ŒDÈME. — ŒDÈME DU POUMON
Y auscultation de la poitrine fait percevoir la faiblesse générale dn bruit respiratoire, qui démontre la pénétration incomplète de l'air, malgré l'énergie des efforts inspirateurs. — Le pouls est ordinairement faible et fréquent, l'anxiété continuelle.
Les symptômes s'aggravent considérablement pendant des exacerbalions, qui sont de véritables accès. Ces accès de dyspnée extrême surviennent subitement, et sont caractérisés par les signes de l'asphyxie, joints à la plus vive anxiété. Plusieurs accès de cinq à quinze minutes peuvent se déclarer par vingt-quatre heures.
2° Inductions diagnostiques. — Le diagnostic différentiel, qui est ici le plus important, est facilité par cette circonstance que l'œdème de la glotte est extrêmement rare dans l'enfance, puisque Seslier, sur deux cent quinze observations qn'il a rassemblées, n'en a trouvé que dix-sept appartenant à l'enfance, dont cinq seulement avant l'âge de cinq ans. L'œdème de la glotte est par conséquent une maladie presque exclusive aux adultes, ce qui met presque hors de cause, chez les enfants, les affections qui pourraient le plus facilement être confondues avec elle : je veux parler des ascarides, qui, remontant des voies digestives, pénètrent dans le larynx (p. 360), du pseudo-croup et du croup Celui-ci, il est vrai, se rencontre aussi chez l'adulte, mais alors il présente ceci de particulier qu'il n'offre pas ordinairement d'accès de suffocation comme chez l'enfant (Louis), ce qui l'empêche de ressembler à l'œdème de la glotte, qui a d'ailleurs un cachet spécial dans la manière dont se fait la respiration. — Cette particularité suffirait pour empêcher de confondre l'œdème glottique avec un anévrysmc de l'aorte comprimant la trachée ; les signes fournis par la percussion et par l'auscultation , ainsi que la dyspnée continue qui existe ordinairement sans exacerbations dans l'anévrysmc, ne permettront pas d'ailleurs la confusion. — Un abcès pharyngien comprimant la langue ou la trachée en imposerait d'autant plus facilement pour l'œdème glottique, qu'il pourrait y avoir, dans les deux cas, une angine préexistante; mais l'abcès est parfois visible ou accessible au toucher qui en constate la fluctuation ; et ici encore la dyspnée n'augmente pas par accès violents.
3° Pronostic. — Le pronostic est d'autant plus grave que le gonflement est plus considérable, et que la' lésion préalable qui provoque la formation de l'œdème glottique est plus profonde et plus ancienne.
On a observé des œdèmes de la glotte qui sortent de la règle commune. On en a vu de latents, survenant à la dernière période de maladies mortelles (Louis). Charcelay en a rencontré un accidentel par le fait de l'ingestion d'un caustique liquide (acide sulfurique).
IL Œdème du poumon.
L'inlillration séreuse qui constitue l'œdème du poumon de Laennec survient comme complication ultime de maladies aiguës ou chroniques qui ont profondément débilité l'économie, et plus particulièrement sous l'influence des causes qui produisent l'anasarque, et que l'on a comprises sous la dénomination de
diathèse séreuse.
De l'aveu de Laennec lui-même, qui a décrit le premier l'œdème du poumon, ses symptômes sont extrêmement équivoques. La gêne de la respiration, une toux légère, une expectoration presque aqueuse et plus ou moins abondante, sont les seuls signes auxquels on puisse le soupçonner. La percussion n'indique presque jamais rien; àY auscultation, la respiration est très-faible, malgré les efforts respiratoires visibles du malade, et elle est mélangée d'un râle souscrépilanl léger. Ces signes deviennent très-obscurs ou même tout à fait nuls, si
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