‹ Dictionnaire de diagnostic médicalChapitre 289 sur 355 · C2 PNEUMO-THORAX · texte numérisé non relu

C2 PNEUMO-THORAX

la valeur; car on y renconlre des sujets pléthoriques exubérants de santé, et chez lesquels la pneumonie, franchement inflammatoire, prend rapidement une gravité irrémédiable si un traitement énergique n'est pas employé dés les premiers jours. Ici l'expectation serait fatale, comme on en a observé trop d'exemples par suite de l'incurie intéressée des habitants des campagnes, n'appelant le médecin que pour le rendre témoin de l'agonie du malade au sixième ou huitième jour de l'afTection. Chez l'enfant de un à deux ans, la pneumonie a beaucoup de gravité, surtout chez ceux qui ont une dentition laborieuse, parce qu'elle se complique souvent d'accidents cérébraux mortels. Biais chez les en fants plus âgés, la pneumonie franche ou lobaire est presque toujours bénigne, ce qui explique que Ton ait conseillé l'expectation au lieu d'un traitement actif. Il n'en est plus de même à l'âge adulte; alors la gravité de la pneumonie franche résulte le plus souvent de la terminaison de l'inflammation par suppuration (hépatisation grise). Il est extrêmement rare qu'elle se termine par gangrène, ce que l'on reconnaît facilement aux signes propres à celle dernière lésion ( Voy . Gangrène pulmonaire). On a signalé des morts subites et imprévues dans des cas de pneumonies arrivées à l'hépatisation grise chez des vieillards (Hourmann et Dechambre). Le pronostic est des plus graves lorsque l'expectoration devieut d'un gris sale, ou purulente. Van Swielen pensait que le pus passe facilemenl des poumons dans le torrent circulatoire ; et Béhier est très-porté à admettre que la mort survient par résorption purulente dans le troisième degré de la pneumonie (ouv. cité, p. 177).

PNEUMO PÉRICARDE . — Voy. PNEUMATOSES.

PNEUMO-THORAX. — Laennec le premier a bien fait connaître cette affection, qui a été l'objet après lui de nombreux travaux, principalement en France et en Angleterre, et parmi lesquels je citerai ceux de Louis, Saussier (Thèse, 1841), Stokes, Hughes, Béhier (Confêr, de clinique méd., 18<H).

Le pneumo thorax exisle-t-il réellement comme maladie particulière? Jusqu'à ce que l'on ait rigoureusement démontré que l'accumulation d'air ou de gaz dans la plèvre, qui le constitue, peut se produire spontanément, ce qui n'a pas encore été fait, on devra toujours considérer le pneumo thorax comme symplomatique d'une lésion anatomique. Pour mou compte, je crois avoir démontré que, même sur le cadavre, on n'a pas toujours suffisamment cherché cette lésion avant de conclure à l'existence d'un pneumo-lhorax idiopalhique (Mêm. sur laguèrison des perforations pulmonaires d'origine tuberculeuse : Archives de méd., 1853, t. II).

H en résulte que l'on devrait considérer cet état pathologique comme un symplôme, si, de même que l'anémie, il n'offrait pas un ensemble désignes particuliers nombreux et bien définis.

1° Éléments du diagnostic. — Ce sont : une dyspnée ordinairement prononcée, assez souvent une dilatation visible du côté affecté avec effacement et même saillie des espaces intercostaux et parfois refoulement des organes voisins (foie, cœur, etc.); à la percussion, un son exagéré d'intensité ou tympanique, dont le timbre grave esl profond, moelleux, prolongé ; et si le gaz, sans être très-abondant, s'étend en avant jusqu'à la rigole coslo-diaphragmaliquc surtout à droite, le claquement costo-hépatique dû au rapprochement brusque des deux surfaces légèrement écarlées (Saussier); à l'auscultation, les bruits ou consonnances métalliques. Un autre signe de la présence de l'air dans la plèvre, mai* seulement s'il y a en même lemps une certaine quantité de liquide épanché, ce qui est du reste l'ordinaire, c'est le bruit de flot ou de fluctuation dite /ii/>/wcratique. Ce bruit se produit pour le malade lui-même, pour les assistants ou

PNEUMOTHORAX.

seulement pour le médecin qui ausculte, dans les mouvements plus ou moins brusques du tronc, et surtout par la succussion. Enûn Aran a signalé, dans un fait exceptionnel, comme une conséquence du pneumo- thorax, un bruit de choc du poumon contre la paroi thoracique perçu par l'auscultation pendant la toux (Voy. p. 188).

Outre ces signes, il en est d'autres qui résultent de la perforation pulmonaire que Ton rencontre presque constamment comme origine du pneumothorax; je les rappellerai plus loin.

2° Inductions diagnostiques. — Si l'on considère isolément les différents signes physiques du pneumo -thorax, on constate que la saillie générale du côté affecté avec effacement des espaces intercostaux, le son tympanique qui se produit à la percussion, les résonnances amphoriques de la respiration, de la toux et de la voix, les consonnances métalliques, le bruit de flot résultant des simples mouvements du malade, peuvent, isolés, faire soupçonner la présence de l'air dans la plèvre. Mais la certitude ne saurait être acquise que par l'appréciation raisonnée de chaque signe et par le groupement des diverses données du diagnostic. Une seule donnée, le claquement costo -hépatique obtenu par la percussion au niveau de la 8e côte droite, et signalé par Saussier (Voy. Claquement), serait pathognomonique ; mais comme cette donnée est loin d'être constante, et qu'il faut déjà songer au pneumo- thorax pour rechercher cet élément du diagnostic, sa valeur devient par cela même secondaire.

La dilatation visible d'un des côtés du thorax se rencontre dans l'empyème, dans certains emphysèmes et par le fait du développement de tumeurs intrathoraciques, aussi bien que dans le pneumo-lhorax. — Le son tympanique, que Laennec donnait presque comme un signe pathognomonique, puisqu'il ne le signalait, en dehors du pneumo-lhorax, que dans l'emphysème pulmonaire, a une signification beaucoup plus étendue (Voy. Tympanisme); et, d'un autre côté, on doit reconnaître en fait, sans qu'on soit obligé d'admettre la théorie de Skoda sur ce point, que le pneumo-lhorax, même considérable, peut donner lieu à une sonorité plus ou moins étouffée, ce que Hughes avait aussi constaté. — Les phénomènes ampïwriques ont également des origines multiples que j'ai rappelées ailleurs (Voy. Amphoriques [Phénomènes), et qui démonlrent qu'il ne faut pas trop se hâter de croire à un pneumo-lhorax lorsqu'on les constate. — Les résonnances métalliques, jointes ou non aux phénomènes précédents, ont au contraire une signification beaucoup plus précise, puisque en leur présence il n'y a qu'à opter entre un pneumo-lhorax ou une vaste caverne tuberculeuse. La théorie des bruits amphoro-mélalliques a été très-discutée, et la consonnance des bruits pulmonaires ou autres dans l'air épanché, la perforation n'étant comptée pour rien, a été examinée aux mots Amphoriques (Phénomènes) et Métalliques (Résonnances). J'ai donné les raisons qui empêchaient d'adopter cette théorie trop exclusive de la consonnance, malgré le talent avec lequel elle a été défendue. Le bruit de flot n'a pas une valeur moindre que les résonnances métalliques comme signe de pneumo-lhorax, quoique ce bruit anomal ne se produise pas seulement dans le pneumo-lhorax avec épanchement (Voy. Succussion).

Quoi qu'il en soit, il est clair que les symptômes doivent êlre réunis en plus ou moins grand nombre pour acquérir une signification suffisante. Deux peuvent cependant surtire : ce sont le refoulement du cœur, et le son tympanique du côlé opposé au déplacement (Gaide, Stokes, Legeiulre), on cette même sonorité, coïncidant avec l'extinction des vibrations thoraciques (Monnercl), elc; mais il est habituellement nécessaire de se baser sur un plus grand nombre de données

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