NÉVROSES
mité des doigts , puis clic peut disparaître dans un court intervalle ; jamais le nerf ne forme un cordon volumineux et douloureux Ces caractères différentiels entre la névrite et la névralgie sont sans doute bien tranchés en apparence ; mais comme ils ne sont pas.toujours aussi bien accusés et aussi co'mplets dans l'une et l'autre maladie; que, d'un coté , la fièvre, la continuité de la douleur sur laquelle on a insisté et la tuméfaction inflammatoire du nerf peuvent manquer dans la névrite, et que, d'autre part , dans la névralgie la douleur trèsvive peut n'avoir pas d'intermittences tranchées, et s'accompagner aussi d'une paralysie assez prononcée pour paraître complète , il faut reconnaître que le diagnostic de la névrite est très-embarrassant dans certaines circonstances. — Quant a la confusion de la névrite îivec Yartérite ou Y oblitération veineuse, l'œdème dû à l'oblitération veineuse et la gangrène qui résulte de l'oblitération artérielle, suffisent à eux seuls pour faire éviter l'erreur.
Le siège anatomique de la névrite est le point au niveau duquel on sent le cordon nerveux volumineux et douloureux , mais non toujours le point où la douleur est le plus vive, comme on pourrait le croire en l'absence de ce cordon douloureux, car la douleur peut se faire sentir loin du point enflammé , à l'extrémité du nerf lorsqu'il est enflammé vers son origine , par exemple. — C'est sur cette dernière explication que Beau s'est appuyé, pour considérer la douleur sous-mammaire de la pleurésie comme un symptôme de la névrite des nerfs intercostaux vers leur origine , où ils sont en contact direct avec la plèvre enflammée. Cette névrite symplomatique ne mérite pas une description particulière, la douleur étant le seul symptôme qui lui soit propre. L'explication ingénieuse de Beau est d'ailleurs basée sur des recherches cadavériques qui paraissent probantes, mais qui ont néanmoins besoin de confirmation.
3° Pronostic. — La névrite est une affection peu grave. Elle ne le devient que par la coïncidence d'une autre affection compilante. La paralysie consécutive et complète de tout un membre ou d'une de ses parties est surtout à craindre, comme conséquence rebelle de la maladie.
NÉVROSES. — Le cadre des névroses, maladies nerveuses sans lésions appréciables sur le cadavre , est bien délimité depuis les recherches anatomopathologiques modernes ; et cependant ce cadre ne saurait être considéré que comme provisoire, des causes organiques , encore cachées , pouvant être dévoilées par de nouveaux progrès scientifiques. Le groupe des névroses a été l'objet de très-nombreux travaux, parmi lesquels un des plus importants est l'ouvrage du professeur Axenfeld (Des Névroses, 18f>3).
Dans l'état actuel de la science , j'admets avec Valleix , comme préférable à la pratique du diagnostic, la classification suivante de ces maladies d'après leurs symptômes dominants :
1° Les névroses de Y intelligence , des facultés morales et affectives, et du sens de reproduction, qui comprennent : la folie, Yidiotie, Yhypochondrie, la catalepsie, la nostalgie, Yanaphrodisie , le satyriasis, le priapisme et la nymphomanie ;
2° Les névroses de la sensibilité : céphalalgie mrveuse ou céphalée, migraine, névralgies, anesthésies et hyperesthésies;
3° Les névroses du mouvement, comprenant toutes les paralysies sans lésions anatomiques, et les affections convulsives, telles que le tremblement nerveux, la chorée, Yépilepsie, Y hystérie, Yéclampsie, le tétanos, Y hydrophobie non rabique, les contractures et les convulsions;
4° Les névroses de la vie organique, ou mixtes, qui comprennent les viscéralgies, certains troubles fonctionnels viscéraux, les spasmes, le mutisme