PELLAGRE
disparu, que le diagnostic devient possible. Aux lésions apparentes, qui constituent les signes principaux des maladies de la peau proprement dites, il faut ajouter comme éléments du diagnostic : le siège, les limites, la configuration des lésions cutanées, les différences que chaque caractère peut offrir suivant l'espèce; Y évolution antérieure ou actuelle des phénomènes locaux; les 'phénomènes fébriles primitifs, qui se constatent au début non-seulement des fièvres dites éruptives, mais encore de quelques autres affections cutanées ordinairement chroniques (l'eczéma, l'acné, etc.). Des phénomènes généraux anémiques ou même cachectiques sont encore attribués à la persistance de la maladie: mais ils agissent plus souvent comme causes, de même que certaines dialhèses encore incomplètement connues sous ce rapport, et parmi lesquelles la scrofule et la syphilis jouent un rôle important. L hérédité, la contagion ne sont pas moins nécessaires à rechercher comme explication du développement de la maladie, de même que Y habitation dans les contrées où l'affection observée est endémique, et l'ingestion de certaines substances plus ou moins toxiques.
Indépendamment de ces nombreux éléments principaux du diagnostic des affections ou éruptions cutanées proprement dites, la peau est encore le siège de symptômes qui ne sont pas sans importance. Outre sa congestion ou ?on inflammation locales, sa tension par de l'air ou de la sérosité infiltrés dans les tissus sous-jaceuts, ou par d'autres causes, elle est assez souvent le siège d'une exagération ou d'une diminution plus ou moins complète de la sensibilité (hyperb?thésie, anesthésies), d'une rigidité extrême (sclérème), de sueurs morbides par leur abondance, leur localisation, ou par la modification du liquide qui les constitue. Les fistules de la peau fournissent également des signes importants de lésions viscérales ou de maladies internes.
3° Exploration. — Je n'insisterai pas sur les moyens très-simples qui servent à explorer la peau ou ses produits. Ce sont principalement : l'inspection directe ou avec la loupe et le microscope, la palpation, la pression, le frôlement, le pincement, les piqûres, et l'apposition de corps plus froids ou plus chauds que la peau elle-même {Voy. Anesthésies).
PEAU BRONZÉE. — Voy. Bronzée (Maladie).
PECTORILOQUIE. — Voy. Voix thoracique.
PÉDIGULAIRE (Maladie). — Voy. Phthiriase.
PELLAGRE. — On sait que la pellagre, signalée d'abord en Lombardie, puis en Espagne, a été en France l'objet de travaux nombreux dus à Brierre de Boismont (18-U), Roussel (18 15 et 4866), L. Marchant, Lalesque (1847), Baillarger (1848), Costallat (1860 et 1868), Billod, Landouzy (1860), Ch. Bouchard (1862), Vernois (1866), etc. Elle a été observée dans des conditions diverses, qui font que l'on a discuté longtemps sur l'origine et la nature de la maladie.
1° Éléments du diagnostic. — La pellagre est principalement caractérisée par des phénomènes morbides du côté de la peau , du côté des voies digestives. et du côté de l'appareil nerveux ; r'est ce qu'on a appelé la triade de la pellagre.
Du côté de la peau, on constate des lésions particulières au niveau des parties les plus habituellement exposées aux rayons solaires : au dos des mains, à h partie externe de l'avant-bras, sur les pieds, à la partie antérieure et inférieure des jambes, à la partie supérieure et antérieure de la poitrine, et parfois au front et sur les joues. On y constate une desquamation de l'épiderme qui l pris une teinte brunâtre, ou bien c'est un érythème plus ou moins prononcé, ou bien une inflammation comme érysipélateuse\ parfois avec plilyctènes comme à la suite d'une brûlure. — Les troubles digestifs sont caractérisés par une boulimie et une diarrhée presque constantes, rarement par de la consti-