans certaines névralgies sciatiques, ne saurait être confondue avec une autre espèce de paralysie, dont elle se distingue par les points douloureux caractéristiques.
Le rhumatisme musculaire siégeant sur le membre pelvien ne saurait être confondu non plus avec la névralgie qui m'occupe, par les raisons que j'ai données en traitant du diagnostic des névralgies en général.
Le siège et l'isolement delà douleur dans une branche ou un lilet nerveux du sciatique peuvent donner à la névralgie un caractère particulier, qui en fait une variété de la névralgie sciatique, mais non une névralgie distincte. Telle est celle qui est bornée aux nerfs plantaires, et qui a été dénommée névralgie plantaire interne ou externe.
Comme complication delà névralgie sciatique, j'ai vu la paralysie complète des muscles extenseurs du pied, avec atrophie, persister après bien des années chez le malade dont j'ai parlé plus haut.
NÉVRALGIES. — névralgies localisées.
K. Névralgie générale.
Cette affection, signalée par Valleix en 4847 (Union méd,)9 et dont l'un de ses élèves a fait le sujet de sa thèse (Leclerc, 1852), n'est pas seulement caractérisée par la multiplicité, sur le même sujet, des névralgies dont il a été précédemment question, mais encore par un ensemble d'autres phénomènes nerveux généraux très-remarquables.
Cette névralgie générale est très-importante à connaître si l'on veut éviter de la confondre avec des affections cérébrales beaucoup plus graves.
i° Éléments du diagnostic. — Les malades atteints de névralgie générale accusent des douleurs dans plusieurs parties ou dans toutes les parties du corps ; et si, comme on doit le faire toutes les fois qu'il existe une douleur quelconque (Voy. Douleur), on recherche les points névralgiques, on découvre bientôt, partout où il y a souffrance spontanée, les points douloureux signalés comme caractéristiques des névralgies déjà décrites. Ces points douloureux sont plus ou moins nombreux, à la tête, sur le tronc, aux membres; ils sont parfois erratiques, pouvant disparaître ou se montrer dans un point, du jour au lendemain. Parfois il se joint à ces douleurs caractéristiques une anesthèsie partielle de la peau, qui vient confirmer la nature névralgique des points douloureux.
Mais ce qui donne en même temps à cette affection un cachet à part, ce sont les autres troubles nerveux généraux, qui consistent en un affaiblissement de toutes les fonctions nerveuses de relation. La physionomie présente une expression de légère hébétude, de tristesse, de découragement, et parfois d'à nxiètê ; l'attitude générale exprime l'abattement ; l'affaiblissement notable des membres rend la marche lente, vacillante et d'autant plus difficile que les membres sont le siège de tremblements lorsque le malade en contracte les muscles ; il ne peut faire de longues courses. Cet affaiblissement et ces tremblements, toujours en rapport, suivant Valleix, avec l'intensité des douleurs, sont plus prononcés aux membres supérieurs qu'aux inférieurs , ce que vous constatez si vous faites étendre horizontalement les membres thoraciques, et en disant au malade de vous serrer la main. Les malades se plaignent surtout d'étourdissements et à'éblouissements qui doivent être rapportés à la maladie; en même temps il y a : une légère torpeur intellectuelle, se manifestant par la lenteur des réponses, qui sont d'ailleurs justes; un affaiblissement de la rue (amaurose) plus ou moins marqué ; une obtusion de l'ouie, parfois des bourdonnements d'oreille, et plus rarement l' obtusion du goût ou de Y odorat. Il n'y a rien de particulier du côté des autres organes, ni aucune trace de fièvre.
2° Inductions diagnostiques. — Cet ensemble de symptômes nerveux remarquables qui caractérisent la névralgie générale peut être la source d'erreurs de diagnostic assez nombreuses. Ces symptômes ont, en effet, quelque ressemblance avec ceux de certaines congestions cérébrales chroniques, de la paralysie générale, du delirium tremens, de {'intoxication saturnine, du tremblement mercuriel, des pertes séminales involontaires, et de la congestion de la moelle (Leclerc).
Je ne rappellerai pas les signes qui, dans ces diverses affections, peuvent servir à les faire reconnaître et surtout les faire distinguer de la névralgie générale ; l'existence des douleurs et des points douloureux névralgiques associée aux symptômes nerveux doit lever tous les doutes en pareil cas. Seulement il faut penser à rechercher les points douloureux, ce que doit suggérer, ai-je dit déjà, l'existence seule de la douleur.
Le diagnostic est surtout difficile lorsque la névralgie, qui débute tantôt par les douleurs névralgiques, et tantôt par des troubles nerveux sans douleur.
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suit cette dernière marche. Cela se conçoit facilement, puisque les accidents nerveux ne sont nullement caractéristiques par eux-mêmes. La marche ultérieure de l'affection, qui est essentiellement chronique et sujette à des paroxysmes, l'apparition de nouveaux symptômes, et la recherche des éléments étiologiques, ne peuvent manquer de mettre sur la voie. Parmi les causes plus ou moins caractéristiques, on a constaté une habitation humide, basse, mal aérée, une nourriture insuffisante, des habitudes d'ivrognerie (eau-de-vie), et enfin l'influence des miasmes paludéens, que Fonssagrives a signalés, le premier, comme cause de névralgie générale, et qu'il a observée chez deux malades {Arch.de méd., 1850).
'.y Pronostic. — Il a été favorable dans tous les cas, ce qui justifie l'opinion que Valleix s'était faite de cette maladie.
NÉVRITE. — Depuis que les travaux modernes ont bien fait connaître les n vralgies, ce n'est qu'avec une extrême réserve qu'on doit admettre une névrite spontanée ou idiopathique, en dehors de toute cause traumatique. C'est une maladie d'ailleurs très-rare, et par suite encore peu connue, malgré les publications intéressantes de Martinet, de Cruveilhier, et de Ch. Dubreuilh (1845), qui a résumé dans son Mémoire les travaux antérieurs. L'ophthalmoscope a permis de bien étudier la névrite au niveau de la réline. Il ne sera pas question de cette névrite particulière dans cet article où je ne m'occupe que des nerfs extérieurs (Voy. Rétinite).
1° Éléments du diagnostic. — A des phénomènes fébriles, tels que la fréquence du pouls, la chaleur de la peau, les frissons irréguliers, la céphalalgie et les troubles digestifs, se joint une douleur qui est un caractère constant de la névrite.
Comme douleur spontanée, elle ressemble à celle de la névralgie, et constitue un sentiment de déchirement, d'engourdissement, ou bien des élancements dans le trajet du nerf, même dans des points éloignés de la partie atteinte d'inflammation; il va de plus une douleur qui est souvent continue, mais non toujours ; quant à la douleur provoquée, elle est constante à la pression, et ordinairement très-marquée. On a également signalé de Y engourdissement, un sentiment de pesanteur, de cuisson, de fourmillements dans le membre, une véritable paralysie (Martinet), parfois une rougeur de la peau au niveau du nerf, qui forme un cordon très-sensible et résistant au toucher.
2° Inductions diagnostiques. — Parmi les éléments symptomatiques que je viens de rappeler, aucun pris à part n'est caractéristique. Mais l'existence de la fièvre avec une douleur vive, avec une rougeur, une dureté du tronc nerveux enflammé, et enfin l'existence d'une paralysie apparaissant rapidement, mais ordinairement complète et rebelle, dans les régions qui correspondent à ce nerf, constituent un ensemble des plus probants. La marche continue de l'affection, avec des exacerbations variables delà douleur, sa durée de quelques jours à plusieurs mois, et surtout la connaissance des causes directes qui ont pu produire la névrite, sont autant de données qui confirment ou qui élucident son diagnostic. Parmi les causes, je dois rappeler les contusions violentes, les piqûres, les déchirures et toutes les plaies des nerfs, l'application d'un cautère (Frère), et la contusion du plexus sciatique par la tête du fœtus au moment de l'accouchement.
La confusion delà névrite avec la névralgie, l'artérite ou les oblitérations veineuses, n'est guère possible aujourd'hui. — Dans la névralgie, il n'y a pas de fièvre; la douleur, parfois très-vive aus*i, n'est pas continue, elle présente des moments de calme et d'exacerbation marqués , et elle augmente à la pression avec l'extré-