II. Percussion de l'abdomen
L'emploi de la percussion au niveau de l'abdomen, dû à IMorry, et considéré d'une manière générale comme procédé d'exploration, diffère seulement par Woillez. — Dict. de Diag. 2« édit. 50
PERCUSSION. — PEUCL'SStON auscultatoire.
quelques particularités de détails de la percussion delà poitrine. Ainsi, pour percuter la région abdominale, il faut que l'individu soit couché sur le dos dans la supination, et que les muscles des parois soient dans le relâchement ; pour la percussion des régions externes, il devra être couché sur le côté opposé à celui que l'on veut examiner. Il y a peu de praticiens qui jugent utile de percuter les régions postérieures de l'abdomen ou régions lombaires (Von. Rki.ns),
C'est au niveau des parties antérieures et latérales de l'abdomen que Ton pourra surtout tirer parti d'une percussion légère ou forte, avec simple application du doigt ou du plessimètre, ou avec dépression forcée des parties molles si l'état du ventre le permet. Ces moyens sont recommandés avec raison par Piorry pour connaître l'état des organes superficiels ou profonds.
Les signes perçus par la percussion de l'abdomen, considérés en général, sont les mêmes que ceux fournis par la poitrine : matités variées, sonorités exagérées d'intensité, graves ou aiguës, résistance variable sous le doigt. Cette dernière particularité acquiert seulement plus d'importance au niveau de l'abdomen, en raison de la mollesse des parois de cette cavité comparée à celle du thorax, mollesse qui permet à la palpation de compléter avec avantage la sensation tactile perçue pendant la percussion, et même les autres données que cette dernière fournil. L'acuité des sons est en général très-remarquable au niveau de l'abdomen, qui présente sous le nom de son humorique (Piorry) une sonorité particulière due à la présence simultanée d'un liquide et d'un gaz.
Les conditions organiques des sonorités abdominales dues à la percussion sont un peu différentes de celles que présente le thorax, en raison des organes différents contenus dans les deux cavités. Ce sont pourtant, des deux parts, des augmentations de volume d'organes solides (foie, rate, reins, etc.), des tumeurs solides, des épanchements liquides ou gazeux. Mais dans l'abdomen, les liquides accumulés sont plus mobiles que dans la poitrine, à moins qu'ils ne soient renfermés dans des organes particuliers (vessie, hydronéphrose, hydropisie de la vésicule biliaire, etc.). Les gaz sont aussi bien plus souvent accumulés dans les régions percutées au niveau de l'abdomen que dans la poitrine. %
Les résultats obtenus par la percussion abdominale ont une importance trèsgrande dans la pratique, car si la palpation a une valeur qui prime quelquefois celle de la percussion, celle-ci permet seule d'arriver à constater le contenu de certaines tumeurs (gaz, liquide, hydatides) que la palpation seule serait impuissante à faire reconnaître. Dans les épanchements ascitiques douteux, la percussion pratiquée dans des positions différentes les révèle d'une manière certaine.