‹ Dictionnaire de diagnostic médicalChapitre 262 sur 355 · PELLAGRE · texte numérisé non relu

PELLAGRE

pation ou des vomissements. — Les symptômes nerveux constituent ce qu'on a appelé la folie pellagreu se qui est aiguë ou chronique et avec propension au suicide. En dehors de l'altération des facultés intellectuelles, les malades ont de la céphalalgie, des vertiges, des bourdonnements d'oreilles, des éblouissements, des douleurs rachidiennes, des crampes, des convulsions, des troubles de locomotion, parfois même de la paraplégie, sans que ces symptômes se rencontrent réunis chez le même malade. — Le pouls est lent et faible, les lèvres sont livides et la muqueuse buccale est pâle, sauf lorsque la fièvre survient à une époque avancée de la maladie.

2° Inductions diagnostiques. — Je n'expose ce sommaire des éléments symptomatiques de la pellagre que pour rappeler qu'ils sont caractéristiques, et qu'ils suffisent parfaitement pour faire dénommer la maladie. Mais ce diagnostic simplement nosologique demande à être complété, et c'est justement là une des questions les plus obscures de la pathologie.

D'abord relativement à l'évolution des phénomènes cutanés, digestifs, nerveux, il n'est pas établi positivement qu'ils s'enchaînent et se succèdent régulièrement. On a bien voulu, en se basant sur eux, diviser la maladie en trois périodes, mais cette division a été reconnue inapplicable à la plupart des faits observés. Pour Billod, par exemple, ce sont les troubles nerveux ou plutôt l'aliénation mentale, qui sont la cause première de la pellagre, opinion qui a paru trop exclusive à beaucoup d'observateurs.

Non-seulement la marche de la pellagre a été mal déterminée, mais ses causes, ses causes surtout, ont été diversement appréciées. L'insolation a été généralement considérée comme la cause déterminante de l'éruption cutanée, ce (pie son retour au printemps justifie, mais on a admis aussi des causes internes, et en particulier l'usage du maïs altéré par un parasite végétal. Cependant cette dernière cause, sans pouvoir être niée, ne saurait être considérée comme exclusive; car la pellagre a été manifestement constatée dans des établissements d'aliénés qui ne faisaient nullement usage du mais, de même qu'en dehors de ces établissements, ainsi que Landouzy en a rapporté des faits bien péremptoires (Arch. de méd.y 1860, t. XVI). Ch. Bouchard, H. Gintrac, Bertet, Leudet (de Rouen), etc., ont défendu la même opinion.

Sans vouloir trancher la question relativement à la pellagre de Lombardie, d'Espagne et du midi de la France, on peut se demander si celle qui est rencontrée dans les maisons d'aliénés n'est pas un simple érylhème ou érysipèle sub-aigu produit par l'insolation chez des aliénés lypémaniaques ou déments, donfles lésions cutanées se compliquent de troubles intestinaux comme le font les brûlures étendues. Telle est l'interprétation que m'ont suggérée un bon nombre de faits que j'ai observés pendant un certain nombre d'années dans l'asile de Clermont ^Oise), et concernant des aliénés des deux sexes, à sensibilité obtuse, et qui m'ont paru, dans les années où les cours étaient encore dépourvues d'ombrage, plus nombreux que plus tard. Que l'on fasse abstraction des phénomènes cutanés et manifestement dus à l'insolation dans de pareils cas, et il reste des lypémanies ou des démences vulgaires.

Les formes de la pellagre sont subordonnées à la prédominance de certains symptômes, et surtout aux causes qui la produisent. Existe-t-il une seule espèce de vraie pellagre, due à une intoxication par un parasite du maïs ou du blé, • comme l'ont soutenu Roussel et Coslallat, dont les travaux ont été couronnés par l'Académie des sciences? Les faits dans lesquels cette origine n'existe pas, et qui sont d'ailleurs symptomaliquement semblables aux précédents, sont-ils aussi des exemples de vraies pellagres? Ne sont-ils que des fausses ou pseudo-

782 PERCUSSION. — percussion de la poitrine.

pellagres? Ces trois opinions ont été toutes soutenues affirmativement et négativement. Celle qui parait le plus généralement admise parait être celle qui admet la vraie pellagre par intoxication, et les pseudo-pellagres dues à d'autres causes, comme l'insolation, la misère, l'aliénation mentale, certaines professions, et l'alcoolisme sigualé par Leudet (Gaz. mèd., 1807).

Parmi les complications de la pellagre, il en est une surtout qui mérite d'être mentionnée : c'est le scorbut.

39 Pronostic. — La pellagre est une maladie grave dans toute circonstance, et surtout lorsqu'il existe une aliénation mentale. On a cependant observé des faits de guérison définitive; mais il ne faut pas oublier que la maladie revient souvent périodiquement au printemps pour se suspendre ensuite, et que ces intermittences n'ont pas été considérées comme des guérisons. Vernois (1800) et Coslallat ont proposé des moyens hygiéniques d'extinction de la vraie pellagre.

PELVIENNE (Région). — Voy. Bassin.

PELVI-PÉRITONITE. — Voy. Péritonite.

PEMPHIGUS. — Voy. Bulleuses (Maladies) et Syphilides (huileuses^.

PÉNIS. — Le pénis n'est pas affecté d'affections particulières qui soient du domaine delà pathologie interne; mais il est le siège de différents signes qui sont sous la dépendance de maladies diverses, et principalement de la blennorrhagie ou de la syphilis. Le coït à lui seul détermine parfois des lésions qu'on peut être disposé à rapporter à une autre origine. Selon Demarquay et Parinentier (Des Lésio)is du pénis déterminées par le coït, 1801), il peut survenir une parapfiimosis, une inflammation des follicules du prépuce, des décliir urcs de la muqueuse qui recouvre le gland à sa base, des ruptures du frein, de l'urètre ou des corps caverneux, des déchirures du méat urinaire, el enlin une apoplexie dans le bulbe de l'urètre, lésion non eucore sigualée.

L'érection morbide du pénis est le principal signe du satyriasis, tandis que sa flaccidité constante, avec l'absence de désirs vénériens dans les conditions d'excitation les mieux caractérisées, démontre l'impuissance. Comme lésions locales, on y rencontre Vherpès (Voy. p. 518), l'acare de la gale (chez les malades des hôpitaux), l'inflammation ordinairement symptomatique du prépure (balanite), du gland (poslhite), ou de la veine dorsale de la verge ( Voy. Blesnorrhagiej, le phimosis, le paraphimosis, etc., que je me contente d'indiquer.

PERCUSSION. — La percussion, à l'aide de laquelle on produit artificiellement des résonnances accidentelles, a pour objet, comme la plupart des autres méthodes physiques d'exploration, le diagnostic anatomique ou des lésions organiques. On l'applique principalement à la poitrine et à l'abdomen. Dans les autres régions du corps, à la tôle, au cou, aux membres ou au rachis. la percussion ne présente pas une utilité suffisante pour justifier son emploi, sauf dans quelques cas exceptionnels; je renvoie donc sur ce point aux ouvrages spéciaux publiés sur la matière. Je ne m'occuperai ici que de la percussion de la poitrine, de l'abdomen, et de la percussion dite auscultatoire.

Page 1