ŒIL
l'œdème complique l'emphysème pulmonaire. Il est évident que ces signes équivoques, parmi lesquels ceux fournis par l'auscultation occupent la base postérieure des poumons, peuvent être attribués à une pneumonie obscure ou bien à • une bronchite chronique, et que l'existence des conditions originelles de l'anasarque permet seule de soupçonner l'œdème pulmonaire.
ŒIL. — 1° Maladies. — L'organe de la vision, qui est aussi le dernier refuge de la sensibilité dans tous les genres de mort (Cl. Bernard), est affecté de maladies nombreuses, parmi lesquelles je mentionnerai seulement les suivantes, qui ont des rapports plus manifestes avec les affections internes. Ce sont : Vhémorrhagie conjonctivale due à des causes générales, la congestion oculaire temporaire qui coïncide avec les accès de névralgie de la cinquième paire, et qui a été considérée à tort comme une ophthalmie intermittente; de véritables ophthalmies, se développant sous l'influence desdiathèses scrofuleuse, rhumatismale, syphilitique (iritis), comme manifestations de la variole, de la rougeole, de la scarlatine, de la blennorrhagie, de l'impétigo, de l'herpès aigu (Gubler), ou comme conséquence de l'absorption de l'iode; I'amaurose et I'héméralopie; les paralysies des muscles propres de l'œil (Voy. Paralysies localisées); enfin la fonte de Vœil, qui a été signalée comme complication de certaines fièvres graves (Trousseau, Arch. de mèd., 1850, t. VII).
2° Symptômes. — L'œil, sain d'ailleurs, est quelquefois très-saillant des deux côtés sans trouble notable de la vue (cachexie thyroïdienne), ou d'un seul côté avec amaurose (tumeur de l'orbite). D'autres fois l'œil semble au contraire enfoncé dans les cavités orbilaires, comme dans le choléra, les occlusions intestinales et dans d'autres maladies graves s'accompagnant de dépérissement rapide. L'œil est injecté dans le délire agité, dans la pléthore, la fièvre jaune, la peste, la rage. L'un des yeux est assez souvent dévié de son axe (strarisme), ce qui entraîne la diplopie. La pupille est le siège d'un resserrement (myosis) ou d'une dilatation (mydriase) qui sont deux phénomènes actifs. Ces phénomènes peuvent être diversement interprétés, malgré les importantes recherches modernes de Budje, Waller, Cl. Bernard, W. Ogle, etc., relativement à l'influence de la portion cervicale du grand sympathique sur les mouvements de l'iris. Son rétrécissement a été attribué à la forte compression subie par le grand sympathique à son origine, par le fait de tumeurs anévrysmales intra-thoraciques (Gairdner), de la carotide (Coates), de tumeur cancéreuse volumineuse du cou (Ogle), tandis que la dilatation pupillaire a été au contraire observée dans les cas de compression légère, comme dans les expériences où l'on irrite le nerf. De plus, ces changements de la pupille ne sont pas constants dans les faits de compression manifeste (Méd.-chir. transact., t. XLI). On savait auparavant que la pupille était resserrée dans l'empoisonnement par l'opium (Orfila), et dilatée par l'action de la belladone et des autres poisons narcoticoâcres, dans la rage, chez les épileptiques, dans la seconde période de la méningite tuberculeuse, etc.
Parmi les troubles fonctionnels de l'œil, on doit ranger : Yhyperesthèsie de la vue (photophobie), qui a été considérée comme un signe pathognomonique de l'ophthalmie scrofuleuse par Henley Thorp (1857), mais que l'on rencontre dans les autres inflammations de l'organe, dans ses congestions, dans certaines affections méningiennes, cérébrales, et dans des névroses, où elle n'est qu'un phénomène secondaire; I'anesthésie de contact (conjonctive); la diminution ou l'abolition de la faculté visuelle, qui constituent les degrés divers de I'amaurose; la chute de la paupière supérieure indépendante de son gonflement inflammatoire, œdémateux ou autre, ainsi que l'impossibilité de certains mou-
ŒSOPIIAGITE.
vements qui caractérisent les paralysies des muscles propres de l'œil; les secousses convulsives du globe oculaire qui annoncent souvent le début de convulsions générales, ou qui caractérisent des tics, suites de névralgie de la cinquième paire; et enfin le larmoiement.
3° L'exploration des yeux se fait d'abord par Yinspection directe pour les parties extérieures. A l'aide de la palpation, on constate la sensibilité de la conjonctive, et en prescrivant au malade de faire fonctionner la vue ou de mouvoir l'œil dans certaines directions, on s'assure de l'état des fonctions sensoriale ou motrices de l'œil. Mais l'examen des parties profondes de l'œil ne peut bien se faire qu'à l'aide de I'ophthàlmoscope.
ŒSOPHAGE. — L'œsophage est le siège d' hé m orr hagies (p. 484), d'inflammation (œsoph agite), d'abcès, de cancer (p. 170), d'uxcÉRATioxs, de perforation ou de rupture, de rétrécissement, de dilatation consécutive, de rhumatisme, de spasme (œsophagisme), de paralysie.
Une douleur plus ou moins vive, soit spontanée, soit provoquée par l'acte de la déglutition, parfois l'absence de toute douleur, la dysphagie ou l'impossibilité absolue de la déglutition, ou au contraire la chute subite des aliments ou des boissons dans l'estomac (paralysie), le rejet des aliments par vomiturition immédiate ou tardive : tels sont les symptômes ordinaires des affections œsophagiennes.
L'exploration a lieu habituellement à l'aide de la sonde dite œsophagienne, que I on introduit par une des fosses nasales dont on suit le plancher inférieur, ou par la bouche. On doit avoir soin, dans les deux cas, de donner à l'extrémité de la sonde une courbure convenable qui lui fasse suivre la paroi postérieure du pharynx, sans quoi l'on s'exposerait à pénétrer dans le larynx, ce 4ont on est averti par le sentiment subit de suffocation éprouvé alors par le malade. — Natanson (de Varsovie) a eu l'idée d'employer l'auscultation à l'exploration de l'œsophage pendant la déglutition des liquides. Il en est résulté que le glou-glou produit par cette déglutition fournit des signes assez vagues pour la détermination du siège de la lésion œsophagienne. De plus, ce moyen d'auscultation, appliqué au niveau de l'aisselle, ferait percevoir un glou-glou renforcé, lorsque le poumon correspondant est condensé par des tubercules ou par une pneumonie.
ŒSOPHAGISME. — Voij. Spasmes.
ŒSOPH AGITE . — Cette affection, très-rarement observée, est le plus souvent secondaire. Elle a été étudiée par Mondière d'après un nombre restreint de faits (Arch. de méd., 1830, t. XXIV).
1° Éléments du diagnostic. — La douleur est le principal symptôme de la maladie; dans certains cas, la douleur pendant la déglutition est même le seul observé. Dans d'autres circonstances, il y a une douleur spontanée rapportée par le malade à la partie inférieure du pharynx, mais quelquefois aussi au larynx, à l'cpigastre ou entre les deux épaules ; elle est ordinairement graduelle, parfois subite et très-intense, et, dans tous les cas, intolérable au moment du passage du bol alimentaire, avec sensation de brûlure et de déchirement. Il y aurait de plus, suivant Mondière, un sentiment de sécheresse le long de l'œsophage, une expuilion plus ou moins difficile de matières muqueuses, parfois une toux gutturale, une soif plus au moins intense , du hoquet, des vomissements, et enfin des symptômes généraux rarement très-intenses, souvent au contraire très-légers ou nuls.
2° Inductions diagnostiques. — Parmi ces symptômes, la douleur violente pendant le passage du bol alimentaire peut seule rendre probable l'existence