‹ Dictionnaire de diagnostic médicalChapitre 24 sur 355 · ASTHME · texte numérisé non relu

ASTHME

l'expliquer. Le fait ayant été maintes fois observé, sa possibilité ne saurait être mise en doute, ni par conséquent être négligée pour formuler le pronostic.

ASSOUPISSEMENT. — Voy. Somnolence.

ASTHÉNIE. — Voy. Adynamie.

ASTHME. — Les anciens auteurs comprenaient sous cette dénomination tantôt toute espèce de dyspnée, tantôt la dyspnée survenant par accès. Cette dernière manière de voir a généralement prévalu. Cullen définit l'asihme : une difficulté de respirer survenant par interval les, avec sentiment d'oppression, respiration sifflante, toux difficile ou nulle au début de l'accès, et suivie, vers la fin, d'expectoration muqueuse souvent abondante. Ce dernier caractère spécialise le irenre de dyspnée intermittente pour lequel on doit réserver le mot asthme. Toutefois, ainsi limité, il n'en a pas moins une signification complexe, dévoilée en grande partie par l'anatomie pathologique, qui en a signalé le point de départ le plus fréquent dans des affections diverses du cœur, des gros vaisseaux ou des organes respiratoires.

Mais on est loin d'être d'accord sur la signification des lésions trouvées dans les derniers de ces organes chez les sujets asthmatiques. Pour un grand nombre d'observateurs, l'emphysème vésiculaire du poumon est la lésion anatomique essentielle de l'asthme des anciens : telle est l'opinion de Laennec et de Louis, qui a si bien étudié cet emphysème dans son anatomie et sa symptomatologie (Mém. de la Société méd. d'obs., 1. 1). Pour d'autres observateurs, au contraire, avec Beau, qui a donné une théorie particulière de l'asthme (Traité clinique d'auscultation, p. 1*26), l'emphysème pulmonaire serait un fait transitoire, apparaissant avec l'attaque et disparaissant avec elle, les accès d'asthme étant produits par la présence dans les bronches de mucosités épaisses y déterminant les signes perçus au niveau du thorax au moment de l'attaque, attaque qui se termine par l'expulsion de ces matières plus ou moins concrètes Enfin d'autres pathologistes admettent, commeles anciens, un asthme essentiel Pour Trousseau, c'est une névrose (Clin.médic. de VHôtel-IHeu, 18G1, t.I); pour Germain Sée, une maladie chronique composée de trois éléments : l°une dyspnée périodique contraction tétaniforme ordinairement réflexe des muscles inspirateurs, et surtout du diaphragme) ; 2,° une exsudation bronchique parfois prédominante (asthme catarrhal); 3° l'emphysème consécutit. G. Sée rejette comme une hypothèse le spasme des bronches pendant les accès, et n'admet pas l'asthme symptomatique (Nouv. IHct. de méd. et chir. prat., t. III, 1865, art. Asthme).

Malgré les travaux importants de ces différents au leurs, et sans nier l'existence d'un asthme nerveux, la clinique démontre, il me semble, qu'il est presque toujours impossible d'isoler son étude, d'abord de celle de l'emphysème pulmonaire, qui est à la fois cause et effet des accès paroxystiques de dyspnée, puis de celle des maladies du cœur ou des gros vaisseaux. Combien surtout sont fréquents les faits d'emphysème pulmonaire avec simple courte haleine habituelle, aïant qu'il survienne d'accès dits asthmatiques ! Trousseaua cité des faits d'asthmenévrose avec accès se développant accidentellement sous l'influence de causes très-diverses et paraissant agir uniquement sur le système nerveux respiratoire; c'est là l'asthme essentiel. Mais, je le répèle, ce sont des exceptions, dans lesquelles de simples conditions d'habitalion, de climat, de température, font apparaître les accès paroxystiques. La plupart des autres faits, en immense majorité, sont des emphysèmes pulmonaires avec accès dyspnéiques dus pour moi à des congestions passagères du poumon, comme je l'ai dit au mot Emphysème de ma première édition. Cette opinion aurait été déjà formulée par Bretonneau, au dire de Trousseau. Quoi qu'il en soit, mes recherches sur la congestion pulmo-

Page 1