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non-seulement actuelles, mais commémoratives. Les conditions dans lesquelles survient le pneu mo- thorax, les accidents de l'invasion et leur marche, sont, en effet, autant de données complémentaires très-importantes.
D'abord c'est presque constamment dans le cours d'une phthisie pu Imonaire et par le fait d'une perforation du poumon au niveau d'une caverne communiquant avec les bronches, que l'air pénètre dans la plèvre, où son épanchement est favorisé par les mouvements dilatateurs de la poitrine et surtout par la tendance au vide qui existe entre les feuillets de la séreuse. Dans d'autres cas moins fréquents, la présence du fluide aériforme dans la plèvre est due à un empyème produisant une fistule pleuro-bronchique, ou à la gangrène qui établit une communication accidentelle entre la cavité pleurale et les voies aériennes, ou qui fait exhaler des gaz putrides dans la cavité séreuse. Les autres conditions d'origine, en mettant de côté les causes traumatiques, et en particulier certaines thoracen lèses, sont beaucoup plus rares que les précédentes. Ce sont les perforations dues à un corps étranger ayant pénétré dans les bronches, à un noyau apoplectique du poumon, à la rupture de quelques vésicules emphysémateuses (Stokes), à un cancer ulcéré du poumon, à une tumeur hydatique ouverte à la fois dans les bronches et dans la plèvre, à un abcès des ganglions bronchiques, ou bien à une rupture de l'œsophage. D'autres fois la perforation n'a pas une affection pulmonaire ou pleurale pour point de départ. C'est ainsi que l'on a vu un abcès des parois thoraciques, s'ouvrant au dehors et dans la cavité séreuse, laisser pénétrer l'air dans la plèvre, et un cancer ulcéré de Vestomac établir une communication entre la cavité de ce viscère et celle de la plèvre. Quant aux pneumo-thorax attribués uniquement à la décomposition du liquide contenu dans la plèvre, ils ont été jusqu'à présent incomplètement étudiés.
L'invasion des accidents qui marquent le début du pneumo-thorax est le plus souvent caractéristique. — Lorsqu'il y a perforation pneumo-pleurale, ces accidents résultent de la pleurésie subite qui survient, et de l'accumulation de l'air dans la plèvre : douleur violente et subite, que j'ai vue cependant manquer une fois, dyspnée exlrème, anxiété inexprimable (Louis), et signes locaux du pneumo-thorax : tels sont les phénomènes observés. Une dyspnée persistante qui a débuté dans ces conditions doit seule faire soupçonner fortement l'existence du pneumo-lhorax. Les signes de l'invasion ne sont pas les mêmes lorsque la perforation est pleuro-bronchique, et provoquée par un empyème. Ici la douleur est moins violente ou nulle, et il existe une toux quinteuse, incessante, provoquée par l'irruption, dans les voies aériennes, du pus contenu dans la plèvre, et qui esl plus ou moins abondant suivant la largeur ou l'étroitesse de la perforation. Barth a vu, dans l'intervalle des quintes, le pus s'écouler de la bouche en bavant, lorsque la tête et le tronc étaient inclinés ; j'ai observé récemment à Lariboisière un fait semblable. En même temps que chaque expiration favorise la sortie du liquide, chaque inspiration favorise la pénétration de l'air dans la plèvre. Cependant j'ai vu un malade chez lequel la perforation, sans doute en soupape, donnait issue au pus sans permettre d'abord la pénétration de l'air dans la plèvre, qui ne parut avoir lieu que plusieurs jours après le début.
Le pneumo-thorax peut facilement être confondu avec d'autres maladies si l'on observe légèrement le malade. — Dans les cas de vastes excavations tubercxdeuses avec phénomènes amphoro-métalliques, il n'y a pas eu d'invasion brusque comme dans le pneumo-thorax, et le malade présente les signes généraux et locaux de la phthisie la plus avancée ( Voy. p. 830). Ces signes distinr-
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tifs sont suffisants dans la plupart des cas, mais non dans tous, dans ceux par exemple dans lesquels le pneumo-thorax s'effectue sans douleur. Dans l'observation de ce genre que j'ai recueillie à Cochin, la phthisie était avancée et j'avais cru d'abord à une vaste caverne, mais l'extension rapide des signes amphorométalliques du sommet vers la base de la poitrine me fît admettre l'existence du pneumo-thorax, qui fut vérifié à l'autopsie. L'extension rapide des signes du pneumo-thorax devra donc être considérée comme un bon signe négatif d'une vaste caverne tuberculeuse sans perforation. — L'existence d'un tympanisme thoracique en l'absence du pneumo-thorax est la cause la plus fréquente des erreurs de diagnostic. La congestion pulmonaire, avec exagération de. la sonorité de la poitrine et faiblesse extrême du bruit respiratoire, peut facilement en imposer au premier abord pour un pneumo-thorax. — La pleurésie s'accompagne souvent aussi d'un tympanisme sous-claviculaire qui pourrait d'autant plus en imposer pour un pneumo-thorax , que parfois le poumon , aplati et aminci par compression contre la paroi thoracique, peut être le siège de bruits caverneux et même ampiioriques à l'auscultation ; mais le plus souvent il y a absence des signes d'une perforation pulmonaire , et le caractère de la sonorité exagérée, ordinairement d'un timbre sec et bref au lieu d'être moelleux et prolongé, lèvera les doutes. — Le son tympan ique qui se montre dans d'autres circonstances et notamment dans la pneumonie (partie du poumon non envahie) est trop isolé de tout autre signe de pneumo-thorax pour faire croire à cette affection. Et cependant c'est sur des erreurs de diagnostic de ce genre qu'on s'est basé en Angleterre pour décrire un prétendu pneumothorax accidentel se développant dans le cours de la pneumonie.
Enfin, malgré l'invasion brusque des accès de dyspnée, malgré l'ampliation et le tympanisme de la poitrine dans Y emphysème pulmonaire, on ne pourra croire à un pneumo-thorax, le siège de ces derniers signes existant des deux côtés, en même temps que manque tout phénomène amphorique ou toute consonnance métallique.
Le siège de la perforation qui a produit le pneumo-thorax sera quelquefois indiqué par le point occupé par la douleur, et par celui où les phénomènes caractéristiques ont leur plus grande intensité. Presque toujours la perforation pulmonaire tuberculeuse a lieu vers le sommet du poumon. Quant à la lésion d'où résulte le pneumo-thorax (perforation), elle a été le point de départ de discussions théoriques sur la production des bruits perçus que je n'ai pas à discuter. Mais certaines particularités de ces lésions peuvent s'annoncer par des phénomènes spéciaux pendant la vie. Suivant Stokes, le pneumo hydro-thorax serait principalement la conséquence des perforations tuberculeuses, et le pneumo-thorax dit simple serait la suite de ruptures emphysémateuses. Selon le même auteur (The Dublin Joum., 1839), les symptômes varieraient aussi suivant la pénétration facile ou difficile de l'air par l'ouverture de la perforation. La pénétration de l'air étant facile, il n'y aurait ni exagération du son ni distension du côté affecté ; si elle était difficile, on constaterait au contraire la dilatation et l'exagération d'intensité de la sonorité. — Je n'ai pas à insister, après ce que j'ai dit précédemment, sur le diagnostic de la lésion qui donne lieu au pneumo-thorax, ni sur la forme que ce dernier présente.
Je vais rappeler plus loin les signes du défaut absolu de pénétration de l'air dans la cavité pleurale par suite de l'obturation de la fistule.
3° Pronostic. — Le pneumo-thorax peut rapidement devenir fatal ou durer plusieurs mois, suivant sa cause et suivant la marche plus ou moins lente de la lésion qui l'a produit, et à laquelle son pronostic est entièrement subor-
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donné. Il peut toutefois guérir dans certains cas, par suite de l'oblitération des fistules qui ont donné passage à l'air. Saussier, sur 29 cas de pneumo-thorai survenus dans la pleurésie, a trouvé 15 guérisons; tandis que, sur 81 observations àephthisie avec pneumo-thorax, il n'a pas, dit-il, un seul cas de guérison à présenter. C'est donc à tort qu'il a été dit que Saussier avait signalé la guérison des perforations pulmonaires tuberculeuses. Les chiffres qu'il a donnés sont d'ailleurs très-importants, car ils montrent que la guérison a lieu dans environ la moitié des cas d'empyème. Mais il ne faut pas conclure, d'après sa statistique, à la constance de la terminaison fatale du pneumo-thorai dans la phthisie. J'ai démontré cité) que la guérison des perforations
d'ôrigine tuberculeuse non-seulement était possible, mais encore moins rare qu'on ne le pouvait penser, puisque, indépendamment du fait qui m'est propre, j'ai pu en réunir six autres passés inaperçus. Bientôt après la publication de mon Mémoire, Géry fils (Soc méd. d'observ., 1854) et Legendre (Soc. des hôpit.. môme année) en ont rapporté chacun un exemple. Valleix en a mentionné un également dans son rapport sur mon travail (Union méd., 1853). Biermer, en Allemagne, a publié aussi sur cette question un Mémoire important ( Wiïrzburger medicin. Zeitschrift, 1860). J'ai trouvé que la cicatrisation ou l'obturation de la fistule était favorisée par le rapprochement des deux feuillets de la plèvre, soit à l'aide d'adhérences voisines de la perforation, soit par l'accolement du poumon contre la paroi opposée, ou bien par Y immersion de la fistule dans le liquide de Pépanchement, où l'obturation se fait alors par une sorte de stratification fibrineuse.
Celle obturation faite, tantôt ces guérisons ont été annoncées par la disparition des effets locaux et des signes de la perforation; et tantôt il y a eu persistance de la sonorité lympanique et du bruit de succussion thoracique, avec absence du bruit respiratoire, et disparition des autres phénomènes amphoriques. Enfin il y aurait eu exceptionnellement persistance de phénomènes amphoro-métalliques, mais par consonnance, et non plus par le passage de l'air dans la cavité pleurale. Ces faits d'observation démontrent que, la fistule pneumo-pleurale étant obturée, l'épanchement d'air peut persister, même pendant plusieurs mois, après la guérison de la fistule : fait important parmi ceux qui viennent à l'appui de l'opinion qu'il n'existe pas de pneumo-thorax essentiel.
POILS. — Les altérations des poils ou des cheveux fournissent un petit nombre de signes en dehors de ceux qui caractérisent les teignes. On a constaté que les bulbes des cheveux pouvaient être le siège d'une hémorrhagie dans Y hémophilie. Dans certains cas très-rares de névralgie faciale, on a vu les cheveux devenir plus gros, plus durs, blanchir ou tomber, du côté atteint de névralgie. J'ai rappelé au mot Alopécie les causes habituelles de la chute des cheveux. Ils sont au contraire plus abondants et agglomérés par une sueur visqueuse qui se dessèche, dans la plique (Yoy. aussi Teignes).
POITRINE. — La première chose à rappeler au sujet de la poitrine, c'est la nécessité de bien connaître la place occupée par chaque organe ayant des rapports immédiats ou seulement médiats avec les parois thoraciques.
Sibson (Lond. med. Gaz., 1848; Arch. de méd., 1849, t. XIX) a envisagé la question au point de vue le plus pratique, en se basant sur la position et les rapports des organes, pour admettre trois régions simples et cinq régions composées au niveau de la poitrine. — Les régions simples sont les deux régions pulmonaires et la région cardiaque. Les régions pulmonaires, où l'on trouve le poumon à toute profondeur, ont pour limite inférieure le diaphragme qui correspond, à droite, au mamelon en avant, et à la huitième côte en arrière; et à
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gauche, à la cinquième côte en avant et à la neuvième côte en arrière. La région cardiaque comprend la portion de la poitrine qui est en rapport immédiat avec le cœur. — Les régions composées, au nombre de cinq, sont celles dans lesquelles le poumon (à droite et à gauche) est superposé à d'autres organes : au foie, à l'estomac, au cœur et aux gros vaisseaux.
Suivant cet observateur, si l'on place le doigt sur Yextrémité inférieure du sternum (sans doute le niveau de l'articulation sterno-xiphoïdienne), on se trouve exactement au-dessous du bord inférieur du poumon droit et des limites inférieures du cœur. A droite de l'axe vertical du sternum se trouve le poumon droit tout entier, et à gauche le poumon gauche,' ainsi que la portion du cœur non recouverte par ce poumon. Cette portion du cœur se trouve au niveau du quatrième cartilage du côté gauche, et le poumon gauche au-dessus.
L'extrémité inférieure du sternum est comme le centre autour duquel convergent les organes. Le poumon droit est au-dessus et à droite ; le cœur au-dessus et à gauche de ce point; pendant que le fçie est au-dessous et à droite, et l'orifice cardia de l'estomac au-dessous et à gauche, mais à une plus grande profondeur.
La saillie légère que forme la partie supérieure du sternum indiquerait, suivant Sibson, que les deux poumons viennent s'y rejoindre. Le sommet de chaque poumon s'élève vers le cou, au-dessus de la clavicule et de l'omoplate, et correspond immédiatement au-dessous de la tète de la première côte ; il dépasse de un pouce à un pouce et demi la clavicule, lorsque l'épaule est portée en bas.
Le cœur, dans ses portions supérieure et externe, est séparé du sternum par les bords des lobes supérieur et moyen du poumon droit, et du lobe supérieur du poumon gauche. Ûoreillette droite, logée pour ainsi dire dans le poumon droit, s'étend à droite du sternum, derrière les cartilages costaux. Le ventricule droit correspond immédiatement à la moitié inférieure du sternum et aux cartilages des 3e , 4e, 5e et Ge côtes gauches. Le ventricule gauche est supérieur au ventricule droit; il correspond aux Ie et 5e côtes, près de leur articulation avec les cartilages. Ce ventricule, excepté vers la pointe, est recouvert par le poumon; tandis que la plus grande partie du ventricule droit est libre, et correspond au sternum et aux cartilages costaux depuis la partie moyenne du sternum jusqu'à la pointe du cœur et depuis le quatrième cartilage sternocostal jusqu'aux limites inférieures de cet organe. Comme le fait remarquer avec raison Racle (Traité de diagnostic), la pointe du cœur répond au quatrième espace intercostal, et elle a avec le mamelon un rapport invariable; elle bat au-dessous du mamelon et en dedans d'une verticale qui passerait par ce point. Cette localisation normale de la pointe du cœur est très-importante à connaître (Bouillaud).
Les gros vaisseaux sont situés à côté les uns des autres, derrière la portion supérieure du sternum et les cartilages costaux voisins, mais recouverts par une couche de tissu pulmonaire, ainsi que les portions supérieures et externes du cœur. Vaorte, placée exactement derrière le sternum, remonte à partir de l'articulation sterno-costale de la troisième côte droite , et se porte légèrement de droite à gauche jusqu'au voisinage de l'extrémité supérieure du sternum. A droite de l'aorte se trouve la veine cave supérieure, derrière la partie supérieure du sternum, tandis que, à gauche de l'aorte, se trouve l'artère pulmonaire, qui passe au-dessous d'elle au niveau du premier espace intercostal.
Plus profondément, la trachée s'incline à droite en avant de la colonne vertébrale, et l'aorte se place en avant de la moitié gauche de cette colonne, ce qui
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expliquerait comment les bruits respiratoires sont mieux perçus à droite de l'épine, et les bruits aortiques à gauche. Les gros troncs qui naissent de l'aorte s'en détachent devant la 4e vertèbre dorsale, et la trachée se bifurque au niveau de la 5e et quelquefois de la 6' vertèbre dorsale. L'oreillette gauche correspond aux 7e et 8e vertèbres dorsales.
Il n'est pas sans importance de connaître la direction des cloisons interpulmonaires. Pour la commodité de l'explication, on peut, dit Sibson, regarder comme correspondant environ à la direction de la 5e côte la cloison qui sépare à gauche le lobe supérieur du lobe inférieur; et, à droite, le 3* espace intercostal comme répondant le plus habituellement à la cloison qui sépare le lobe supérieur du lobe moyen.
Cette situation des organes protégés par la cage thoracique est souvent modifiée dans l'étal pathologique. D'abord les organes sus-diaphragmaliques peuvent être tous plus ou moins refoulés vers le sommet de la poitrine par les tumeurs volumineuses ou les épanchements de l'abdomen, jusqu'au niveau de la 4e côte , de la 3e et même de la 2e (à droite, à cause du foie). Il peut arriver au contraire que les organes thoraciques, distendus outre mesure, agrandissent la cavité sus-diaphragmatique en refoulant le diaphragme vers la cavité abdominale. Enfin un épanchement, une tumeur, ou le développement d'un des organes intra-thoraciques modifient assez souvent leurs rapports naturels. Le poumon peut être refoulé et aplati dans presque toutes les directions, principalement vers son insertion au médiastin , et parfois vers une région où des adhérences préalables le maintiennent forcément ; une pression graduelle et lente réduit quelquefois l'organe à une épaisseur si minime, qu'il semble entièrement détruit. Le cœur, outre qu'il augmente souvent de volume, peut aussi être refoulé en haut par un épanchement du péricarde; latéralement, la cause qui le repousse peut faire battre sa pointe tout à fait vers la partie externe gauche de la poitrine; au contraire, il est quelquefois refoulé à droite jusqu'au delà du bord droit du sternum, et même jusqu'au mamelon droit, où ses battements peuvent être cherchés. Les gros vaisseaux, et principalement l'aorte, subissent également dans leur situation des changements remarquables soit par leur volume exagéré, soit par les tumeurs qui s'y forment (anévrysmes).
1° Symptômes fonctionnels et signes. — Les douleurs qui siègent à la poitrine peuvent se rapporter à une foule de maladies, les unes sous la dépendance d'une lésion locale, comme la pneumonie, la pleurésie, la congestion et la tuberculisation pulmonaires, la péricardite; d'autres dépendant d'affections d'organes éloignés (comme la douleur de l'épaule droite dans les maladies du foie), ou enfin d'altérations plus ou moins profondes du sang, telles que l'anémie, les intoxications, etc. Dans ces derniers cas, c'est surtout sous forme de névralgie dorso-intercostale que la douleur se manifeste. Toutes les fois que la douleur est accusée par le malade et constitue d'abord le seul signe apparent de la maladie, il faut rechercher si cette douleur n'est pas névralgique ou si elle n'occupe pas les muscles (Voy. Névralgies, Rhumatisme musculaire).
En cas d'exclusion, on cherche l'origine de la douleur dans les viscères intrathoraciques. Cependant on rencontre quelquefois une douleur particulière, survenant par accès habituellement violents, et dont le siège anatomique n'est pas déterminé avec précision. C'est celle de I'angine de poitrine.
Outre ces douleurs variables de siège et de caractère, 1 'oppression, la dyspnée et les palpitations sont les symptômes fonctionnels que l'on peut encore rencontrer à la poitrine. Mais ces symptômes le cèdent en importance aux signes physiques que fournissent les moyens explorateurs.
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2° Moyens explorateurs. — V inspection fait constater les changements pathologiques extérieurs que la poitrine présente, soit dans sa configuration et dans son volume, soit dans certains mouvements fonctionnels. — La percussion révèle la position des organes, et, jusqu'à un certain point, leur genre de lésion, en fournissant des résonnances variables d'intensité ou de tonalité, dans les différents points du thorax. — La palpation permet de juger de la consistance des tissus des parois thoraciques, du degré de frémissement vibratoire qui les «agite pendant la phonation, du point précis où se fait l'impulsion du cœur, du frémissement dit cataire, de celui que produisent certains frottements pleurétiques, de la sensation de flot ou de succussion, et parfois enfin elle permet d'obtenir celle d'une fluctuation analogue à la fluctuation abdominale. Mais la fluctuation thoracique est rarement perçue, et seulement dans des cas d'épanchements très-abondants, chez des sujets dont les espaces intercostaux sont naturellement très-larges, ce qui tient à ce qu'on ne peut chercher à la produire qu'au niveau d'un espace intercostal. — h' auscultation pratiquée au niveau de la poitrine a une importance diagnostique qui n'a pas besoin de commentaires. — La mensuration cyrtométrique permet de constater le périmètre, les diamètres et en même temps la forme du contour de la poitrine ; elle fait comparer les changements qui surviennent sous ce rapport dans le cours des maladies, et qui permettent de suivre les modifications en plus ou en moins que subit la capacité de la poitrine. — Enfin, je ne ferai que rappeler, comme moyen exceptionnel d'explor: lion thoracique, les ponctions exploratrices à l'aide d'un trocart capillaire, et, comme exploration plus exceptionnelle encore, la compression des pneumo- gastriques et des grands sympathiques , signalée par Pinel neveu (Bulletin de l'Acad. de mèd., mars 1860, t. XXV, p. U9) comme pouvant indiquer, par la douleur que cette pression réveille, le siège de certaines affections thoraciques.
Je n'ai pas à m'occuper d'autres moyens explorateurs de la poitrine, trop compliqués pour être habituellement autre chose que des moyens d'investigation scientifique , comme les instruments de Hutchinson et Sibson, destinés à constater d'une manière précise le degré d'expansion ou de retrait des parois thoraciques pendant les mouvements respiratoires, et la quantité d'air inspiré ou expiré par les poumons (Voy. Spirométiue).
Ce groupement des différents moyens d'exploration de la poitrine ne doit pas être perdu de vue, du moins en ce qui concerne les moyens les plus usuels ; car, si on ne l'a pas présent à la pensée, on peut, le cas échéant, oublier la recherche de signes physiques importants. Cet oubli serait d'autant plus fâcheux que ces méthodes exploratrices ont chacune leur importance dans des cas particuliers. Je n'entre pas dans les détails de leur application pratique, un article spécial ayant été consacré à chacune d'elles.
Cependant je ne dois pas omettre de rappeler que J. W. Corson a signalé certaines attitudes prises par les malades comme facilitant la percussion et l'auscultation de la poitrine, en diminuant les obstacles qu'y apportent les muscles pectoraux en avant, et les omoplates, ainsi que leurs muscles, en arrière. On obtient, en effet, par des positions différentes, l'amincissement, la condensation ou la tension des muscles dans les régions explorées, et les signes obtenus en deviennent plus nets. L'auteur conseille au malade : de croiser ses membres supérieurs en arrière pour l'exploration des régions antérieures ; de croiser les avant-bras derrière la tête, les mains les saisissant près des coudes, pour l'examen de la base de la poitrine ; de les croiser en avant à la hauteur des fausses côtes et de faire un effort comme pour élever les côtes, pour examiner
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la partie postérieure du sommet des poumons ; pour dégager plus complètement encore la partie postérieure du thorax, le malade croise ses bras en avant et saisit de chaque côté le moignon de l'épaule pour le tirer fortement en avant (New-York Journ. of medicine, 4859).
3° Diagnostic anatomique. — Lorsqu'il existe une lésion intra-thoracique fournissant un ou plusieurs signes symptomatiques ou physiques, il est le plus souvent facile de la localiser dans l'appareil anatomique qui en est le siège. Les signes diagnostiques fournis par les organes de la respiration, et principalement les signes physiques, que l'on doit toujours rechercher, sont, en effet, tellement distincts de ceux des organes centraux de la circulation, dans les cas ordinaires, qu'on ne saurait les confondre la plupart du temps. Cependant il peut arriverqueles bruits respiratoires, pendant l'auscultation, masquent certains bruits anomaux du cœur, si l'on n'a pas soin de faire suspendre momentanément les mouvements de la respiration pour écouter les bruits cardiaques ou vasculaires. Cette suspension des mouvements respiratoires doit aussi être provoquée si, la respiration étant accélérée, les bruits anomaux des organes de la circulation peuvent être confondus avec les bruits respiratoires; mais, dans ce cas, on a un point de repère précieux dans les rapports des bruits vraiment circulatoires avec les battements du pouls. L'envahissement de la cavité thoracique par les organes abdominaux peut aussi fournir des signes qu'on localise à tort dans l'appareil respiratoire. Il est donc indispensable, lorsque l'on explore la poitrine, de ne pas négliger l'examen des organes supérieurs de l'abdomen. Cet examen permet quelquefois seul d'expliquer les phénomènes observés au niveau du thorax. J'ai indiqué, à propos de chaque organe, les signes particuliers qu'ils peuvent présenter ; et comme, dans l'appréciation diagnostique, ces organes se trouvent naturellement en cause, cela suffit pour provoquer la recherche des articles qui leur sont consacrés.
POLLUTION. — Voy. Pertes séminales.
POLYDIPSIE. — En dehors du diabète sucré (glycosurie), on a établi théoriquement qu'il existait deux sortes de diabètes non sucrés : l'un (polyurie) dans lequel le flux excessif des urines serait primitif ou idiopathique ; l'autre qui serait consécutif à une soif excessive nécessitant l'ingestion d'une énorme quantité de boisson, et qui constituerait la polydipsie. Mais cette distinction ne saurait, à mon avis, être applicable à la pratique, attendu qu'il est impossible d'établir, au lit du malade, si la soif est réellement le point de départ des accidents polyuriques(Vo»/. Polyurie).
POLYPES. — Des excroissances qui portent ce nom et qui peuvent se développer dans les fosses nasales, dans le pharynx, l'œsophage, le larynx, le rectum et l'utérus, se manifestent par des tumeurs visibles ou invisibles, par des déformations (fosses nasales), par des phénomènes d'obstruction des conduits ou des cavités qu'ils occupent, par des troubles fonctionnels, par la compression ou l'irritation qu'ils exercent sur les organes voisins. Chez les enfants, il faut se garder de prendre pour un polype la saillie intra-rectale de l'intestin imaginé (Voy, p. 090), et réciproquement un polype pour une invagination ; de part et d'autre, il y a des hémorrhagies, en sorte qu'on pourrait croire à l'existence d'une dysenterie, si l'on n'explorait pas le petit malade. On a pris quelquefois l'hypertrophie du col de l'utérus pour un polype de cet organe.
On sait que l'on a donné improprement le nom de polypes aux concrétions •