ONGLES
par Tembarras gastro-intestinal, par certaines stomatites ou pharyngites, par la punaisie, la carie dentaire, ou bien les odeurs plus ou moins caractéristiques des excrétions : vomissements (ivresse, indigestion), matières fécales, gaz, urines. Le défaut d'odeur de certaines matières excrétées est quelquefois utile aussi au diagnostic. L'olfaction est surtout utile pour constater l'odeur particulière de la gangrène, principalement celle de la gangrène pulmonaire. L'odeur spéciale qu'exhalent les ouvriers en caoutchouc met également sur la voie du diagnostic de Y intoxication par le sulfure de carbone.
OMBILIC. — Voy. Abcès, Abdomen.
OMOPLATE. — Voy. Épaule.
ONANISME. — Les signes qui peuvent faire deviner des habitudes d'onanisme ont une grande importance, comme révélations d'une cause de maladies d'autant plus nécessaire à connaître qu'elle est presque toujours dissimulée avec soin. C'est surtout par le dépérissement général, par la langueur, l'atonie du regard, l'enfoncement des yeux, qui sont cerclés inférieurement par une trace plombée, que l'on peut soupçonner des habitudes d'onanisme chez les jeunes personnes et principalement chez les jeunes gens. Suivant Pélrequin (Traité oVanat. topographique), le transport de la pupille enhaut et en dedans serait, chez les enfants, un bon signe à ajouter aux précédents.
ONGLES. — La conformation des ongles a depuis longtemps attiré l'attention des observateurs.
On appelle ongleshippocratiques ceux qui sont beaucoup plus recourbés que de coutume sur leur longueur, et qui coïncident ordinairement avec le développement (dit en massue) de l'extrémité des doigts. On a considéré cette conformation anomale comme une conséquence exclusive de la phthisie pulmonaire. Mais il ressort des recherches de Vernois (Arch.de méd., 1839, t. VI), d'abord que ce signe est bien plus fréquent qu'on ne pense, du moins dans les hôpitaux, et, en second lieu, qu'il se rencontre non-seulement avec la phthisie tuberculeuse, mais encore avec les scrofides, et bien plus rarement dans d'autres maladies chroniques ou aiguës, ou dans d'autres conditions indéterminées. Les premières de ces conditions ne sont donc pas absoules. Les femmes présenteraient des ongles dits hippocratiques trois fois plus fréquemment que les hommes.
A la suite des maladies qui ont affecté la nutrition d'une manière notable, il se forme sur les ongles, suivant Beau, des sillons transversaux, dont la distance à partir de l'insertion onguéale serait en rapport avec le temps écoulé depuis la disparition de la maladie. Il calcule ce temps d'après cette double donnée que chaque millimètre représente une semaine pour les ongles des mains, où il faut compter trois millimètres pour l'insertion de l'ongle du pouce ; et que, pour l'ongle des gros orteils, chaque millimètre correspondrait à un mois. La largeur du sillon serait en rapport avec la durée de la maladie, et ses bords taillés à pic répondraient à une invasion ou à une disparition brusque de la maladie. Enfin le temps d'évolution des ongles permettrait de concevoir que l'ongle du pouce ne peut fournir d'indice sur une époque antérieure à cinq mois, tandis que, pour le gros orteil, les indices pourraient remonter à deux années. Guenthers, chirurgien danois, a signalé, en 1842, l'arrêt de la pousse des ongles au niveau des membres facturés. Broca et Duplay (1867) ont vérifié la justesse de cette remarque.
Les ongles seraient encore le siège d'ulcérations syphilitiques à leur base, suivant certains auteurs. Tout le monde sait que, sous le nom d'onyxis, les chirurgiens ont décrit des ulcérations destructives de l'ongle. Mais, d'après les
OPHTHALMOSCOPIE. 7(M
recherches de Bazin sur le parasitisme des teignes, il faudrait admettre que, sous le nom d'onyxis, on a compris fréquemment de véritables destructions onguéales dites parasitaires (Voy. Lèpre des Grecs et Teignes). OPHTHALMIE. — Voy. ŒlL.
OPHTHALMOSCOPIE. — Quoique l'usage de l'ophthalmoscope, imaginé par Helmholtz, soit principalement utilisé par les chirurgiens qui s'occupent d'oculistique, je dois faire remarquer que, panni les éléments de diagnostic fournis par l'ophthalmoscopie, il en est qui sont d'une utilité incontestable pour le diagnostic des maladies internes. Le médecin ne saurait donc se dispenser d'avoir recours à ce moyen d'investigation. Son utilité, à ce dernier point de vue, ressort des travaux importants de nos contemporains, parmi lesquels je citerai en France Sichel (Iconogr ophthalm., 4859), Follin Cusco, Desmarres, Giraud-Teulon, Liebreich, Galezowski, Bouchut, Perrin et les auteurs de plusieurs thèses imporlantes, parmi lesquelles sont celles de Métaxas (4861) et de J. E. Meunier (1861). Les Leçons sur V application de Vophthalmoscope au diagnostic des maladies de Vœil, par Follin (1859), ont beaucoup contribué à répandre en France ce mode d'investigation.
1° Le but de l'ophthalmoscopie médicale est de fournir des signes utiles au diagnostic, soit des affections des organes qui sont en rapport intime avec l'œil, c'est-à-dire des organes intra-cràniens, soit de certaines maladies générales ou généralisées qui se traduisent par des manifestations particulières au niveau de l'œil et en particulier de la rétine.
2° Moyens d'exploration. — Les appareils ophthalmoscopiques sont fixes ou non. Les premiers constituent de véritables appareils optiques compliqués , mais excellents pour l'emploi journalier du procédé dans le cabinet. Les appareils plus simples, facilement portatifs, sont les ophthalmoscopes non fixes qui sont d'un usage habituel. On sait qu'en général ils consistent seulement en un miroir concave fixé à un manche pour être plus facilement manié et présentant une ou deux ouvertures,/^. 140, et en une lentille bi-convexe portative.
Dans l'emploi de cet ophthalmoscope, il y a trois choses à considérer : 1° l'éclairage du fond de l'œil à explorer, que l'on obtient au moyen des rayons lumineux de dispersion projetés à l'aide du miroir concave, et fournis par une lampe; 2° la position convenable de ce miroir pour que l'observateur puisse examiner à travers ses ouvertures dans la direction des rayons lumineux réfléchis; 3° enfin l'interposition de la lentille sur le trajet de ces rayons de façon à donner une image nette au fond de l'œil. — La figure 141 montre comment on procède à l'examen ophthalmosconique. Le miroir est maintenu en avant de
,.r ., , , • r. Ho 110. — Oplillialmo-
l'œil de l'explorateur de façon que ce miroir reçoive ïe0pedi,L.k.ri(O,lid. uc!.obliquement les rayons lumineux d'une lampe placée à marres de graudeur.) côté de la tête du patient, rayons qui doivent se réfléchir dans son œil, tandis que l'observateur plonge son regard dans la même direction à travers l'ouverture ou les ouvertures du miroir, en donnant de la netteté à l'image de la rétine à l'aide de la lentille maintenne sur le passage des rayons lumineux réfléchis, entre le miroir et l'œil à explorer.
Que l'on ne pense pas que cette exploration, en apparence si simple, soit
702 OPHTHALMOSCOPIE.
exempte de difficultés. Ce n'est qu'à la longue et par une pratique persévérante de plusieurs mois, destinée d'abord à l'examen de l'œil sain, que l'on pourra être suffisamment exercé.
Fig. 141. — Examen oplttlialmoscopiqur.
3° Signes. — L'énuméralion rapide des signes fournis par rophlhalmo&o -j est la meilleure preuve qu'on puisse donner de son utilité. Dans l'état sain, fig. 142, on voit d'abord dans l'espace pupillaire un f • \
rougealre sur lequel « dessinent quelquesrairii cations vasculaires. S 1 • dit au malade de fixer »
objet qui lui fasse por l'u-il librement en 1 et en dedans, on apen .
une tache blanchâtre i f* près circulaire, paraisavoir quelques lignes à* diamètre et qui est U pa- |)ille du nerf optique, vers laquelle convergent les vaisseaux rétiniens, et qvi est quelquefois circonscrite par un cercle ou un demi -cercle noirâtre de matière pigmenlaire. La rétine étant translucide comme le verre d'un* glace étamée, ne saurait Fig. ni. - Fond a., l'œil nom»], exumh fait .or un individu i àlre aperçue dans l'état
cheveux noirs et dont l'iris était d'un brun très-foncé. Cette figure normal. Aussi la ColoTamontra une pigmentation sombre au plus haut degré du stroma Uon fa fuU(j ^
et de lepithelium (d après Ltcbreich. Atlas aophthalmoscoute). , ,p , . .
dépend de la cboroiuV
située en arrière de la rétine, coloration d'autant plus vive que la couche de pigment déposé par traînées noirâtres dans les intervalles des vaisseaux, ou par
OPHTHALMOSCOPIE.
cercle ou demi-cercle autour de la papille, est moins abondante. La couche vasculaire, dont on peut admirer la disposition, est formée d'artères qui sont Irès-lénues, d'un rouge clair, et de veines de couleur plus foncée, carminée ou brune. H faut être prévenu que les veines ofTrent des pulsalions chez les individus qui ont activé leur circulation en marchant, ou chez ceux dont on comprime l'œil légèrement. Enfin il résulte de la transparence de la rétine qu'il existe deux plans vasculaires superposés et distants : l'un, composé des vaisseaux de la rétine qui émergent du centre de la papille ; et l'autre au delà, qui est la couche des vaisseaux de la choroïde.
Dans l'ordre pathologique, l'ophlhalmoscope rend les plus grands services pour constater des lésions que la simple vue serait incapable de reconnaître lorsqu'il existe des troubles amaurotiques, comme nous l'avons dit au motAnAUrose (p. 44 et 45).
Les signes qui sont incomparablement les plus fréquents sont avant tout ceux
de la choroidite , puis de la rétinitc, reconnaissables aux lésions que présentent les deux couches vasculaires distantes, el qui correspondent, la plus profonde à la choroïde, et la plus superficielle à laréline, ftg.\W(Xoy.RÊT\mte). Je ne ferai que rappeler : les formes congestive et exsudative de la choroidite ou de la rétinile ; Vanèmie ou Y atrophie choroidienne ou rétinienne; les hémorrhagies ou épanchements par rupture des vaisseaux de l'une ou de l'autre couches vasculaires, et d'où résultent des cécités subites; les décollements de la rétine; les cysticerques soulevant la couche vasculaire de la membrane rétinienne ou occupant le corps vitré ; la présence des corpuscules, des exsudats ou des cristaux de cholestérine flottants dans cette humeur vitrée; enfin des petites plaques ecchymotiques et des taches jaunâtres (transformation graisseuse) considérées comme caractéristiques dans la maladie de Brighl. Les figures 144 et 145 donnent une bonne idée de plusieurs de ces lésions visibles à l'ophlhalmoscope. — Outre la consultation des lésions choroïdiennes, rétiniennes, et des corps flottants du corps vitré que je viens de rappeler, celle d'autres lésions moins profondes n'est pas moins utile. Tels sont : les corps étrangers dans la chambre antérieure, les exsudats à la surlace de l'iris, les condylomes du bord pupillaire, les altéra-
IcJi.tM
Fiy. 143. — Atrophie du segment postérieur de la choroïde (d'après une photographie). — a, papille. 6, ilol de pigment circonscrivant la papille à sa partie interne, c, zone d'atrophie choroidienne complète. </, zone d'atrophie incomplète (Cusco, Nouv. Ùict. de méd. et de chir., t. VII).